dimanche 15 mai 2022

Point de situation des opérations en Ukraine 15 mai 2022

Un mois après le début de la phase « décisive » de l’offensive pour la conquête complète du Donbass, les forces russes ont conquis une poche de 15 km à l’Ouest et de 20 km au Sud d’Izyum face à quatre brigades ukrainiennes. Elles semblent marquer un arrêt dans cette zone, renonçant à s’emparer de Barvinkove, point clé à 40 km à l’Ouest de Sloviansk. Combinée à la stérilité des attaques venant du Sud et notamment de la ville de Donetsk, la possibilité d’une grande « tenaille » encerclant l’oblast de Donetsk n’est plus crédible actuellement.

Les forces russes concentrent désormais leur effort simultanément mais séparement sur les villes de Sloviansk et de Severodonetsk. Dans le premier cas, la 2e division d’infanterie motorisée de la garde placée dans la poche d’Izyum à l’Ouest de Sloviansk presse par le feu la 81e brigade d’assaut aérien mais sans attaquer. L’effort principal est porté au Nord-Est de Sloviansk sur l’axe d’Oleksandrivna à la tête de pont d’Ozerne, le long du parc naturel Sviati Hory et de la rivière Donets. Au nord de l’arc protégeant Sloviansk, la 57e brigade motorisée ukrainienne a reculé d’une dizaine de kilomètres en une semaine et il sera bientôt difficile de tenir la ville de Lyman. Dans le second cas, les forces russes multiplient les attaques en périphérie de Severodonetsk et de Lysychansk. Le franchissement de la rivière Donets dans la zone du village de Bilohorivka s’est achevé le 13 mai par un désastre russe avec l’équivalent d’un groupement tactique de la 35e brigade motorisée entièrement détruit par l’artillerie ukrainienne. On note au passage dans cet épisode le peu de progrès tactique réalisé par certaines forces russes incapables de sécuriser et d’organiser une zone de franchissement. Les Russes ont un peu plus de succès au Nord de Popasna, en direction, encore lointaine de Lysychansk.

En résumé, l’offensive russe se concentre de plus en plus strictement sur la conquête de Sloviansk et du couple Severdonetsk-Lysychansk, se contentant de procéder à des attaques limitées et beaucoup de frappes le long du reste de l’arc du Donbass et à se placer en posture défensive dans les régions de Kharkiv et Kherson. Les Russes progressent très lentement, au prix de pertes sensibles et quand on perd beaucoup d’hommes et d’équipements pour conquérir peu de terrain, la bataille de manœuvre tend à devenir une bataille d’usure.

Alors que les forces d’appui et de logistique russes sont moins touchées que lors de la bataille de Kiev (meilleure protection et moins de harcèlement sur les axes arrière), on peut estimer que les Russes perdent l’équivalent d’un bataillon blindé-mécanisé (la composante « choc » des groupements tactiques, soit environ 40 chars et véhicules blindés d’infanterie) tous les trois jours dans cette zone de combat. Cela fait donc l’équivalent d'un cinquième des groupements tactiques engagés dans la zone déjà neutralisés (10 sur 48 en comptant la zone de Popasna) et un potentiel de quelques semaines de combat à ce rythme et à ce taux de pertes, toutes autres choses égales par ailleurs.

Pour l’instant, si les Ukrainiens reculent, ils échangent surtout du terrain contre du temps gagné et des pertes russes, que l’on peut estimer au double des leurs, en considérant le rapport des pertes documentées en véhicules de combat (de l’ordre de 1 pour 4 en faveur des Ukrainiens sur le site Oryx, mais sans doute sous-évalué en faveur des Ukrainiens). Que peuvent donc espérer les forces russes dans le mois à venir dans ce secteur ?

La dislocation des forces ukrainiennes au nord de Sloviansk est peu probable, au mieux pour les Russes ils assisteront à leur repli sur la ville. Les Russes peuvent donc être aux abords Nord de Sloviansk à la fin du mois ou au début du mois de juin, avec des forces épuisées. Leurs perspectives sont plus favorables pour Severodonetsk où ils sont déjà aux abords de la ville. Ils peuvent espérer au mieux avoir encerclé la ville à la fin du mois. Il faudra ensuite combattre à l’intérieur de bastions-urbains qui, à l’inverse de Marioupol attaquée dès le début de la guerre, se préparent maintenant depuis plus de deux mois,

Mais les choses ne sont pas égales par ailleurs. En premier lieu, les deux adversaires peuvent renforcer ou relever leurs forces dans le secteur. Les forces russes disposeraient d’une vingtaine de groupements tactiques en réserve à Belgorod, pour la plupart issus du repli de la région de Kiev. Peut-être ont-ils pu être reconstitués et seraient donc susceptibles d’être engagés, dans la zone ou ailleurs car les besoins ne manquent pas. Les forces ukrainiennes disposent encore de quelques brigades comme la 45e brigade d’assaut aérien à Poltava. En cas d’urgence, elles peuvent également transférer trois ou quatre brigades des secteurs de Kharkiv ou Kherson. Les Ukrainiens ont reçu et reçoivent aussi beaucoup d’équipements occidentaux, plus de 240 chars et 400 véhicules blindés d’infanterie au début du mois de mai, soit déjà plus que ce qu’ils ont perdu au combat depuis le début de la guerre, et peut-être surtout 200 pièces d’artillerie, obusiers de 152 ou 155 mm ou lance-roquettes multiples. Au moins aussi important dans l’immédiat, ils reçoivent du carburant et des munitions. Il y a là de quoi alimenter les unités de secteur mais surtout, à plus long terme, de former de nouvelles unités.  

Mais preuve de leur confiance dans la capacité de résistance du secteur SKS (Sloviansk-Kramatorsk-Severodonetsk), les Ukrainiens consacrent leurs forces de réserve pour attaquer ailleurs. Ils ont beaucoup progressé cette semaine au Nord de Kharkiv où les forces ne tiennent plus pour l’instant qu’une petite poche de 10 km de large au-delà de la frontière de Kozacha Lopan jusqu’à Vesele. Les forces russes, couvertes par des bataillons de la République de Donetsk laissés sur place, peuvent considérer être en sécurité au-delà d’une frontière que les Ukrainiens peuvent difficilement franchir, au moins ouvertement, sous peine de susciter probablement une déclaration de guerre officielle de la Russie. Cette progression à l’Est d’abord puis au Nord de Kharkiv par quatre brigades ukrainiennes (dont une de territoriaux) a pour premier effet d’écarter de la grande ville la menace de l’artillerie russe. Elle permet au contraire de menacer le grand axe logistique de Belgorod à Izyum via Voltchansk, par une attaque terrestre (Voltchansk est en Ukraine, à 15 km des troupes ukrainiennes les plus proches), par infiltrations, même si l’axe semble protégé par les brigades de spetsnaz et peut-être surtout par l’artillerie précise à longue portée (M-777 américain ou Caesar français). 

La menace a obligé le commandement russe à retirer une partie des forces de la poche d’Izyum (et étonnamment non de Belgorod semble-t-il) pour venir protéger Voltchansk. Plusieurs groupements d’artillerie russes ont été déplacés sur la frontière pour effectuer des « diversions par le feu » notamment du côté de Soumy.

Les forces ukrainiennes ne progressent pas en revanche du côté de Kherson où elles disposent de cinq brigades de manœuvre appuyées par deux brigades territoriales/Garde nationale face à sept brigades/régiments russes affaiblis. Le rapport de forces est plus équilibré que dans la région de Kharkiv, mais c’est là que le potentiel stratégique en cas de succès tactique (menace sur la Crimée, reprise de toute la zone Sud mal défendue) est le plus grand.

Si le front du Donbass continue de résister, c’est peut-être de ce côté qu’il faudra que les Ukrainiens portent leur effort. De la même façon, si le front du Nord-Donbass est bloqué, c’est peut-être dans la zone Zaporijjia-Donetsk que les Russes ont le plus de potentiel face à des forces ukrainiennes peu denses. Cela expliquerait peut-être le renforcement des positions russes dans la région à partir de forces du Donetsk ou de Marioupol, où les combats continuent.

749 commentaires:

  1. Merci Monsieur Goya!

    Toujours passionnant, et clair même pour un néophyte.

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  2. Sur le paragraphe sur la région de Kherson, nous pouvons lire en effet stratégique potentiel : "reprise de toute la zone Sud mal défendue". Quelles sont les forces russes présentes dans la région ? Par ailleurs, que penser des déclarations laissant présager un rattachement à la Russie ? Effet dissuasif si jamais le rattachement va jusqu'au bout ?

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  3. Merci de votre travail et de cette mise au point. Il semble que le momentum ukrainien approche, après le paroxysme de l'attaque et de l'épuisement russe.

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    1. Bonjour, paroxysme est peu être exagérè mais il semblerai que les russes se retrouve face à leur mensonge, en niant être en guerre et en prétéctant une attaque en raison de la présence de mouvement radical en ukraine (à se compte la au vue du nombre de mouvement perçu comme "terroriste" parfois pour des raison politique en sont sein la Russie devrai être attaquer par le monde entier... Mais je me disperse il semblerai qu'à force de faire la querre sans la faire la Russie se retrouve avec des problème pour maintenir des effectifs compétents aux combats. Le besoin de récupération et le manque de reserve l'avait déjà conduit à abandonner Kiev, la voilà qui abandonne kharkiv, l'aspect humain semble au delà de l'aspect matèriel se qui entrave le plus l'armée russe actuellement, est en l'absence de guerre officiel et de motif valable de mourir au combat la conscription ne semble pas pouvoir palier se problèmes à cours therme contrairement à l'armée ukrainienne qui à vue une conscription massive suite à l'attaque du 24 Février et dont les bleues vont progressivement monté en compétence et renforcée leur élite (méme si leur capacitè à maintenir un moral élevé ssemble plus faible que leur ainé). Salutation, Ludovic Melin

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  4. Merci pour vos analyses. Curieusement la maj des images satellites des points de chaleur semble montrer que les bombardements ont quasiment cessé ce jour sur tout l’arc de front d’isium à severdonetsk.
    Étonnant si ce n’est un artéfact

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  5. Sait-on quels sont les types d’obus livrés avec les M-777 et les Cesar, le M982 Excalibur en fait-il partie et peut-il faire la différence dans cette phase des combats ?

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    1. Je crois que oui...

      https://youtu.be/nV4WVXLjO40

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  6. Encore merci pour votre travail.

    Vous avez dit sur BFMTV (j'essaye de ne jamais vous louper ^^ une vrai pom-pom girl !) que les ukrainiens "tiraient les premiers" dans 80% des cas (résultats de vos calculs si je me souviens bien).
    Pourriez--vous expliquer (sommairement) comment vous êtes parvenu à ce résultat ?

    Bonne continuation,
    Encore merci.

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    1. Dans un combat en posture défensive sur un terrain difficile et avec une supériorité manifeste du renseignement, c'est le % que l'on observe généralement. Le ratio (documenté) de pertes en véhicules de combat (assez similaires de part et d'autre) de l'ordre de 1 pour 3 en faveur des Ukrainiens, corrobore cette idée.

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    2. Je vous remercies pour cette explication.

      Bonne continuation à vous.
      Au plaisir de continuer de vous lire et de vous écouter.
      Cordialement.

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  7. Lionel CHAZALETTE15 mai 2022 à 18:21

    Veuillez excuser le Béotien que je suis, mais en quoi "une déclaration de guerre officielle de la Russie" constituerait-elle une menace plus grande que la situation actuelle pour les forces ukrainiennes ? Et donc les dissuaderait de franchir la frontière... (russe ou celle des zones séparatistes d'ailleurs ? ...je ne suis pas sûr d'avoir saisi)

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    1. Une déclaration de guerre peut être suivit d'une mobilisation générale de la Russie, actuellement, ''officiellement'', ce sont seulement des troupes d'active qui sont sur le front. U

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    2. La réponse est nucléaire hélas

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    3. Une déclaration de guerre serait à double tranchant pour la Russie. D'un coté, elle permettrait de mobiliser plus de gens, et de faire la chasse aux déserteurs (qui pour le moment sont dans leur bon droit, puisque la Russie n'est pas en guerre). De l'autre, elle aurait un cout politique massif, et les Russes auraient des difficultés à équiper, former, et encadrer cette force additionnelle.

      Mais dans tous les cas cela modifierait les équilibres en vigueur. Les ukrainiens semblent avoir une grand confiance en leur stratégie d'usure, et me semble-t-il ne devraient pas prendre de risque. Leurs discours, leurs actions, me laissent penser qu'ils ont fait de la recherche opérationnelle et qu'ils ont une idée précise du moment ou ils feront craquer les Russes...si tout reste en l'état. Ils n'ont aucun interêt, de leur point de vue, à prendre ce risque.

      Une incursion d'unités régulières en territoire russe serait risquée pour une autre raison : envahir la Russie, historiquement, ça n'a jamais été une partie de plaisir. Ils ont d'autres objectifs.

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    4. Il y a déjà eu des frappes Ukrainiennes sur le territoire Russe (Belgorod) et des actions de sabotage en profondeur probables mais bien sûr non revendiquées. Les Russes paraissent admettre nolens volens une certaine logique de frappe sur les objectifs stratégiques chez eux.
      Il est clair que chacune de ces actions pourrait être instrumentalisée pour passer au niveau supérieur qui semble pouvoir exister sous trois formes: loi martiale, déclaration de guerre, frappe nucléaire.
      La loi martiale permet de gouverner par décret, de tuer les dernières libertés de penser encore existantes (verrouiller vraiment internet par exemple), d'expédier au front tout ceux qui n'ont pas de chance, de mobiliser l'industrie vers la guerre.
      La déclaration de guerre permet de mobiliser tout ce qui bouge encore et d'étendre éventuellement le conflit à tous les ennemis de la Russie (soit une grosse moitié de la planète)
      La frappe nucléaire est inimaginable dans un cadre rationnel. Comme l'absurde au sens de Camus s'est manifestement installé depuis 80 jours, ce n'est pas hélas à exclure complètement.
      Il y a une lueur d'espoir car le secrétaire à la défense Américain a pu parler (après de nombreuses tentatives) pour la première fois depuis 80 jours avec son homologue Russe l'innenarable Serguei Choigu dont chaque médaille a été gagnée valeureusement sur un plateau de télévision.
      Ce genre de dialogue direct réduit normalement le risque des très grosses bêtises et permet de trouver la voie de la défaite sans humiliation, de la victoire en reculant etc...
      Le fait que les Russes acceptent enfin ces discussions montre qu'ils ne se sentent plus en position de force absolue comme il y a 80 jours.

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    5. Ca c'est une bonne nouvelle. Et si en plus le chef part en ambulance comme je viens de lire ...

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    6. Si Putin et ses acolytes ne prennent pas une “décision” c’est qu’ils jugent qu’elle n’est pas opportune. Ils n’ont pas besoin de “provocations” car ils savent inventer une quand cela les arrange. Il est grands temps de cesser cette sottise qu’il ne faut pas irriter Mr. Putin. Les russes devront assumer cette monumentale méprise de Putin, se débarrasser de lui et du régime soviétique, faire le deuil d’être une grande puissance et se focaliser sur le développement économique de leur pays.

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  8. a Armand DELALANDE15 mai 2022 à 17:30
    Une petite précision : les saisons dans l'ex-URSS commence le 1er du mois
    01 mars
    01 juin
    01 septembre
    01 décembre
    donc s'il y a offensive au début de l'été, c'est dans 2 semaines.

