dimanche 24 février 2013

Mali : Veni, Vidi, Vici ! par Hervé Pierre


    Huit bonnes raisons pour parler de victoire 

   V… comme VICTOIRE. L’action des forces armées françaises au Mali est unanimement saluée. Saluée pour la cause défendue : la libération d’un territoire que l’obscurantisme religieux porté par un terrorisme prosélyte menaçait d’occuper. Saluée pour l’efficacité dont ont fait preuve les unités engagées au combat: la situation sécuritaire, désespérée début janvier, s’est renversée en moins d’un mois. Saluée enfin pour avoir obtenu la victoire : victoire tactique contre des terroristes qui n’ont eu d’autre choix que de fuir ; victoire politique en permettant au gouvernement malien de reprendre le contrôle de la partie nord du pays.

I….comme INTERVENTION. Cette victoire mérite d’autant plus d’être soulignée qu’à l’annonce du retrait d’Afghanistan, d’aucuns – entonnant les couplets éculés de «la guerre à distance» ou de «la guerre zéro mort » – chantaient un peu rapidement la fin des interventions armées à terre. « Ce n’est pas avec des troupes au sol qu’on fait progresser un modèle de civilisation », entendait-on encore en août dernier. D’autres, plus idéalistes encore, réactivaient les vieux poncifs de la «fin de l’Histoire» à voir poindre, après les printemps arabes, l’aurore resplendissante de la paix perpétuelle…. mais, à oublier les leçons du passé, il faut se préparer à en recevoir d’autres.

C….comme CADRE D’ACTION. Or en cette période d’intense réflexion stratégique, de la cacophonie générale émergent des hypothèses d’emploi des forces armées qui, parfois, ne manquent pas de surprendre. Certes, les menaces sont pléthore: de l’expansionnisme conquérant de la Chine à l’isolationnisme inquiétant de la Corée du Nord en passant par l’irrationalité présumée de l’Iran nucléaire. Mais peut-on encore avoir peur de tout ? Car, à trop et tout évoquer, on perd l’essentiel, l’immédiat, l’évidence. L’opération au Sahel nous rappelle – s’il fallait – que l’espace méditerranéen reste dangereux : les explosions de violence s’y multiplient sans que leur caractère contagieux soit aisément prévisible.

T…..comme TERRESTRE. L’opération SERVAL c’est d’abord plusieurs milliers de soldats engagés à terre à bord de plus de 200 engins de combat, de l’hélicoptère TIGRE au char AMX 10 RC, en passant par toute la gamme des équipements blindés à roues. La manœuvre aéroterrestre est au cœur de la victoire qui se construit jour après jour à mesure que les forces amies progressent vers le nord. Cette dimension tellurique matérialise les effets concrets de la victoire : foules en liesse pour accueillir les « libérateurs », administrateurs de l’Etat malien qui reprennent possession de leurs prérogatives, réouverture de commerces….

O….comme OPERATIONS. La conquête au sol, notamment la libération des villes, s’est faite en occupant physiquement les points clefs du terrain. C’est tout l’art de la manœuvre qui combine reconnaissance blindée, hélitransport, poser d’assaut ou aérolargage avec pour objectif de contrôler l’espace dans lequel vivent les populations. L’engagement de l’armée de Terre a drastiquement inversé le rapport de forces au sol ; aux petites équipes de forces spéciales se sont substituées des compagnies de combat aux effectifs permettant de « saturer » l’adversaire. Libérées de leurs positions initiales, ces équipes ont pu être redéployées et utilisées à remplir les missions «spéciales » qui sont, comme leur nom l’indique, leur raison d’être.

I…comme INTERARMEES. Bien entendu, les opérations ne peuvent aujourd’hui n’être qu’interarmées. Le BPC DIXMUDE embarquant un groupement terrestre et disposant de moyens pour agir dans la 3ème dimension en offre une illustration modèle réduit. Sur l’immense théâtre d’opérations, cette combinaison aussi intelligente qu’efficace de l’ensemble des moyens disponibles dans les trois dimensions est parfois plus difficile à saisir. Commandos des forces spéciales, pilotes de chasses de l’armée de l’air, équipages de l’aéronavale, soldats du soutien... tous participent d’une même manœuvre, unique, fluide et dynamique.  L’éclairage médiatique est pourtant parfois sélectif et le champ de la caméra évacue nécessairement une part de réalité en cadrant son sujet : il est juste de rappeler que tous – les forces terrestres en font partie – participent pleinement du succès final.

