lundi 12 février 2018

Les légions dangereuses


La politique d’Israël vis-à-vis du conflit syrien est d'une grande cohérence car elle est ambiguë. On ne peut guère soupçonner l’Etat hébreu d’amitié particulière pour le régime de Damas et on imagine mal des députés de la Knesset venir se compromettre avec Bachar al-Assad. Pour autant, la situation politique en Syrie d’avant 2011 avait au moins le mérite de la clarté et la ligne de cessez-le-feu le long du plateau du Golan était la limite d’Israël la plus calme. Le déclenchement de l’insurrection a troublé ce paysage. On y passait en effet de la certitude de la malfaisance à un spectre très large où la probabilité d’un autre mal, des Frères musulmans au pouvoir jusqu’à l’implantation dans le pays d’organisations jihadistes, paraissait plus forte que celle d’une démocratie apaisée et favorable. Dans le même temps, il est rapidement apparu que la victoire d’Assad passait par l’intervention et la présence d’autres ennemis, jugés, à tort ou à raison, peut-être encore plus dangereux pour Israël : l’Iran et son allié le Hezbollah.

Entre toutes ces évolutions plutôt déplaisantes et loin des engagements verbaux sans volonté d’agir des Occidentaux (sinon par des intermédiaires plus faibles que fiables), Israël est resté dans l’expectative mais prêt à frapper.  Pour paraphraser Péguy, peu importait à Israël que l’on sache que ses mains étaient pures, pourvu que l’on sache qu’il avait des mains. Plus précisément, Tel Aviv a rapidement fait comprendre par déclarations, messages discrets ou par des actes qu’il ne tolérerait pas la mise en place en Syrie d’une force à la fois ouvertement hostile et susceptible de frapper son propre territoire.

Dans l’état actuel des structures militaires de la région, une force capable de faire mal à Israël, c’est surtout une organisation capable de frapper les ports ou l’intérieur du pays avec des projectiles, roquettes, missiles voire des drones, suffisamment nombreux, précis et puissants pour franchir le réseau de défense antiaérien « multicouches » le plus dense du monde. C’est aussi éventuellement, et dans une moindre mesure, la possibilité d’effectuer des raids au sol par une infanterie suffisamment furtive et légère pour franchir les barrières de défense. Tout le reste, comme les colonnes blindées du Hezbollah qui paradaient à al-Qousayr en novembre dernier, est trop lourd, trop visible, pour échapper à la puissance de renseignement, de feu, éventuellement de choc, de Tsahal, du moins tant qu’il dispose de la suprématie aérienne.

Dans la vision israélienne, hostile signifie clairement la « coalition iranienne » en Syrie avec l’organisation Qods des Gardiens de la Révolution islamique (GRI), les milices chiites étrangères, surtout afghanes et irakiennes, et en premier lieu le Hezbollah, présent depuis cinq ans en Syrie avec 5 à 8 000 hommes. Fer de lance de presque toutes les opérations du camp loyaliste, l’infanterie du Hezbollah est sans doute la meilleure du monde arabe. Surtout, l’organisation dispose d’une force de frappes à distance de six à dix fois plus volumineuse que lors de la guerre de 2006 et avec des engins plus sophistiqués qu’à l’époque. Cette force peut déjà frapper depuis le Liban mais avec le risque, comme en 2006, que les actions israéliennes en retour non seulement fassent du mal à l’organisation mais touchent aussi collatéralement la population libanaise. La dissuasion réciproque, avec ses dégâts mutuels assurés, fonctionne donc bien le long de la frontière libanaise même s’il s’agit d’une dissuasion instable. Une force de frappes de même type placée en Syrie n’engendrerait pas les mêmes risques car les réponses israéliennes ne toucheraient éventuellement « que » la population syrienne, malheureuse peut-être mais étrangère. Autrement dit, pour les GRI ou le Hezbollah il sera plus facile d’utiliser de telles armes depuis la Syrie que depuis le Liban. On peut même imaginer l’emploi d’une « organisation masque » qui agisse à la place du Hezbollah afin de déconnecter encore plus le Liban de cette affaire. D’un point de vue opérationnel, les lanceurs à plus longue portée peuvent être utilisés depuis de nombreux emplacements en Syrie, la montagne Qalamoun par exemple. Les projectiles à courte et moyenne portée, de loin les plus nombreux, nécessitent en revanche d’être tirés près du territoire israélien. C’est là que la zone limitrophe du plateau du Golan prend une importance stratégique particulière.