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    1. Bonsoir Alain. Intéressant. Les informations qui sont venues à mes oreilles sont "fin d'été", "début automne". pour un effondrement de l'invasion russe et repli sur tranchées dans le donbass

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    2. Armand DELALANDE15 mai 2022 à 20:06

      je n'étais pas connecté

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  9. L'état-major général des forces armées ukrainiennes a publié un rapport du soir sur la situation sur les fronts de la guerre russo-ukrainienne. Le quatre-vingt-unième jour de l'invasion à grande échelle de la Fédération de Russie est en cours.
    L'ennemi poursuit l'offensive dans la zone opérationnelle orientale afin de contrôler entièrement les régions de Donetsk, Lougansk et Kherson et de créer un couloir terrestre vers la Crimée temporairement occupée.
    Aucune action active de l'ennemi n'a été enregistrée dans les directions Volyn et Polissya. Il n'y avait aucun signe de formation de groupes offensifs. Les unités des forces armées de la République du Bélarus continuent de couvrir le tronçon de la frontière ukraino-biélorusse.
    Dans la direction de Seversk, l'ennemi assure une protection renforcée de la section de la frontière ukraino-russe dans les régions de Koursk et de Belgorod. Il a tiré sur notre territoire et lancé des frappes aériennes à la roquette sur des infrastructures civiles dans les régions de Shipilovka et Shevchenkovo ​​​​de la région de Soumy.
    Dans la direction de Kharkiv, l'ennemi a concentré ses principaux efforts sur la tenue de positions et l'empêchement de nos troupes d'avancer vers la frontière. L'ennemi utilise des unités formées lors de la mobilisation des territoires temporairement occupés.
    De plus, les occupants russes ont systématiquement bombardé Tishki, Ternovo et Petrovka russes. En vain, ils tentent de mener des opérations offensives et d'assaut dans la région de Dovgenky et Bogorodichny.
    Dans la direction de Donetsk, l'ennemi continue de mener des bombardements intensifs le long de la ligne d'affrontement et tente de prendre pied dans les positions occupées, reconstituant les stocks de munitions, de carburant et de lubrifiants. Les principaux efforts de l'ennemi ont continué à se concentrer sur les directions Limansky, Severodonetsky, Bakhmutsky, Avdeevsky et Kurakhovsky.
    Les envahisseurs subissent des pertes importantes en main-d'œuvre et en équipement. Dans certains détachements, la dotation en personnel des unités est inférieure à 20 %. Dans la direction de Popasnyansky, en raison d'énormes pertes et de l'incapacité d'agir de manière indépendante, des unités des troupes aéroportées des forces armées de la Fédération de Russie s'unissent à des représentants de sociétés militaires privées russes pour de nouvelles opérations dans le cadre d'unités consolidées.
    Dans la direction de Severodonetsk, l'ennemi, avec le soutien de l'artillerie, a combattu dans la région de Toshkovka. Dans la région de Borovsky, les envahisseurs ont subi des pertes et se sont retirés.
    En direction de Bakhmut, les hostilités se poursuivent dans la région de Kamyshevakhi.
    Dans la direction d'Avdeevka, l'ennemi a combattu et subi des pertes dans la zone des colonies de Peski et de Novokalinovo. Dans certaines régions, il a utilisé des systèmes de lance-flammes lourds.

    Sur la direction Kurakhovsky, utilisant le soutien de l'artillerie, il a mené des opérations d'assaut et offensives infructueuses.
    À Marioupol, l'ennemi a concentré ses principaux efforts sur le blocage et la défaite de nos unités dans la zone de l'usine d'Azovstal. Effectue des frappes massives d'artillerie et aériennes.
    Dans les directions Novopavlovsk et Zaporozhye, l'ennemi a tenté d'engager nos troupes avec le feu de plusieurs systèmes de lance-roquettes, d'artillerie à canon et de mortiers. Il y a eu des tentatives de mener un combat de contre-batterie.
    Dans la direction du Boug oriental, les unités ennemies n'ont pas mené d'hostilités actives. Dans les directions Krivoy Rog et Mikolaev, l'ennemi a tiré sur nos unités à partir d'artillerie à canon et de mortiers. Poursuit l'équipement d'ingénierie des postes occupés.

    Le commandement des forces armées de la Fédération de Russie tente de recruter et de compenser les pertes de ses troupes aux dépens des réservistes. Deux mille cinq cents réservistes sont formés sur des terrains d'entraînement dans les régions de Voronezh, Belgorod et Rostov. Ils prévoient de les envoyer à la guerre en Ukraine.

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  10. Un mouvement tournant des forces ukrainiennes vers le sud est, si elles parviennent à la frontière proche de Kharkiv, sans pénétrer en Russie, tout en bombardant massivement la zone de Belgorod, est-il envisageable ? Serait-ce une situation extrêmement dangereuse pour l'offensive russe actuellement en cours descendant du nord au sud du dombass à l'arrière des forces UKR ?

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    1. Il serait contre productif pour les Ukrainiens de Bombarder directement le territoire russe à l'aveugle. Les missions de sabotage des dépots et infrastructures suffisent largement à endiguer le mouvement russe.
      L'Ukraine doit se montrer magnanime

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  11. Étant stratège de comptoir,, je vous partage ce papier du monde sur "la bataille décisive". Si on adhère à cette analyse Claustwitzienne ; 1. Les moscovites ont la puissance de feu, mais cela s'équilibre avec les armes de l'Otan, moin nombreuses mais plus performante
    2. D'un côté une nation en arme, ultra motivée,, de l'autre

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  12. Erreur de frappe, pour finir
    De l'autre une armée mal organisée, mal commandée,, avec des buts de guerres peu crédible malgré le matraquage de la propagande russe, qui me paraît assez à la peine en ce moment
    3. Une économie russe assez faible en réalité, et qui n'arrive même plus à fabriquer des char si l'info est juste, face à un appui financier de l'occident, et surtout US, sans précédent pout l'ukr
    La conclusion est clair, les moscovites ont déjà perdu cette guerre absurde, stupide, mal anticipé et conduite. La fin est une question de temps, imprévisible, et de ce qui pourrait ce passer si Poutine fait tapi avec une attaque nucléaire tactique. Car à ce moment là, c'est l'inconnue totale

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/05/13/histoire-d-une-notion-le-mythe-de-la-bataille-decisive_6125927_3232.html

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    1. Armand DELALANDE15 mai 2022 à 20:52

      La Russie a abordé cette invasion comme une opération spéciale, elle n'a donc jamais abordé cette invasion comme une guerre (jusqu'au moment du retrait de Kiev).
      La Russie a rejoué l'intervention spéciale de la Tchécoslovaquie de 68, mais avec moins d'hommes et un pays beaucoup plus grand à maitriser. Le modus operandi est le même, à Prague un avion russe se pose de manière forcée sous couvert d'incident technique, et les forces spéciales débarquent pour sécuriser et permettre aux renforts d'atterrir. En Ukraine on prend d'assaut l'aéroport d'Hostomel et on pense faire exactement la même chose. Mais une compagnie ukrainienne les en empêchent, au peril de sa vie puisque tous seront tués quand les forces terrestres arriveront.
      Dans les 200.000 (500.000 selon d'autres sources) soldats du pacte de Varsovie qui pénètrent en Ukraine pas un officier subalterne, pas un sous officier, pas un soldat n'est au courant de quoi que ce soit. Idem pour la plupart des troupes qui sont engagées sur Kiev et Soumy notamment.
      Cette opération se fait sur une multitude d'axes, et au final c'est la tête (Kiev et Zelensky) qui est visée
      J'ai visionné des témoignages de prisonniers. On leur a retiré les téléphones portables et à part le commandant/colonel les officiers subalternes/chefs de véhicule n'ont même pas de carte ! ils suivent l'officier supérieur qui est en tête de convoi. Les instructions transmises sont que des saboteurs/éclaireurs/informateurs ukrainiens ont étés arrêtés et qu'il faut sécuriser la frontière .. qu'ils finissent par traverser toujours suivant la tête de convoi. On leur a donné trois jours de rations.
      Des véhicules tombent en panne, commencent à se faire tirer dessus. Les "secours" ne viennent pas toujours, certains se démerdent pour rentrer "à pied" chez eux ... (sans carte, à travers champs car les villages sont hostiles et checkpointés.
      Au contraire de la Tchecoslovaquie les ukrainiens font sauter les ponts et en cette période seules les axes routiers sont praticables (et les ukrainiens font aussi bouger le niveau des eaux pour inonder des accès à Kiev).
      Les russes sont bien pendant un mois dans une opération spéciale de changement de régime sans plan de guerre (et s'entêtent d'ailleurs pour trouver des axes supplémentaires)
      Sur le plan aérien une grosse partie des capacités aériennes sont bien détruites mais pas toutes, et le TB2 décolle sur une portion d'autoroute.
      Ce n'est qu'au deuxième mois que les russes passent à une stratégie beaucoup plus militaire (une peu plus tot dans le sud et donbass, car ils sont préparés mentalement à affronter les "nazis" du régiment Azov)
      Les généraux montent au front pour pousser les commandants qui doivent pousser les soldats.
      Cependant pour un attaquant il faut un rapport de force bien supérieur pour remporter des victoires et les russes ne l'ont tout simplement pas, même pas du 2 contre 1
      Quand les allemands percent en 40 ils mettent le paquet sur le point faible et inexpérimenté du dispositif allié, et compensent leurs blindés de moins bonne performance (leurs canons ne percent pas tous les blindages et ils rabattent sur les canons anti aériens tirant à l'horizontale) par un appui aérien totalement nouveau.
      Ailleurs à force égales, il ne font que "fixer" le gros des troupes.
      Bref, les russes sont vraiment dans le bourbier, se sabotent, sont prévisibles, et ils n'ont plus que la menace nucléaire à agiter.

      ... en attendant des nouvelles de Kherson, toujours

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  13. Les progrès sur Kherson sont décevants. Outre l'intérêt militaire, sa reprise serait sur le plan politique un coup monstrueux porté aux orcs. Ma principale inquiétude dans ce genre de cas, c'est de savoir ce qu'en pense la population locale (sujet pour lequel je n'accorde que peu de crédits aux informations qu'on nous donne), car ça paraît quelque peut décisif pour tenir ensuite en temps de guerre.

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    1. Armand DELALANDE15 mai 2022 à 21:02

      Pour Kherson je m'interroge. Cela fait plusieurs semaines qu'il doivent publier les résultats du futur referendum, qui doit aux dernières nouvelles être même squeezé par une adhésion directe à la Russie.
      Cependant ils ne le font pas et repoussent .. Pourquoi ?
      S'ils le font et perdent la ville 2 semaines plus tard cela serait non seulement mauvais genre mais une vraie défaite.
      Donc à mon avis ils ont énormément renforcé la défense et les ukrainiens ne sont pas en supériorité numérique, et ils ne peuvent tirer à l'artillerie sur leur propre ville.
      L'heure de Kherson n'est pas encore venue, mais j'ai fois en les ukrainiens pour qu'ils nous inventent une stratégie.
      L'embetant c'est qu'on a plus de nouvelles des habitants, les com sont coupées non ?

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    2. On a rarement (jamais?) vu des populations Européennes qui avaient un vrai choix aller vers les Russes. Maintenant la question est très valide. Si la soldatesque Russe s'est comportée là comme rapporté ailleurs, le choix devrait aller vite. S'il y a eu de l'intelligence dans l'approche Russe (certes un oxymore mais on n'est pas à l'abris d'une surprise), il pourrait y avoir un rejet du retour au pavillon Ukrainien. Je n'y crois pas trop mais je n'ai pas les éléments pour juger.

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    3. @guère épais
      Si référendum il y a, il y a toutes les chances qu'il soit "arrangé" pour donner un résultat satisfaisant la Russie... du genre 80% pour le rattachement.

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    4. @Armand et anonyme 20h46.

      Je pense que pour Kherson l'armée ukrainienne est trop désavantagée par le terrain steppique qui impose une manoeuvre en grandes formations blindées. Donc ça ne sera pas pour tout de suite car les priorités sont le Donbass et de garder une réserve de manoeuvre dans le sud-ouest.

      Pour savoir ce que pense la population, on peut comparer les infos russes et ukrainiennes à l'époque où il était possible à la population de donner de ses nouvelles.

      Une partie de la population a manifesté devant la Douma municipale avec des, drapeaux ukrainiens. Ces manifestations ont été réprimées et on n'en entend plus parler.

      Si l'on regarde du côté de la page de Vkontakte de l'administration installée par les russes, seule Jne minorité de posts montrent la population et 75 pour cent de ce qui est publié consiste en des messages de soutien envoyés par les autorités Criméennes ou des DNR/LNR ainsi qu'à la manière dont l'oblast est peu à peu intégrée aux réseaux et infrastructures russes. Les photos accompagnant les événements publics ou la population est amenée à exprimer son soutien ne sont guère convaincantes (ce sont parfois les photos couvrant des distributions humanitaires qui sont reprises pour montrer l'affluence à une manifestation pro-russe). On y voit par exemple des cortèges assez minces commémorer le 9 mai.

      Je suis persuadé que s'il y avait un enthousiasme populaire pour la Russie on l'aurait vu et revu. Sauf à penser que les Khersoniens sont de grands ludiques qui dissimulent leur joie, on dent plutôt les gens sur la réserve. Ceci me parait expliquer le fait qu'aucun référendum n'est été tenu jusque ici. Mieux vaut une annexion pure et simple.

      Par ailleurs, et au risque d'insister, j'invite chacun a se renseigner sur Kirill Stremoussov. Manifestement la Russie n'a pas réussi à trouver quelqu'un de convaincant dans la mouvance pro-russe locale. Est-ce que par hasard cela ne serait pas dû à la faible profondeur des rangs de ceux qui acceptent l'occupation ?

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    5. "Cela fait plusieurs semaines qu'il doivent publier les résultats du futur referendum, qui doit aux dernières nouvelles être même squeezé par une adhésion directe à la Russie.
      Cependant ils ne le font pas et repoussent .. Pourquoi ? "

      C'est qui ces "ils" ? La propagande RU ? La propagande UA ?

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    6. Je ne veux pas parler à la place de Armand Delalande mais je suis quasi certain que le "ils" correspond aux autorités pro-russes qui ont parlé au début de référendum avant de déclarer qu'ils privilégiaient une demande d'annexion directe (Peut-être parce qu'ils savent qu'un référendum honnête et sous supervision neutre n'aurait pas comme effet d'avoir une majorité pour la séparation).
      Cependant, sur la page Vkontakte des autorités de Kherson il y a la Déclaration d'un membre de la Douma qui proposait qu'un référendum ait lieu le 11 septembre à Kherson, Louhans, Donetsk et en Ossetie du Sud. Mais il s'agit de la parole d'un seul député (qui ne semble pas savoir que l'Osdetie à annoncé la date du 17 juillet pour son référendum). Bref полный бардак!

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  14. On va s'apercevoir que, comme pour l'agriculture soviétique, que l'armée russe à quatre ennemis, le printemps, l'été , l'automne et l'hiver!!

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  15. blablabla ...et les us demande un cessez le feu ! goya signe durant cet episode la fin de sa piteuse carriere

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    1. ils le demandent depuis le début de l'invasion hein, c'est pas comme si eux étaient en guerre, s'ils l'étaient ça serait finit depuis longtemps soit par un échange de nuke soit par l'effondrement en 2 jours de l'armée russe....

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    2. Les US ne demandent pas de cessez le feu, ils ne sont pas en guerre. Ils demandent aux belligérants de considérer un cessez le feu. Les conditions préalables posées par l'Ukraine sont retrait des troupes Russes sur les frontières historiques et une discussion directe de président à président (ce qui de fait est la reconnaissance du régime Ukrainien par les Russes).
      Les conditions préalables Russes ne sont pas connues.

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    3. Quel manque de bienséance.
      L'aigreur ne vous rend pas plus crédible.

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    4. De toutes façons, les Russes ne lâcheront pas avant d'avoir leur pont terrestre jusqu'en Transdniestrie, tandis que les ukrainiens ne lâcheront pas avant d'avoir retrouvé les frontières du 24 février. Donc le cessez-le-feu, c'est pas pour demain.

      Tous ces appels ne sont que de la communication, avec le message suivant pour l'autre frappadingue et ces 6000 têtes nucléaires : "la porte derrière toi est toujours ouverte - tu peux toujours t'en sortir, il suffit de reculer". Pas qu'on espère qu'il recule, on est pas assez naïf pour ça, mais ça sert à réduire les probabilités d'une colère nucléaire.

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    5. Merci de mettre une majuscule à Goya. Bien à vous cher anonyme.

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    6. Voire un M majuscule. Il paraît que ça se fait entre gens éduqués...

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    7. Un M pour Monsieur, vous l'aviez compris.

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  16. Ba kherson tombera ce n est qu une question de temps et de priorité.

    L effort ukrainien est de sécuriser kharkiv

    Au Donbass c est clairement dit les ukrainiens échangent terrain contre du temps et partout les russes se font saigner a blanc

    Maintenant le problème des russes est ailleurs, et s organisé autour de la survie du régime.

    Les pertes sont là et plus les jours passent plus l'économie russe risque l effondrement.

    C est la que la faiblesse du PIb russe va peser. On peut piller tous les grains du monde mais sans moulins et sans industrie agro le peuple ne mangera pas.

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    1. Je vais être réaliste et cynique : c'est une bonne chose que ce grain aie été pillé/volé. En raison de la guerre, les Ukrainiens ne sont pas en position d'exporter ce grain. Les russes le sont. Et le vrai danger pour la planète, ce n'est pas le nucléaire, c'est la famine. Ce qui a été volé/pillé, c'est de quoi nourrir plusieurs millions de personnes pendant un an. A l'heure ou l'Inde fait une récolte de merde et va semble-t-il limiter ses exportations au seul Bangladesh, c'est une bonne chose

      (mais ce sont des enfoirés, on est bien d'accord)

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    2. Famine peu probable. Le peuple russe est habitué à se faire tondre la laine sur le dos et à vivre chichement.

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    3. @Chef Chaudard

      Je pense que le message de Herr Elle ne concernait pas le peuple russe qui, a priori, dispose de ressources suffisantes mais plutôt les peuples qui dépendent de l'agriculture ukrainienne et qui vont probablement être ravitaillés par la Russie qui y trouvera ainsi un levier diplomatique. Libre à bous, Herr Elle de confirmer si je glose sur votre commentaire sans l'avoir compris ....