R…. comme REACTIVITE. L’opération n’aurait pu être possible sans la réactivité avec laquelle l’armée de Terre s’est engagée: les forces prépositionnées et le dispositif  d’alerte Guépard en métropole ont démontré toute leur pertinence. En deux semaines, les forces terrestres ont projeté, en bon ordre, un effectif supérieur à celui déployé au plus fort de l’opération en Afghanistan. Sans cette réactivité - sur laquelle le ministre lui-même a récemment insisté, la brèche n’aurait sans doute pas pu être comblée : brèche spatiale, pour tenir dans la durée les accès à Bamako ; brèche temporelle entre la détérioration brutale de la situation et l’arrivée de l’EUTM ou des premières unités africaines de la MISMA.

E….comme EXCELLENCE. Enfin, « j’interviens en premier donc je suis! » écrivait récemment fort justement un journaliste. Si d’aucuns, à l’occasion des travaux de préparation du nouveau Livre blanc, n’hésitaient pas à s’interroger sur la nécessité de  conserver les capacités d’entrée en premier et d’être « nation cadre », les évènements ont répondu à leurs questions. L’opération Serval a confirmé l’aptitude à ouvrir un nouveau théâtre, dans l’urgence, avec une entrée en premier et dans un cadre pour l’instant (presque) strictement national. Condition de l’excellence, « l’entrée en premier » est un gage de crédibilité vis-à-vis de nos alliés, la reconnaissance explicite qu’il faut toujours compter avec la puissance française.

31 commentaires:

  1. Mon Colonel, peut-on parler de manœuvre opérative s'agissant de la façon dont l'armée française a agit, même si les effectifs engagés sont assez restreints ?

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  2. Bel exercice de style, plutôt crispant, reposant sur quelques poncifs et de vagues approximations !
    Non, il n'y a pas victoire ! Il suffit de se souvenir de ces derniers jours : combats de Gao et pertes tchadiennes élevées (à peine évoquées d'ailleurs par la France ou plutôt ses politiciens !).
    Il n'y pas encore de victoire parce qu'on est encore loin, très loin même, d'avoir nettoyé la zone montagneuse, refuge des djihadistes; parce que, globalement, la MISMA/CEDEAO (dont ne fait pas partie le Tchad) "glande" et n'est pas prête à assumer son rôle. Et que dire de ces luttes fratricides de bérets de couleur maliens pendant que nos gars sont sur le caillou ?
    Pour le reste, c'est également oublier comment, dans les régiments, on génère les éléments à mettre sur pied. C'est oublier aussi les graves problèmes de soutien des matériels majeurs auxquels doivent faire face nos "maintenanciers" !
    C'est oublier encore la réelle insuffisance quantitative de ces mêmes moyens matériels.
    Pas de quoi donc écrire, bien d'ailleurs, un article aussi dithyrambique alors que seuls les éminents savoir faire de l'Armée de Terre et la haute qualité de notre entraînement compensent encore, pour combien de temps, le manque de conviction et les revirements fréquents et habituels des décideurs politiques et leur propension à diminuer drastiquement et régulièrement le budget de la Défense.
    Un marsouin

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    1. Excellent commentaire. Quant au petit péan du colonel Pierre, je crains qu'il ne traduise une forme de névrose et l'absolue nécessité pour les militaires de s'entretenir dans leur propre mythe au risque de sombrer dans la dépression. L'armée de terre est, dans ce cas, comme le portrait de Dorian Gray. On ne peut néanmoins que donner raison au colonel sur le point de la victoire tactique. Elle est réelle. A nuancer cependant puisqu'il n'y a pas eu de véritable affrontement jusqu'aux Ifhogas. Quant à la victoire politique, notre officier fait là preuve d'un manque de prudence élémentaire. Quand on connaît le terrain africain, aucun espoir de salut politique n'est permis. Du calme mon colonel, attendons un affrontement interétatique face à une vraie armée dans une dizaine d'années pour pousser la gloriole ou, plus prédictible, le thrène. Battre le triomphe pour un succès qui relève pour l'heure de la tactique de détail a quelque chose de décalé. Cela n'enlève rien à la souplesse manoeuvrière de Serval et l'efficacité de notre modeste contingent, hélas numériquement trop faible pour contrôler la zone. Il nous faudrait 60 000 hommes sur cinq ans minimum pour espérer avoir un résultat. Saluons le succès tactique comme il se doit, doutons de ceux qui entonnent prématurément la Victoire, d'autant que la prochaine LPM viendra bientôt sabrer leur enthousiasme.

