lundi 14 octobre 2019

Autant en emporte le Levant


Le meilleur moyen de protéger un allié consiste à placer chez lui des troupes en nombre et bien visibles, puis de dire : «Nous sommes là, nous nous ne voulons pas vous combattre, mais nous n’hésiterons pas à le faire, et très violemment, si vous nous attaquez ou si vous franchissez telle ligne rouge». En 1983, lorsque nous Français avons voulu protéger le sud du Tchad d’une possible invasion libyenne, nous avons tout de suite projeté deux puis trois bataillons sur les points clés au centre du pays et un escadron de chasseurs-bombardiers à N’Djamena. Nous avons dans le même temps défini le 15e parallèle comme «ligne rouge» dont le franchissement signifierait combat. La confrontation qui a suivi avec la Libye a connu ensuite de nombreux avatars, mais le fait est que la Libye n’a jamais osé affronter directement la France et qu’elle a été vaincue sur le terrain par nos alliés tchadiens.
Bien entendu ce procédé suppose un minimum d’anticipation et de courage, en proportion inverse d’ailleurs. Plus la situation est incertaine et plus le risque d’une évolution inattendue à la suite de notre action est grand. La prise de risques est donc plus importante. Les Russes sont les champions de ce type d’opération de saisie ou de «placement». Cela a parfois échoué, comme à Cuba en 1962 où le placement d’armes nucléaires n’a pu se faire avant d’être décelé, ou a abouti à des développements imprévus comme après la prise de Kaboul en décembre 1979 et l’élimination d’Hafizullah Amin. Cela a souvent réussi, même en recevant quelques coups, comme avec le déploiement en 1970 d’une division de défense aérienne complète en Égypte le long du Nil puis du canal de Suez, en Crimée en février 2014 ou encore en septembre 2015 en Syrie, lorsque l’arrivée soudaine d’un corps expéditionnaire russe a tout de suite modifié les rapports de force locaux.
Si on n’a pas la possibilité de faire les choses vite, grâce à des bases proches ou des moyens de projection importants, on peut le faire au contraire très lentement par infiltration, une méthode assez prisée par la culture stratégique chinoise (qui ne dédaigne pas l’attaque éclair par ailleurs). Le 31 janvier 1968, les Américains découvrent stupéfaits que la ville de Hué a été prise par l’ennemi sans avoir été attaquée. L’occupation du Tibet ou la prise de possession des îles de mer de Chine relève plutôt de cette manière de faire, très Wei-Qi. On se réveille un jour, on se trouve face à un drapeau étranger et on ne peut plus rien faire.
Tout ce long préambule pour dire que lorsqu’on est la sixième puissance mondiale, qu’on se targue tous les jours de défendre son rang, ses valeurs, son siège au Conseil de sécurité, ses liens historiques que sais-je, et qu’on dépense 35 milliards d’euros chaque année pour ses armées, on doit avoir les moyens, comme en 1983, d’imposer sa volonté à un peu n’importe qui si on le veut vraiment et sans même avoir à déclencher une guerre. Autrement dit, si on avait voulu vraiment protéger les Kurdes de Syrie, on aurait pu le faire, d’autant plus facilement que l’offensive en cours de la Turquie est peut-être bien l’invasion la moins surprenante de l’Histoire. Au Tchad, on avait déployé 3000 hommes, c’est la force standard (entre 2000 et 4000) que l’on est capable de déployer et soutenir pour une opération extérieure. En Syrie, cela aurait un peu plus compliqué, un peu plus long, mais matériellement c’était possible et les choses seraient assez différentes actuellement s’il y avait des sous-groupements français à Kobane, Tal Abyad, Raqqa, Ras al-Aïn et Qamishli. Ce n’est pas que notre puissance intrinsèque fasse spécialement peur, quoique nous serions capables de faire très mal à l’armée turque et même à n’importe qui, mais il se trouve simplement que n’importe quel État hésitera à s’en prendre directement et ouvertement à une puissance comme la France.