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    4. La Russie peut parfaitement subsister sur ses propres ressources et fournir le minimum vital (nourriture, énergie, soins de base, ...) à sa population longtemps.
      Les critères d'exigence locaux sont loin de ceux de l'Occident. Espérance de vie 72 ans (10 ans de moins qu'en France) PIB par habitant 11.000 $ (4 fois moins qu'en France) dépense de santé par habitant 635$ (4500 en France). Taux de mortalité supérieur à celui de natalité (donc une population qui décroit).
      Tout cela marche tellement bien et depuis si longtemps que les chiffres parlent sur la durée: en 1960 la France comptait 45 millions d'habitants, la fédération de Russie 120. Aujourd'hui c'est 67 millions pour 140. Il est possible que le redécoupage de la Russie nuise un peu aux chiffres de population de 1960 mais la dynamique de dépeuplement est certaine.
      Localement la guerre doit être quasiment invisible si on ne déplore pas de mort ou blessé dans sa famille ou ses proches. Des produits manquent en rayon mais il y a des substituts et l'essentiel est là, des médicaments ne sont plus disponible mais on pourra faire sans (vu l'espérance de vie...) etc.
      L'économie Russe qui n'a jamais été spécialement brillante suivant les critères en vigueur à l'Ouest ne peut donc pas s'effondrer, elle n'est pas assez haut. Elle peut continuer longtemps à entretenir une population décroissante dans une semi pauvreté.
      Ce qui peut par contre s'effondrer c'est la capacité à maintenir un appareil militaire disproportionné au regard de la richesse et des capacités techniques réelles du pays. On a beaucoup de signaux faibles (composant électroniques d'électoménager dans les tanks, GPS du commerce sur les avions de guerre, char armatan qui ne démarrent pas lors du défilé du 9 mai 2022, usines de fabrication de char a priori à l'arrêt) qui montrent une incapacité à renouveler le stock de matériel gigantesque hérité de l'empire et à faire vivre le matériel moderne.
      Ces signaux sont peut être faux ou exagérés, il n'en est pas moins vrai que la Russie n'a jamais brillé dans l'électronique, dans la logistique et que ses conceptions industrielles sont surprenantes dans le cadre du conflit en cours: un croiseur tout aluminium inflammable et submersible, des chars à tourelle éjectable, des missiles guidés qui tombent sur les écoles ou les stades, des réseaux de communication à base de smartphones volés aux passants....
      Quand on ne sait pas renouveler un stock et qu'on ne sait pas gérer l'existant on se retrouve en rupture sans avoir vraiment prévu que cela allait arriver. J'imagine bien un effondrement démarrer ainsi. Chef, on a tiré tous nos obus.

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    5. Post brillant dans la forme, et convaincant, sur le fond. Mes, parents on eut "la chance" de vivre longtemps dans un pays du pacte de Varsovie, on ne réalise pas ici à quel point un système dictaturiale génère de l'incompétence et de l'inefficacité, sauf pour contraindre les gens à faire des choses qu'ils ne veulent pas faire, ce qui peut être utile dans une guerre, il faut le reconnaître.

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    6. @guère épais
      Assez d'accord avec vous quant à la capacité de résilience (plutôt résignation d'ailleurs) de la population russe.

      Quelques remarques concernant les signaux faibles que vous citez (et à leur exploitation) :

      Composants électroniques.
      Quelqu'un (Chaudard ???) avait fait un post remarquable sur les composants électroniques utilisés dans les matériels militaires et leur obsolescence / rusticité relative (si j'ai bien tout compris) quand on les compare, en milieu de vie du matériel, aux standards civils contemporains. Donc je ne tirerais pas de conclusions hâtives à partir de l'information relative à l'utilisation de composants électroniques d'électroménager, je laisse le spécialiste nous éclairer (perso j'aurais tendance à penser que plus c'est simple, répandu et éprouvé, moins ça tombe en panne et plus c'est simple à réparer, donc pas forcément un défaut pour un matériel utilisé dans des conditions éprouvantes, avec des utilisateurs pas très précautionneux).

      GPS du commerce dans les avions.
      Je n'avais pas vu cette info. Toutefois comme terrien, j'ai toujours eu mon Garmin perso dans la poche.

      Char en panne avant un défilé.
      Ca arrive aussi au 14/07 à Paris et c'est pour cela qu'on a des vhl en spare. C'est même la hantise de tout chef d'engin. Plus généralement, j'ai connu un taux de pannes avec les véhicules mili qui laisserait rêveur le pékin moyen, donc selon moi ce n'est pas forcément un critère déterminant (c'est souvent d'ailleurs parce que les engins ne tournent pas assez qu'ils tombent en rade).

      Tourelle éjectable :
      Valable pour pas mal de chars (y compris OTAN) dont les munitions sont stockées en tourelle (en particulier les chars contemporains du T72). Un coup au but assez puissant dans la caisse à l'aplomb de la tourelle (c'est là qu'on vise car c'est le milieu de la cible) et c'est tout ce qu'il y a dedans qui pète. Les chars conçus dans les années 70 (notamment T72 et descendants) ne privilégient pas la protection de l'équipage comme les chars de conception récente (ABRAMS, Leclerc, Merkava), mais c'est une caractéristique partagée par tous les chars de cette génération, adaptés en fait à la menace AC de leur époque (en clair les M60 US, AMX30 Fr, Chieftain UK n'auraient probablement pas fait mieux).

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    7. Personnellement je ne vois pas pourquoi le régime russe, en appliquant les mêmes méthodes que le régime nord-coréen, ne pourrait pas durer aussi longtemps.

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    8. Merci de ces compléments.
      L'électronique et le mariage électronique programmation n'est quand même pas si simple à régler.
      On a un bon exemple industriel des problèmes que posent l'électronique. Raytheon ne sait pas fabriquer rapidement des stingers car certains composants électroniques essentiels ne sont plus fabriqués.
      https://www.defensenews.com/congress/2022/05/11/stinger-shortcut-us-army-seeks-special-funding-for-missile-supply-chain/
      Traduction rapide du paragraphe essentiel pour le propos.
      "Greg Hayes CEO de Raytheon a dit que sa compagnie ne pourrait pas être capable de fabriquer de nouveaux Stingers avant fin 2023 parce que certains composants ne sont plus disponibles. La compagnie doit redessiner l'électronique de la tête de guidage du missile."
      Donc 18 mois de délais pour un leader mondial pour refaire avec de l'électronique moderne ce qu'on sait déjà faire avec de l'électronique ancienne qui n'est plus fabriquée.
      Même si on peut (on doit) supposer que Raytheon a beaucoup d'arrières pensées en faisant cette déclaration (entre autre a/ indiquer au pentagone qu'il vaut mieux commander régulièrement que ponctuellement de façon très espacée b/refinancer un design moderne sur commande et non sur frais de recherche) il est certain que le problème industriel évoqué peut être justifié jusqu'à tenir devant des auditions du congrès Américain.
      Il s'agit probablement de microprocesseurs et de leur "écosystème", donc de programmes informatiques et intégrations qui doivent être revalidés à travers des chaines complexes de test.
      Il est vrai que l'électronique grand public de qualité peut résister à des situations de stress significatives. Une machine à laver travaille dans la chaleur, l'humidité, les vibrations fortes.
      Les designs peuvent inclure de l'obsolescence "programmée" souvent dans l'électronique ou il suffit de loger un composant de piètre tenue (mean time before failure de par exemple 800 heures) pour garantir un arrêt de la machine entre 700 et 1000 heures (soit 5 à 7 ans de fonctionnement en usage domestique).
      L'électronique durcie a donc, quand même, quelques raisons d'exister pour les usages aéronautiques, spatiaux et militaires. Chaque composant est de la meilleure qualité possible et les différentes intégrations et programmes sont testés et retestés pour des conditions extrêmes et pour un fonctionnement sans obsolescence programmée (sans maillon faible by design).
      Utiliser des drones grand public pour lâcher des grenades sur des tranchées ou régler de l'artillerie est une chose, confier sa vie à des systèmes conçus littéralement pour tomber en panne à un moment donné en est une autre.
      Mais ça reste un signal faible: le résultat marche c'est juste moins fiable dès la conception.

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    9. @guère épais
      J'avais laissé un peu de côté l'appel du pied de Semper Fi, parce que la réponse me semble affreusement complexe. Je pourrais écrire trois pages rien que là dessus.

      Je vais donc partir de votre message pour tenter une réponse simplifiée.
      - Concernant le Stinger, c'est le mauvais exemple typique. Comme vous tendez à la dire. La position de Raytheon est parfaitement correcte: remettre en production un produit abandonné coûte effectivement très cher. Le problème est plutôt ici à chercher dans les relations habituelles entre le complexe militaro-industriel US et le Pentagone. Raytheon sous entend "achetez nous plutôt notre super MANPADS en cours de développement, dont on peut finir rapidement la mise au point moyennant quelques millions de $". Ce à quoi le Pentagon va répondre "puisque c'est comme ça, on va vous forcer à fabriquer sous licence des Starstreak (ou ce nouveau MANPADS polonais dont j'ai oublié le nom) et leur en acheter". Cris d'orfraies chez Raytheon, qui ne veut pas faciliter la vie d'un concurrent. Et ils trouveront un terrain d'entente. Si le Pentagone est suffisamment "pissed off" (mécontent) ce sera la fabrication sous licence, bon gré, mal gré, ou toute autre solutions, comme ils ont acheté les FREMM. Rien de stratégique, donc.

      "L'obsolescence programmée" n'existe pas vraiment dans les matériels industriels. Les raisons d'obsolescences sont multiples: la plus importante est, tout bêtement, la mise à disposition des pièces de rechange, patches de correction, la disponibilité des composants et consommables. Autrement dit, un fournisseur vous garanti un suivi de votre matériel pour un temps donné (5 ans, 10 ans, en général), pour laquelle il a prévu la durée de vie du produit. Au delà de cette durée, il n'en n'assurera plus la maintenance. Le matériel pourra toutefois encore fonctionner des années, surtout si c'est électronique (c'est très fiable, l'électronique), jusqu'à ce qu'il tombe en panne.

      L'utilisation de composants dits "grand public" (ce qui est monté dans les téléphones, machines à laver, etc...) peut -être utilisé dans le matériel militaire. C'est souvent suffisamment fiable (et éprouvé. Il n'y a, par exemple quasiment qu'un type de pompe monté sur toutes les machines à expresso à travers le monde. Construite à des dizaines de millions d'exemplaires, elle a prouvé sa robustesse). Mais c'est encore peu usité (sauf sur les microprocesseurs, par exemple).

      - Les fabricants de matériel militaires doivent s'assurer que le composant assurera correctement le boulot qu'il est censé faire. Ce sont des tests de validation, un suivi de la qualité très précis des fournitures, donc un coût + un coût. C'est nécessaire: un combattant doit voir partir le missile quand il presse la détente. Que votre machine à café refuse de faire un café est beaucoup moins grave.

      - ils doivent amortir leurs frais de développement. Des années d'étude par des dizaines d'ingénieurs doivent être payés sur une petite série de quelques centaines ou milliers de produits. Diviser le coût de développement sur le nombre de produits, on obtient un chiffre largement supérieur à la valeur des composants qui composent ledit produit. Un circuit imprimé contenant pour 100$ de composants qu'un chinois pourrait faire en millions d'exemplaire pour quelques centimes coûtera une blinde.

      - on oublie souvent les coûts financiers : fabrication et stockage des pièces détachées (qui ne seront payées par le client que des années après, quand la pièce sera vendue), coûts au développement (les études partent bien en amont des premières livraisons, et ça coute cher. Il faut payer le développement, les ingénieurs, les tests, la fabrication avant d'avoir rien livré, souvent pendant des années).

      Tout ça pour dire que le coût intrinsèque du composant n'est que pour une part infime du coût total. Utiliser des composants disponibles permet de diminuer la facture, ce qui est souvent fait quand un fabricant réutilise un de ses composants dans une étude, pour sauver du temps et de l'argent, mais ce n'est pas miraculeux.

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    10. (désolé pour la longueur du message. C'est ce que j'ai pu faire de plus court.... avec plein de raccourcis et approximations)

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    11. Merci Chef Chaudard. J'ajouterais juste que les missiles polonais, ce sont les Piorun. Sans doute ce qui se fait de mieux de nos jours dans le style du Stinger, le Starstreak étant une catégorie à lui tout seul (encore mieux que le Piorun, mais bien plus difficille d'emploi).

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  17. Chute des ventes automobiles en Russie : -82% ! Inflation : 22%. L'OTAN sur rt.com (!) annonce une victoire ukrainienne. Aristovitch a évoqué une ambulance pour Poutine...
    https://francais.rt.com/economie/98496-russie-inflation-augmente-avril
    https://www.rt.com/russia/555523-ukraine-can-win-war/
    https://www.themoscowtimes.com/2022/04/06/car-sales-sink-in-sanctions-hit-russia-a77243

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  18. Bonjour, je lis avec grand interet les bulletins de M. Goya et encore plus les commentaires sur ce blog. Je me permets d'intervenir, car sur le canal telegram "news Ukraine francais", j'ai vu des videos d'avion ukrainien en vol. Cette publication met donc en avant une capacite aerienne des ukraniens, et je n'en avais pas vu depuis longtemps (voire jamais). Place aux specialistes pour debattre de ce sujet ! (Transfert, remise en etat, consequence sur les combats, etc...). Au plaisir de vous lire.

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    1. Une questio: j'étais resté sur l'impression, à la vue d'une vidéo consacrée à un pilote Ukrainien, qu'ils n'avaient pas de missiles moyenne/longue portée (Fox 1) et que ça les handicapait.
      La photo du Mig 29 donnée en lien montrerait des R-27 de ce type.
      J'ai mal compris? Mig 29 donnés par les slovaques? Kits de missiles fournis par ?

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  19. https://air-cosmos.com/article/augmentation-des-sorties-pour-l-armee-de-l-air-ukrainienne-35222

    Les avions ukrainiens volent tous les jours au dessus d'Odessa entre autre.

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  20. Les défenseurs ukrainiens ont fait sauter le pont reliant Severodonetsk et Rubizhne
    Les soldats du N-ème régiment des forces d'opérations spéciales des forces armées ukrainiennes, ainsi que les gardes nationaux et les employés du SBU, ont fait sauter le pont ferroviaire reliant Severodonetsk et Rubizhne.
    Cela était nécessaire pour arrêter l'avancée des nazis russes, a déclaré Anton Gerashchenko, conseiller du ministre de l'Intérieur.
    Plus tôt, on a appris que l'ennemi était capable de prendre Rubizhne et continue d'avancer sur Severodonetsk depuis le nord.

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    1. https://dumskaya.net/news/ukrainskie-zashchitniki-vzorvali-most-soedinyayu-164428/

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  21. Ces deux posts constituent la traduction de publications en date d'aujourd'hui récupérés sur le mur Vkontakte du ministère russe de la défense.
    * Briefing quotidien 15/05/2022
    Les forces armées de la Fédération de Russie continuent l'opération militaire spéciale en Ukraine
    - Au cours de la nuit, des missiles de haute précision tirées par les forces aérospatiales de la fédération de Russie ont touché deux PC, 11 fortifications et quatre dépôts de roquettes, d'armes et de munitions d'artillerie des forces armées ukrainennes dans les territoires des localités de Zaporozhye, dans les territoires des localités de Paraskoviyivka, Konstantinovka et Novomikhailovka dans la République populaire de Donetsk.
    - L'aviation opérationnelle militaire tactique a touché 32 zones de concentration de personnel et d'équipement des forces armées ukrainiennes. Deux lanceurs du système de missiles anti-aériens S-300 et un poste radar dans la région de Shpilevka - région de Soumy - ont été détruits.
    - Les missiles et l'artillerie ont touché six postes de commandement, 123 zones de concentration de personnels et de matériel militaire ainsi que 13 batteries d'artillerie des Forces armées ukrainiennes sur leurs positions de tir. À la suite des frappes, jusqu'à 150 nationalistes ont été anéantis et 26 unités d'équipement militaire ont été mises hors de combat.
    - Au cours de la nuit, les forces de défense anti-aérienne ont abattu 15 engins aériens sans pilotes, sur les territoires des localités de, Novotroitskoye, Vladimirovka, Petrovskoye et Luganskoye - République populaire de Donetsk - d'Epifanovka, Kudryashovka, Verkhnyaya Duvanka - République populaire de Lougansk-, de Chkalovskoe, Velikiye Prokhody, Vysshee Solenoye dans la région de Kharkiv ainsi qu'au-dessus de l'île du Serpent. En outre, un missile tactique Tochka-U a été intercepté à proximité de la localité de Stepnoe, dans la région de Kherson, et 11 projectiles tirés par un système de lance-roquettes multiple Smerch ont été interceptées dans les districts de Kamenka, Malaya Kamyshevakha, Brazhkovka dans la région de Kharkiv ainsi qu'à Chernobaevka dans la région de Kherson.
    Depuis le début de l'opération militaire spéciale, ont été détruits au total : 165 avions, 125 hélicoptères, 879 véhicules aériens sans pilote, 306 systèmes de missiles anti-aériens, 3 098 chars et autres véhicules blindés de combat, 381 lance-roquettes multiples, 1 525 mortiers et pièces d'artillerie de campagne, ainsi que 2 934 unités de véhicules militaires.