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    2. Addendum : "Entrer en premier" ? Nous n'en avons plus les capacités stratégiques sans l'appui de nos partenaires otaniens. Nous ne sommes donc plus "indépendants". Ce simple fait devrait commencer à sérieusement inquiéter nos officiers.

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    3. Bonjour,
      Merci pour vos commentaires. Le billet, qui n'était pas originellement destiné à être publié sur ce blog, était volontairement "excessif" voire provocateur. Je l'avais d'ailleurs indiqué à Michel lors de l'envoi. Il est intéressant de noter que, visiblement, les moins "spécialistes" (ce qui n'est en rien dépréciatif, bien au contraire)sont plus réceptifs ; les "docteurs" anonymes de la Pensée militaire le sont naturellement moins. Ce n'est pas surprenant puiqu'il est toujours de "bon ton" en situation de crise de ne pas être dans le ton. Je le voulais comme un cri pour rendre hommage à ceux qui se battent dans l'indifférence quasi générale, pas comme un cours de stratégie pour les stagiaires de l'école de guerre. En ce qui concerne le débat autour du mot "victoire", je vous invite à lire d'autres textes qui nuanceront peut-être votre jugement sur ma "névrose" (DSI 56 février 2010 sur les limites de la victoire en Kapisa ou sur la victoire politique du Hezbollah en 2006 en dépit de sa dafaite tactique, L'Harmattan 2009). Pour finir, les adeptes du commentaire acide pourraient, me semble-t-il, être assez cohérent pour avoir le courage de signer leur texte. Les grandes démonstrations sous anonymat, bien que transpirant de vécu, manquent toujours un peu de force lorsqu'elles ne sont pas totalement assumées. Merci à ceux qui, pour ou contre le billet, ont élevé le débat au-delà du "bomber le torse" et "pas de parade". Je reste bien entendu à votre disposition. Cordialement.
      Hervé Pierre

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  3. Parfaitement d'accord avec vous marsouin.
    Un chasseur

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  4. "Les jours sont nombreux mais ils peuvent être contrariés par un seul". Proverbe malien.
    Mon colonel,
    Il me semble prématuré de parler de victoire là où les objectifs fixés par le PR sont encore loins d'être atteints (détruire les terroristes, aider le Mali à recouvrer sa souveraineté).
    L'opération CASTOR fut une réussite...qui elle même fût le prélude à la défaite de Dien Bien Phu...
    Les huit raisons que vous évoquez sont, me semble t-il, justes bonnes pour qualifier le déploiement français au Mali de réussite. Nous sommes encore loin de la Victoire telle que l'imagine le chef des armées.
    Le défi sécuritaire pour le Mali est loin d'être remporté (y compris dans le sud). La dispersion (contagion) narco-djihadiste aux pays voisins est acquise (quand se manifestera t-elle?). Plus grave encore, la menace de guerre ethnique voir d'implosion (la Mauritanie est dans les exactes proportions inverses dans une situation quasi identique au Mali) est source de grande préoccupation.
    A "victoire", je 'écrirai d'avantage "humilité" (les 23 morts tachadiens nous le rappellent) et car comme il est dit en pays BAMBARA (région et peuple au Mali) "Don bèè ni a dugujè kan don" (à chaque jour ses nouvelles matinales).
    SD. Vert 3.

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  5. Pourquoi parler de "victoire"? Peut-être parce que l'armée de Terre en a bien besoin aujourd'hui.... Certes le billet est un peu "cocorico" mais il est curieux de constater une décorrélation complète dans les commentaires qui précèdent entre ce qui ce ferait au Mali et ce que pensent nos "décideurs" politiques, si facilement critiqués ou critiquables à vous lire. Puisque vous parlez de LPM.....un peu d'espoir et d'enthousiasme ne peut pas faire de mal dans la morosité ambiante. Certes, on peut toujours pleurer, se lamenter et regretter...certes...

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    1. "Pleurer, se lamenter et regretter"... ou rester lucide et froid et envisager le déclin irrémédiable du pays et de son armée sur le temps court, moyen et long plutôt que répéter les mirages qui nous conduisent vers la situation de la Grèce. Si l'opération au Mali est une thérapie ("parce qu'elle en a bien besoin"), c'est que notre armée est en dépression. Voilà le point où il faut porter l'interrogation. La classe politique qui a dominé les sphères de décision depuis trente ans est intrinsèquement incompétente et mène une politique antinationale. C'est un constat indéboulonnable. Maintenant il n'est pas question de dénigrer ou de flatter mais d'analyser les mouvements de fond qu'un reflux de surface comme le Mali ne saurait troubler et ces mouvements de fond nous mènent bien à un déclin total si une révolution culturelle n'advient pas rapidement.