Pour empêcher la mise en place de cette force hostile, plusieurs modes d’action étaient possibles. Il a été décidé de n’agir, au moins dans un premier temps, que dans une « boite stratégique » réduite selon la méthode que l’on peut qualifier du « rhéostat ». Des lignes rouges précises sont établies- franchissement de la frontière et de l’espace aérien israéliens, construction de bases ou d’ateliers de construction, mise en place d’armes sophistiquées, ravitaillement du Hezbollah, présence près du Golan-dont le franchissement (décelé) suscite immédiatement un raid de destruction. Profitant de l’incapacité des forces locales à les empêcher, plus d’une centaine de raids ont été ainsi lancés depuis l’arrivée de la « coalition chiite » fin 2012. Dans cette petite guerre, les paramètres de la boite stratégique, espace, publicité et niveau d'emploi de la force, sont restés minimaux. Ils ont été respectés également par l'ennemi sauf en janvier 2015 avec l’attaque d'une patrouille israélienne le long de la frontière libanaise en riposte à une frappe aérienne contre une « présence décelée » du Hezbollah  près de Qouneitra, sur le Golan.  

Cette stratégie d’endiguement a plutôt bien fonctionné pendant plusieurs années. Il est vrai aussi que la « coalition iranienne » était surtout occupée à combattre une rébellion sunnite qui avait tendance à prendre le dessus en particulier en 2015. D’un point du vue israélien, s’il était impossible de prédire ce que donnerait une victoire rebelle, on pouvait au moins en espérer le départ des Iraniens et du Hezbollah.

L’intervention russe en septembre 2015 a changé la donne. Dans l’immédiat, le corps expéditionnaire russe disposait des moyens d’entraver la liberté d’action de l’aviation israélienne. La Russie, qui a établi des contacts permanents avec Israël, a cependant décidé de ne pas le faire et de fermer les yeux sur les raids israéliens. Elle s’est placé ainsi en porte-à-faux par rapport à ses alliés mais a conservé un instrument de pression sur tous les acteurs. Israël a pu ainsi maintenir sa campagne aérienne fragmentaire et à bas bruit. A plus long terme cependant, l’intervention russe a aussi renversé la tendance stratégique. Le camp loyaliste, qui reculait en 2015, a repris le dessus. Cela a permis aux « Iraniens » de s’étendre sur le territoire et dans un premier temps d’aborder les frontières jordanienne et irakienne et donc possiblement de former un corridor d’approvisionnement depuis l’Iran. En 2017, la nouvelle politique américaine, hostile à l’Iran et ses alliés, aurait pu changer à nouveau la donne dans le sens cette fois des intérêts israéliens. Ce ne fut que partiellement le cas. En soutenant les Forces démocratiques syriennes, force commune arabe et kurde, il a été possible de contrôler une grande partie de l’Euphrate et de l’Est syrien et d’entraver la constitution du corridor iranien. D’un autre côté, les Américains ont cessé d’aider le Front Sud, la coalition rebelle qui tient la majeure partie de la zone contiguë au plateau du Golan.

Le plateau était au départ lui-même une zone tampon. Depuis l’accord 1974, il s’est y ajouté une ligne de séparation surveillée par une force des Nations-Unis et large de quelques kilomètres. Avec la guerre, cette nouvelle zone tampon est devenue un refuge des milliers de civils en fuite. Au nord de cette ligne la région druze de Khader est loyale à Assad à l’exception de la petite poche de Beit Jinn tenue par la coalition jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), au sud le groupe Jaysh Khalid ibn al-Walid affilié à l’Etat islamique tient une petite zone de 200 km2 entre le Golan et la frontière jordanienne. Entre les deux, et à l'exception la route entre Damas et Deraa, la région est tenue par le Front Sud. A l’exclusion des deux petites poches jihadistes, toute la région a été inclue dans la liste des zones dites « de désescalade », c’est-à-dire gelée et entourée d’une ligne de surveillance. La situation y est donc suspendue.