Notons même que si on l’avait fait plus tôt, cette brigade aurait pu participer aux combats contre l’État islamique, vous savez ces salopards qui ont organisé des attaques sur notre sol et tué des centaines de Français. En novembre 2015, le Président de la République s’engageait solennellement à mettre tout en œuvre pour détruire Daesh. C’était l’occasion. Il a préféré mentir, parce qu’on n’a pas mis tout en œuvre pour détruire Daesh, loin de là. On y est allé très doucement, très prudemment selon la doctrine de «l’empreinte légère» (light footprint, dans le texte), ce qui veut dire dans le langage américain qu’on appuie les forces locales par des raids et frappes, de l’instruction et de l’équipement, mais sans engager au combat des bataillons de GIs ou de Marines. On a trouvé ça génial, on était présents, nos soldats (mais pas nos civils) ne tombaient pas ou peu au combat, et on pouvait dire aux Français que l’on faisait la guerre aux «égorgeurs». Dans les faits nous représentions environ 5 % des frappes aériennes, le cœur du sujet, et 5 % d’une «empreinte légère» ce n’est pas grand-chose. Scientifiquement, on appelle cela une «trace». Si nous avions été seuls et en admettant que rien ne change localement par ailleurs, il nous aurait fallu 117 ans pour détruire complètement Daesh au rythme des victoires revendiquées par les ministres.
Et puis combattre en Syrie quel embarras! Souvenir d’un Premier ministre expliquant que les avions français ne toucheraient que les malfaisants qui préparent des attentats en France et… aucun souvenir en fait d’un homme ou femme politique expliquant qu’il y avait des soldats français au sol en Syrie (les Forces spéciales c’est pratique, car elles justifient par elles-mêmes de ne pas en parler), comme si on avait honte.
On n’avait pas honte en revanche de s’allier avec les Kurdes et Arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS) pour qu’ils fassent le travail qu’on n’avait pas le courage politique de faire, car c’est ça l’«empreinte légère» : laisser le lourd, lent et meurtrier aux locaux, combattants et civils. En réalité, on n’a encore une fois rien décidé du tout dans cette affaire. On a fait comme les Américains, ce qui a le mérite de l’économie de réflexion. Pour la gestion des prisonniers de l’EI faits par les autres, on a fait aussi l’économie de la réflexion, n’imaginant pas une seconde que s'ils étaient laissés sur place ils pourraient ensuite être éventuellement utilisés contre nous. Dès lors qu’il s’agit de confrontations et de coups tordus entre États et/ou organisations, nous sommes d’une naïveté et d’une courte vue assez confondantes.
Nous voilà donc maintenant apparemment fort dépourvus alors que le départ des Américains, qui eux avec 2000 hommes sur place et des forces aériennes puissantes représentaient quelque chose de dissuasif, est annoncé depuis presque un an. Et de mouliner au Conseil de sécurité (vous savez le truc donc on sait qu’il ne sortira désormais plus rien de sérieux), de couper les exportations d’armement vers la Turquie (avec peut-être l’espoir que les Saoudiens compenseront) et, horreur! peut-être annuler un match de football, bref l’arsenal habituel des gesticulations destinées à masquer l’impuissance. Peut-être même qu’on enverra le porte-avions Charles de Gaulle faire des ronds dans l’eau en démonstration d’ultime énervement. Tout cela n’est pas très sérieux. On veut protéger les Kurdes et bien protégeons-les réellement! On ne veut pas le faire, et cela peut-être pour d’excellentes raisons stratégiques, et bien disons-le clairement, mais par pitié faisons de la politique courageuse.