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  6. Parler de victoire me parait assez presomptueux,je dirais plutot que les operations sont pour l'instant favorables a l'Armée Francaise.
    La victoire c'est avant tout la neutralisation definitive des chefs,Abdelmalek Droukdal,Abdul Wadoud,Abou Hamadi,Bilal,Hicham,Mourabit Marwahid,Ould Hamaha,Abdel Hakim et en premier Abou Zaied,Moktar b Moktar dit Ben Lawar et Lyad ag Ghali qui n'en doutons pas par vengeance vont essayer de provoquer des attentats sur l'hexagone.
    L'affaire d'In Amenas en dit long sur les supports Libyens dans la region du Fezzan,qui me semble etre le futur eldorado de ces groupes principalement Moursouk et Gatrun ou feu Kad a laissé de belles installations,la piste de Bardai etant un peu juste,je vois bien dans quelques temps le genie de l'air regenérer celle d'Aozou,cela permettra
    aux piou piou d'aller faire quelques photos de la Guelta d'Archei ou
    d'Ounianga Kebir

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  7. Je rejoins certains commentaires sur la notion de victoire et sur la réussite du déploiement des forces françaises. Certes, le quasi sans faute est une réalité mais nous devons rester humbles et constater nos carences en matière de transports stratégiques, drones, ravitailleurs en vol... Ce n'est pas parce que la France est peut-être aujourd'hui la seule Nation européenne à disposer de ces capacités (et il ne faut pas s'en réjouir mais s'en inquiéter) qu'il faut en tirer des conclusions définitives sur nos capacités d'entrée en premier.
    Pour ce qui concerne la victoire tactique ou stratégique, nous n'y sommes pas encore. Le facteur temps ne joue pas forcément en notre faveur. Les groupes armés se sont dispersés, ont été certainement ébranlés et certains neutralisés mais ont-ils disparus ? Ne vont-ils pas réapparaitre dans quelques semaines ou quelques mois ?

    Quant à la MISMA, restons prudents. Il semble que certains contingents soient réellement opérationnels mais d'autres... et dans la durée, comment va-t-on organiser et conduire la relève ? une force de l'ONU ? dans combien de temps ?

    EUTM a une mission quasi dantesque : reconstruire une armée en lambeaux dans un pays ou la notion d'Etat est trés relative... Souhaitons leur bonne chance et espérons qu'ils puissent compter sur un soutien international effectif.

    En conclusion, sans être défaitiste, le mot victoire doit être manié avec prudence. Attendons un peu avant d'avoir une telle certitude. N'oublions pas l'image désastreuse du président Bush sur le porte avions Abraham Lincoln en mai 2003.

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    1. Bien entendu le mot "victoire" est à manier avec précaution. Parfois pourtant faut-il chercher à obtenir un effet politique de ce qui est fait sur le terrain des opérations.
      Le combat pour l'avenir de nos armées, de notre armée de Terre en particulier, se joue dans les semaines à venir. Peut-être faut-il enfin oser dire que nos soldats font du bon travail ; pour un politique, pour les Français en général, ça s'appelle la "victoire", le reste n'est que littérature. La France est la seule nation européenne à conserver la capacité d'entrée en premier: il n'est pas certain qu'elle la garde et,jusqu'à preuve du contraire, cette décision sera politique.
      L'humilité est évidemment de mise en interne; vis-à-vis de l'extérieur, il faut parfois dire les choses plus clairement, d'autant plus quand les enjeux sont de taille. Qui sait que les soldats français ont fait un travail remarquable en Afghanistan? Personne, sauf les principaux concernés. A force d'attendre la suite des évènements pour "décider", on se condamne à ramer à contre-courant et toujours avec un sacré temps de retard.
      Aujourd'hui, il faut rendre hommage à ceux qui se battent, même s'il faut le faire de façon un peu excessive: les mots "guerre", "victoire", "combat" font partie d'un vocabulaire qui reprend naturellement la place qui est le sien. Aujourd'hui "victoire", demain "défaite"? C'est toujours mieux que l'indifférence puis l'oubli.
      Un marsouin

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    2. Au risque de paraitre défaitiste, tout au moins humble, je ne pense pas que l'avenir de l'adt se joue dans les semaines à venir. La contrainte budgétaire est telle qu'en la matière, les choses semblent presques pliées.
      Le conflit en cours au Mali présente toutefois le bel avantage de servir de référence au PR. Ainsi, au moment des arbitrages (en cours?), il sera possible au PR de visualiser les conséquences des décisions prises. Exemple: "monsieur le PR, en supprimant telle ligne budgétaire, vous supprimez tels moyens qui nous ont permis de faire ceci au Mali".
      Tel me semble être LA plus value de cette intervention. De là à causer victoire, soyons patient.
      Enfin et pour répondre à notre souci de faire savoir nos savoir faire, il s'agit ici d'avaantage de communication que de bataille lexicale.
      Un métro

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  8. Bonjour

    Victoire?
    C'est pas un peu du réchauffé? Georges Bush nous a déjà fait le coup en 2003! Après une victoire militaire incontestable, il avait découvert que gagner la paix était une autre paire de manches!

