samedi 8 mai 2021

L'audace de servir-Guillaume Malkani

Quatrième de couverture

Juristes, enseignants, ingénieurs ou jeunes diplômés, ils sont nombreux à s'engager comme officiers au terme de leurs études. Ils sont réservistes portant l'uniforme durant leurs congés, officiers sous contrat délaissant une vie confortable pourtant bien établie et un emploi parfois mieux rémunéré, ou encore polytechniciens choisissant de vivre une expérience intense dans le cadre de leur scolarité. Ils deviennent ainsi cadres de l'armée de Terre, prenant des décisions et donnant des ordres à leurs hommes, à l'entraînement comme en opérations. Ce sont les officiers formés au Quatrième Bataillon de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr - dit l'ESM4 - dont la formation de décideur et de chef militaire se déroule au coeur de la lande bretonne.

Depuis la fin du XIXe siècle et les prémices de la Grande Guerre, ils servent la Nation sans forcément être militaire de carrière. Du Chemin des Dames jusqu'à la campagne de France, puis des rizières indochinoises jusqu'au djebel algérien, ces officiers sont aujourd'hui les vétérans des Balkans et de l'Afghanistan, toujours déployés au Proche-Orient et dans la bande sahélo-saharienne.

En parallèle du bataillon qui les forme aujourd'hui, ils sont dépositaires d'un riche et glorieux passé, et s'inscrivent dans les pas d'illustres citoyens devenus officiers - par la force des choses et par volonté -, d'Apollinaire à Péguy et de Lartéguy à Genevoix. Ce sont les retours d'expériences de cette population que nous vous proposons de découvrir dans cet ouvrage, laissant ainsi libre cours à la parole d'une quarantaine d'entre eux. Ces témoignages exposent la singulière hétérogénéité de ces officiers néanmoins tous rassemblés autour d'une devise fédératrice : l'audace de servir.

Guillaume Malkani, L'audace de servir, Books on Demand, mars 2021, 294 pages.

dimanche 2 mai 2021

La Légion d’honneur pour le caporal-chef Liber


Publié le 11 janvier 2020

La France compte dans ses rangs une armée invisible de milliers de blessés dans leur chair et leur âme. Ils ont été mutilés en la servant, en nous servant tous. Le moindre des droits qu’ils ont sur nous, c’est la reconnaissance.
L’un d’entre eux s’appelle Loïc Liber, il est caporal-chef, et le 15 mars 2012, il a été abattu par un islamiste à Montauban avec deux de ses frères d’armes, le caporal-chef Abel Chenouf et le caporal Mohamed Legouad. Eux sont morts, lui a survécu tétraplégique et est cloué dans un fauteuil depuis huit ans. Son régiment désormais c’est sa chambre aux Invalides où il a affiché les paroles de la Marseillaise et posé son béret. Les seules opérations qu’il connaît désormais sont médicales et elles sont de plus en plus difficiles à supporter.
Ses camarades tombés ont été intégrés dans la Légion d’honneur, c’est bien mais c’est une légion de l’au-delà et il est à craindre qu’ils ne la portent pas sur eux. Surtout, pourquoi avoir séparé alors les frères d’armes dans la reconnaissance et accordé moins à celui qui a survécu. Combien d’années de souffrance faut-il pour équivaloir à la mort ?
Pour l’instant cela fait huit ans et il est hélas probable qu’il n’y en ait pas beaucoup d’autres. N’est-il pas temps avant qu’il ne soit trop tard de faire enfin un geste ? Le caporal-chef Liber a reçu la Médaille militaire, c'est très bien. Il aurait été officier, il aurait reçu la Légion d'honneur. N'aurait-ce pourtant pas été la même chair qui aurait été meurtrie ? Il est temps aussi de mettre fin aussi à cette distinction qui date de la Restauration. La Légion d'honneur est aussi un ordre censé regrouper les citoyens ayant fait preuve de mérites éminents. Les mérites sont-ils moins éminents lorsqu'ils sont le fait de militaires du rang ou de sous-officiers ? 
La demande d’attribution de la Légion d’honneur a été faite par la députée de Guadeloupe, cette demande est suivie « avec bienveillance » par madame la ministre des Outre-Mer…depuis un an. Mon grand-père, lui aussi blessé au service de la France en 1918 l’avait reçu quelques semaines plus tard, le temps de terminer les combats en cours. Notre Etat fonctionne-t-il plus mal qu’en 1918 ? Sommes-nous plus insensibles qu’à cette époque ? Il est temps d’être juste.

Pour en savoir plus et aider : Le canal de vie