Chers amis et lecteurs, je teste le format Substack
Mon premier article s'appelle "Crise schumpetérienne en Ukraine". Merci de m'y rejoindre, cliquez ici si cela vous intéresse.
Évoquer
un « influenceur militaire » pourrait s’apparenter à un oxymore, ou sembler
antinomique, mais il y a désormais quelque temps que les Armées – et notamment
l’armée de Terre – sollicitent ces influenceurs « opérationnels »
pour évoquer les coulisses de l’institution. Le plus connu, c’est sans nul
doute le sergent-chef Aurélien alias le Chef Peper, jeune pensionné de
l’infanterie coloniale après 18 ans de bons et loyaux services, et de nombreux
déploiements à l’étranger. C’est aujourd’hui près de 7 millions d’abonnés qui
le suivent sur l’ensemble de ses réseaux. Après plusieurs (et modestes)
incursions sur des vidéos familiales partagées en ligne – il se faisait passer
pour un bûcheron ou un paysagiste (ce qui n’a probablement pas dupé grand
monde…) – durant un séjour guyanais, il s’est ensuite pleinement assumé comme
militaire, appuyé par une partie de son commandement avant d’être rapidement
« validé » par l’armée de Terre.
Mais
derrière ce rigolo dont les sketchs dévoilent le quotidien d’un fantassin de la
conventionnelle – avec ses hommes, ses supérieurs, ses camarades ou sa famille
– il y a d’abord un soldat, loyal, aguerri et éprouvé par certaines missions et
la perte de camarades chers.
Nous nous étions rencontrés à plusieurs reprises, échangeant notamment autour des productions et du livre « Vétérans de France » – et je suis d’ailleurs très heureux que la chaîne YouTube éponyme puisse accueillir le témoignage de l’hôte de ce blog ! Au fil des discussions réalisées avec Peper, je me suis rendu compte qu’il était certes un humoriste militaire très doué, mais aussi un vétéran au vécu passionnant.
S’il a parfois été le « comique de service », cela n’a pas empêché le Chef Peper d’être devant lors des séances d’aguerrissement, de viser juste avec son fusil d’assaut ou de donner des ordres au milieu du chaos et de l’horreur centrafricaine. Malgré ses sketchs numériques et humoristiques, j’ai découvert – durant nos échanges et au fil de l’écriture – un marsouin aguerri et un chef humain.
Le
grand défi de l’ouvrage, ce fut naturellement de trouver le bon
« ton ». Il fallait évoquer la jeunesse tumultueuse, la découverte ludique
du monde militaire, les phases opérationnelles parfois très dures (voire extrêmement
violentes), la vie de famille souvent éprouvée, puis l’avènement intelligent
des réseaux sociaux. Il fallait également trouver une manière de coller à
l’esprit des vidéos proposées en ligne. C’était même primordial ! On a ainsi
opté pour un style direct dont le texte est, par moment, entrecoupé de
paragraphes encadrés où le Chef Peper brise allègrement le 4e mur. Il
s’adresse ainsi directement au lecteur, rebondissant sur le passage que ce
dernier vient de lire. Cela fait pleinement écho aux vidéos dans lesquelles
Peper s’adresse directement, face caméra, à sa communauté.
On a
ainsi travaillé de manière chronologique, en illustrant continuellement le
propos par de l’anecdote vivante. Le récit se veut dynamique, fluide et
très abordable. Tout ce qui touche à l’institution militaire est explicité,
parfois vulgarisé. Articulé en neuf chapitres, le lecteur suit le parcours de
Peper : de sa jeunesse à son engagement, de ses premières OPEX à ses
actions de combat, sous le feu – et les flèches ! – en RCA, sans oublier
une mission avec les forces spéciales ponctuée par quelques jours auprès du
CEMA de l’époque, le Général Pierre de Villiers, puis un séjour familial – mais
particulièrement opérationnel – de deux années en Guyane – et toutes ces
aventures dans la jungle, des orpailleurs aux serpents en passant par une
sympathique rencontre avec un…jaguar. L’ouvrage aborde également la vie de
famille d’un militaire, le domaine de l’influence et le choix d’arpenter les
réseaux sociaux...