Depuis la fin de 2017, la stratégie de l’endiguement est mise sous tension par la liberté d’action et la confiance nouvelle du régime d’Assad et de l’Iran. Le 9 février dernier, les GRI ont franchi ouvertement une ligne rouge avec l’envoi d’un drone au-dessus du Golan, prélude peut-être à une embuscade anti-aérienne. Dans l’action de riposte qui a suivi et pour la première fois depuis 1982, un appareil israélien a été détruit par la défense anti-aérienne syrienne, événement suffisamment rare pour être présentée comme une victoire. Israël a été obligé de compenser en organisant avec succès un important raid de représailles qui, en détruisant une part importante du système anti-aérien syrien, sortait de la boite stratégique par son ampleur inédite et sa publicité. 

Les deux adversaires peuvent décider désormais de revenir prudemment à la situation antérieure de guerre larvée. Ils peuvent décider aussi, et il suffit qu’un seul le fasse, d’élargir la boite en se lançant dans une guerre d’usure, à la manière de l’affrontement israélo-égyptien de 1967 à 1970. Cette guerre d’usure peut aussi rester limitée au territoire syrien ou s’étendre au moins au Liban, rester au stade d’attaques ponctuelles ou déboucher sur une double campagne de bombardements. Tout est possible mais rien n'est probable, car il existe malgré tout deux éléments modérateurs : le premier est que justement par dissuasion mutuelle personne ne veut d’affrontement généralisé, le second est la Russie qui dispose de la capacité de changer la situation, en décidant de ne plus fermer les yeux par exemple sur les raids israéliens. Pour des raisons opérationnelles autant que diplomatique, Israël a tout intérêt à ce que la Russie reste dans son rôle de médiateur.

A terme, se posera aussi la question de la zone limitrophe du Golan. La reprise de contrôle de la région par le régime de Damas n’est pas encore d’actualité mais elle peut le devenir rapidement et il sera difficile de l’empêcher. Cette opération de reconquête peut prendre plusieurs configurations, suivant la présence ou non, du corps expéditionnaire russe, des GRI ou du Hezbollah eux-mêmes plus ou moins dissimulés. S’y opposer directement par une campagne aérienne serait, une nouvelle fois, élargir le conflit avec tous les risques inhérents. Une autre solution, non exclusive, consisterait à renforcer le Front Sud et d’en faire une force de procuration israélienne à la manière de l’ancienne Armée du Liban sud. Ce renforcement peut se faire directement, par le biais notamment de l’« unité de liaison syrienne », une structure israélienne agissant officiellement pour fournir de l’aide humanitaire le long de la zone de séparation ou avec l’aide des pays arabes, désormais alliés discrets d’Israël. Cette force pourrait soit résister au régime, avec un appui plus ou moins fort de Tsahal, soit négocier avec lui la sous-traitance de la sécurité dans la région en échange de la reconnaissance de son autorité. Là encore la médiation russe sera sans doute indispensable.

Dans cette nouvelle phase du conflit syrien, les incertitudes sont nombreuses et elles ne concernent pas seulement Israël. Jusqu’à présent, tous les acteurs, également rationnels, ont contenu leur affrontement dans un cadre « sous le seuil » d’un affrontement généralisé. Il est très probable qu’il en sera encore ainsi pendant longtemps au moins jusqu’à une nouvelle rupture stratégique, que personne ne peut prévoir actuellement.

19 commentaires:

  1. Logique de cliquet néanmoins (pas de retour à une position ex-ante) ? D'une part, effet symbolique (1er avion abattu depuis 1982) pour 'démontrer' que l'IAF n'est pas invulnérable, d'autre part, 50% défenses AA syriennes au tapis. La limite, c'est les russes au sol. Mais entre ça et cette nouvelle situation, n'y a-t-il pas un nouvel 'espace' ? Et pour en faire quoi ?

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  2. Bonjour,
    tout d'abord merci pour cet article très détaillé...

    avec votre permission, je me permets quelques suggestions syntaxiques:

    " les colonnes blindées du Hezbollah qui paradaient al-Qousayr" => à Al-Qousayr?