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  22. J'ajoute au briefing les traductions de deux autres postes issues des rubriques "chiffre du jour" et "héros de Z" (le portrait d'un combattant qui s'est distingué, il y en a entre deux et quatre par jour, je précise que j'ai pris ce portrait parmi ceux publiés aujourd'hui parce que le type avait une bonne tête).

    * Le chiffre du jour: 123 concentrations d'homme et de matériel des Forces Armées Ukrainiennes ont été touchées par des tirs de roquette ou d'artillerie.

    * "un héros de Z": Azamat Sarbasov, caporal.
    Après de violents combats près d'une localité occupée par des Nationalistes Ukrainiens, le caporal Azamat Sarbasov, effectuant une mission de reconnaissance, a identifié un groupe important de nationalistes ukrainiens armés d'armes légères et d'un lance-grenade.
    Les soldats russes décidèrent de livrer bataille malgré l'évidente supériorité numérique des radicaux ukrainiens. Sans trahir sa présence, en ayant une position de tir avantageuse, le caporal Azamat Sarbasov a touché et détruit d'un coup précis, le lance-grenade ennemi.
    Lors de ce féroce affrontement, le caporal Sarbasov a mis hors de combat plus de 15 nationalistes. En outre, il a porté hors de portée du feu ennemi deux de ses camarades blessés et leur a prodigué les premiers soins. Sous le poids de ses pertes, l'ennemi a finalement été contraint à fuir.
    Grâce à l'héroïsme et au dévouement du caporal Sarbasov, des forces ukrainiennes supérieures en nombre ont été anéanties.

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    1. Soldat Pithivier15 mai 2022 à 23:30

      Merci !
      Bonne soirée

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    2. Merci, c'est un éclairage nécessaire pour voir ce qu'on raconte aux russes. Il y a forcement du vrai, les Ukr ont forcément des pertes. Mais c'est aussi de la propagande qui fait sourire. On savait déjà qu'il avait déjà détruit 3 fois plus de BTK que les Ukr n'en possèdent, ça va bientôt être le cas, de leur aviation. Mais le plus beau, c'est la fabrique à héros. Tout le monde fait cela, Ukr aussi, la propagande est une arme dans la guerre. Mais la si belle histoire du soldat Azamat est tellement cousu de grosses ficelles scenaristique que cela en devient drôle. Ça me rappelle le film sur le tireur d'élite allemand qu'on présente à hitler dans Inglourious Bastards

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  23. Soldat Pithivier15 mai 2022 à 23:27

    Des liens vers des médias russes (utiliser le traducteur Google) :

    Opposition à la mobilisation par incendies des bureau de recrutement :
    https://theins.ru/news/251274

    Retour de prisonniers russes dans la région de Samara :
    https://63.ru/text/world/2022/05/05/71308895/

    Les conditions de la mobilisation toujours à Samara :
    https://63.ru/text/politics/2022/05/04/71306618/#card₂

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  24. Pour revenir à la stratégie, je ne partirai pas que les, généraux moscovites soient tous idiots. Mais visiblement, leurs cadres de réflexions et d'actions les empêchent de prendre vite les bonnes décisions (cf l'offensive sur Kiev et le temps nécessaire pour accepter l'échec) . En face,, j'aimerai bien être une petite souris dans les réunions de l'état major Ukr. On a tous compris l'intelligence supérieure tactique des Ukr, leur capacité à s'adapter et à inventer des modes d'actions nouveaux. Mais au niveau général, j'ai l'impression qu'ils sont aussi un cran largement au-dessus, capable de hiérarchiser les fronts et les priorités, économisant les hommes et les matériels pour les engager là où c'est utile et gagnable. Si mon sentiment est juste, ils ont sacrifié Marioupol, insauvable, tant pis pour Azov et l'infanterie de marine là bas, ils usent les moscovites dans le Donbass central sans rien céder, ils tiennent le front sud pour éviter la tenaille, résistent sur l'avancée à partir d' yzioum, en acceptant de lâcher du terrain, et contre attaque au nord et l'est de Kharkov pour libérer la ville et aller couper les lignes logistiques de l'offensive russes d'yzioum. Dans ce plan général, Kherson C'est tentant, mais pas leur priorite. Ces gars ne s'enflamment pas, ils savent être patient et rationnel. C'est en tout cas l'impression qu'il me donnent sur ce que je comprend des stratégies militaires.

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    1. Les Ukrainiens n'ont pas le choix, en face c'est tout de même du lourd et ils le savent. Maintenant en défense David a plus de possibilités que Goliath. Les Ukrainiens prendront leurs chances sur le terrain mais il faut attendre encore un peu, visiblement même à 30% de pertes le russe est du de la feuille. La chance des Ukrainiens est de pouvoir infliger tant de pertes, à un moment les russes vont obligatoirement d'effondrer et être en manque de réserves efficaces.

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  25. Je trouve qu'il y a beaucoup d'optimisme dans les commentaires. N'oubliez le biais évident qu'il peut exister dès que des gens d'accord entre eux discutent entre eux : ils renforcent bêtement leurs convictions et sont de moins en moins accessibles à ce qui ne vas pas dans leur sens !
    Et je pense être le 1er a qui s'adresse cette mise en garde !
    J'ai très envie de croire que les russes vont perdre, mais gare à là désillusion. Les Allemands avaient aussi cru avoir gagné contre Staline. On oublie a quel point la vie n'a pas de valeur pour les dirigeants russes et qu'ils pourraient envoyer toute leur population charger avec des couteaux à huîtres si c'était tout ce qu'il leur restait. Il leur suffirait juste d'avoir plus de soldats que l'ennemi n'a de balles. Bref, les Ukrainiens qui annoncent la victoire avant la fin de l'année ne devraient pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, et nous ne devrions pas l'acheter non plus.

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    1. Un général ukrainien a parlé d'en finir avant la fin de l'année. Il a dit que le pivot serait l'été et qu'une victoire était possible. Plusieurs éléments séparés qui ont été raccourcis en "On va gagner". Pour le reste je suis comme vous : qui vivra verra...

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    2. Il y a de l'optimisme oui, et aussi quelques raisons de l'être.
      Il faut reprendre le fil de la guerre pour en observer la dynamique.
      D'abord, l'opération de décapitation du pouvoir ukrainien a échoué. Il y a 2 mois, on craignait l'encerclement de Kiev et sa chute.
      Ensuite, depuis près d'un mois l'offensive se concentre sur le Donbass. La Russie obtient de maigres gains territoriaux avec une seule ville conquise: Yzium et en concédant encore des pertes significatives, bien que moins importantes que dans la 1ere phase.
      Aujourd'hui, une estimation indiquait qu'un tiers des forces déployées au début du conflit étaient hors de combat.
      Après un mois dans cette seconde phase, l'on peut supposer que la Russie a sûrement déjà atteint le maximum de ses capacités terrestres dans le Donbass, ce qui signifie que désormais ses forces iront en déclinant.
      La Russie manque d'hommes. Kadyrov a encore envoyé 700 hommes récemment. Wagner cherche à recruter.
      La Russie commence aussi à manquer de matériels pour compenser ses pertes. Du matériel n'appartenant pas à l'armée est utilisé. De vieux équipements ont fait leur retour...on racle les fonds de tiroir.
      A contrario, l'Ukraine continue de recevoir de l'équipement de façon massive. D'abord de l'ancien matériel soviétique qu'elle sait utiliser.
      Et puis de l'équipement occidental qu'elle apprend à utiliser et va incorporer de plus en plus dans son armée.
      Enfin de son côté, elle n'a pas de difficulté pour recourir à la conscription.
      Dans les prochaines semaines, il est très improbable que les Russes parviennent à conquérir le Donbass et il est même possible qu'ils commencent à reculer.
      Je pensais rationnellement que Poutine voyant l'incapacité de ses troupes à prendre le reste du Donbass chercherait un cessez le feu pour geler ses gains mais il a probablement trop tardé, désormais les Ukrainiens ont compris qu'ils pouvaient repousser les Russes.

      Poutine aurait besoin d'un game changer pour retourner la situation. La conscription est le plus probable mais le coût politique sera terrible.
      Des dizaines de milliers d'hommes quitteront le pays. Les pertes sur le champ de bataille seront terribles face à des ukrainiens mieux équipés et plus aguerris.
      Et la guerre sera terriblement longue...
      Un autre game changer serait l'utilisation de l'arme nucléaire mais elle mettrait la Russie au ban des nations et peut-être est-ce là également la ligne rouge que ne doit pas franchir Poutine pour conserver son poste.

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    3. Il faudra aussi que l'occident tienne le coup (accueil des réfugiés, soutien financier, maintien des sanctions, etc.).

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    4. D'accord avec vous sur la nécessaire prudence... mais pas tout à fait sur la comparaison. Les Allemands qui ont cru avoir gagné contre Staline étaient des attaquants - et les soldats russes défendaient alors leur pays et les leurs. Il me semble que cela a joué autant dans leur ténacité et leur combativité que l'absence de scrupules de leurs dirigeants à envoyer la "chair à canon" au cases-pipe. Je n'ai pas trop l'impression que la propagande russe puisse aujourd'hui motiver longuement les troupes russes dans une guerre absurde. La combativité de celles et ceux qui sont "dos au mur" et défendent ce qui est essentiel pour eux, il me semble qu'elle est clairement du côté ukrainien, cette fois.

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    5. Euk dès la bataille de Moscou en 1941 les Allemands savaient que c'était perdu, mais ils n'avaient plus de choix autre que de se battre, rédition sans condition oblige.

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  26. Au Nord-Est de Kharkyv, les troupes Ukrainiennes ont atteint la frontière

    https://twitter.com/nakipeloua/status/1525947980620210176

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    1. Armand DELALANDE16 mai 2022 à 07:16

      sur ce tweet on voit des soldats avec des équipements (casques, treillis) très loin d'être homogènes. Est-on sur une simple section de conscrits/volontaires de la "territoriale" ?

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    2. L'armée ukrainienne, de nos jours, c'est un musée des matériels militaires européens. Un peu comme le mur de l'atlantique en 1944 mélangeait des chars français, des mitrailleuses polonaises, des canons tchèques, etc... mais ça va encore plus loin cette fois ci, jusqu'aux uniformes.

      Ca pose certainement des problèmes de logistique, d'ailleurs. Certes il n'y a que deux standards de munitions, OTAN et pacte de Varsovie, mais pour les pièces détachées, ça doit être l'enfer.

      Mais ça permet d'aligner du nombre, et les ukrainiens ont désespérément besoin de nombre. Donc c'est bariolé, et on s'en fout.

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    3. @Herr Elle...
      C'est l'objet d'un post plus bas...
      Le nombre c'est bien, mais il y a quand même le risque pas négligeable qu'une batterie de tir équipée de 152 mm ex-PAVA se retrouve recomplétée avec du 155mm US... en tout cas, chez nous ce genre de bourde ne surprendrait personne (lol - et chez les Ricains ce n'est pas mieux, expérience vécue !!!).

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    4. Armand DELALANDE16 mai 2022 à 11:43

      @Herr Elle. Donc pour vous on peut tres bien être dans ce tweet sur un bataillon constitué formé avant 2022 et pas necessairement sur des volontaires du mois de mars, avec donc 2 mois d'instruction/combat

      @ Semper Fi ..; donc comme mettre du sans plomb dans un moteur diesel ?

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    5. @Armand... c'est à peu près ça !

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  27. bonsoir Mr Goya ,
    merci pour cette lecture
    precise de cette guerre , dont l'issue semble s'orienter vers une défaite de l'agresseur (poutine et ses affidiés).
    le plus vite sera le mieux , à fortiori pour les UK civils et militaires . Je viens de lire un article du monde (https://www.lemonde.fr/international/video/2022/05/13/prisonniers-russes-tortures-des-videos-verifiees-par-le-monde-mettent-en-cause-un-bataillon-de-volontaires-ukrainiens_6125904_3210.html) sur 1 groupe de volontaires ukrainiens ,et je m'interroge sur le financement de leur armement , ainsi que sur leur capacité d 'acceptation , d'ordres émmanents d'un commandement "central" . Au délà de l'idéal nationaliste qui est une source indéniable de motivation ,, qui les dirige ? qui les finance ? quel sera leur horizon à la fin de cette guerre?. Comme vous l'avez trés bien formulé dans un de vos précédents post , les morts appélent les morts ....
    bien cordialement

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    1. J'ai vu passer cet article dans le live du Monde, mais ne l'ai pas lu. Autant que je sache, les Ukrainiens sont réellement organisés en armée, avec une chaîne de commandement stratégique qui fixe les objectifs et déploie ses effectifs dessus. Tout indique qu'ils gèrent aussi leur intendance et leur ravitaillement. Sur le terrain, ils sont réputés avoir beaucoup de libertés tactique, mais ce sont bien des soldats sous commandement ukrainien, pas des miliciens. S'agissant des volontaires, ils ont un métier dans le civil qu'ils devraient normalement reprendre en sortie de crise.

      S'agissant du Monde, ils m'agacent un peu dans le suivi de la guerre, car 90% de leur travail consiste à répéter des déclarations officielles sans intérêts. Alors quand ils ont une info un peu originale, ils en font une montagne. 3 assaillants exécutés, déjà, c'est pas de la torture (en tout cas d'après ce qu'on peut lire dans le résumé de l'article) mais une exécution "extra judiciaire", c'est plus que banal dans une guerre (ce que Le Monde semble découvrir), et à titre personnel, j'aurais eu de la famille a Boucha, convention de Genève ou pas, 3 balles auraient été un minimum.

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    2. bonjour ,
      c'est bien ce que je disais , les morts appélent les morts ...A leur place , j ignore comment je réagirai , donc je ne donne pas de leçon de morale , j'essaye juste de comprendre .
      bonne journée

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  28. Question logistique :
    Je note que les ukrainiens reçoivent des armements lourds de la part des occidentaux et vont faire cohabiter des matériels de différents types (OTAN et ex-PAVA), de différentes générations et des munitions différentes. Quand je vois le bazar que cela peut déjà être en franco-français, j'ai mal à la tête pour les logisticiens ukrainiens qui vont devoir gérer le b...el des approvisionnements (MUN, CARB, et ingrédients type huile moteur, BV, etc...) ou encore la maintenance de ces micro parcs. Quelqu'un a des infos ?

    D'ailleurs, comme je sui un peu fiu de chercher : est-ce qu'il existe une synthèse de l'ensemble des matériels lourds donnés/prêtés/vendus en urgence aux ukrainiens ?

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  29. Quelqu'un a très bien expliqué il y pas, mal de jours, comment les russes avait perdu leur guerre des le début avec l'échec sanglant de leur tentative de prendre un aéroport au porte de Kiev avec leur meilleurs troupes aéroportées et spéciales. Ensuite, on revient à Claustwitz et d'autres. Ça peut et ça va être long, sanglant, incertain, mais la volonté d'un côté, alimentée en armes modernes, la désorganisation et l'absence de buts clairs de l'autre, sans les moyen économiques de soutenir une longue guerre (le stock de chars modernes s'épuise à la vitesse grand V) , rende l'issue evidente. L'ex ambassadeur chinois en Ukr l'a expliqué mieux que moi, avant d'être censuré, et probablement envoyé en rééducation. Il faudrait que je retrouve les articles dessus pour vous les partager. Au passage, il semble d'après pas mal d'analystes que ça cogite dur en Chine sur cet échec russe, qui montre qu'une invasion de Taïwan ne se fera pas avec une opération spéciale en 1 semaine avec des paras et plein de missiles.

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    1. https://gaodawei.wordpress.com/2022/05/10/fmr-prc-amb-to-ukraine-on-russias-impending-defeat-and-international-relations/

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  30. Bonsoir,
    Pour rappel, ces faits criminels remontent au mois de mars et avaient déjà été évoqués dans la presse.

    Le bataillon en question est le bataillon Slobozhanshchyna un bataillon formé en 2015 pour défendre Kharkov des séparatistes pro-russes notamment à partir d'unités de police. Il dépendait à sa formation du ministère de l'intérieur ukrainien. Il participa ensuite aux combats du Donbass où il bénéficia des largesses d'Akhmetov, oligarque ukrainien qui fut délogé par ses homologues kremlinois dans l'insurrection de 2015. Le bataillon à servi à Marioupol avant de revenir sur Kharkiv avec une branche à Kiev en tant que bataillon territorial dépendant des forces armées.

    Un bataillon tel que celui-là reçoit son équipement par le ministère de tutelle mais perciot aussi, grâce aux efforts des volontaires, des dons pour ce qui concerne le non léthal. Pour avoir vu fonctionner ce système,c'est assez simple. Une annonce est passée, des volontaires relaient et collectent l'argent puis achètent les équipements et les acheminent eux-mêmes vers l'unité demandeuse, Pour mémoire et contrairement à une idée reçue il n'y a pas de possibilité légale d'amener des armes à une unité particulière car tout passe par les forces armées qui distribuent. Ainsi les armes passant la frontière sont saisies et redistribuées par l'Armée.

