samedi 29 septembre 2012

Les cafés stratégiques-nouvelle saison

J'ai le plaisir de vous présenter le premier Café stratégique de la saison 2012-2013. 

Maya Kandel, spécialiste des Etats-Unis à l'Irsem, vous parlera du processus américain de définition des enjeux de stratégie nationale ainsi que les tendances qui se dégagent. 

Moi j'y serai. Je présenterai la brillante intervenante.
Venez nombreux. 

http://www.defense.gouv.fr/irsem/la-recherche/l-equipe-de-recherche/maya-kandel

vendredi 21 septembre 2012

L'infanterie attaque

J'ai le plaisir de présenter la parution en français de l'Infanterie attaque de Rommel sur l'excellent blog Guerres et conflits :


L'ouvrage peut-être commandé directement aux Editions du Polémarque et bientôt sur Amazon. 


Bonne lecture.

mardi 18 septembre 2012

Le général Wood et le commandement par la confiance

John S Wood
Ceci est l’histoire d’une division blindée qui a parcouru plus de 3 000 km en 295 jours et éliminé 112 000 soldats ennemis tués, blessés ou prisonniers au prix de 1 366 tués et 6 200 blessés. Cette unité, ce n’est pas la 7e division panzer « fantôme » de Rommel en 1940 mais la 4e division blindée américaine en Europe en 1944-1945. Ce qui est extraordinaire c’est que cette grande unité a réalisé tout cela sans ordre écrit de son chef, ou plus exactement avec un seul, rédigé quelques jours avant la percée d’Avranches en août 1944 : « Ceci est le dernier ordre écrit que cette division aura préparé ! Tous les ordres que je donnerai le seront à la voix, soit les yeux dans les yeux, soit par radio ! ».

De fait, le général John Shirley Wood a commandé les 11 000 hommes et 2 650 véhicules de sa division depuis sa jeep ou son avion Piper Cab, rejoignant directement les chefs de Combat command (état-major de brigade interarmes, 12 officiers) lorsque cela était nécessaire pour leur expliquer la situation et leur donner un ordre graphique avec un ou plusieurs objectifs et les éléments à connaître sur l’ennemi, les voisins ou la logistique. Jamais plus d’une page, carte comprise (ou non d’ailleurs, la division ayant dépassé plusieurs fois la zone couverte par sa cartographie).

Un mois après ce premier et dernier ordre d’opération de Wood (qu’il recommandait de brûler après l’avoir lu pour ne pas s’encombrer de papier), cette division complètement néophyte avait déjà vaincu les 77e, 91e et 243e divisions d’infanterie, 5e de parachutistes et même la 2e Panzer SS. Elle avait également détruit entièrement la 6e division de parachutistes sur son passage. Plusieurs objectifs ont été atteints avant l’arrivée de l’ordre écrit du corps d’armée de rattachement. Un mois plus tard, alors en Lorraine près d’Arracourt, la 4e division affrontait et détruisait 241 chars de deux brigades de panzers (chars le plus souvent supérieurs aux  Sherman américains). Etonnamment, là où Wood s’était inspiré des méthodes des « nouveaux hussards allemands » jusqu’à même aller encore plus loin dans la rapidité de décision et d’action, les Allemands effectuaient le chemin inverse vers un contrôle de plus en plus étroit de troupes de qualité de plus en plus médiocre. Les deux chefs de Panzers d’Arracourt ont été tués à la tête de leur troupe sous la surveillance de la police politique.

La flexibilité extrême de la 4e division blindée a été rendue possible par un entraînement en commun de 32 mois qui a permis à tous les cadres (dont un futur chef d’état-major des armées et un futur commandant des forces de l’OTAN) de se connaître et de se faire confiance dans l’application de procédés connus de tous et de principes simples comme la recherche systématique du combat sur l’arrière de l’ennemi. Wood a ainsi organisé un mode de combat très agressif tiré par les éléments de reconnaissance à la recherche des points faibles de l’adversaire et conduit par des sous-groupements interarmes autonomes et dispersés pour le déplacement  mais capables de s’aider mutuellement ou de se réunir pour attaquer l’ennemi. Les appuis et le soutien s’organisaient autour de la manœuvre et non l’inverse à partir de structures suffisamment mobiles pour coller aux unités avancées et suffisamment fortes pour se défendre elles-mêmes en cas de rencontre avec l’ennemi. La coopération avec le XIXe Tactical Air Command était permanente, permettant de disposer en permanence d’au moins une escadrille pour flanc-garder la division, reconnaitre au plus loin ou appuyer les unités au contact. Dans tous les cas, la vitesse de décision et d’action était la priorité. Il fallait trente minutes à un sous-groupement de la taille d’un bataillon interarmes pour conduire une attaque après en avoir reçu l’ordre.

Preuve est ainsi faite de l’efficacité d’une organisation dont tous les membres se connaissent et se font confiance car ils savent ce que les autres font faire dans un contexte donné. La confiance permet la simplicité et donc la vitesse des ordres. La vitesse de commandement donne l’initiative et, donc, dans la majorité des cas, le succès. Le succès renforce la confiance.