    Alors au lieu de bomber le torse et d'adopter le pas de parade, un peu plus de modération me semble de rigueur.

    Cordialement

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    1. Votre commentaire est lui aussi trés réchauffé qui s'intègre dans la litanie facile et convenue de l'anti-américanisme primaire. Notez que les Américains ont quelques longueurs d'avance sur nous: il assument leur choix, qu'il faille proclamer la victoire (ça peut avoir du sens politiquement) ou admettre leurs erreurs (regardez donc le film "No end in sight" sur (contre) l'administration Bush: film projeté dans les ecoles militaires US); ils sont globalement soutenus par la population (cf. les files d'attente réservées dans les lieux publics "For our heroes"); ils sont capables de profondes remises en question. Oui ils bombent le torse et adoptent le pas de parade; c'est toujours mieux que de cacher ses amputés et d'ignorer ses blessés. La modération vous semble de rigueur? Faites en donc preuve dans vos combats(sans grand danger)à coups de post sur les blogs; rendez plutôt hommage à ceux qui se battent pour vous.

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  9. Je découvre, au détour du très amène commentaire d’un blogueur qui aura eu le courage de rester anonyme, que vous êtes un spécialiste du péan… Je ne vous savais pas chanteur, mais l’auteur de ce commentaire se sera au moins fait plaisir en exhumant ses souvenirs de classe de grec…
    Quant au contenu de votre article, il ne m’avait pas semblé qu’il avait la prétention de parler de la dimension stratégique ou politique de notre engagement au Mali, ce que semblent vous reprocher un certain nombre de vos lecteurs, mais bien plutôt de témoigner de l’action quotidienne de nos soldats, de leur disponibilité et réactivité – en dépit même des difficultés que connaissent nos armées- que vous n'avez d'ailleurs, à aucun moment, cherché à nier ou à minimiser.
    A l’heure du livre blanc, mettre en lumière les succès militaires de la France (tant pis si cela décoiffe les éternels pessimistes) et les qualités et capacités des unités et hommes qui les composent sera sans doute plus porteur pour les forces armées que de ressasser les dysfonctionnements et manques avec un esprit mortifère où nous excellons malheureusement bien souvent… mes courtes études de finances m’ont appris que l’on est plus enclin à investir dans une entité qui a encore des capacités de réaction que dans une entité qui a démissionné…
    Donc, oui, tout n’est pas rose, la défense est loin d’être une priorité dans les portefeuilles ministériels, les réformes passées et en cours ont fait du mal à l’institution et les comptes ne sont pas soldés, mais oui surtout, les forces armées et les hommes qui les composent sont capables de remporter des victoires et méritent, au moment où des décisions lourdes pour l’institution vont être prises, d’être suivis, reconnus et soutenus.

    TURPAULT

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  10. Colin l'Hermet25 février 2013 à 19:08

    Bonjour à tous,
    La pertinence des commentaires des uns et des autres (pêle-mêle : victoire, humilité, faveurs, auspices, attente, évolutivité) illustre à merveille la centralité de la thématique de la victoire.
    Quelles sont les conditions de la victoire ? Sont-elles absolues ou relatives ? Et qui les édicte ?
    Ces questions préalables n'étant pas tranchées (les excellents débuts de réponses sur la volonté du politique, sur les buts fixés, sur le socle de légitimité morale ou populaire, etc. ne sont que des débuts dé réponse), tous les avis sont recevables en toute légitimité.
    En cela on pourrait rester basiquement Clausewitzien : seul le politique qui a initié l'action peut la déclarer victorieuse. A lui de s'entourer des avis expertaux techniques et/ou juridiques, pour que son argumentation rhétorique soit plus que convaincante : réelle.
    Bien respectueusement à tous,
    CL'H./.