    Il y a bien sûr des canaux parallèles d'armement et des moyens de s'arranger. On peut donc s'inquieter de savoir si ces bataillons désarmeront si on leur ordonne de le faire, mais l'Etat Ukrainien a déjà montré qu'il était capable de contrôler, voire de sacrifier, les têtes brûlées ou de les incorporer dans le jeu politique comme la France l'a fait avec certaines organisations de Résistance en les désarmant et en les incorporant dans l'armée.

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    1. le crowfunding en somme au service de la souveraineté de l'ukraine

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  31. Merci de l'analyse M. Goya.
    "La menace a obligé le commandement russe à retirer une partie des forces de la poche d’Izyum (et étonnamment non de Belgorod semble-t-il) pour venir protéger Voltchansk."
    On peut en conclure que les 20 GT en "réserve" à Belgorod ne sont pas opérationnels après leur défaite de Kyiv (moral ? matériel ? rupture des contrats ?)
    Koupiansk sera un objectif encore plus intéressant que Voltchansk pour réduire l'approvisionnement route et fer d'Yzioum !
    Peut-on imaginer que l'Ukraine et l'état-major russe ont un intérêt conjoint à faire semblant le plus longtemps possible de suivre les frontières de Donetsk, Luhansk, Kherson pour éviter l'ire de Vladimir et une réaction irrationnelle ?
    Voit-on des signes d'épuisement des armes russes (arrêt d'emploi de certaines munitions) ?

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    1. Cela m'étonnerait beaucoup que l'Ukraine et l'Etat major russe s'entendent, même tacitement, pour éviter l'ire de Poutine.

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    2. Armand DELALANDE16 mai 2022 à 07:50

      Peut être que les 20 GT de Belgorod sont uniquement en materiel, mais pas en personnels car ceux ci ont tous étés envoyés pour prendre le Donbass

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    3. Un signe d'epuisement: les pertes en T-72B augmentent, selon Oryx. Une version du char qui date des années 80/90 (30 à 40 ans, tout de même), preuve que l'armée russe destocke en masse des vieux nanars. Pareil pour les pertes en BMP-2, datants de la même période.
      Autre signe, si l'on en croit Xavier Tytelman/air & Cosmos si je me souviens bien, l'utilisation de missiles guidés longue distance datant de l'ere soviétique (a la precision approximative).
      Un site signalait aussi l'amalgame d'unités diverses afin de reconstituer des BTG, comme des Spetznatz avec ces VDV (j'ai plus la source...), preuve, si c'est vrai, que les unités ne peuvent être reconstituées qu'en "cannibalisant" le personnel qui reste et en le réarmant de vieux matériel tiré des stocks de l'URSS.

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    4. Je ne sais plus où je l'ai lu (ISW?), mais les 20 GT de Belgorod pourraient ne pas être opérationels, car largement en sous effectif. Certains pourraient n'être composés que d'une centaine d'individus (pas forcément tous combattants).
      A priori, les Russes sortent des BMP-1 des réserves. Ce qui veut bien dire que leurs pertes en matériel sont très importantes. Et qu'ils vont devoir utiliser du matériel relativement ancien, mais surtout qui a passé des dizaines d'années en stockage. Je sais pas dans quel état ils sont. Les tanks c'est pas mieux (on voit l'utilisation massive de T72).

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  32. Est-ce qu'une attaque ukrainienne vers Mélitopol depuis l'axe de Zaporozhie aurait un sens, stratégiquement? C'est, certes, 80km par rapport aux lignes de front actuelles, mais cela permettrait de menacer de scinder l'armée russe en deux et de les forcer à décider s'ils préfèrent dégarnir Kherson ou faire avec les moyens du bord dans une zone qui ne semble pas très propice à la défense (comparé, par exemple, au Donbass).

    Sachant le poids qui avait été accordé par les russes de la "connexion terrestre entre la Russie et la Crimée" tout symbolique que ce soit et leurs plans concernant le sud de l'Ukraine, cela pourrait aussi encourager le politique russe à prendre le pas sur le militaire.

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    1. Il ne me semble pas que les ukrainiens en aient les moyens. Ils n'ont plus beaucoup de chars, et en consommeraient beaucoup dans une action pareille. Je suis sur que si on leur donne 100 Leclerc et 200 griffons, ils seraient ravis de tenter le coup. Mais il ne les ont pas.

      La reconquête sera lente, tant que la Russie aura de l'artillerie (et ils avaient encore 2400 canons il y a quelques semaines, c'est dire si l'épuisement n'est pas pour demain). Il a fallu plusieurs semaines pour nettoyer les alentours de Kharkiv, pas très bien défendus, et ça ne fait que 30 kilomètres. Et ça n'est pas encore tout à fait fini.

      Tout ça pour dire que les cartes peuvent être trompeuses. On a des pions sur une carte, mais aucune idée de l'état respectif des pions. Ce n'est pas un wargame, c'est la vraie vie. J'ajouterais que le mode de commandement très décentralisé des ukrainiens fait qu'il est bien possible que les forces locales tentent le coup si elles le sentent, pas si les grands chef à Kyiv le décident. Il est possible que les defenseurs de Kyiv aient senti une opportunité, et l'aient exploité, là ou leurs collègues de Zapporijjia n'ont rien vu de tel, et se sont donc contentés de défendre, en attendant une opportunité qui n'est pas venue.

      L'aspect très décentralisé du commandement ukrainien a fait merveille en défense. Le futur nous dira si il est aussi utile en attaque. Moi, il me semble que l'assaut à été fait pour dégager Kharkiv parce que c'était possible, pas parce que c'était le meilleur gain stratégique possible. Bien sur, mon analyse se limite à ce que je sais, et qui est open source, je ne suis pas au secret.

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    2. @Herr Elle
      Je suis tout à fait d'accord avec vous. Actuellement la puissance de feu Russe, en terme d'artillerie et d'aviation combinées, est bien trop importante pour que les FAU puissent tenter des vraies contre attaques d'envergures.
      L'avenir à moyen terme réside à mon humble avis, dans la capacité Ukrainienne à mener un effort d'attrition sur la puissance de feu Russe. Le tout en parallèle d'un effort de livraisons très conséquent de l'ouest avec le matériel nécessaire, artillerie, systèmes anti aériens et avions de chasses en particulier.
      A partir de la, une fois la phase de formation pleinement achevée (formation des futurs formateurs, puis des servants d'arme, soit un temps conséquent). En plus d'un effort soutenu de logistique pour accéder à la masse critique pouvant générer une contre attaque efficace. Il sera enfin possible de juger de la capacité des FAU à mener ces fameuses contre attaques de grande ampleur.
      Et cela sera également lié à la météo avec la capacité à circuler librement hors des routes.

      Ce qui en conclusion nous ramène sur les mois de juin et juillet afin qu'il puisse y avoir un effet cumulatif d'un ensembles de paramètres, favorable à des contre offensives sérieuses. Et juin juillet c'est encore à minima, tant l'effort est conséquent.
      Et entre temps il faudra voir le plan Russe et leur adaptation aux circonstances.

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  33. L'armée russe semble en position délicate, et c'est peut-être ce qui va rendre Poutine encore plus dangereux. Imaginons un scénario, qui est peut-être plausible - je ne le souhaite pas, mais il me fait flipper.
    Poutine fait voter, par de pseudo "referendums", le rattachement des provinces conquises à la Russie (Donbass, Kherson). Cela s'est déjà vu en Crimée. Des combats se poursuivent sur ces territoires nouvellement rattachés à la Russie. Dans ce cas-là, selon la doctrine militaire russe, il s'agit d'une agression sur le territoire russe. Et toujours selon cette même doctrine, l'utilisation de l'arme nucléaire est fondée, puisque la Russie est attaquée. C'est un scénario du pire je vous l'accorde, mais il n'est pas absurde.
    C'est une utilisation tordue du droit, mais Poutine n'est pas un bleu en la matière. On peut imaginer assez aisément l'armée russe envoyer des missiles tactiques sur les positions ukrainiennes dans un premier temps. Puis, si cela ne suffit pas, quelques missiles balistiques sur des villes moyennes. Quelle pourrait être la réponse de l'OTAN dans ce cas de figure ? Je n'aimerais pas du tout que ce scénario se réalise, mais il me glace les sangs depuis quelques temps.

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    1. C'est imaginable mais le coût politique serait désastreux.
      La Chine et l'Inde auraient bien du mal à garder une position neutre.
      Cela pourrait déboucher sur la perte du siège russe à l'ONU.

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    2. En plus de l'excellente réponse de Benoit C, je ferais remarquer que cela serait un aveu d'échec auprès de la population russe elle-même.

      De ce que j'ai vu des russes depuis des années, il n'existe que 3 cas.
      (1) ils font sans prévenir.
      (2) Ils préviennent une seule fois, puis font (et pas à moitié).
      (3) Ils gesticulent, mais ne font pas.

      le (3) est à usage exclusif d'intimidation. Quand ça ne prend pas, c'est juste ridicule, et ils en sont là.

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    3. S'agissant de l'aveu d'échec, je ne pense pas que ça soit un problème en Russie. Ils préparent la population de puis un moment à coup de "l'occident nous a déclaré la guerre" et donc s'ils perdent ou sont obligés de passer un cap, ça sera la faute au reste du monde.

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    4. Tant que Vladimir aura espoir d'utiliser les champs ukrainiens pour faire du blé et les mines et aciéries (aussi pour faire du blé d'ailleurs), il ne va pas les transformer en déchet nucléaire. Et puis le Donbass c'est pas loin des champs russes : quel serait le cours international du blé russe radioactif ?
      Mais il ne faut pas qu'il aie le temps de vouloir se venger en vitrifiant Lviv... Il faudrait que les Ukrainiens soient à la frontière alors que Vladimir croit encore qu'il va gagner dans quelques semaines.

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  34. Moi aussi je commence à cauchemarder sur l'hypothèse d'une déroute russe, qui me paraît inévitable, même s'il y faudra encore du temps, et une initiative nk tactique pour renverser les choses. Michel Goya n'y crois pas, dixit ses interventions à la télé, mais le nk a été plusieurs fois agité par les russes, il pourrait y avoir une forme de désespoir et de fuite en avant à voir l'armée russe saignée comme elle semble l'être, et l'expérience nous apprend qu'ils disent des choses qui nous paraissent inconcevables et que pourtant il font ensuite pour de vrai. Quel peut-être la reaction de l'occident dans ce cas ? Ne faut-il pas mettre sur ce sujet une ligne très très rouge pour dissuader cette option ? Peut-être tre est-elle déjà posée dans les coulisses, mais je vois pas quelle serait la réaction possible.

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  35. Le projet de poutine est de renverser l'ordre mondial et d'imposer le sien. pour cela il faut des partenaires et être suivi...
    Qui voudrait d'un partenaire qui n'a pas de limite ? C'est une chose de sanctuariser son territoire, de pouvoir tout irradier son ennemi en cas d'envahissement de son territoire, c'en est une autre d'être dans le même registre dans une guerre de conquête... d'autant que tous les nationalismes sont amenés à s'entrechoquer à un moment...
    Si le projet du nouvel ordre de demain c'est qu'on peut balancer quelques missiles nucléaires tactiques d'un sous-marin pour s'accaparer un territoire ça risque d'être de ne pas être très rassembleur comme projet...
    Théoriquement il n'y a qu'une seule planète et les russes aussi ont des enfants...

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    1. Ils ont des enfants, mais ce sont des russes. Et l'histoire montre que les russes n'en ont rien à foutre d'envoyer leurs enfants comme chair à canon.

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  36. en plus sa maîtresse qu'il a rendue milliardaire est revenue grosse de Suisse et s'apprête à pondre la préoccupation de l'ogre va bientôt être de trouver du lait et des couches et de faire des bisous d'esquimaux...!

    (néanmoins si jamais ce n'est pas lui le père alors je préfère vous le dire tout de suite : on est mort ! ;D )

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  37. https://korii.slate.fr/et-caetera/russie-ukraine-vladimir-poutine-coup-etat-maladie-cancer-defaite-kharkiv-echec-offensive-donbass

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  38. Armand DELALANDE16 mai 2022 à 08:21

    meme ici : https://www.youtube.com/watch?v=4OLJE-8zgzE

    rien sur Kherson

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  39. Les occupants se sont retirés en direction d'Avdiivka en raison des pertes subies lors des batailles avec les défenseurs ukrainiens - État-major
    16 mai, 08:18

    Le 82e jour d'opposition héroïque du peuple ukrainien à l'invasion militaire russe a commencé.

    Comme indiqué dans le résumé du matin de l'état-major général, les principaux efforts de l'ennemi se sont concentrés sur la direction de Donetsk. Dans la direction de Slobozhansky, il tente de contenir l'offensive des Forces de défense au nord de Kharkov et de les empêcher d'atteindre la frontière d'État de l'Ukraine. L'ennemi prépare des opérations offensives avec les forces des sous-unités concentrées dans la région d'Izyum.

    Dans les directions Volyn et Polissya, l'ennemi n'a pas pris d'actions actives. Certaines unités des forces armées du Bélarus (jusqu'à sept bataillons) continuent d'effectuer des tâches pour couvrir une section de la frontière ukraino-biélorusse.

    Jusqu'au 21 mai, la prochaine étape de vérification de l'état de préparation au combat des forces de réaction des forces armées de la république se poursuivra. L'activité du complexe de surveillance radio mobile est enregistrée dans la zone frontalière, y compris sur le territoire de l'Ukraine. Il agit pour surveiller les réseaux cellulaires.

    Dans la direction de Seversk, l'ennemi a renforcé le contrôle de la section de la frontière ukraino-russe dans les régions de Briansk et de Koursk et mène des actions de démonstration afin de maintenir les unités des Forces de défense dans la direction et d'empêcher leur transfert vers l'Est Zone opérationnelle. La possibilité de bombardements et de tirs de missiles et de bombes à partir du territoire de la Fédération de Russie dans la direction indiquée continue d'exister.

    Dans la direction de Kharkov, l'ennemi concentre ses principaux efforts sur le maintien de ses positions et la prévention de l'avancée de nos troupes en direction de la frontière d'État de l'Ukraine avec la Fédération de Russie.

    L'ennemi n'a pas mené d'hostilités actives dans la direction Slaviansk. Effectue le sous-effectif et le réapprovisionnement des pertes.

    Les envahisseurs russes ont tiré de l'artillerie sur des infrastructures civiles dans les zones des colonies de Dolgenkoe, de Tishki russe, de Ternovaya et de Petrovka. L'ennemi a effectué une reconnaissance aérienne à l'aide du drone Orlan-10.

    Dans la direction de Donetsk, les envahisseurs ont tiré avec tout le spectre des armes disponibles, y compris les avions, afin d'épuiser le personnel et de détruire les fortifications de nos troupes.

    Dans les directions Limansky, Bakhmutsky et Kurakhovsky, l'ennemi poursuit l'offensive, les combats se poursuivent.

    Dans la direction d'Avdiivka, après les pertes infligées par les Forces de défense, l'ennemi s'est replié sur les positions précédemment occupées.

    Dans les directions Severodonetsk et Novopavlovsk, il n'a pas mené d'hostilités actives avec l'ennemi, il a tenté d'infliger des dégâts de feu à des unités de nos troupes.

    A Marioupol, l'ennemi continue ses frappes massives d'artillerie et aériennes. Les envahisseurs ont concentré leurs principaux efforts sur le blocage et la défaite de nos unités dans la zone de l'usine d'Azovstal.

    Dans la direction sud de Buzh, l'ennemi n'a pas mené d'hostilités actives, mais a tiré sur nos unités à l'aide d'artillerie à canon et de mortiers.

    Les forces de défense ont porté un coup aux positions de l'ennemi dans la zone de la colonie de Chernobaevka. L'ennemi subit des pertes en hommes et en matériel. La quantité est spécifiée.

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  40. Au cours de la journée précédente, les unités de défense aérienne des forces terrestres et de l'armée de l'air ont touché 11 cibles aériennes : deux hélicoptères (Ka-52 et Mi-28), sept drones opérationnels et tactiques et deux missiles de croisière.

    L'aviation de l'armée de l'air dans certaines zones a continué à mener des frappes aériennes contre l'ennemi, à soutenir les opérations de combat de nos troupes et à patrouiller dans l'espace aérien de l'Ukraine.

    Au cours des dernières 24 heures, 17 attaques ennemies ont été repoussées dans les directions de Donetsk et Lougansk, trois chars, un système d'artillerie, six unités de véhicules blindés militaires et un véhicule ennemi ont été détruits.

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  41. Question
    une arme quelque soit a une durée limité a l'usure,qu'en est il de l'usure de l'artillerie Russe durée de vie d'un canon.

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    1. Environ 1500 a 2500 coups. Mais, des canons, les Russes en stockent depuis la "Grande Guerre Patriotique", la Seconde Guerre Mondiale. Il doit y en avoir des dizaines de milliers en stock.
      Ils manqueront plus vite de main d'oeuvre que de canons.