    "Une force de frappes de même type placée en Syrie n’engendrerait pas les mêmes risques car les réponses israéliennes ne toucheraient éventuellement « que » la population syrienne, malheureuse peut-être mais étrangère. Autrement dit, GRI ou Hezbollah, ont plus de risques d’utiliser de telles armes depuis la Syrie que depuis le Liban."
    => vous avez deux fois le terme "risque" à la suite, avec un sens légèrement différent: peut-être que la deuxième occurrence pourrait être remplacée par "incitation à utiliser"? Le lecteur distrait vous en remerciera sans doute...

    "l’attaque du patrouille israélienne"=> l'attaque d'une patrouille?

    Merci encore pour vos textes, toujours intéressant, et accessibles -ce n'est pas du tout mon domaine de compétence- N'hésitez pas à supprimer ce message après lecture

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  3. Bonjour,

    Très bon article, merci !

    Un détail cependant : les combattants sur la rive est de l'Euphrate dans la région de Deir Ezzor ne sont pas kurdes.

    Wufei Lang

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    1. Merci. En même temps, ce n'est pas ce que j'ai dit. Je précise quand même.

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    2. C'est exact, j'ai mal lu.

      Pour préciser mon commentaire et compléter l'anonyme qui a laissé un commentaire ci-dessous : et pas un mot sur la manière dont a été prise cette région par les SDF, ni par qui. Et c'est dommage : c'est peut-être là une clé de compréhension majeure du conflit.

      Wufei Lang

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  4. Ah:
    pas un mot sur les champs gaziers et pétrolifères dans la partie du Kurdistan
    pas un mot sur la sécheresse qui sévi dans ce coin du proche orient et qui coïncide tout à fait par hasard avec le début des hostilités en Syrie.
    Pas un mot sur l'asséchement du Jourdain, du lac de Tibériade, de la mer morte .
    Pas un mot de l'apport de l'eau douce qui ne pourrait que provenir de l'Euphrate.
    Pa un mot du bloc 9 ( gaz et pétrole) en méditerranée , convoité par Israël alors qu'il se trouve en territoire Libanais . Conflit à venir entre ces deux pays )
    Pas un mot sur l'eau convoité du fleuve LITANIE .
    Pas un mot du tracé gazier et pétrolier Israélien ( sur lequel se raccrocherait l' Arabie Saoudite) et qui devait dans le temps passer par l'est de la Syrie, la Turquie, la Grèce, l'Italie et enfin arriver pour inonder l'Europe . Parcours terrestre abandonné , ASSAD étant toujours là , et la Turquie ne voulant pas abandonner une partie de son territoire aux Kurdes .
    Donc finalement ce tracé sera sous marin et passera par la mer à proximité de Nicosie .

    que de non dit, que de silence sur ce conflit

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    1. Je ne parle pas non-plus des ratons-laveurs.

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  5. Clair, net, et précis. Un plaisir à lire.

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  6. Vous avez un point de vue très orienté militaire et de l'OTAN dans votre discours
    Concernant l'avion israelien, il ne vous est pas venu à l'idée que les Russes ayant perdu un avion+son pilote qq semaines auparavant (via manpads) ont autorisé la rétorsion (ils devaient savoir donc d'où provenait le manpad). C'est la loi du talion inversée
    Sur les zones "tampon", il ne vous est pas venu à l'idée qu'elles étaient une tentative d'extension de l'espace vital israelien et que les jihadistes sont plus proches des israeliens que des palestiniens pourtant sunnites de l'Oumma ?
    Vous devriez revisionner la vidéo de Roland Dumas à propos des velléités anglo_saxonnes de déstabiliser la Syrie bien avant la pseudo guerre civile. Vous y verrez un exemple parfait de déstabilisation illicite (ou complot) d'un pays souverain par des pays dits démocratiques. Je vous rappelle que 400 000 morts ça fait beaucoup.
    Bref, vous êtes un gradé opérationnel très efficace mais qui se bride volontairement de prise de hauteur géopolitique (pourtant accessible à un lycéen)
    Dans cette histoire syrienne, les agresseurs sont les américains et les anglais avec comme supplétifs, les français, les israeliens, les jordaniens, saoudiens et turques (qui ont modéré leur vision après le coup d'Etat raté par on ne sait qui...).
    Tout ceci se fait en contradiction avec les règles élémentaires du droit international dont nous sommes supposés être les principaux sponsors... L'occident est en train de perdre pied dans cette histoire pour des buts de guerre qui me semblent incompréhensibles car l'histoire du pipeline est bidon.
    Où est l'interet de la France là dedans ? Rammasser les miettes, vendre qq rafales, quel interêt ?