30 commentaires:

  1. Hélas, depuis quelques temps, nos gouvernants sont des hommes politiques avant d'être des hommes d'Etat. Il font de la politique en France à coup de mesurette sans oser aller au fond de choses. Ils font de la politique à l’extérieur à coup de condamnations "sévères". Autant dire qu'ils semblent avoir perdu toutes crédibilités.
    Et Erdogan le sait d'autant mieux qu'il lui suffit de parler des migrants qui sont chez lui pour faire plier l'Europe.
    On peut même dire que ce monsieur à eut le nez long en prenant ces même migrants chez lui... il a mis l'Europe hors jeu.
    Ceci dit, la décision d'Hollande d'intervenir au Mali a eut un effet immédiat. Cela étant, cela n'était pas face à un pays en tant que tel. Ms tous n'aurait pas osé.

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  2. "il se trouve simplement que n’importe quel État hésitera à s’en prendre directement ou ouvertement à une puissance comme la France."
    Il était un peu temps que quelqu'un l'écrive nettement.

    Excellent billet, comme d'habitude, pour changer...

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    1. Cela me rappelle 1939...

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    2. Je ne suis pas sûr que nous avions seuls les moyens de soutenir 2 ou 3000 hommes en Syrie compte-tenu de l'état de nos forces et du plan de charge actuel. La France est devenue un nain militaire, même si nos soldats sont aussi efficaces que glorieux. Barkhane éprouve bien de difficultés côté Sahel, le format est notoirement insuffisant. L'appel à l'ONU, au G5 sahel, à l'Europe n'a rien arrangé (merci tout de même aux britanniques pour leurs Chinook). S'il fallait rajouter une intervention de ce type au proche-Orient intervention dont la logistique peut s'avérer plus lourde que la moyenne de nos interventions africaines, nous atteindrions très rapidement le dépassement de nos capacités actuelles. Je n'évoque pas les réactions qu'il faudrait attendre de notre représentation nationale et, bien sûr, d'une partie de l'opinion publique qui, en cette période de gilets jaunes, préfère le beurre aux canons.

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  3. excellente analyse,com dab Michel Goya ! au sol,ce ne sont pas les" mickeys" qui ont gagné la guerre contre Daech mais bien les peshmergas kurdes .. honte à la France et à l’Europe de ne pas les protéger.

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  4. C'est vrai. D'un autre côté, dire qu'on envoie 3000 hommes et des avions sauver les Kurdes contre les Turcs, faut vraiment un homme politique avec des très très coucougnettes... parce qu'en dehors de la posture, on sait très bien que, effectivement, ca va probablement remettre des tarés dans le circuit, mais que la guerre contre le terrorisme, c'est en France qu'il doit se gagner. Non ?

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  5. [daniel]
    La comparaison Libye-Turquie est boiteuse. La Libye faisait partie du clan des méchants et était plutôt faible, y compris militairement. Alors que la Turquie est dans l’Otan. Elle en est même une parie essentielle pour la défense Sud-Est. On ne peut pas dire qu’elle soit faible… Je nous vois donc mal contrecarrer activement l’agression turque contre la Syrie. Ce serait inacceptable du point de vue ‘Politiquement Correct’. Les moyens prévus par vous -du niveau Tchad- seraient absolument insuffisant. Vu l’extraordinaire agressivité du vizir d’Ankara – et le nationalisme chauffé à blanc de la population- je doute que nous aurions pu arrêter les Turcs par notre simple présence. J’en suis désolé pour les Kurdes… ( Ils est bon de signaler que l’agence officielle turque Anadolu a publié les emplacements des F.S. françaises Nord-Est de la Syrie.)
    Prenons du recul : La Turquie a été le bourreau de l’Europe dans ses confins balkaniques. Plus tard, elle l’a été de ses sujets ou ethnies à culture européenne ou chrétienne, ou déviante. Son ‘alliance’ a été toujours très coûteuse.
    Elle continue.

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  6. De 1983 à 2019, il y a deux mondes et un paradoxe : la fin de la bipolarité, des alliances solubles dans le pétrole ou l'économie et le paradoxe de Tocqueville. Votre comparaison des deux situations stratégiques et votre analyse sont limpides. Mais sans les recontextualiser, vous coupez le militaire du politique. Le stratégiste que vous êtes développe un plan brillant. Le stratège que vous avez été aurait-il apprécié un déploiement militairement imparable mais politiquement instable. À l'intérieur, le soutien populaire, la base arrière nécessaire à cette engagement serait-il là, qu'en serait-il de notre sécurité intérieure (entre Daesch et les sectateurs d'Erdogan qui serait le plus dangereux pour nous concitoyens, à l'extérieur peut on compter sur l'administration du volatile Trump, que feraient la Russie, qui verrait sûrement d'un très bon oeilune rupture profonde et definitive entre la Turquie et l'Europe, quel serait la réaction de l'Allemagne, que deviendrait l'O.t.a.n avec un conflit entre deux de ses Etats membres...
    Je me répète, votre analyse strategique est brillante, mais politiquement un peu orientée peut-être. Pour plagier Audiard dit pas Lino Ventura, "Je ne critique pas le côté stratégique (farce dans l'original). Mais pour le fair-play (politique n.d.a) y aurait quand même à dire."
    Très respectueusement
    D.P.M.

