mercredi 13 mars 2024

L'embrasement


J’ai pris pour habitude de présenter la genèse de mes livres au moment de leur publication. Cet exercice me paraît d’autant plus nécessaire que le sujet est sensible. Je m’attends donc à perdre des amis, ce qui est dommage, ou, c’est moins grave, me faire insulter par des militants qui jugeront que je suis trop complaisant avec Israël et l’action de son armée ou inversement que je suis trop critique. L’expérience du commentaire de la guerre en Ukraine m’a d’ailleurs appris que ces insultes totalement contradictoires pouvaient survenir simultanément. L’embrasement n’est pas un livre militant et je n’y soutiens pas vraiment de thèse politique. J’y fais simplement ce que je fais depuis vingt ans, c’est-à-dire de l’analyse opérationnelle dans un cadre dit politico-stratégique.

Vingt ans, cela correspond au premier travail qui m’a été demandé de faire en 2004 alors que je prenais mes fonctions d’officier en charge d’analyser toutes les opérations en Asie et plus particulièrement au Moyen-Orient. Je faisais le retour d’expérience de nos propres engagements dans la région, à l’époque au Liban et en Afghanistan, mais le plus gros de mon travail consistait à étudier les « guerres d’Israël » d’un côté et celles des Américains en Irak et en Afghanistan. Depuis je n'ai jamais cessé de le faire à travers mes affectations suivantes, au cabinet du chef d’état-major des armées et comme directeur de domaine à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire. J’avais déjà eu l’occasion de réunir dans des livres mes travaux sur la guerre en Irak de 2003 à 2008 (Irak-Les armées du chaos, chez Economica) puis sur la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah (Israël contre le Hezbollah, aux Editions du Rocher) mais pas encore sur le conflit entre Israël et les organisations palestiniennes, et particulièrement le Hamas. Je me suis engagé dans cet exercice à l’occasion de la nouvelle guerre déclenchée par l’horrible attaque terroriste du 7 octobre. Ce qu’il faut retenir c’est qu’il s’agit d’une analyse militaire et non d’un pamphlet politique et je dis ça surtout pour tout ceux qui vont m’interviewer en espérant qu’ils ne se contenteront pas de me demander si j’ai une solution aux conflits dans le monde arabo-musulman, façon OSS 117.

Pour expliquer maintenant comment j’ai procédé, je reprends maintenant largement le propos introductif du livre. Je me suis d’abord posé la question du cadrage du propos. Il paraissait difficile de de se contenter de décrire la série de conflits entre Israël et le proto-Etat Hamas depuis 2005 sans décrire les racines et le contexte à l’origine de l’esprit et des méthodes de chaque camp. Pour bien expliquer les choses, il faut même remonter bien avant l’existence du Hamas. Concrètement, dès sa création Israël a dû faire face à deux types d’ennemis : les États voisins et des organisations armées que l’on qualifiera d’« irrégulières », depuis les groupes plus ou moins organisés de fedayin dans les années 1950-1960, groupes de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) puis groupes islamistes. Ces deux types d’ennemis sont très différents, mais comme Israël n’a pas les moyens de s’offrir deux armées différentes cela a nécessité de trouver une pratique, c’est-à-dire des capacités militaires et un mode d’emploi, compatibles avec les deux menaces. La menace des États arabes étant d’abord prédominante, c’est d’abord elle qui a engagé la culture stratégique israélienne dans une voie dont il a été de plus en plus difficile de sortir avec le temps, d’autant plus qu’elle a été souvent accompagnée de succès.

Pour faire simple, les groupes palestiniens feront les frais dès les années 1940 d’une vision des choses où il apparaît indispensable aux Israéliens menacés sur un petit territoire de frapper l’ennemi très vite et très fort, avant même si possible la concrétisation de la menace. Il ne s’agissait pas de détruire les États arabes, ni de les obliger à négocier une paix impossible, mais de les dissuader de recommencer.  Comme me l’expliquait un officier israélien « Quand on ne croit pas à la paix, on est obligé de croire en la sécurité ». Plus exactement, la paix israélienne a coïncidé avec le fait de ne pas être attaqué ou même menacé. Israël a finalement fait la paix avec plusieurs États arabes, mais a continué à appliquer cette vision des choses aux organisations armées qui lui faisaient face, d’abord en périphérie puis à l’intérieur des territoires occupés. Tout cela fait l’objet des deux premiers chapitres, Laboratoire du chaos et Intifada.