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  11. N'étant qu'un civil, je m'étonne de vos réactions. Du 11 janvier au 11 février, j'ai suivi avec admiration l'efficacité, la rapidité, la libération successive des villes et les foules en liesse. Je me sentais fière de notre armée qui assure avec des moyens de plus en plus insuffisants. Si ce n'est pas une victoire vous appelez cela comment ? Tout le monde sait et vous les premiers que le Nord est une autre guerre qui commence et qui dépasse le Mali. Il y a effectivement de quoi s'inquiéter quant à la relève en lisant dans les Echos du jour la déclaration du ministre ivoirien des Affaires étrangères sur le nécessaire doublement du financement prévu par la communauté internationale en janvier.

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  12. L'auteur de l'article (sans doute breveté) se situe à un niveau tactique, ses contradicteurs (non brevetés?) au niveau stratégique.
    La logique est conservée :)
    JP. F

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  13. Les mots du Président dans l'ordre chasser,poursuivre,détruire et recuperer nos otages, tous ces objectifs sont ils remplis,non,toutefois un gain important sur l'espace vital Malien est assuré.
    Ce que je vois de positif,c'est que cette armée ne progresse pas sans que ses appuis aériens ou blindés soient dans les coulisses, ce qui nous privent de fortes deconvenues comme Usbeen.
    Cette opération prouve la forte reponsabilité du commandement planificateur en Astan.
    le memo pourrait etre( en terrain inconnu jamais sans pointu)
    l'application a petite echelle de la theorie des
    cinq cercles de John Warden III se verifie une fois de plus

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  14. Victoire et une putain de belle victoire quant à moi je n’ai jamais eu de doute
    (J’espère qu’Yves D en profite)
    Le coup de pied au cul était salutaire et il a été donné avec conviction Bravo les petits ! N’oublions pas que les fondamentalistes nous regardent et que ceux qui doutent vont réfléchir. Cette fois les anciens d’Afghanistan sont de chez nous et ils ont compris le danger, ils connaissent l’ennemie et la discussion ne sera pas possible.
    Quant aux chipoteurs anonymes, qu’ils le restent, qu’ils ne connaissent jamais la peur, quant aux otages tout le monde y pensent et j’espère qu’il y a une justice divine pour de tel salopards.
    PS je me rappel d’une de mes réflexion sur ce blog : Je repense à la « betteravisation » de notre armée, j’étais dubitatif sur la phrase et le sens « nous arrêterons d’intervenir de partout avec ce nouveau gouvernement » ! Comme si nous en avions la maîtrise ? En fait nous sommes toujours en réaction face à des surprises stratégiques et aux actions de nos adversaires.
    Citoyen nous manquons de réservistes réveillez-vous !

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  15. Ne boudons pas notre plaisir !

    Tout débat suppose la contradiction, mais sur le fond et dans la forme certains commentaires mériteraient bien des nuances.

    Le colonel PIERRE est un homme avisé qui maîtrise son sujet. Ses responsabilités actuelles en font un observateur privilégié de la guerre au Mali et il n’est pas sûr que tous ceux qui ne partagent pas son enthousiasme le soient autant…
    Le colonel PIERRE n’est pas un optimiste béat. Ceux qui le connaissent et le lisent depuis longtemps gouteront d’autant mieux cet euphémisme…
    Le colonel PIERRE n’a pas l’onctuosité obséquieuse qui bâtit certaines carrières. Sa prose lui a valu plus de convocations grinçantes que d'éloges flatteurs...
    Pour ces trois raisons, déjà, les attaques ad hominem sont cruellement déplacées.

    Sur le fond, et sans doute sans autres compétences que mon bon sens et quelques expériences opérationnelles, il me semble :
    - Que reprendre le contrôle d’un territoire grand comme une fois et demi la France, en culbutant des groupes terroristes armés, décidés et implantés, en un peu plus d’un mois est bien à l’honneur de nos forces.
    - Que l’immense défi opérationnel et logistique de cette projection, à la hauteur de l’étendue de ce territoire, a été magnifiquement tenu. J’ai bien entendu une pensée toute particulière pour mes camarades du SSA présents là-bas.
    - Qu’il y a moins d’un an et à l’issue du conflit libyen, des personnalités politiques de premier plan et de toutes obédiences proposaient sans rire de sabrer dans les effectifs de l’armée de terre, devenus pléthoriques dans le modèle aéro-maritime de l’époque.