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  7. Le problème est que la diplomatie française est acquise aux thèses néoconservatrices étasuniennes de changement de régime par conséquent la priorité des gouvernements français par la chute de Bachar en Assad. Ils ont soutenu des forces islamistes, Fabius disait qu'Al Nosra avait fait du bon boulot !

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    1. Quand on s'assoit entre deux chaises, faut pas s'étonner au final de se retrouver le cul par terre.

      Merci Mr,
      enfin un rappel salutaire car honnête.

      Oui, nos politiques ont fait une très très sale politique.
      Oui, nos politiques ont soutenu des saloperies en jouant d'un double discours.
      Cela n'était pas dans l’intérêt de la France, et encore moins des français.

      Petit rappel pour ceux qui subiraient une défaillance mnémonique. En son temps,
      Mr Hollande nous certifia qu'en Syrie, la France se bornerait à l'envoi de matériel, sans y inclure d'armes et encore moins des militaires des forces spéciales !
      Sans compter que nous avons laissé crever les chrétiens assyriens...

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  8. Le soutien de la population serait sans nul doute là.

    On a quand même eu des centaines de morts et milliers de blesses suite aux actions qui se sont tramées là bas.
    Suite au Bataclan/terrasses, quasiment n'importe qui en IDF avait un proche, proche d'un proche ou ami touche.

    La réaction d'une partie de la population d'origine turque sera a n'en pas douter un problème. Ce serait l'occasion de faire le tri et renvoyer tous les binationaux.
    Ces gens sont un problème récurrent qui se pose ailleurs en Europe, a commencer par l'Allemagne.

    On a mis des moyens sur Sentinelle pour faire un travail d'auxiliaire de Police ici en participant a minima a taper au cœur de l'organisation la-bas.

    Je pense que tout le monde se rends compte du problème et la capacité de nuisance a été encore illustrée récemment au cœur même de l'antiterrorisme.

    Il serait temps, nous aussi, de frapper... au cœur. Erdogan est un islamiste, il a participé a créer le problème et achève de se révéler en permettant actuellement sa résurgence. La Turquie est certes (toujours) dans l'OTAN et se retrouver en face ne sera pas sans conséquence, mais un ennemi est un ennemi, ce qui sur l'échelle des priorités devrait être assez évident à gérer. Y compris pour un type censé être en charge et dont la maturité (aussi illustrée par ses petites phrases et actions inutilement provocatrices, qui lui ont valu une mini-révolution jaune) lui a fait plus rechercher une mère qu'une femme: Sans doute faudrait-il la décider elle?

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  9. . "La confrontation qui a suivi avec la Libye a connu ensuite de nombreux avatars, mais le fait que la Libye n’a jamais osé affronter directement la France et qu’elle a été vaincue sur le terrain par nos alliés tchadiens." Il faudrait : [...] mais le fait EST que la Libye [...].
    ."Cela a parfois échoué, comme à Cuba en 1962 où le placement d’armes nucléaires n’a pu se faire avant d’être décelé, ou abouti à des développements imprévus...". Il faudrait : [...] ou A abouti à....
    . "Ce n’est pas que notre puissance intrinsèque fasse spécialement peur, même on serait capable de faire très mal à l’armée turque et même à n’importe qui, mais il se trouve simplement que n’importe quel État hésitera à s’en prendre directement et ouvertement à une puissance comme la France." Il faudrait plutôt : [...] quoique nous serions en mesure de faire très mal à l'armée turque et même à n'importe quelle armée
    . "la 6e puissance mondiale". Meilleur : sixième.
    . "Daesh". Meilleur : Daech.
    . "mais sans engager au combat de bataillons de GIs ou de Marines.' Il faudrait : des bataillons...
    . "Pour la gestion des prisonniers de l’EI faits par les autres, on a fait aussi l’économie de la réflexion, n’imaginant pas une seconde qu’en les laissant sur place on pouvait les utiliser éventuellement contre nous." Meilleur : que s'ils étaient laissés sur place ils pourraient ensuite être éventuellement utilisés contre nous.