Et puis est apparu un phénomène nouveau avec l’effacement des États et la montée en puissance d’organisations armées territorialisées. Les deux phénomènes sont liés. Le Hezbollah s’est développé en opposition à l’occupant israélien au sein d’un Liban faible, mais pour beaucoup d’Israéliens c’est aussi un État affaibli ou faible devant les États-Unis qui a accepté la territorialisation en Cisjordanie et à Gaza de l’OLP sous forme d’Autorité palestinienne, entité politique à la fois opposante et partenaire. Dans cette situation complexe, l’État israélien décide de sortir du bourbier libanais mais aussi de Gaza, en croyant maintenir la menace à distance grâce à la barrière de défense et une puissante force de frappe. Ce faisant les Israéliens ont échangé des bourbiers contre un destin de Sisyphe condamné à recommencer éternellement la même petite guerre. Les chapitres Pluies d’été, Tondre le gazon, Nouveau round, Le retour des combats et Neuf ans, sont comme autant de rochers portés au sommet par un Sisyphe israélien et retombant toujours en bas de la colline dans la foulée. La différence avec le mythe grec est qu’Israël se sentait suffisamment fort pour pouvoir faire cela éternellement sans trop en souffrir.

Cet exercice que l’on croyait établi pour l’éternité, cette sécurité minimale au lieu de la paix, n’a finalement duré que dix-sept ans, et s’il y a bien une première leçon stratégique à apprendre est bien que les périodes stratégiques, ces moments où les règles du jeu international sont bien connues et respectées, durent rarement plus d’une génération et qu’elles ont souvent une fin brutale. La journée du 7 octobre 2023 est donc une coupure épistémologique, une rupture, une surprise stratégique, comme on veut pourvu que l’on comprenne que les règles du jeu ont changé d’un coup. L’ouvrage bascule alors dans le commentaire de l’histoire immédiate en revenant bien sûr sur Le choc du 7 octobre 2023 et en décrivant les premières réactions israéliennes, Fureur, puis la campagne de conquête toujours en cours en cette toute fin d’année 2023, Le fer de l’épée. On y verra que quand on ne sait pas quoi faire on se contente de faire ce que l’on sait faire parfois seulement en augmentant les doses. On change d’ailleurs d’autant moins que l’on a un peu contribué à l’apparition des problèmes que l’on doit résoudre, comme Benjamin Netanyahou au pouvoir presque sans interruption de 2009 à aujourd’hui, non que ce soit le gouvernement israélien qui ait créé le monstre du Hamas, mais que celui-ci par la détestation qu’il suscitait dans le monde et sa rivalité avec le Fatah paralysait le mouvement palestinien. L’embrasement se conclut avec un Bilan et absence de perspectives aussi mince que ces dernières. Un historien est excellent pour prédire le passé, mais comme tout le monde ne peut pas faire grand-chose surtout pour une chose aussi complexe que la guerre, l’affaire humaine sans doute la plus incertain par ses interactions multiples et violentes.

Comme disait Paul Veyne, un historien est d’abord quelqu’un qui raconte une histoire en commençant par le début et en finissant par la fin selon les bons conseils du Roi dans Alice au pays des merveilles, c’est-à-dire chronologiquement. Un militaire est quelqu’un qui analyse les choses de son métier le plus froidement possible alors qu’il est surtout question de morts et de souffrances. En combinant les deux, il s’agit d’abord dans cette suite de chapitres d’une description de l’évolution des pratiques des uns et des autres, et même des uns en opposition des autres. Il est donc nécessaire d’introduire au fil de l’histoire des concepts – la pratique militaire, la distinction guerre-police, les niveaux tactiques, le courbe de stress organisationnel, etc. – permettant de mieux appréhender cette évolution. Elle permet aussi de couper les montées et descentes sinon toujours identiques de Sisyphe. Ces évolutions militaires sont, on le verra, largement spécifiques à ce théâtre d’opérations, mais souffrent parfois de comparaisons utiles avec des situations techniquement comparables, comme les guerres en Irak et en Afghanistan. 

La guerre est aussi chose politique, et c’est même ce qui le différencie de la mission de police, l’autre emploi possible de la force légitime. On ne peut donc déconnecter complètement l’action militaire de son contexte politique ne serait-ce que par cette action militaire a pour but justement et normalement de changer ce contexte politique. Je dis bien normalement, car s’il s’agit au contraire de ne pas changer de contexte politique on se trouve plutôt et on y revient dans la recherche de la sécurité et donc au bout du compte une mission de police. On parlera donc de politique en amont et en aval de l’action militaire, le cœur du sujet, pour remarquer combien celle-ci dans les deux camps est au moins autant une politique intérieure où il faut tenter résoudre des tensions internes par une crise externe. Henri Kissinger disait qu’Israël n’avait pas de politique extérieure mais seulement une politique intérieure. On verra combien cela est vrai, surtout depuis qu’Israël est passé de David à Goliath, et on sait que Goliath derrière sa force herculéenne souffrait aussi de maux internes dus à son acromégalie, dont une très mauvaise vue. Mais cela est vrai aussi pour les organisations palestiniennes, souvent corrompues, en conflit permanent pour le leadership entre elles et même à l’intérieur de chacune d’elle. Rien qui puisse contribuer à la stabilité de ce monde. Tous sont condamnés comme dans une tragédie grecque ou comme dans la série israélienne Fauda (chaos) à s’affronter pour des raisons aussi valables qu’incompatibles au cœur d’une arène dont personne ne peut sortir.