    Alors non, la campagne malienne n’est pas une drôle de guerre ou une guerre molle pour sacrifier aux poncifs médiatiques de notre temps. Deux de nos camarades l’ont déjà payé de leur vie. Prions pour leurs familles, pour nos blessés et honorons leur engagement ultime.
    Oui elle n’est pas terminée. Mais pour emprunter au général DESPORTES, la guerre suit, adapte puis crée ses propres objectifs. Nous nous sommes initialement déployés pour stopper les colonnes qui descendaient du nord, puis nous l’avons reconquis. Le défi qui attend l’état malien est désormais plus politique que militaire, mais sans nous rien n’aurait été possible. Et rien n’était gagné d’avance car nul n’a seulement présagé à l’époque que nous serions aujourd’hui engagés dans le massif des Ifoghas. Par contre quelques cassandres ont dès le début évoqué un risque d’enlisement…
    Enfin oui souligner avec emphase la disponibilité, l’enthousiasme et la valeur de nos soldats n’est pas pure rodomontade. Je partage avec le colonel PIERRE la conviction que le Mali va éviter à notre Armée, et singulièrement à l’armée de terre, des coupes plus brutales que celles attendues.

    Bref, j’invite les thuriféraires de tous bords sinon à crier victoire, du moins à ne pas bouder leur plaisir. Anonymement ou pas…

    Médecin en chef JOUSSEAUME L.

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  16. Cela ne fait pas de mal de ne pas lire que de l'autoflagellation franco-française, ce d'autant que l'on pouvait se demander si, à force de ne pas le faire, il restait cette capacité datant des guerres Tchadiennes à la manoeuvre un peu vive et soutenue.
    Maintenant (outre que les combats réellement violents semblent seulement se dérouler maintenant ), espérons que ce ne sera pas le chant du cygne d'une armée de terre confinée à la promenade Africaine :
    Surtout que cela ne se transforme pas en voile pudique, à l'heure d'un Livre Blanc qui s'annonce assez corrosif pour les capacités de l'AdT, pour ne justifier qu'une pérennisation de moyens pour ce théâtre :
    Engager fièrement des ERC-90, blindés suivant l'expression que contre les éclats de rire (ou à peu près en secteur frontal) ne rend pas compte de la réalité de combats autrement plus violents dans d'autre régions du monde et qui sont le vrai maitre Etalon des capacités à maintenir.
    BPCs

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  17. C'est bien mal connaitre le contexte local que de croire que tout est réglé. Il vaut mieux faire preuve d'une grande prudence et de lucidité.

    Dans ce billet, nos camarades Américains, Canadiens, Belges, Hollandais, etc qui nous apportent un appui considérable ne sont pas associés à cette opération. Pas un mot non plus de considération pour nos amis Tchadiens qui ont pourtant subi des lourdes pertes.

    Finalement, nos officiers feraient mieux de ne pas déroger à leur obligation de réserve (qui s'impose à tous les militaires quelque soit leur grade) et donc de s'abstenir de commenter un évenement en cours.

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  18. "Que reprendre le contrôle d’un territoire grand comme une fois et demi la France, en culbutant des groupes terroristes armés, décidés et implantés, en un peu plus d’un mois est bien à l’honneur de nos forces." Non! Il est prématuré d'affirmer que nous controlons cette zone. L'avenir laisse présager bien des malheurs. Il est malheureusement à craindre une contagion au sud.

    "Que l’immense défi opérationnel et logistique de cette projection, à la hauteur de l’étendue de ce territoire, a été magnifiquement tenu. J’ai bien entendu une pensée toute particulière pour mes camarades du SSA présents là-bas." D'accord avec vous surtout quant au soutien à nos gars et femmes en place là-bas. Néanmoins, notre pays ne possède plus, seul cette capacité de projection.

    "Qu’il y a moins d’un an et à l’issue du conflit libyen, des personnalités politiques de premier plan et de toutes obédiences proposaient sans rire de sabrer dans les effectifs de l’armée de terre, devenus pléthoriques dans le modèle aéro-maritime de l’époque." Je ne partage pas votre candeur. La contrainte financière est présente et "oblige" à des arbitrages. L'intérêt de ce conflit est que le PR a ici son conflit de référence. Il pourra ainsi visualiser l'incidence concrète de ses arbitrages.
    Les qualités et compétences ne sont ici pas remise en cause. Il est juste surprenant qu'un breveté ait occulté dans son ode à la victoire les aspects politiques de cette affaire.
    JP F