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  10. Merci pour cet article, mais je perçois la situation bien pire. Quand on ne peut agir contre plus puissant que soi, on s'en prend aux alliés faibles et indécis. La France est l'une et l'autre. Ce sont nos troupes qui seront les mires, puis notre territoire.

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  11. Zbigniew Brzeziński, l’ancien conseiller d’État à la sécurité nationale sous Carter avait pour habitude de dire que les relations internationales tiennent plus du free-jazz que la symphonie orchestrale.

    C’est exactement ce que nous voyons à l’heure de la reconfiguration des vieilles alliances post-1945 : l’apparition de nombreux porte-à-faux.

    - Les Européens ont besoin de la Turquie pour bloquer le flot des refugiés et les Turques avec une économie au bord de la récession ne peuvent se permettre une crise commerciale avec l’UE.

    - L’OTAN (comprendre les États-Unis) a besoin des bases et des installations radars en Turquie pour verrouiller son flanc sud-est, et les Européens dépendent de l’OTAN pour leur sécurité ce qui les empêchent d’hausser trop le ton vis-à-vis d’Ankara.

    - La Turquie achète maintenant des systèmes d’armes sophistiqués à la Russie, ce qui nécessite un « SAV » permanent, tout en se retrouvant confrontée aux positions russes sur le terrain Syrien.

    - Les intérêts de la France (via Total) sont en opposition avec ceux de la Turquie concernant la « nouvelle Mer du Nord », à savoir le gigantesque champ gazier chypriote et on peut supposer que cette question est bien plus prioritaire pour Paris que celle des Kurdes.

    - Avec une communauté turque de 2,7 millions, une crise Turquie-UE relèverait du domaine de la politique intérieure pour l’Allemagne. Là également on peut supposer que les kurdes ne seraient pas prioritaires pour Berlin.

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  12. Merci pour ce papier très intéressant. En tant que non expert, et en restant dans le domaine militaire et non politique, j'ai une question : Comment expliquer la déroute rapide des forces YPG ? Forces qui ont éliminé Daesh sur le terrain. Forces qui possédaient jusqu'à présent (via reportages dans les médias), une image de groupe structuré, bien commandé, composé de combattant(e)s aguerri(e)s... La simple maîtrise des airs peut elle expliquer une telle déroute ? Doit-on conclure qu'un "strong and not light footprint" de forces coalisées réellement engagées sur le terrain aurait permis de venir à bout de Daesh beaucoup, beaucoup plus rapidement que via supplétifs YPG ?

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    1. Il me semble qu'ils ont justement retirés leurs éléments lourds dans la zone. Voir l'article :

      https://lesakerfrancophone.fr/le-gouvernement-syrien-reprend-le-controle-de-la-partie-nord-est-du-pays

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    2. En effet sans appui aérien les YPG ne sont bons à rien, surtout en terrain ouvert comme au nord de la Syrie. Source : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/16/97001-20190216FILWWW00101-syrie-le-chef-des-artilleurs-francais-critique-les-operations-contre-daech.php

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    3. Les YPG ne combattent pas aux villes frontalières, majoritairement arabes, ce n'est donc pas une question de valeur militaire, d'ailleurs à Séré Kaniyé/Ras Al Ayn, ville plutôt Kurde, les YPG s'accrochent, tandis qu'ils ont évacué Tal Abyad, majoritairement arabe.

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  13. Toute honte bue nous livrons des armes - notamment du "lourd" - à l'Arabie Saoudite pour sa guerre au Yemen, et nous avons le culot de dire que c'est uniquement pour son auto-défense. Alors pourquoi n'avons pas livrés et livrons pas des armes à nous alliés Kurdes, exemple : missiles Mistral dont on avons des stocks qui nous serviront quasi jamais, Milan et voir nous nouveaux canons mobiles de 155 mm ?.... En plus de nos FS déjà présentent, nous pourrions leur expédier quelque centaines d'instructeurs pour ces matériels. Tout cela est dans nos moyens, et cela demande seulement de la volonté politique !.....

    Soit notre gouvernement est lâche et fait de la trahison de ses alliés sa règle, ou alors quoiqu'il en dise il ne fait que se plier aux humeurs de Trump. Après cela E. Macron ose se référer à de Gaulle !.....