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  42. Dans la série des "il a baissé,le mexicain (euh...Poutine): sa réaction à la demande d'adhésion à l' OTAN de la Finlande, Suède etc serait du genre "c'est une erreur"??; Lui qui évoquait le scénario type Dr Folamour il y a peu; Ca va être quoi ensuite "oh non, vous n' êtes pas gentils"?

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  43. Armand DELALANDE16 mai 2022 à 12:03

    Sur le stock de matériel russe ancienne génération (munitions d'artillerie, véhicules) il n'y a aucun problème de "quantité", la question de l'usure est en revanche différente car 30 ans de stockage laisse des traces.
    Les allemands livrent/destockent des Marder qui ont 40 ans (avec de nombreuses améliorations et alourdissements) et doivent les réviser avant des les fournir.
    Les ukrainiens bichonnent leurs matériels comme s'ils appartenaient personnellement aux équipages ce qui est tres loin d'être le cas pour les forces russes.
    Peu à peu l'artillerie otanienne de plus grande portée va entrer en jeu et va amener le point de rupture des bataillons des occupants.
    Ensuite, il y a un combat à l'africaine, c'est à dire avec des pickups armés de matériel sol air et sol sol. J'ai entendu le chiffre de 10.000 véhicules de ce genre (à vérifier)
    Enfin, le prélude à l'offensive majeure ukrainienne va etre de gagner la bataille des drones, et là l'attrition d'electronique va jouer contre les russes

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  44. L'introuvable guerre stratégique russe.

    Quels sont les buts poursuivis par la Russie en frappant le territoire ukrainien dans sa profondeur? Que peuvent-ils espérer gagner en détruisant des cibles loin dans tout le pays?
    On nomme ces frappes "stratégiques", parce qu'elles n'ont pas vocation à frapper directement la force armée adverse, mais à limiter ou supprimer ses moyens de combattre, en la privant, par exemple, de carburant, munitions, engins de combat ou moyens de transport. Ou en faisant s'effondrer le moral de l'arrière, dans l'espoir qu'il finisse par demander la paix, selon ce qu'a théorisé l'Italien Giulio Douhet dans les années 20, ou en décourageant ses alliés de fournir de l’aide au pays.
    Le moyen « naturel » d'y parvenir est bien sûr l'aviation, complétée depuis l'invention des V1 et V2 par les Allemands, des missiles autonomes et guidés.
    Toutefois, faute d'avoir procédé à une phase de suppression des défenses antiaériennes ukrainiennes (dite SEAD, Suppression of Enemy Air Defense), l'utilisation d'avions sur le territoire ukrainien est interdite à la Russie. Elle doit se contenter de missiles guidés, envoyés depuis le territoire qu'elle tient, depuis des batteries terrestres mobiles ou des bombardiers stratégiques, ou depuis la mer par ses navires de guerre et ses sous-marins. A usage unique, ces engins sont en nombre limité, d’autant plus que beaucoup, issus des anciens stocks de l’ex URSS, sont imprécis et peu fiables (la précision se compte en dizaine, voire centaines de mètres).

    La Russie a visiblement cherché à atteindre tous les objectifs listés plus haut d'un coup, en bombardant largement des objectifs très variés en Ukraine, jusqu'à sa frontière ouest. Ont été ainsi touchées des bases, casernes et entrepôts de l’armée ukrainienne, des cibles civiles, comme la gare de Kramatorsk ou le théatre de Marioupol, la base d’entraînement de l’OTAN à Lavoriv, des dépots, usines, ateliers travaillant pour l’effort de guerre et différents endroits censés abriter du matériel et des combattants ukrainiens. Ainsi que des cibles sans intérêt militaire, comme des hôtels touristiques en bord de mer près d’Odessa. Il y a quelques semaines, la propagande russe, par l’intermédiaire de ses trolls, s’est faite l’écho de la destruction totale des dépôts pétroliers, des infrastructures ferroviaires et de leur alimentation en électricité. Des actions, si elles s’avéraient avoir eu lieu, propres à paralyser l’armée ukrainienne.

    C’est sur ce dernier aspect que je vais me concentrer. Qu’elle est la vulnérabilité des lignes ferroviaires à des frappes ciblées de missiles ?

    Une ligne de chemin de fer, c’est d’abord une voie. Il est évident qu’une bombe bien placée va couper la ligne, empêchant tout trafic.

    Mais une ligne coupée se répare relativement vite : un coup de bulldozer pour boucher le trou, les rails tordus sont coupés à la meuleuse, le ballast, les traverses replacées, de nouveaux coupons de rails vissés dessus et soudés au rails existants et le trafic est rétabli. Une seconde équipe s’occupe à raccorder les câbles de signalisation et de communication qui courent le long de la voie s’ils ont été endommagés. Il suffit de quelques heures, au pire, pour rétablir la ligne. Et encore, en comptant avec un coup direct.

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    1. L'introuvable guerre stratégique russe (Suite...)
      Certes, les lignes de chemin de fer ukrainiennes sont électrifiées, mais les dégâts restent limités : la ligne aérienne, la caténaire, ayant peu de prise au vent, le souffle de la bombe, dans la plupart des cas, ne va pas causer de dommages. En cas de coup direct, un poteau peut être mis à terre ou coupé. Tout cela est de toutes façons relativement rapide à réparer : un trou est fait à la tarière, un nouveau poteau est mis en place dedans et bloqué, la ligne de contact raccordée. Quelques heures au maximum, réalisés en parallèle avec les travaux de voie.

      Et tout cela demande des missiles de dernière génération, guidés par satellites (le système GLONASS, l’équivalent Russe du GPS), une ligne de chemin de fer ne faisant qu’une dizaine de mètres de large, les missiles anciens n’ont pas la précision nécessaire pour un coup direct.

      Sauf à bombarder massivement en continu la ligne, ce qui demanderait un nombre très important de missiles (il faut rajouter à ce nombre ceux qui tombent juste à côté sans causer de dommages ou des dommages minimes, ceux qui ont un défaut technique, n’explosent pas, ne touchent pas la cible, sont abattus par la DCA ukrainienne), c’est quasiment impossible de bloquer le trafic ferroviaire de manière significative de cette manière.

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    2. L'introuvable guerre stratégique russe (Suite...)

      Reste donc à trouver d’autres cibles plus vulnérables :
      Les gares ? Non. Une gare ne sert qu’au trafic des passagers. Non seulement le trafic marchandise ne serait pas affecté, mais il est toujours possible de faire des locaux et quais provisoires. A part pour tenter de terroriser la population (acte « terroriste » au plein sens du terme, comme à Kramatorsk), c’est sans intérêt.

      Les gares marchandise alors ? Pourquoi pas. Mais une telle gare n’est, à la base, qu’un terrain nu, un ou plusieurs voies et quais, avec des moyens de manutention mobiles (chariots télescopiques, grues,...). Facile également à réparer : on déblaie la grue qui éventuellement été abîmée, on bouche les trous et ça repart. Même problème que ci-dessus avec les voies.

      Le matériel roulant ? Le problème est qu’il est mobile, par définition. Il faudrait le frapper exactement là où il se trouve et je ne doute pas que les Ukrainiens évitent de le garer aux mêmes endroits prévisibles pour éviter un ciblage.

      Plus gênant : les ateliers de réparation, dont l’emplacement est forcément connu. Mais ils ont probablement été « desserrés » par les Ukrainiens : leurs machines-outils, les stocks de pièces et les ouvriers déménagés dans des endroits secrets. Reste les matériels intransportables, les ponts roulants pour soulever les locomotives, par exemple, mais du matériel mobile existe, ponts, grues ou vérins peuvent le remplacer.

      Restent les ponts, des cibles compliquées à toucher, demandant une grande puissance d’explosifs, souvent plusieurs coups au but et qui peuvent, également, être réparés ou remplacés par des ouvrages provisoires (tout le monde a vu ces monumentaux ponts faits de troncs d’arbres dans les Westerns)

      Enfin, ce que les Trolls nous ont vanté comme la solution idéale : les sous-stations électriques.
      Qu’est-ce qu’une sous-station ? Elles sont réparties le long de la voie, tous les 20 à 25km. C’est là ou le courant issu des ligne dites « haute tension » (environ 63000V) est transformé en 25000V pour la caténaire (le réseau à l’ouest de l’Ukraine est électrifié en 25000V 50Hz, dit « courant industriel).
      Neutraliser les dites sous-stations est toutefois presque aussi compliqué que les voies ou les ponts:
      - les lignes haute tension, comme les caténaires et pour les mêmes raison, sont peu vulnérables aux bombes.
      - une sous station, c’est pas grand. Quelques centaines de mètre carrés. Pas facile à viser.
      - le matériel qu’elle abrite est relativement rudimentaire : des transformateurs et des dispositifs de protection. Rien qui ne peut être remplacé par du matériel mobile ou remplacé.
      - la ligne, pendant les travaux, peut continuer à être alimentée par les sous-stations restantes
      Sauf à focaliser des moyens importants pendant des jours, parvenir à bloquer durablement une ligne de chemin de fer par ce moyen est très compliqué. Ce que les Russes n’ont visiblement pas fait (ou réussi à faire),

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    3. L'introuvable guerre stratégique russe (Suite...)

      Au travers de cet exemple, on peut arriver à cette conclusion : les frappes stratégiques, pour être efficaces, imposent plusieurs choses.
      1 - une reconnaissance, une identification à priori des cibles à détruire,
      2 - un suivi des dégâts occasionnés,
      3 - un suivi en temps réel des efforts ennemis, pour contrer toute tentative de détournement, mise à l’abri des moyens ciblés
      4 - disposer des moyens pour mener une campagne sur des jours, des semaines, des mois, quitte à se concentrer et ne cibler qu’un but stratégique particulier (ne rechercher qu’à interrompre le ravitaillement en carburant, en munitions, paralyser le réseau de transport,…)

      Si je ne peux que spéculer sur les capacités de la Russie à accomplir les points 1 à 3, force est de constater qu’elle n’a visiblement obtenu aucun des effets désirés, les combats continuant autant que jamais.

      Le point 4 est celui où nous avons plus d’informations et qui a démontré les limites de la méthode Russe. S’imposant à elle même cette première limitation, la Russie s’est privée de ses moyens aériens, faute d’avoir annihilés l’aviation et la DCA ukrainiennes.

      Disposant d’un stock important de missiles, elle aurait pu compenser en partie cette restriction et concentrer ses moyens sur des buts stratégiques bien définis. Au lieu de cela, on assiste à une dispersion tous azimuts qui, en voulant tout accomplir, rate tout.

      Ce n’est qu’un des aspect de l’incompétence de l’armée russe, mais il est important, je pense.

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    4. Heu... il me semble qu'une route en terme de largeur pourrait être assimilée à celle d'une voie ferrée. Dans la bataille de Kiev, on se souvient des files de chars et autres blindés, que les Ukrainiens ont réussi à bloquer : attaques autres que des attaques massives, je sais bien, mais c'était juste pour montrer qu'on peut s'attaquer autrement à une "ligne stratégique".
      Ce qui donne une limite à votre raisonnement ? OK pour des cibles lointaines, que seules l'aviation et des missiles peuvent toucher. Mais est-on certain dans un pays en guerre, que rien ne puisse passer sur toute une ligne de front aussi étendue.
      Donc, n'envisager que l'aviation ou les missiles pour pénétrer à l'arrière de cette ligne de front ?

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    5. Autant pour moi ! Je n'avais pas les 2 derniers posts : votre raisonnement était plus vaste...
      Pour le "suivi en temps réel" le renseignement britannique, si mon souvenir est bon, avait mis en évidence (vers la fin avril) un laps de temps d'environ 24 h entre le repérage d'une cible à l'arrière et une frappe soit un vrai souci pour les Russes de taper comme il faut car leur cible bougeait entretemps.

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    6. @Isaty
      A Kiev, on était "sur le front". L'attaque n'était pas stratégique dans ce sens que les Ukrainiens attaquaient directement l'armée Russe, ses chars, ses camions de ravitaillement. Il y a bien eu des attaques ukrainiennes "stratégiques" (dépôt de carburant à Belgorod, trains de wagons citernes,...), mais faire sauter des camions citernes qui ravitaillent leurs BTG n'est pas considéré comme "stratégique".

      Le mot "stratégique" en Français ne différencie pas les routes "stratégiques" liées au transport dans le pays, des routes "stratégiques" pour des unités militaires, leur connexion directe avec leur dépôt à l'arrière, mais les dernières devraient être appelés "tactiques", puisque liées à ces unités.

      Oui, on est à peu près sur que rien ne peut survoler le territoire Ukrainien sans grand risque de se faire intercepter. Les AWACS, drones et satellites de l'OTAN et les S300 Ukrainiens y veillent. C'est théoriquement possible, mais risqué, surtout s'ils le font plusieurs fois.

      J'ai négligé la possibilité d'organiser des raids de forces spéciales (pas possible de les déposer et ramener sans risque, sans compter la faible autonomie des hélicos), ni des "partisans" russes qui oeuvreraient sur les arrières ukrainiens: on n'en a pas d'exemple, même si c'est possible en théorie (les Ukrainiens semblent, eux, le faire en Russie). Infiltrer des troupes en Ukraine, en 4x4 par exemple, avec tous les check points que les Ukrainiens font garder par leurs miliciens armés de Chassepots serait assez suicidaire.

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    7. Intéressant. Stratégique/tactique.
      Bien que sur le front à Kiev, j'avais compris ces attaques comme "stratégiques" car évitant d'atteindre leur but : Kiev. Mais aussi actions tactiques.
      J'ai saisi la difficulté que vous soulevez et les nuances du mot en français pour stratégique. J'avoue n'avoir jamais usé de la finesse sur leurs différences de sens, qui ici et vous le soulignez à raison, est important. Je l'utilisais "stratégique" dans le sens prévisions, et "tactique" uniquement dans le sens combiner tout ce qu'on a sous la main, sans temporel.
      J'entends le théoriquement risqué, mais néanmoins possible. A citer donc dans votre raisonnement pour qu'il soit complet.
      Pour les Ukrainiens qui semblent s'infiltrer en Russie, ce que vous dites... je les crois plus malins de s'appuyer sur certains éléments russes qui existent et font de la résistance. Toutes les familles ukrainiennes que je connais sont toutes ukrainiennes et russes à la fois. L'information arrive à passer et que des réseaux se forment pour exfiltrer des ukrainiens des camps existent déjà aussi.
      Est-ce possible dans l'autre sens ? Je ne sais pas mais je n'y crois pas trop, cependant c'est possible. La désinformation même quand on y est habitué peut faire des ravages et entretient bien des bêtises de bonne foi.

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    8. Merci au chef pour ces posts...

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    9. Très intéressante étude.
      Je suppose aussi qu'ils ont des moyens pratiques de transfert des chargements de blé au passage en Pologne parce que 25 millions de tonnes ca commence à faire

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    10. Il faudra probablement investir et augmenter considerablement les capacités, si les Ukrainiens veulent exporter par d'autres ports que Marioupol et Odessa.
      25Mt, c'est 45 trains de 1500t par jour...

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    11. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    12. Les ports étant bloqués et l'écartement des rails différent

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    13. 45 trains de 1500T / jour c'est 370 jours non stop ? Impossible

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  45. Apparemment tous les experts ne partagent pas l'enthousiasme de Kiev quand aux possibilités pour l'Ukraine de reconquérir ses territoires contestés https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/16/guerre-en-ukraine-le-discours-triomphaliste-de-kiev-se-heurte-a-des-limites-sur-le-terrain_6126312_3210.html

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    1. Je me demande quel est cet expert russe qui veut garder son anonymat...

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    2. Sans doute un expert qui ne souhaite pas se -faire- suicider avec sa famille, il y a une grosse épidémie de dépression profonde et mortelle en ce moment dans certaines élites russes.

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    3. L'expert cité par le Monde est quelqu'un qui a écrit ceci au début de l’offensive russe sur La Libre Belgique :
      "L’armée ukrainienne pourra-t-elle résister à l’offensive lancée par la Russie ? Sur le papier, la différence de moyens est colossale
      Moscou déployait des unités en masse en préparation de "l’opération militaire" en Ukraine, annoncé par Vladimir Poutine cette nuit, comprenant des matériels très récents. En face, l’armée ukrainienne paraît faiblement équipée."

      Ah, ah , un vrai visionnaire ....

      Fermez le ban ....

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    4. Il avait bien précisé "sur le papier". A sa décharge, c'était un avis largement partagé, et bcp d'experts ont depuis avalé leur chapeau

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  46. apparement les ukrainines sont arrivés à la frontiére Russe côté Kharkiv.
    C'est à dire que les Russes ont perdus deux batailles d'importances. Kiev et Kharkiv et se retrouve à mendier des objectifs risibles comme severendonetsk ou Sloviansk. On est trés trés loin de Zaporijia, Odessa, Dnipro Kharkiv et autres qui auraient une réelle portée symbolique.
    Kherson est tout juste tenue...
    Pour moi les Russes ont déjà perdus. Une fois arrivés sur la frontiére ils pourraient ne plus jamais la repasser au Nord, quant au sud, si Izium se retrouve libéré, l'entrain de la victoire et le momentum ukrainien sera total.