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    1. Je ne suis plus lycéen depuis longtemps, c'est peut-être pourquoi j'évite d'écrire des commentaires de niveau seconde.

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    2. Merci d'avoir pris la peine de répondre même sarcastiquement. J'estime que vous avez une aversion avec certaines vérités dérangeantes, d'ailleurs je peux le comprendre car c'est toujours délicat de s'exposer. Heureusement, le site CF2R se "mouille" plus.

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    3. @charles la gaulle.

      histoire du pipeline bidon?????

      vous devriez un peu plus vous informer y compris dans les médias israéliens ,
      et vous pourrez peut être passer le bac

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    4. Vous avez dû le passer récemment...
      Je vous invite à prendre une carte du MO et de tracer un pipeline du Qatar à la côte méditerranéenne ou la Turquie. Vous verrez qu'on peut passer aisément par l'Irak, la Jordanie, Israel, L'Arabie Saoudite, l'Egypte. Bref la Syrie n'est pas incontournable. Cette histoire de gaz qatarie a certes été un élément d'un tout mais pas le plus important.
      Le tropisme américain étant très israélo-centré, cette guerre n'a d’intérêt que pour sécuriser ce pays, les autres ont tous à y perdre et y ont perdu (Syrie, Irak, Turquie, Liban, Iran, Russie)
      Je pose donc la question, en quoi les interêts vitaux de la France sont en jeu en Syrie, je ne vois pas, merci de m'éclairer le bachelier.

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    5. @Charles La gaulle
      Etes vous sûr au moins d'être allé jusqu'en " mat sup" je précise : Maternelle supérieure"

      Effectivement si la Syrie n'est pas incontournable ……En passant par l'ile de chypre comme le prévoit le plan B ) et ce qui est précisé.

      Parcours maritime (beaucoup plus onéreux) et non terrestre comme il était prévu initialement (le coup d’Etat contre la Turquie ayant échoué).

      Même un gamin de 1 an 1/2 saurait que pour atteindre l'Europe (désir de NETANYAHOU) , vouloir passer par l'Irak , la Jordanie , Israel, l'Arabie saoudite, l'Egypte cela fait un long chemin et surtout en sens contraire de la direction de l’ Italie, pour enfin déverser les hydrocarbures Israéliens sur toute l'Europe . Ce qui contrecarrera les ambitions Russes .

      Peut être le pétrole et gaz moins cher pour la France.

      Surtout chantage Israelien en moins

      Je sais bien que tous les chemins mènent à ROME mais quand même l'addition risque d'être un peu salée. Car après l’Egypte, passer par où. Nos pétroliers ne sont pas des mécènes et ne vont pas donner leurs produits à l’Afrique .

      Pour les Hydrocarbures :
      Les contrats gaziers israéliens forment d'étranges alliances

      Dans les prochaines années, les ressources en gaz naturel récemment exploitées par Israël sont appelès à devenir une part essentielle de son économie, augmentant son PIB et donnant un nouvel éclairage à sa politique étrangère, passant en effet d'une alliance de la Méditerranée orientale avec Chypre et la Grèce à de nouveaux accords gaziers avec l'Egypte et la Jordanie.

      Les découvertes de gaz sont en passe de peser lourdement sur la politique étrangère et militaire israéliennes, en particulier par rapport au Liban, qui conteste à Israël la propriété du champ de gaz de Tamar 1 au nord du pays. La marine israélienne est sur le pied de guerre, prête si besoin à intervenir pour protéger les installations, et les médias israéliens ont souvent suggéré que les plates-formes constitueraient une cible de choix pour le Hezbollah, entre autres organisations paramilitaires.

      Les alliances avec la Grèce et la Turquie, les protestations du Liban et le potentiel stratégique de ces réserves de gaz pour l'avenir de l'indépendance énergétique d'Israël correspondent à ces deux critères, d'autant plus que la suppression du monopole pourrait compromettre les contrats existant entre les deux partenaires, l'Egypte et la Jordanie.