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  14. Un petit point légal tout de même : la Syrie reste un pays souverain, qui ne souhaite pas notre présence, là où le Tchad avait demandé notre aide. Difficile donc d'afficher un déploiement lourd de forces conventionnelles. Par ailleurs, l'AdT n'a actuellement pas les moyens de soutenir ne serait-ce que 2000 hommes en plus dans la durée.

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    1. merci de ce rappel. Vu l'action de la France dans la crise syrienne, je doute de sa crédibilité et de sa légitimité à agir.

      Les Kurdes n'ont qu'à négocier avec l'armée syrienne comme les russes l'ont déjà recommandé. L'armée syrienne est la seule légitime dans la zone pour s'opposer aux Turcs.

      je doute que la France en ait les moyens, ni que ce soit dans son intérêt. Si un F16 turc abat un rafale français, que fait-on ?

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  15. La France est 10ème puissance mondiale, et non 6ème comme indiqué dans l'article. Source : https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_GDP_(PPP)

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    1. Vous confondez le PIB et le PIB PPA. La liste que vous montrez est celle du PIB PPA (parité de pouvoir d'achat, -PPP : purchase power parity-).
      Le PIB PPA a un sens quand on veut comparer le niveau de vie des populations, à l'échelle individuelle.
      A l'échelle des états, les dépenses ont un en en PIB brut.

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  16. Comme les Kurdes nous ne sommes que des supplétifs au Moyen Orient.Supplétifs d'une puissance américaine qui ne craint pas les terroristes issus de Daesh protégée qu'elle est par son éloignement ,de vrais contrôles aux frontières et une population musulmane bien moindre qu'en France et qui se tient à carreau. Quant au flanc sud est de l'Otan ne restons pas sur les options guerre froide.La Russie est-elle vraiment l'ennemi de la France comparée au régime Frére Musulman d'Erdogan?A la différence des Etats Unis Moscou a une inquiétude certaine vis à vis de l'islam et sait prendre des mesures(cf Tchétchénie et appui à Assad cible depuis longtemps des isla mistes).Laissons Moscou,Téhéran et Damas contrer le rêve ottoman d'Erdogan.Si un pays comme le nôtre a peur de 500 Daeshiens il n'est qu'une puissance en carton.Qu'ils essaient de venir ces fameux terroristes.Si nous ne sommes pas capables de les stopper nous mériterons alors de compter nos morts ce qui provoquera peut-être la véritable réaction à avoir: contraindre l'islam à faire profil et voile très bas sur notre territoire quoi qu'en pensent les idiots utiles qui croient que les mosquées sont des maisons de tolérance.

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  17. J'ai failli louper cet article ! Je l'aurai regretté ...
    Juste un " point de détail " mon colonel ! Au Tchad la présence de l'armée Française était souhaitée - du moins officiellement - par les autorités légales du pays* , ce qui n'est certainement pas le cas à l'heure actuelle en Syrie . Les seuls états autorisés à y déployer des forces armées par ce qu'il est convenu d'appeler le " droit international" ce sont - horresco referens - la Fédération de Russie et la République Islamique d' Iran . Pour la bonne et simple raison que ce sont les deux seuls à y avoir été invités de manière officielle par les autorité légitimes ...
    Car , ne vous en déplaise , les autorités légitimes du pays c'est le " régime "©™
    Ce " régime "©™ est le successeur légal d'un autre " régime "©™ qui a conclu en 1998 un accord avec la Turquie lui permettant d'intervenir dans une zone de 5 kms à l'intérieur du territoire Syrien figurez-vous . Cet accord a été signé dans la ville d'Adana et c'est pour cette raison qu'un petit plaisantin les a appelés …." Les accords d'Adana " Même M. Vladimir Poutine le grand pote à Bachar les considérait il y a quelques mois comme " parfaitement légal " , cad qu'il considérait " légal " une intervention Turque dans le Nord de la Syrie . Notion bourgeoise du droit international ...
    Sur quelle base légale comptez-vous donc faire la guerre à la Turquie ou déployer 2000 à 3000 hommes en territoire Syrien ?
    Mais je suppose que pour la " 5 éme ou 6 éme puissance du monde " , un accord signé entre deux états " de seconde zone " ou " jouant dans la deuxième division mondiale " voir en " division d'honneur " c'est peau de balle ??? Hein ?
    J'ai la plus profonde aversion , c'est même viscéral et physique je l'avoue , pour cet Islamogauchiste immigrationniste anti-Catholique qu'est M.Mélenchon mais au regard du " droit international" que de belles âmes ne cessent de mettre en avant ces derniers jours c'est le seul qui a twitté quelque chose de censé sur ce dossier depuis une semaine .
    Enfin pour un peu de réalisme , voir de cynisme , je conseille à tous cet excellent article du éFPi - Foreign Policy - gracieusement accessible sans abonnement depuis une semaine . Il renvoie de là où ils n'auraient jamais du sortir , des poubelles de l'histoire , les mythes de " nos alliés " ou de " notre devoir " . Pas plus que nous les Français nous n'avons un quelconque magistère moral au " Levant " , les Etasuniens y ont usé et trahi les Kurdes qu'à l'aune de leurs intérêts . Cela concerne particulièrement les Kurdes Irakiens qui ne sont devenus des alliés à partir de 1973 que dans la mesure où Saddam Hussein a scellé une alliance avec l' URSS (et avec ... La France ) .
    Le pire c'est que la France livrait alors des armes aux bourreaux des Kurdes dont elle se découvre aujourd'hui la protectrice tutélaire . Vous vous souvenez de l' " ami personnel" de feu Jacquou Chirac ? C'est pas par ce qu'il commence à pourrir qu'il faut oublier sa carrière !
    The Secret Origins of the U.S.-Kurdish Relationship Explain Today’s Disaster
    The seeds of Washington’s abandonment of the Kurds traces back to a classified document written in the 1970s by Henry Kissinger.