    Par ailleurs n'oublions pas que tous les matériels envoyés par l'occident sont en train d'être acheminés et ne sont pas tous arrivés. C'est à dire que les armées Ukraniennes sont encore avec leur dotation d'il y a un mois, et que la puissance de feu monumentale des 777 et Caesar va continuer à monter en puissance (et là ça fera vraiment pas rire en contre batterie oui batterie tout court).

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  47. bonjour...
    J'ai lu que la réserve de chars française était composée de 1500 AMX 30B2 Brennus. Peut on envisager d'en céder deux cents aux ukrainiens sur le moyen terme, après entraînement. De la même façon nos AMX 10 RC pouraient ils être cédés au rythme de remplacement par les jaguars?

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    1. Il y a eu en tout moins de 1400 AMX 30 livrés à l'armée française, la version "Brennus" étant la version B2 avec blindage réactif. Tous ont été retirés du service, et c'est peut-être pas plus mal, s'agissant d'un char au design largement daté, notamment incapable de tirer en roulant (foi d'ancien tireur AMX 30 pendant mon service national ;-). Je ne sais pas s'il en existe en réserve autre que les versions spéciales de dépannage ou de déminage, mais à mon avis on a dû utilement les fondre pour les transformer en Leclerc !

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  48. Ou pas... l'AMX30 est a ma connaissance un dépanneur de tank, et on en aurait 30 ou 40 en stock. Et 1500 chars... je ne suis pas sur qu'on y arrive en additionnant absolument tout ce qu'on a en char.

    Enfin, je rappel la position de notre président : ne pas humilier les russes ! Il vaut mieux laisser tout le monde crever a petit feu pour ne pas qu'on puisse dire que c'est de notre faute. C'est déjà un miracle qu'il ait bien voulu lâcher 10 canons. Par contre, il est partant pour envoyer des camions de pompiers pour éteindre les incendis qu'on laisse provoquer.

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  49. Merci Monsieur Goya de continuer à partager vos analyses dépassionnées, issues d'une vraie expérience militaire "terrain" et richement augmentées de l'étude de l'Histoire. J'ai découvert votre blog il y a des années (via celui de feu l'Alliance Géostratégique), et j'en suis devenu un fidèle. Votre ouvrage "Sous le feu" fut également une lecture passionante.
    Je souhaite - égoïstement - que vous continuiez longtemps encore.

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  50. Pour MilitaryLand : toujours pas de nouveau point, il devait en faire paraitre un ce lundi... patience.
    ¨Pour ISW le 15 mai à 18 h 30 HE (soit à 1 h 30 le lundi 16 mai en France) :
    en anglais https://www.understandingwar.org/backgrounder/russian-offensive-campaign-assessment-may-15
    en francais : https://understandingwar-org.translate.goog/backgrounder/russian-offensive-campaign-assessment-may-15?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc
    cette fois on n'a plus de "bûcherons russes"... mais des "avions ukrainiens à voilure fixe" et je ne sais pas comment traduire "fixed-wing aircraft" et la source (12) donne ce lien : https://twitter.com/GirkinGirkin/status/1525788514142638080

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    1. Bonjour,
      aircraft a pour traduction classique aéronef, qui inclus les avions les hélicoptères et quelque autres étrangeté comme les autogires.
      "fixed-wing aircraft" désigne donc un avion.

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    2. Merci, Anonyme 16 mai 2022 à 14:50.
      Bon je sais que je suis pas trop douée en termes d'engins militaires, mais je sais reconnaitre un hélicoptère et je sais ce qu'est un autogire lol. Sur le lien donné, ce n'est ni l'un ni l'autre mais deux avions de chasse donc je supposais un nom spécial. Encore merci.

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    3. Militaryland fera désormais des points de situation tous les deux jours, étant donnée lelevolution ralentie des fronts, et n'exclus pas de repasser au quotidien si la situation le justifie.

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  51. Bonjour, est-ce que le dégel des sols ukrainiens est terminé ? Est-ce que cela va permettre aux russes d'attaquer autrement que via les routes ? Quelles conséquences sur le rapport de force et le conflit en général ?

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    1. C'est terminé depuis début mai, et rien ne semble avoir changé, si ce n'est que Kharkiv a desserré l'étreinte...

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    2. Sans doute pas encore complètement mais les deux dernières semaines ont bien asséchés les sols. Par contre cette semaine Ils annoncent de la pluie là bas...

      Barbarossa avait démarré le 22 juin, et pas seulement à cause de l'invasion des Balkans.

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  52. Informations intéressantes sur le système GIS ART et les frappes ukrainiennes:

    https://www.netcost-security.fr/science/94283/comment-fonctionne-lapplication-ukrainienne-gis-art-qui-localise-les-cibles-russes-a-atteindre/

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  53. je ne pensais pas voir de mon vivant l'armée Russe se faire étriller. Il semble que l'armée Ukrainienne soit en train de réussir cet exploit!

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  54. Merci aux commentateurs de la 7eme compagnie et à tous les autres.
    Je lis en ce moment des commentaires qui parlent de la possibilité d’une retenue de l’état-major ukrainien afin de ne pas mettre la fédération de Russie dans une position de défaite cinglante. J’ai même entraperçu une possibilité d’entente informelle entre les deux armées pour ne pas fâcher l’ogre Poutine dont les colères dévastatrices pourraient créer du tort des deux côtés du combat. Je m.e suis donc interrogé et je me permets de vous partager mes réflexions et interrogations.

    « On ne barre pas la route à une troupe qui regagne ses foyers ; on ménage une issue à une armée encerclée ; on ne force pas un ennemi aux abois. » Sun ZI

    Si je comprends bien cette citation de Sun Zi, je préfère l’éclairer par un autre extrait de la traduction :

    « Des soldats qui n’ont d’autre alternative que la mort se battent avec la plus sauvage énergie. N’ayant plus rien à perdre, ils n’ont plus peur ; ils ne cèdent pas d’un pouce, puisqu’ils n’ont nulle part où aller. » (chapitre 11) .

    La lecture de Sun Zi n’est pas aisée. L’approche très orientale n’est pas toujours compréhensible pour un esprit occidental mais de nombreux préceptes peuvent encore aujourd’hui servir d’inspiration aux stratèges des états-majors. L’état-major ukrainien semble bien s’en sortir face au rouleau compresseur russe et être particulièrement inspiré. La citation parle de soldats mais on peut la modifier en changeant le sujet par le nom du maître du Kremlin :
    Vlad qui n’a d’autre alternative que la mort se bat avec la plus sauvage énergie. N’ayant plus rien à perdre, il n’a plus peur ; il ne cède pas d’un pouce, puisqu’il n’a nulle part où aller
    Vlad est une personne âgée avec un égo important (comme la plupart des politiciens à ce niveau de pouvoir). Son objectif est sûrement d’entrer dans les livres d’histoire grâce à une action mémorable. Acculer son égo à une défaite cinglante pourrait être une erreur stratégique.
    Si l’on considère l’histoire de Vlad et que l’on regarde : Bélarus ? réussi à moitié. Afghanistan ? raté… Iles Kouriles ? chaud ! Ukraine ?…Un autre point chaud ?
    Comment ménager la chèvre et le chou ? Si cela parait fou à un civil, il ne faut cependant pas penser que les états-majors sont à la ramasse ainsi que les politiciens. En tant que chef d’état-major ukrainien, je dois protéger mes soldats, mon potentiel offensif et défensif mais sans totalement déshonorer mon adversaire. La problématique n’existerait pas si l’Ukraine disposait de l’arme de dissuasion nucléaire mais elle n’en dispose pas. L’envahisseur, si !
    Ça, c’est pour le cas où l’Ukraine serait vraiment supérieure à la fédération de Russie mais n’oublions pas que l’envahisseur est une nation historiquement belliqueuse qui a hérité d’une importante industrie de l’armement qu’elle a continué d’entretenir.
    Sans entrer dans une discussion sur les engins modernes (drones, missiles, missiles hyper-soniques, satellites…), je voudrais rappeler que l’armée russe dispose de milliers de canons et d’obus en quantités. Même si certaines munitions sont anciennes, la technologie de ces dernières est plutôt résiliente. Quand vous avez 600.000 obus avec un taux de « panne » de 30%, ce sont quand même 420.000 obus qui s’abattent sur l’armée ukrainienne. La technologie est néanmoins ancienne pour 80-90% de ces canons qui sont surement suremployés. La précision n’est pas leur fort mais ils sont capables quand même de tirer au but (au pifomètre, je dirais 1 chance sur 10). Si les obus ne touchent pas au but, les points touchés sont très nombreux, bloquent les mouvements des Ukrainiens et jouent sur le moral des troupes. Autant la résilience « moral » d’unités professionnelle (discipline) est un peu plus solide, autant celle de conscrits peut être beaucoup plus faible.

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    1. Vous avez décrit au début exactement ce que les Russes ont fait en arrivant aux Ukrainiens : « Des soldats qui n’ont d’autre alternative que la mort se battent avec la plus sauvage énergie. N’ayant plus rien à perdre, ils n’ont plus peur ; ils ne cèdent pas d’un pouce, puisqu’ils n’ont nulle part où aller. »

      Sont-ils capables de faire de même aux Russes ? Pour l'instant ils se contentent de les repousser de chez eux. Attendons de voir quand l'Ukraine sera sorti de ses envahisseurs ce qui se passera alors.

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    2. L'image me paraissait surtout saisissante pour les combattants de Marioupol

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    3. Votre description de l'armée russe me parait surréaliste au vu de ce que je lis ici ..

      Le but des Ukrainiens est de récupérer leurs territoires, pas plus ... Ils n'ont pas d'autres ambitions et ils semblent qu'elles ne soient pas hors de portée.
      Laissons les donc mener cette guerre comme ils l'entendent.
      Après tout, ce sont eux qui meurent et qui choisissent leurs raison de mourir.
      Contrairement à l'armée russe qui ne combat pas pour protéger son territoire.

      Votre post me parait donc totalement à côté de la plaque ...Aussi peu précis qu'un canon russe, même ...

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  55. Changement de ton à Moscou ? "L’adhésion de la Suède et la Finlande à l’OTAN n’est pas une menace, mais Moscou réagira, assure Vladimir Poutine" (Live du Monde)

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  56. (suite)
    « Le jour où on transmet aux hommes l’ordre de se mettre en campagne, les larmes inondent les pourpoints de ceux qui sont assis et ruissellent le long des joues de ceux qui sont couchés. » SUN ZI

    Aucun soldat (hormis des psychopathes et des candides surmotivés) ne va au front de gaité de cœur et même si l’Ukraine dispose de conscrits motivés, la Russie a des cartes pour les démotiver. L’artillerie en est une. Lorsque des dizaines d’obus éclatent à proximité de votre position durant plusieurs heures, que vous voyez de la chair et du sang autour de vous, la peur peut vraiment vous tournebouler la tête.
    Staline déclarait en 1944 que l’artillerie était le « dieu de la guerre ». On voit bien aujourd’hui que cette arme reste une arme maitresse que ce soit en tactiques défensives ou offensives. Si durant la première phase de cette guerre (la bataille de Kiev), les combattants ukrainiens ont pu détruire de nombreux blindés avec leur excellent Stugna-P et d’autres système antichar dans une guerre de semi-proximité, les batailles actuelles se font plus à partir de positions renforcées (tranchées, bétonnage comme à Kherson) et de l’artillerie à moyenne et longue portée.
    Pour ne parler que des engins automoteurs russes, je citerai ici deux engins :
    • Le 2S1 Gvozdika, un obusier automoteur doté d’un canon de 122 mm, emportant une dotation de 40 obus, avec une portée maximale de 40 km entrée en service en 1973, produit à plus de 10 000 exemplaires)
    • Les canons automoteurs lourds 2S3 Akatsiya et 2S5 Giatsin, dotés d’un canon de 152 mm, emportant une dotation de 40 obus, pouvant frapper jusqu’à 20 km , entrée en service en 1971, produit à plus de 4.000 exemplaires.
    Attention, certains de ces engins ont été exportés, le nombre d’exemplaire ne correspond donc pas au nombre d’engins en service aujourd’hui néanmoins l’ordre de grandeur est assez impressionnant.
    Je ne dispose pas des chiffres de l’artillerie tractée mais j’imagine que les chiffres doivent être faramineux. De plus, l’industrie russe doit être capable de fabriquer des obus à la chaine (low tech, matière première abondante) en territoire sécurisé.
    Pour contrer ce volume, l’Ukraine dispose également d’une artillerie mais dans des proportions moindres. Il lui est impossible de contrer la Russie avec les mêmes volumes. Elle doit donc faire face avec soit des tactiques de mouvement rapide soit de nouveaux outils plus performants, plus précis. C’est ce qu’elle a demandé au niveau international pour faire face aux envahisseurs.
    Les M777 américains ne sont qu’au nombre de 90 mais ils sont supérieurs en portée de tir et en précision. Nos quelques CAESARs sont peu nombreux mais supérieurs également en portée, en précision et bien sûr en mobilité (temps très court de mise en batterie ainsi que de sortie de batterie). Je n’ai pas le nombre de PZH 2000 mais je pense que l’ordre de grandeur est du même acabit. Ces armes combinées à des techniques de renseignement modernes (drones et satellites), classiques (éclaireurs) ainsi qu’à une proactivité intelligente (système de prévision/action, Gis Art) devraient faire partie des cartes fortes durant les prochaines semaines.

    « Un prince avisé et un brillant capitaine sortent toujours victorieux de leurs campagnes et se couvrent d’une gloire qui éclipse leurs rivaux grâce à leur capacité de prévision. Or la prévision ne vient ni des esprits ni des dieux ; elle n’est pas tirée de l’analogie avec le passé pas plus qu’elle n’est le fruit des conjectures. Elle provient uniquement des renseignements obtenus auprès de ceux qui connaissent la situation de l’adversaire. » Sun Zi

    Vu de France, dans une certaine tranquillité, nous ne pouvons qu’espérer que l’Ukraine saura s’imposer face à l’appétit en territoires de la Russie. Peut-être des mouvements dans une des républiques en « stan » qui permettrait à Vladimir de se fâcher et de gagner ailleurs afin de relâcher la pression sur l’Ukraine.

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    1. Après la phase "embuscades dignes de la guerre d'indépendance américaine", on est entrés dans la phase "première guerre mondiale" du conflit, ou l'artillerie est reine, et cartonne tout mouvement. Ce qui rend les attaques très couteuses. Jusqu'à ce que ça change à nouveau - ou pas.

      Ce qui souligne en creux aussi que l'artillerie Russe n'a pas mis le paquet complet pour défendre les abords de Kharkiv. Ils auraient pu faire payer aux ukrainiens leur avance bien plus cher - en concentrant de l'artillerie là-haut. Concentration totale sur le Donbass, ou bien manque de moyens pour tout couvrir? Difficile de répondre à ce stade.

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    2. Je ne suis pas un fan de Sun Zu, mais, bon, pourquoi pas.

      Je me bornerai à quelques remarques:
      - les Occidentaux, en général, ont toujours été surpris de cet amour des Soviétiques, puis Russes, pour l'artillerie.
      Chez nous, elle a prouvé en 14/18 qu'elle ne pouvait faire la différence sur le champ de bataille. Les Français ont tenu à Verdun malgré un déluge d'obus permanent. Il a fallu d'autres armes pour sortir du statu quo des tranchées. Ramenée à de plus justes proportions, elle a été une composante importante et efficace des armées durant la SGM, mais pas la reine des batailles.

      Cette arme ne prend de valeur, actuellement, que parce que le combat est statique. Une forme de guerre que les Occidentaux ont tout fait pour éviter en dotant leurs armées des moyens nécessaires propres à éviter tout enlisement. Une forme de guerre qui favorise les Ukrainiens, mais, surtout, qui démontre l'incapacité de l'armée Russe à mener une guerre de mouvement à même d'emporter la décision rapidement, au moindre coût.

      Il me semble que cet usage disproportionné de l'artillerie est plus un constat d'échec des tactiques et stratégies russes qu'une force de leur armée. Même si la phase de combat actuelle la rend nécessaire et que rien n'est encore joué. Et, même s'il gagne, le chef des armées russes aura du mal à "Revenir victorieux" en ayant "la gloire" d'avoir sacrifié son outil militaire, son économie et sa crédibilité internationale à triompher difficilement d'un ennemi moins nombreux et moins bien armé.

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    3. "qui démontre l'incapacité de l'armée Russe à mener une guerre de mouvement"
      C'est pourtant l'effet de masse et de vitesse qui était la doctrine de combat du pacte de Varsovie. Lors de mon service national, je me rappelle des exercices consistant à envoyer une masse de chars à fond la caisse en rase campagne contre quelques chars "OTAN" embossés. Le résultat était systématiquement la saturation des défenseurs, en dépit du nombre important de chars ennemis virtuellement détourellés, tourelle 3h et canon au vert ;-)

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    4. @Pedro
      C'était il y a 30 ans... Les Russes n'ont plus les masses de T-55 des "Pays Frères" à envoyer au casse-pipe en avant garde pour saturer les défenses de l'OTAN et suivre en T-72.