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    6. SUITE LE KURDISTAN

      « Les Kurdes sont profondément solidaires d’Israël et un Kurdistan indépendant sera bénéfique à l’Etat juif », a estimé le journaliste kurde Ayoub Nouri. Il précise qu’à « l’heure actuelle, Israël est un pays confronté à de nombreux conflits, mais avec la présence d’un Etat kurde indépendant,
      Israël bénéficiera de la présence d’un ami et d’un allié sincère dans la région, et le Kurdistan pourra servir de zone tampon face à la Turquie, l’Iran et l’Irak. »


      Rappelons qu’Israël et les Kurdes ont entretenu des liens étroits depuis les années 1950. Des agents du Mossad avaient été envoyés au nord de l’Irak pour aider Mulla Mustafa Barzani dans sa rébellion contre l’armée irakienne. L’assistance était principalement dans le domaine sécuritaire et militaire, mais elle s’est élargie au fil des ans à l’aide médicale et aux relations commerciales. Selon certains observateurs, Israël importe les trois quarts de son pétrole du Kurdistan irakien. Le désir d’alliance est également présent chez les Kurdes.
      Soulignons que l’économie kurde repose fortement sur le pétrole, sans presque aucune activité du secteur privé, à l’exception de grands chantiers de construction. Très peu de produits sont

      « Le Kurdistan deviendrait la seconde patrie des Juifs après Israël » pense Hamma Mirwaisi, auteur de « Le retour des Mèdes ». « Depuis l’empire des Mèdes, les Kurdes ont toujours traité les Juifs comme des partenaires égaux au Kurdistan. Peut-être du fait d’Abraham, le patriarche de la nation juive, qui, d’après moi était un Kurde indo-européen et non un sémite Africain comme certains érudits Juifs l’affirment, du fait que Moïse était né en Egypte. De même une grande proportion de la population kurde descend des 10 tribus juives perdues, exilées par l’Empire assyrien au Kurdistan. Quelle que soit la raison, les Kurdes ont toujours traité les Juifs en égaux, alors que les sheikhs musulmans les encourageaient dans la discrimination (dhimmi) ».
      « Le Kurdistan peut absorber des millions de Juifs, car c’est un territoire immense qui a besoin du savoir juif. Chaque nation pourrait être une bénédiction pour l’autre, et vivre en paix et prospérité pour les générations à venir »

      Depuis la fin des années 1980 en territoire Kurde Turc et Kurde Irakien se trouvent des forces spéciales Israéliennes (les Mistaravins ) en place pour soi-disant officiellement aider les Kurdes à obtenir leur indépendance vis-à-vis de la Turquie et de l’Irak .

      La Turquie hausse le ton au sujet de l’exploitation des ressources gazières au sud de Chypre.


      L’intérêt de la France dans cette guerre, à peu prés aucun, si ce n’est peu être de pouvoir vendre quelques petites technologies (des miettes par rapport aux U.S.A) .
      En suivant, le petit doigt sur la couture du pantalon, ne pas se faire dans quelque temps booycoter par des financiers internationaux tout comme vient de l’être la Grèce et pour moindre l’Italie qui ont dues rentrer dans le rang.
      Mais il n’y a pas que les hydrocarbure, l’or bleu, c'est-à-dire l’eau est tout aussi vital.

      Pour cela je vous invite à lire le rapport de KKL France : Israel et l’eau en voici quelques résumés :
      « Pour des raisons environnementales, démographiques, économiques, stratégiques et politiques l’eau apparait comme un enjeu majeur auquel Israël fait face depuis sa création. En effet, l’aridité de son climat, la qualité du sol, sa forte croissance démographique ainsi que le partage de ses sources avec ses voisins obligent Israël à optimiser son utilisation d’eau et à faire valoir ses droits sur la scène internationale. »

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    7. SUITE Guerre de l’or bleu eau douce )
      Israël partage la quasi-totalité de ses ressources en eau avec ses cinq voisins : l’Egypte, la Jordanie, l’Autorité Palestinienne, le Liban et la Syrie.
      La principale ressource hydrique naturelle d’Israël est le fleuve du Jourdain. Ce dernier est un fleuve international de 360 km, qui nait de la confluence de trois sources principales qui se rejoignent dans le mont Hermon au nord d’Israël. Le Jourdain traverse le lac de Tibériade et se jette dans la mer Morte.
      L’aquifère côtier et celui de montagne répondent à plus de 20% des besoins israéliens. L'aquifère de montagne se situe sous les collines de Judée-Samarie et dispose d'environ 660 millions de m3 par an. L’aquifère côtier, s’étalant de Haïfa à Ashkelon en passant par la bande de Gaza, dispose d’une capacité d'environ 300 millions de m3 par an.
      En marge de ces deux aquifères principaux, il existe des petites nappes souterraines reparties sur l’ensemble du territoire : à l’image du bassin Kinnereth dans le nord du pays ou du bassin Arava dans le désert du Néguev à la frontière avec la Jordanie.