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  19. Bonjour,

    Sans entrer dans de hautes considérations telles que le Stratégique, l'Opératif et le Tactique et en ne doutant pas par ailleurs que, quoique l'on fasse, perdurera toujours un terrorisme islamiste au Mali, en Afrique, en Asie ou ailleurs, il me semble tout de même que le fait d'avoir coupé net l'élan des colonnes Djihadistes vers le sud s'apparente à une victoire. Et je pense que nos milliers de compatriotes qui vivent encore à Bamako n'en doutent pas.
    Pour le reste, ne comparons pas "notre victoire" avec celle proclamée par le président Bush en d'autres lieux parce qu'au mali, l'Etranger c'est pas nous, c'est AQMI.
    En vous demandant de bien vouloir excuser le niveau "Terre à terre" de mes propos mais d'avoir vécu dans cette région sahélienne me fait aller à l'essentiel.
    Nos soldats sont appréciés et je ne doute pas, par ailleurs, que quelques militaires européens se sentent aujourd'hui un peu génés par leur absentéisme forcé.

    Cordialement

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  20. On a gagnés ! On a gagnés ! On a gagnés ! Ne vous en déplaise, quant au terrorisme il sera toujours résiduel et pour le combattre il ne faut pas des AMX 10RC mes des Gendarmes polymorphes « nomades, de chocs, de recherches, de renseignements, des auxiliaires touareg etc.…… si vous vous voulez supprimer complétement l'islamisme archaïque, il faut créer une nouvelle religion et une belle ! Faite d’amour et de générosité (notre République) ou en moderniser une ancienne puis convertir ces païens avec des légions de moines ?
    Pour l’instant notre religion semble le « scepticisme » nous avons des penseurs bourrés d’aigreurs, mais peu de combattants enthousiastes.
    Citoyens bonne nouvelle nous avons gagné !

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  21. je suis un citoyen lambda, mais je dois dire que j'ai été bluffé par la qualité, la compétence de nos armées dans cette opération, qui devrait être un modèle d'efficacité dans le fonctionnement de l'Etat; un quasi sans faute!, seuls, nos soldats ont su se déployer avec une rapidité tout à fait surprenante. Un seul regret que l'armée soit quasiment incapable de communiquer sur une opération qui restera dans les annales. A une époque où l'image est partout, c'est pour moi un formidable loupé

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  22. Certes, on peut être gêné par l'angle (volontairement) triomphaliste de ce billet... Mais certains commentaires, me laissent un peu perplexe, d'autant qu'ils me semblent provenir de militaires…La modestie est une trop belle qualité pour la confondre avec l'autodénigrement (ou le dénigrement) systématique.
    Oui, je crois que l’on peut se réjouir de ce succès tout en restant lucide sur les difficultés à venir au Mali, et sur les faiblesses intrinsèques de notre armée.
    - La victoire tactique n'est pas la victoire stratégique ? Certes (qui dit le contraire ?), mais la première contribue un peu à la seconde, non ? Et, puis, il n’y a pas que de la tactique dans cette première « victoire » : l’engagement des Tchadiens à nos côtés, celui de la CEDAO (modeste, il est vrai), la facilité avec laquelle les pays voisins nous accordent le transit, le stationnement et/ou le droit de survol, la (lente) montée en puissance de la mission EUTM…
    - Un « breveté » fait de la tactique ? J’espère que beaucoup de brevetés « daignent » s’intéresser à la tactique (c’est d’ailleurs le cas, me semble-t-il de l’animateur et auteur principal de ce blog) comme j’espère aussi que beaucoup « non brevetés » s’intéressent à la stratégie… D’ailleurs, techniquement cette « victoire » est plutôt une victoire opérative.
    - L’ERC 90 est ridicule ? Pas temps qu’il nous permet ce genre d’intervention ! Pour info, il est à peine moins blindé qu’un LAV-25 (lui-aussi aérotransportable en C130), et surement plus qu’un Humvee, même revalorisé (des centaines de mille encore en service dans l’Armée US).
    Bon weekend à tous !
    Emmanuel

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  23. bon juste pour voir, 3ème message qui ne survivra peut être pas non plus: l'armée française a fait un sans faute au Mali, mais communique très mal! bon maintenant envoyez les Rafales!-)-)

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  24. Que d'esprits changrins... Certains devraient se rappeler qu'en 1914 après le miracle la Marne, la France célébra une victoire, malgré l'enlissement qui suivit pendant 3 ans et demi, et qui prit fin avec la percée du front allié par les Allemands au printemps 1918. Alors, toutes proportions gardées, oui, c'est bien une victoire que nous pouvons célébrer. Et nos soldats qui sont actuellement engagés sur ce théâtre nous en seront reconnaissants, car rien n'est pire quand vous êtes au combat, et que vous perdez des camarades, que de lire des billets pessimistes sur la qualité et l'avenir de votre action.

    MARGUET

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