7 commentaires:

  1. Excellent entretien avec Alexandre JUBELIN pour "Le Collimateur".

    Pour ceux qui ne connaissent pas l'émission :
    "L'armée israélienne face à ses limites"
    https://soundcloud.com/le-collimateur/larmee-israelienne-face-a-ses-limites

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  2. En 1982 le colonel Philippe Rondot enseignait en DEA de relations internationales au Moyen-Orient à la Sorbonne . Le chapitre Israel-Palestine fut abordé selon le point de vue arabophile du Quai d'Orsay " Israel est un intrus et sa présence ne saura durer ". Questionné sur les conséquences de l'opération " Paix en Galilée " par laquelle l'OLP fut expulsée du Liban vers la Tunisie , le colonel Rondot livra une " confidence " aux étudiants dont j'étais : L'OLP est faible car séparée physiquement de son territoire et de son peuple . Il est prévisible que l'OLP par une manoeuvre diplomatique réussira a revenir sur son territoire et sera alors renforcée par le soutien populaire pour reprendre la lutte armée " . C'est exactement ce qui s'est passé, les accords d'Oslo ont fonctionné comme le Cheval de Troie .Ce fut donc l'adoption naive par Israel / Fourbe par l'OLP du "plan par phases" d'Arafat énoncé en 1974 .Depuis 1993 l'OLP a choisi de cumuler deux statuts contradictoires , celui de gestionnaire d'un pouvoir partagé avec son ennemi ontologique Israel dans les territoires A et B ( 18% et 22% de la Cisjordanie ) tout en restant - en apparence - l'interlocuteur international unique d'un soi-disant processus de paix devant aboutir à la coexistence de deux Etats . Plus ce cumul perdure et plus l'OLP décline au profit du Hamas qui a repris le programme maximaliste de l'OLP d'avant le " plan par phases " de 1974 . De fait l'OLP est corrompue , survit comme régime despotique et satrapiste aux dépens de sa population . Quant à Hamas, branche locale de la confrérie Ikhwan ( Fréres musulmans au pouvoir en Turquie avec Erdogan et au Qatar avec les Al Thani ) son destin est désormais tracé , la fuite vers le Sinai des cadres locaux à Gaza et la reddition des militants sont l'aboutissement de sa démarche à outrance . Il restera un noyau dirigeant du Hamas qui fort des X milliards $ ponctionnés sur les dons européens et qataris se mettra au service de Téhéran . Au final , je ne vois que l'échec total du mouvement arabe en Palestine . La suite du conflit entre Israel et l'Iran se déroule à une échelle civilisationelle dont l'enjeu est l'hégémonie régionale entre les quatre espaces maritimes , Golfe Persique, Océan Indien, Mer Rouge , Méditerranée. Le sort de cet affrontement ne devrait pas faire l'ombre d'un doute , dés que les USA seront dégagés de l'incertitude politique des 9 mois à venir . Les mercenaires Houtis de l'Iran au Yemen seront balayés et le canal de Suez retrouvera son plein fonctionnement . l'Iran pourrait s'armer de la bombe atomique pour sanctuariser son régime comme le fit la Corée du Nord mais je pense pas que Téhéran franchisse le seuil de la ligne rouge tracée par Israel .

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  3. Goliath etait le géant des Plishtim - peuple de mer - venus de Crète apres l'explosion du volcan de Santorini . David armé de sa fronde le frappa au front . le reste est bien connu , donc n'invertissons pas les roles ; Goliath reste de nos jours le suprématisme islamique qui menace toute la région du Golfe Persique aux confins de la Tunisie