      La répartition géographique des ressources en eau est d’emblée problématique, dans la mesure où les sources sont partagées entre Etats et la répartition n’est pas « égale ». Le Liban est le mieux pourvu. En effet, il dispose de quasiment 5 milliards m3 d’eau, soit environ 1 230 m3 par an et par habitant alors que sa consommation annuelle essentiellement destinée à l’agriculture, ne dépasse pas 900 millions m3.
      La Syrie est elle aussi bien dotée. Elle exploite principalement les ressources de l’Oronte, de l’Euphrate et certaines de ses nappes phréatiques situées sur son territoire. En revanche, la Jordanie, souffre d’un certain manque d’eau. Elle dispose seulement de 250 m3 d’eau par an et par habitant et consomme 880 millions m3 par an. Comme il a pu être dit précédemment, Israël consomme 2 milliards m3 par an alors que ses ressources renouvelables ne dépassent pas 1.4 milliards m3.
      Donc en 1953 premier conflit entre Israel et la Syrie pour l’eau
      Israël et la Turquie ont signé en octobre 2002 un accord innovant engageant la Turquie à livrer à Israël 50 millions de m3 d’eau douce chaque année pendant 20 ans. La valeur globale du contrat s’élève à 1 milliard de dollars. Le plan d’importation a été validé par le gouvernement israélien en janvier 2004. L’eau exportée à Israël provient du fleuve Manavgat, qui prend sa source sur les montagnes du Tarus au sud de la Turquie. Bien que les quantités prévues par le contrat ne correspondent qu’à 3% des besoins israéliens, c’est le premier accord concernant l’eau signé par Israël avec un pays de la région. Cet accord intensifie les liens économiques que l’Etat d’Israël peut avoir avec la Turquie et fait suite aux différents accords de coopération militaire et d’échange de haute technologie signés en février et août 1996 entre les deux pays. L’eau sera acheminée vers Israël par le biais de tankers (navires-citernes) spécialement conçus pour l’occasion et des réservoirs permettant le stockage de l’eau seront construits dans le port d’Ashkelon. Ces accords commerciaux pourraient être remis en question dans les prochains mois pour différentes raisons. Tout d’abord, Israël a mis en place un grand plan de désalinisation qui, lorsque toutes les usines seront en fonctionnement, permettra de palier une grande partie du déficit hydrique. Par ailleurs, la dégradation des relations entre l’Etat hébreu et la Turquie pourraient remettre en cause cette coopération commerciale.

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  7. suite Les besoins en eau douce d’Israël datent de nombreuses années.
    PRECEDENTS :
    1964 : bombardement par l’armée de l’air Israélienne de voie de détournement de l’eau en syrie
    1966 : Bombardement par l’armée Israélienne du barrage hydraulique Miskheiba en construction
    1967 : Israël bombarde le chantier Syro-Jordanien d’un barrage sur le Yarmouk , affluent du Jourdain
    DANS LES ANNEES 1980 : incursion de l’Armée Israélienne dans le sud Liban pour empêcher les Libanais de détourner au profit de leurs irrigations l’eau du LITANI
    FIN DES ANNEES 1980 : s’intensifient les plans pour faire parvenir de l’eau du sud de la Turquie ou du Kurdistan Irakien pour alimenter le territoire Israelien. Ces aqueducs géants ne pouvaient passer que par les territoires Kurdes Irakiens et par l’Irak . Le problème à été Saddam – HUSSIEN .