    * C'est du moins ce qu'affirme ma collec' de Paris-Match qui entre 1969 et 1984 n'a pas cessé de faire de la retape pur la présence Française au Tchad
    Daniel BESSON

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  18. Bref nous sommes entre le "armons nous et partez !" et "courage, fuyons !"
    Ajoutons y
    - N'écoutant que son courage, qui ne lui disait rien, il trouva urgent de ne pas intervenir (Jules Renard)
    - Je ne connais pas de problème qui résiste à l'opiniâtre volonté de ne pas s'en occuper (Président du Conseil Queille)

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  19. Bonjour, Je ne résiste pas à la tentation de rappeler in extenso la célèbre formule, hélas d'actualité, dont nous a gratifiée le président du Conseil Henri Queuille : " Il n'est pas de problème dont l'absence de solution ne finisse par venir à bout ". Bon week-end.

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  20. "Politique courageuse" : n'est-ce pas, par les temps qui courent, ce qu'on appelle un oxymore ? Ceci dit, pensez-vous réellement que la France des gilets jaunes soit vraiment en mesure de prendre ce genre de décision ?

    Au fait, quand notre gouvernement fustige l'abandon des Kurdes, où en est-il des visas pour les afgans qui ont aidé l'armée française ?

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  21. I am sophie from Canada, I once suffered from a terrible and Chronic tinnitus ,in 2016, the doctor told me it has no permanent cure i was given medications to slow down its progress, i constantly felt my health was deteriorating as i constantly go out of breath,and this noise was really terrible especially when am sleeping, i have this constant ringing in my ears for about 8 months, this was really a terrible noise ,on thin one day that i was going through the internet,and i came across a post of Mrs Kate on how she  was been cured from tinnitus through dr Williams herbal product, I contacted this herbal doctor via his email and explain everything to him and make purchase of his product,few days later he sent me the herbal medicine through courier service, when i received the herbal medicine i used it for 3 weeks as prescribed and i was totally cured of tinnitus within those week of usage,on thin now i have not hear anything ringing in my ears.if you need his help you can Contact this herbal doctor via his email drwilliams098675@gmail.com for help

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  22. Bonjour, je suis globalement d'accord avec votre analyse. Un bémol toutefois, la France est engagée en Afrique surtout et très légèrement dans les pays Baltes (la politique du placement comme vous l'expliquez), je ne suis pas sûr que nous ayons les moyens d'engager sérieusement un troisième front. C'est surtout ça qui est triste, ne pas pouvoir engager trois brigades en même temps quand on s'appelle la France et qu'on a le passé militaire et la puissance économique qu'est la nôtre.

    PE

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