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  4. Présentation sérieuse de certains paramétres locaux du conflit ; Ce conflit comporte une dimension métaphysique , religieuse , historique que l'on ne peut oublier . Le suprématisme islamique moule les populations arabes , dans un refus ontologique des juifs qualifiés de croisement entre porc et singe. Le conflit sera permanent et meme si les Etats peuvent s'accorder avec israel comme l'Egypte , la Jordanie , et depuis les accords d'Abraham, les Emirats, Bahrein, le Maroc , il reste l'Iran et le Qatar qui viennent souffler sur la braise . Une possibilité d'entente politique existe dans le cadre d'une confédération de 2 Etats ( deux ) entre Israel et la Jordanie qui est l'etat palestinien au sens ethnique , historique . Le roi Abdallah de Jordanie a pris le soin de condamner les massacres , viols , tortures du Hamas ce qui ouvre une fenetre diplomatique . On note cependant que l'OLP-Autorité Palestiniene de Ramallah , elle a refusé de les condamner . Cette entente suppose qu' Israel se retire de 60% de la Cisjordanie ( zones A 18% - B 22% plus une partie de la zone C vallée du Jourdain ) et d'autre part que la population palestinienne change son irrédentisme selon lequel elle serait la seule population légitime dans les limites du Mandat Britannique . Donc une autre narration historique pourrait - à très long terme 30 ans et plus - faire raisonner une partie des arabes de Cisjordanie . Ce qui implique que le Hamas soit éliminé et que l'OLP renonce à sa narration irrédentiste pour adhérer sincèrement aux accords d'Oslo . Pour Gaza , aucune amélioration ne peut s'imaginer sans l'élimination du Hamas , et la répartition d'une partie des gazaouis dans le Sinai égyptien . Ce qui correspondrait à la réalité historique de l'origine égyptienne des palestiniens arrivés d'Egypte , du Soudan entre 1920-1940 comme migrants économiques et ce qui fut aussi le cas de la moitié des arabes dit palestiniens venus d'Irak, de Syrie dans la période de renouveau économique crée par les juifs durant le Mandat Britannique . Vaste programme sans doute trop optimiste et rendu obsolète par le 7 Octobre . La rupture du sens ontologique du conflit crée par l'outrance criminelle du Hamas le 7 octobre empeche d'y consacrer un quelconque effort . Le Hamas a empoigné le flambeau de DAESH d'ou la montée aux extremes irrémédiable . L'effet miroir de l'outrance du Hamas c'est la disparition totale en Israel du " camp de la paix " , et le retour au rustique " Ein Breira " ( il n' y a pas d'alternative politique à la victoire militaire d'Israel ) donc aucune envie d'une solution à deux Etats ( qui est de fait la coexistence de trois Etats ) . Le chapitre Gaza est à mon avis une étape vers un Armageddon régional avec l'accès de l'Iran aux armes nucléaires .Ce qui réduit le chapitre de l'Irrédentisme arabe dans tout le moyen-orient à une anecdote . L 'Arabie saoudite a beaucoup à perdre dans cette spirale tout comme les USA et l'Europe.

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  5. Depuis juin 2009 les USA ont signalé par le discours d'Obama devant l'université Al Azhar que le simplisme voire le mépris de George Bush envers le monde musulman était dépassé . Il y a prise de distance avec le conflit des civilisations de Samuel Huttington . Les USA devraient continuer à s'opposer à ceux ( Bin Laden DAESH etc..) qui ont dévoyé le message de l'Islam tout en se rapprochant de la vaste majorité musulmane qui se retient " compatible " avec l' Occident sans toutefois en rejeter les valeurs de liberté de conscience, démocratie ,égalité hommes-femmes, respect des minorités etc.. En pratique , les USA reculent partout ; ils ont quitté l'Afghanistan et abandonné le gouvernement élu démocratiquement et le pays aux Talibans . Meme scenario en Syrie, ou Obama a refusé de renverser Assad et a abandonné les alliés Kurdes , déroute en Iraq , faiblesse face à l'Iran quasi-nucléaire, adoption du Qatar comme courtier , renversement de Moubarak en Egypte avec adoption des Frères Musulmans, incapacité à garantir la liberté de navigation en mer rouge , tentative de sauver le Hamas ...Gribouille les USA .Les pays dominants - Arabie Séoudite en tete - ont compris que la faiblesse américaine est profonde et ils se rapprochent du bloc Chine-Russie . Ce recul encourage aussi l'expansion stratégique de l'Iran qui est LE défi . L' affaire de Gaza qui consiste a sauver le Hamas et a confier un port " humanitaire " au Qatar est non seulement une erreur mais aussi une trahison envers les pays arabes qui ont signé les accords d'Abraham ( Emirats - Bahrein - Maroc ) avec Israel .

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  6. Mon colonel,
    Un article qui pourrait vous intéresser, même si vous avez probablement déjà lu:
    https://www.972mag.com/lavender-ai-israeli-army-gaza/

    Comment l'armée israélienne utilise une IA pour sélectionner des cibles, en fixant comme limite "15 civils tués pour un membre de base du hamas tué"

    Cela fait échos à vos estimations sur le bilan de la guerre,

    Bien à vouS,

    Simon

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  7. 7 Avril : Israel retire 3 brigades sur 4 de Gaza ; Le theatre principal passe au nord vers la Liban , la Syrie et a l'est vers l'Iran . Une escalade stratégique suite à l'élimination par un missile israélien de 7 officiers généraux au coeur de l'ambassade d'Iran à Damas. Gaza était un " apéritif ", les choses sérieuses commencent , le conflit passe au stade étatique .

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