    2017 Le mois de février le plus sec depuis 87 ans en Israël
    « C’est un mois de janvier très rare, de façon certaine » a-t-il affirmé à la radio de l’armée israélienne. « Il n’y en a pas eu de tel, à Jérusalem depuis 1860, et au nord depuis plus d’un siècle. »
    Seulement un millimètre de pluie est tombé sur la capitale, le mois dernier, contre une moyenne de 200 millimètres pour janvier.
    La mer de Galilée n’est montée que de onze centimètres pendant le mois de janvier, selon le quotidien Walla, contre environ un mètre en janvier 2013.


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  8. suite et fin III/ Partage des ressources en eau : entre conflits et coopération avec le
    voisinage
    Une inégale répartition entre les pays de la région

    Israël partage la quasi-totalité de ses ressources en eau avec ses cinq voisins : l’Egypte, la Jordanie, l’Autorité Palestinienne, le Liban et la Syrie.
    La principale ressource hydrique naturelle d’Israël est le fleuve du Jourdain. Ce dernier est un fleuve international de 360 km, qui nait de la confluence de trois sources principales qui se rejoignent dans le mont Hermon au nord d’Israël. Le Jourdain traverse le lac de Tibériade et se jette dans la mer Morte.
    L’aquifère côtier et celui de montagne répondent à plus de 20% des besoins israéliens. L'aquifère de montagne se situe sous les collines de Judée-Samarie et dispose d'environ 660 millions de m3 par an. L’aquifère côtier, s’étalant de Haïfa à Ashkelon en passant par la bande de Gaza, dispose d’une capacité d'environ 300 millions de m3 par an.
    En marge de ces deux aquifères principaux, il existe des petites nappes souterraines reparties sur l’ensemble du territoire : à l’image du bassin Kinnereth dans le nord du pays ou du bassin Arava dans le désert du Néguev à la frontière avec la Jordanie.

    La répartition géographique des ressources en eau est d’emblée problématique, dans la mesure où les sources sont partagées entre Etats et la répartition n’est pas « égale ». Le Liban est le mieux pourvu. En effet, il dispose de quasiment 5 milliards m3 d’eau, soit environ 1 230 m3 par an et par habitant alors que sa consommation annuelle essentiellement destinée à l’agriculture, ne dépasse pas 900 millions m3.
    La Syrie est elle aussi bien dotée. Elle exploite principalement les ressources de l’Oronte, de l’Euphrate et certaines de ses nappes phréatiques situées sur son territoire. En revanche, la Jordanie, souffre d’un certain manque d’eau. Elle dispose seulement de 250 m3 d’eau par an et par habitant et consomme 880 millions m3 par an. Comme il a pu être dit précédemment, Israël consomme 2 milliards m3 par an alors que ses ressources renouvelables ne dépassent pas 1.4 milliards m3.
    Donc en 1953 premier conflit entre Israel et la Syrie pour l’eau
    Israël et la Turquie ont signé en octobre 2002 un accord innovant engageant la Turquie à livrer à Israël 50 millions de m3 d’eau douce chaque année pendant 20 ans. La valeur globale du contrat s’élève à 1 milliard de dollars. Le plan d’importation a été validé par le gouvernement israélien en janvier 2004. L’eau exportée à Israël provient du fleuve Manavgat, qui prend sa source sur les montagnes du Tarus au sud de la Turquie. Bien que les quantités prévues par le contrat ne correspondent qu’à 3% des besoins israéliens, c’est le premier accord concernant l’eau signé par Israël avec un pays de la région. Cet accord intensifie les liens économiques que l’Etat d’Israël peut avoir avec la Turquie et fait suite aux différents accords de coopération militaire et d’échange de haute technologie signés en février et août 1996 entre les deux pays. L’eau sera acheminée vers Israël par le biais de tankers (navires-citernes) spécialement conçus pour l’occasion et des réservoirs permettant le stockage de l’eau seront construits dans le port d’Ashkelon. Ces accords commerciaux pourraient être remis en question dans les prochains mois pour différentes raisons. Tout d’abord, Israël a mis en place un grand plan de désalinisation qui, lorsque toutes les usines seront en fonctionnement, permettra de palier une grande partie du déficit hydrique. Par ailleurs, la dégradation des relations entre l’Etat hébreu et la Turquie pourraient remettre en cause cette coopération commerciale.




    Donc pour remplir les piscines de Salomon de l’or bleu faut-il guerroyer en Syrie ????

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