Ce
livre, c’est le récit d’un soldat de l’armée régulière, d’un père de famille et
d’un influenceur « pas comme les autres »…
Vingt
heures d’entretiens, de longs mois de rédaction, une sélection drastique de
photographies pour le livret central, un long chapitre écrit avec sa compagne Fanny,
la « base arrière » de Peper et de ses trois enfants, et une préface
extraordinaire du Général Bruno Heluin, ancien chef de corps de notre
marsouin-influenceur (au 2e Régiment d’Infanterie de Marine) – qui, jeune
lieutenant, chargea à la baïonnette le 27 mai 1995 avec ses hommes sur le pont
de Vrbanja à Sarajevo, sous les ordres du Général Lecointre – alors commandant
d’unité –, pour libérer des Casques bleus français pris en otages par les
Serbes…
Je retiens aussi que Peper, derrière ses blagues et ses sketchs humoristiques, est un homme d’honneur. Un soldat exemplaire et un chef très humain.
Son récit est publié aux éditions Mareuil, et disponible dans toutes les bonnes librairies, en rayon comme en ligne.
Guillaume MALKANI
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| Air tir |
Deux autres groupes, Israël et
États-Unis, s’opposent à la RII : le premier depuis son propre bâtiment assez
lointain, et le second avec des forces déployées dans ceux d’alliés proches.
Que peuvent-ils faire ?
La seule manière connue pour réellement
détruire la RII consisterait à prendre d’assaut le bâtiment qu’elle occupe pour y traquer tous ses membres. Israël n’a plus de réticences,
depuis le 7 octobre 2023, à faire prendre des risques à ses soldats, mais il
lui est politiquement impossible de les déplacer près de l’Iran. Les
États-Unis, de leur côté, sont encore dominés par des souvenirs récents qui
empêchent toute réflexion stratégique rationnelle. Ils sont donc inhibés quant
à l’idée de monter à nouveau des assauts et ne sont pas aussi puissants
militairement que leur chef, Donald Trump, le déclare. Celui-ci impose
d’ailleurs un déploiement de moyens aussi réduit que possible afin que l’on ne
puisse justement pas faire de comparaison avec les expériences malheureuses
précédentes.
Pas de conquête du bâtiment, donc, par
un assaut, mais seulement des tirs de précision à distance et peut-être
quelques infiltrations clandestines de « soldats fantômes ». À tout le moins,
il serait peut-être possible, avec cela, de faire entrer discrètement des armes
aux habitants rebelles afin qu’ils n’affrontent plus à mains nues les Gardiens
de la révolution islamique (GRI), le bras armé principal de la RII tant à
l’intérieur qu’à l’extérieur. La destruction du régime se ferait donc de
l’intérieur avec l’appui des tireurs de précision israéliens et américains
depuis l’extérieur. On ne sait cependant plus très bien comment faire et, là
encore, les souvenirs prennent le dessus sur la réflexion. On s’inquiète en
fait surtout non pas de la survenue d’une guerre civile en Iran — elle est déjà
là depuis le tournant de l’année 2026 — mais de son extension et de son
éventuel prolongement chaotique.
À la place, on se persuade que les tirs
de précision à distance suffiront à tout. Ils seront si efficaces, grâce à la
technologie moderne mais aussi aux espions à l’intérieur du bâtiment Iran,
qu’il sera possible d’éliminer tous les leaders de la RII au fur et à mesure
qu’ils se présenteront aux fenêtres, de paralyser l’appareil policier interne
et de détruire tous les moyens des GRI pour attaquer les alentours, ainsi que
le programme caché d’armes de destruction massive. Au bout d’une campagne qui
sera forcément brève tant elle sera efficace, non seulement toutes les menaces
militaires réelles et potentielles contre les alentours seront éliminées, mais
le régime sera suffisamment affaibli pour que les habitants désarmés puissent
s’en débarrasser dès la fin du dernier tir.