      D'ailleurs, même l'OTAN en était resté à cette doctrine jusque là. On prévoyait d'user les pointes Russes en profondeur, par des actions de guérilla et de retardement, avant de les contre attaquer une fois les renforts US arrivés, leurs troupes bien avancées et à bout "d'inertie". Un article récent indiquait que l'OTAN allait réviser cette stratégie et dorénavant baser des forces conséquentes aux frontières, pour contrer immédiatement toute attaque. Avec cette invasion ratée, l'armée russe est apparue si faible que le combat dans la profondeur et les renforts ne sont plus nécessaires.

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    5. Un petit lien qui parle d'un nouvel incendie qui ne fait pas de victime à Moscou. Peut être, pour le coup, un vrai incendie accidentel car il frappe un centre d'affaires.
      Il y a un rappel de tous les incendies accidentels récents "sans victimes" en fin d'article.
      Revue Ukrainienne Focus donc clairement orientée.
      Brancher le traducteur google.
      https://focus.ua/world/515747-v-moskve-gorit-biznes-centr-video

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    6. @FredericV16 mai 2022 à 16:16
      citation :
      "Or la prévision ne vient ni des esprits ni des dieux ; elle n’est pas tirée de l’analogie avec le passé pas plus qu’elle n’est le fruit des conjectures."

      Vous pourriez commencer par appliquer votre citation à vos prévisions .... par exemple !

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  57. Si l’Ukraine gagne pourquoi les États-Unis demandent-ils un cessez-le-feu ?
    https://lesakerfrancophone.fr/si-lukraine-gagne-pourquoi-les-etats-unis-demandent-ils-un-cessez-le-feu

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    1. Encore ce site douteux, inutile de perdre son temps à lire leur prose.

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    2. j’ai vu le texte du lien ci-dessus : signé « Moon of Alabama ». Restons sérieux

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    3. https://www.profession-gendarme.com/le-bataillon-azov-crucifie-les-prisonniers-russes/

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    4. Parce que les usa nous mentent et nous manipulent bien sur! Seuls les naïfs peuvent croire ce qui est diffusé par les médias mainstream, ceux qui savent, eux, vont s'informer sur les sites complotistes.
      Comme ce blog n'est pas un site complotiste, je crains que vous n'y trouviez que des informations, parfois très hypothétiques mais non exclusivement basées sur l'imagination et le montant du chèque mensuel en roubles.
      Pas de bol!

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    5. Et hop un autre site douteux déjà moqué ici. Les trolls, renouvelez-vous un peu.

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    6. Les états unis ne sont pas en guerre, ils ne demandent donc pas un cessez le feu. Il suggèrent cela aux belligérants comme ils ont pu le faire bien des fois (par exemple lors du conflit russo-chinois des années 70 où ils se sont retrouvés à faire les bons offices entre deux régimes communistes qui voulaient se nucléariser).
      C'est bien pour un pro Russe de croire ce que disent les Américains, c'est un grand progrès par rapport à l'approche paranoïaque usuelle qui les voit tout le temps mentir et manipuler.
      Je tiens donc à vous rassurer cette suggestion de cessez le feu est bien un mensonge manipulatoire de la puissance esclavagiste otanesque etc...

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    7. Si ce n'était risible, ce serait honteux comme niveau de parti pris... Et je ne fais pourtant pas partie des plus optimistes.

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    8. 🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣


      Ils mangent les enfants russes, aussi.

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    9. Parce que d'après des informations ultra secrètes non-publiables du pentagone, parus dans les articles censurés du wachington times, une revolte commence a poindre son nez au sein de l'armée US, en particulier le corp des sous officier (une destitution du président est envisagée...). En effet, le sous-caporal John MC Levis (cité dans le rapport susdit) aurait protesté auprès de sa hiérarchie. "Pourquoi qu'on laisse tous ces nazis juifs décapsuler sans vergogne le stock de T72 sans qu'ils nous invitent et que même que c'est nous qu'on fourni les décapsuleurs. Si ça continue, il n'en restera plus pour le Super Bowl 2023."
      McKinsey aurait donc suggéré à la maison blanche de temporiser histoire de ne pas perdre la face. PICETOUT.

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    10. @Vitalis : j'aime votre style.

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  58. Un autre article de la revue focus pour la photo. Poutine passe en revue ses généraux. Il ne craint plus le COVID au vu de la distance. L'échange de regard entre Poutine et un de ses généraux en face de lui est tout sauf affectueux et vaut le coup d'oeil.
    Le texte est à considérer avec précautions (purge dans l'état major qui porterait le chapeau de l'échec patent de tout ce qu'on voit). Il est trop facile d'imaginer des purges en Russie pour quelque motif que ce soit, on finit toujours par avoir raison.
    Peut être que cette photo est plus ancienne aussi.
    https://focus.ua/voennye-novosti/515208-neudachi-v-ukraine-priveli-k-protivostoyaniyu-vnutri-rossiyskogo-genshtaba-gur

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  59. Du grain à moudre:
    "En Russie, ils signalent que les réservistes sont contraints de se présenter au bureau d'enregistrement et d'enrôlement militaire et de subir un examen médical. Est-ce à dire que la « mobilisation » a commencé ?"

    https://www.currenttime.tv/a/v-rossii-soobschayut-o-prinuzhdenii/31844524.html

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  60. Tout d’abord, merci monsieur Goya pour vos éclairages remarquablement synthétiques.
    Citoyen « moyen », je m’informe le soir sur plusieurs fils d’actualité (c’est plus du live donc !) et j’attends toujours vos mises à jour.
    Je dois aussi remercier les assidus du blog pour (en vrac) :
    L’expertise dans la chose militaire
    La veille informative
    Les analyses sur « l’art de la guerre » de Clausewitz à Sun Zi (que l’on transcrivait Sun Tzu quand je l’ai étudié)
    Le souci de savoir en passant au crible les informations, ce qui est l’étymologie du mot « critique »

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  61. Je précise que j’apprécie par dessus tout le fait de filtrer trolls, conspirationnistes et autres pensées courtes

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  62. J'ai lu sur le mur vkontakte du ministère de la défense russe qu'un accord a été conclu sur l'évacuation des blessés de Marioupol. Un cessez-le-feu aurait lieu en ce moment pour permettre l'évacuation des soldats retranchés dans Azovstal vers un hôpital militaire de la DNT.

    Ce dernier fait me donne a penser que c'est de la pure propagande... De plus l'info n'a été reprise pour l'instant que par des sites chinois. Si quelqu'un ici a des infos sourcils, je suis preneur.

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    1. Saleté de correcteur DNR pas DNT scrogneugneu

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    2. Les russes ont de gros sourcils mais leurs infos sont parfois broussailleuses. 😁

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    3. Oui ce sont les sourcils de Brejnev qui me poursuivent depuis sa datcha de Jurmala 😁... Vivement que je retrouve mon PC !

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  63. Synthèse de la presse étrangère :
    Comme l'a déclaré le commandant du bataillon Vostok de la république autoproclamée de Donetsk, Alexandr Khodakovski, à la première chaîne de télévision publique russe, neuf soldats ukrainiens ont quitté l'usine métallurgique assiégée pour exiger des négociations.

    "Il s'avère que le groupe est sorti en représentant les intérêts d'un groupe plus important qui reste à Azovstal", a-t-il déclaré, affirmant que des soldats russes "étaient entrés dans l'usine" avec ces neuf défenseurs ukrainiens "pour poursuivre les négociations".

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    1. Bonjour @Joan. Pouvez-vous donner la ou les sources de cette ''synthèse de la presse étrangère " ? Merci d'avance...

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  64. Pas de confirmation de la part de l’Ukraine à cette heure

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  65. Plusieurs journaux dont un espagnol. J’essaie de trouver (re trouver)

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  66. Le dernier. Tv espagnole qui donne des détails sur les blessés
    https://www.telecinco.es/informativos/internacional/rusia-alto-fuego-aceria-mariupol-evacuar-heridos_18_3330873010.html

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  67. Parallèlement RT annonce tout autre chose. La reddition de dix Neón nazis. L’info du cessez-le-feu est donc sujette à caution
    https://fr.detv.us/2022/05/16/dix-neo-nazis-dazov-quittent-le-combinat-metallurgique-de-marioupol-et-se-rendent-rt-de/

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  68. https://dumskaya.net/news/azov-164466/
    Les défenseurs de Marioupol exécutent l'ordre approuvé par le commandement - afin de sauver la vie des gens (mis à jour)
    Le commandant du régiment d'Azov, combattant héroïquement à Marioupol, Denis Prokopenko, a publié une vidéo dans laquelle il a déclaré que les défenseurs d'Azovstal se conformaient à la décision du commandement.
    "Afin de sauver des vies, toute la garnison de Marioupol exécute la décision approuvée du haut commandement militaire et espère le soutien du peuple ukrainien", a-t-il déclaré.
    "Les défenseurs de Marioupol ont exécuté l'ordre, malgré toutes les difficultés, pendant 82 jours, ils ont tiré les forces ennemies supérieures sur eux-mêmes et ont donné à l'armée ukrainienne la possibilité de se regrouper, de former plus de personnel et de recevoir une grande quantité d'armes des pays partenaires », a déclaré Prokopenko sur la page Azov du réseau social.
    Selon le commandant du régiment, c'était une décision difficile, qui a été approuvée par la direction militaire.
    Le ministère de la Défense ou l'état-major des forces armées ukrainiennes n'ont fait aucun commentaire sur la situation.

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    1. Mais comment comprenez-vous cette déclaration?

      Je trouve ça terriblement angoissant. C'est moi ou on dirait qu'ils attendent l'ordre de se suicider?

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  69. Merci Alain H. Ça se décante.

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  70. À mettre en lien, certainement, avec les déclarations de la vice-Première ministre ukrainienne Irina Verechtchouk vendredi
    "Le résultat (de ces négociations) ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais notre tâche est d'évacuer nos soldats. Tous nos soldats. Vivants. Dieu le veut, nous les secourrons tous."

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  71. Petite remarque sur, à mon sens, une mauvaise comparaison.
    Vous parlez plusieurs fois (sur ce point et sur les précédents) de la résistance des villes ukrainiennes par rapport au "standard Marioupol". Il est important de préciser que la résistance de Marioupol est d'abord dû à la présence de dizaines de kms sous-terrains qui permettent aux défenseurs de se protéger, se reposer, se soigner etc.
    Conclusion : Il est impossible de comparer la résistance d'autres villes ukrainiennes au cas unique de la ville de Marioupol.

    Merci pour votre travail

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  72. J'ai vu une vidéo sur Facebook, vue plus de 700 000 fois, où Soloviev reçoit un invité (qui ?) mais ce même Soloviev, si prompt à couper la parole et hurler, est resté tout le temps silencieux.
    je vous ai traduit l'échange

    Dans une ville comme Saratov, 42 % des habitants n'ont pas d'eau chaude.
    32% n'ont pas de toilettes, tu sais ? les égouts
    21 pour cent n'ont pas du tout d'approvisionnement en eau
    J'étais là, comme vous aimez le dire, en 1995 1996 1998 1999 au milieu des années 2000
    Je suis là partout, combien de fois j'ai été, rien ne change
    8% des habitants de Tomsk sont chauffés au gaz
    15% - avec des bouteilles de gaz, qui explosent
    le reste - vous calculerez vous-même combien, charbon et bois de chauffage
    la ville avec la plus grande université de Sibérie
    la ville dans laquelle se situe la centrale nucléaire à proximité
    ... avec leur propre argent - Gazprom, la Chine ne paie rien, qui est depuis longtemps d'accord avec les Américains et prend du gaz d'Alaska ...
    Gazprom a gagné 600 milliards de dollars au cours des 10-11 dernières années
    il fallait dépenser au moins 15% pour la gazéification de notre pays
    la moitié de notre population vit sans gaz
    et vous l'appelez - ou quelqu'un l'appelle, pas vous - une grande puissance gazière ?
    honteux

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  73. La résistance de Marioupol est devenue « emblématique ». C’est un lieu, un moment, un bataillon, mais c’est devenu un fait d’armes. A tel point qu’on ne trouvera pas de comparaisons mais qu’on utilisera « comme à Marioupol » pour définir une résistance exceptionnelle. Non pas un « standard » mais une référence

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  74. Les forces de défense ont détruit deux dépôts de munitions - dans les régions de Kherson et de Kharkiv - État-major général

    L'ennemi progresse toujours dans la zone opérationnelle Est. Ses principaux efforts se concentrent sur la direction de Donetsk. A Slobozhansky, l'ennemi tente de freiner l'offensive des Forces de défense au nord de Kharkov et de les empêcher d'atteindre la frontière. Les nazis russes préparent une offensive par des forces d'unités concentrées dans la région d'Izyum. Les forces de défense ont détruit deux dépôts de munitions ennemis.

    L'état-major général des forces armées ukrainiennes a publié un rapport du soir sur la situation sur les fronts au 82e jour de l'opposition de notre peuple à l'invasion militaire russe.

    L'aviation ennemie se concentre sur l'atteinte de cibles dans la zone opérationnelle orientale et de cibles industrielles au plus profond de l'Ukraine.

    Dans les directions Volyn, Polissya et Seversk, la situation n'a pas subi de changements significatifs.

    Dans la direction de Slobozhansky, l'ennemi renforce le groupement de troupes avec des forces spéciales et des unités de défense aérienne.

    Dans la direction de Kharkiv, les principaux efforts de l'ennemi se concentrent sur le maintien des positions et la prévention de l'avancée de nos troupes. L'ennemi a tenté en vain de mener des opérations militaires en direction de la colonie de Ternov.

    Dans la direction de Slaviansk, l'ennemi, avec les forces des unités de la 20e armée interarmes, en sous-effectif et en reconstituant les pertes, tente de rétablir l'offensive.

    Les forces de défense ont détruit un stock important de munitions stockées dans des entrepôts à Izyum.

    Dans la direction de Donetsk, l'ennemi a frappé nos défenseurs avec des mortiers, de l'artillerie à canon, des lance-roquettes multiples et de l'aviation.

    En direction de Liman, l'ennemi a mené des opérations offensives dans la région du village de Shandrigolovo. En direction du Liman habité. Ayant échoué, l'ennemi tente de renforcer le groupement de ses troupes.

    Dans la direction de Severodonetsk, les envahisseurs se sont battus dans la région de la colonie de Borovskoye, ont subi des pertes.

    En direction d'Avdeevka, l'ennemi a agi en direction de Sukha Balka. Tiré sur certaines positions des Forces de défense avec des armes à sous-munitions.

    Dans la direction de Bakhmut, l'ennemi mène des opérations de combat dans la région de ​​​​Toshkovka et Filipchatino. Dans la région de Gorsky, les envahisseurs ont subi des pertes et se sont retirés.

    En direction de Kurakhov, l'ennemi a avancé sans succès dans la région de Maryinka et Novomikhailovka.

    Dans les directions Novopavlovsk et Zaporozhye, l'ennemi n'a pas mené d'hostilités actives. Il a détruit par le feu des infrastructures civiles dans les zones des colonies de Vremovka, Novoselka, Malaya Tokmachka et Novoandreevka. A lancé une frappe aérienne sur Malinovka. Prend des mesures pour le soutien logistique des troupes.

    Dans la direction du Boug oriental, l'ennemi n'a pas mené d'hostilités actives, bombardant des infrastructures civiles à partir d'artillerie à canon et de mortiers dans la zone des colonies d'Aleksandrovka, Shevchenkovo ​​​​et Novovorontsovka.

    Les forces de défense ont détruit le dépôt de munitions de campagne de l'ennemi près de la colonie de Davydov Brod.

    En Transnistrie, la situation est restée inchangée. Le personnel des unités du groupe opérationnel des troupes russes est toujours à un degré élevé de préparation au combat. Les provocations de la partie russe ne sont pas exclues dans la région.

    Les navires de la flotte de la mer Noire de la Fédération de Russie dans les mers Noire et d'Azov continuent d'effectuer les tâches d'isolement de la zone de combat, de reconnaissance et d'appui-feu dans la direction côtière.

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  75. L'évacuation des blessés graves d'Azovstal est un échange contre des prisonniers russes, d'après le canal télégram Odessa Info. Zelenski donnera toutes les informations dans son allocution quotidienne du soir.

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    1. Ouf.

      Je craignais le pire.

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    2. Alors que signifie la déclaration de Denis Prokopenko qui parle de toute la garnison (message de 19:56)...

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  76. Alain H. Grand merci encore

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  77. Attendons ce soir...
    Sur le site MilitaryLand sa page vient de sortir il y a 10 mn (il n'a pas les nouvelles sur Azovstal)
    en anglais : https://militaryland.net/ukraine/invasion-day-82-summary/
    en français : https://militaryland-net.translate.goog/ukraine/invasion-day-82-summary/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc

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