C’est ainsi que commence le siège, le 28
février 2026, avec l’élimination, par un tir groupé très précis, des principaux
chefs de la RII, dont leur guide suprême, suivie de multiples tirs à travers
les fenêtres et les murs contre les Gardiens de la révolution. Le problème est
que cette stratégie était tellement prévisible qu’elle avait été effectivement
prévue. Non seulement le régime ne s’effondre pas, car ses leaders sont
immédiatement remplacés dès qu’ils tombent, mais des cellules autonomes dans
tous les étages du bâtiment lancent des projectiles à longue portée non
seulement sur Israël et les Américains, mais aussi sur les maisons et leurs
habitants des alentours qui abritent ces derniers.
La plupart de ces projectiles sont
interceptés, mais quelques-uns, dont des drones dont on avait mal mesuré la
dangerosité, causent de coûteux dégâts. Les salves des GRI diminuent ensuite
fortement, en partie sous l’action des Israéliens et des Américains contre les
nombreuses petites pièces fortifiées d’où partent drones et missiles, mais
elles perdurent. Fondamentalement, le potentiel de frappes des GRI ne diminue
que d’environ 10 % par semaine, un rythme sans doute trop lent pour les
impératifs de la politique américaine de Donald Trump.
On spécule beaucoup sur l’endroit où se
trouverait le programme secret et surtout sur ce qu’il en resterait. On
envisage un raid à l’intérieur même du bâtiment pour en détruire ou capturer
les éléments essentiels, mais on y renonce pour l’instant devant le risque de
l’entreprise. On se contente de frapper tout ce que l’on peut de ce programme,
sans que personne ne sache réellement quel est son état.
Et puis, il y a la grande route en
bordure du bâtiment Iran, que les GRI prennent évidemment immédiatement en
otage, contrôlant ainsi sous forme de racket tout le commerce essentiel qui y
passe. Donald Trump est pris au dépourvu. Il a refusé le déploiement de moyens
qui aurait permis de débloquer la route par la force, mais s’en prend quand
même aux Européens et aux Asiatiques, qu’il n’a jamais avertis de ses
intentions, pour ne pas l’avoir fait non plus. Oubliant le peuple d’Iran, qu’il
avait pourtant promis d’aider, Trump passe donc directement aux menaces de
destruction complète du bâtiment si la route n’est pas libérée. Bien entendu,
il n’en fait rien, mais cela lui donne l’occasion de dire que c’est grâce à
cette fermeté que la RII accepte un cessez-le-feu et des négociations.
Donald Trump prend ainsi également, et
une nouvelle fois, au dépourvu son allié israélien, qui n’est pas associé aux
négociations et décide, de son côté, de frapper le bâtiment voisin Liban, d’où
partent les tirs du Hezbollah, satellite de la RII, afin de lui infliger le
plus de pertes possible et de tordre une nouvelle fois le bras du propriétaire
impuissant de la maison afin qu’il expulse l’organisation. Bien entendu, cela
n’arrivera pas et cette nouvelle guerre constituera une énième « tonte de gazon
».
À ce stade, le moins que l’on puisse
dire est qu’au-delà de la liste des destructions infligées, le bilan de la
campagne est plutôt mitigé. Le régime de la RII, meurtri, est encore là et
règne toujours sur le bâtiment Iran. Les Gardiens de la révolution y sont plus
puissants que jamais et retrouveront, dans quelques années, tous les moyens
matériels qu’ils ont perdus. La population rebelle ajoute encore un peu de
frustration à l’écrasement.
Les Américains, de leur côté, ont subi
relativement peu de pertes humaines pour une guerre de cette ampleur, et
l’usure matérielle reste gérable. Donald Trump n’a donc, pour l’instant rien
gagné dans cette guerre, hormis une liste de chiffres que l’on n’ose pas
traduire en réelles pertes de capacités menaçantes, mais il a aussi peu perdu. Face
à des négociations où les deux camps se croient simultanément vainqueurs et qui
ont donc toutes les chances d’échouer, il se trouvera vite placé devant le
dilemme de relancer une guerre incertaine pour obtenir de vrais résultats, ou
d’en rester là en inventant une pseudo-victoire et d’attaquer un autre bâtiment
plus prometteur.