Il
n’existe fondamentalement que deux manières de terminer une guerre : la
négociation, plus ou moins explicite, ou la destruction de l’un des camps. En Irak, les Américains, par l’intermédiaire
ou non du gouvernement irakien, ont négocié avec l’armée du Mahdi en 2004 et
2008 ou avec les tribus sunnites à la fin de 2006. En revanche le dialogue n’y
a jamais été envisagé, ni possible en fait, avec l’Etat islamique en Irak,
premier avatar de Daech. La destruction était donc la seule option et en 2007
et elle a presque réussi. Elle reste, à ce jour et pour l’instant, encore la
seule voie envisagée face à l’Etat islamique (EI).
Sans un de ces « cygnes noirs », c’est ce qui est le plus probable, Daech continuera d’exister, fluctuant plus ou moins dans son espace actuel, et ses allégeances extérieures. Il faudra alors accepter de vivre en situation de guerre endémique, et donc d’accepter d’autres attaques terroristes, jusqu’à l’acceptation de l’existence d’un nouvel Etat radical au Moyen-Orient. La situation ressemblera alors en proportion réduite à l’attitude des Occidentaux face aux Bolcheviks, refusant leur existence mais ne voulant pas mener, outre quelques petites expéditions périphériques, une guerre directe contre eux et se contentant de soutenir des factions locales divisées. L’URSS s’est finalement formée, a occupé tout le vide politique qu’elle pouvait occuper pour se consacrer ensuite prioritairement à la mise en œuvre du communisme « dans un seul pays » et secondairement au Komintern. L’Occident a fini pas vivre avec la présence d’une URSS, contenue mais reconnue jusqu’à son effondrement. Plus récemment, l’Iran des mollahs a mis en place en 1979 une version chiite de l’Etat islamique actuel. La France et les Etats-Unis en particulier, l’ont affronté indirectement (provoquant la mort de plus de Français que Daech pour l’instant) puis se sont contentés de le contenir, avant, sans doute sous peu, de le reconnaître et de faire la paix. Nous avons également accepté de vivre, et même un temps de s’associer, avec la Libye de Kadhafi, que nous avions combattu au Tchad et qui avait, entre autres et là-aussi, tué plus de citoyens français par attentats que Daech. Nous sommes très proche d’une Arabie Saoudite, qui sur le fond n’est pas très différente idéologiquement de l'EI, mais qui a le bon gout de ne pas filmer ses exécutions et d’être riche. Sans les attentats du 11 septembre 2001, les Taliban seraient probablement toujours à Kaboul.
Il n’est pas exclu, l’armaggedon syrien attendu ne venant pas, que l'EI se concentre sur la gestion de son espace, avec l’ambition d’en faire un modèle viable. S’il y parvient sans éclater, ce qui n’est pas évident au regard de l’histoire du monde arabe sunnite, dans dix ou quinze ans peut-être peut -il avoir un comportement comparable à un Etat « normal ». Certains pays trouveront même avantageux de discuter avec lui. Un tel processus d'acceptation serait long, difficile à admettre, mais il est possible, sinon malheureusement hautement probable, faute de réelle volonté contraire. Il reste à imaginer ce que va représenter la vie avec Daech.
Détruire
Le problème
opérationnel qui se pose aujourd’hui est que si une campagne aérienne peut
parfois imposer une négociation favorable, croire que cela peut entraîner la
destruction de l’Etat islamique est en revanche un vœu pieux. C’est un espoir
pourtant régulièrement mis en avant par certains responsables américains mais
qui apparaît plus comme un argument de justification des actions en cours que
comme une hypothèse sérieuse. Comme au temps du « comptage des
corps » vietnamiens, le Pentagone peut se targuer de tuer 1 000
combattants ennemis chaque mois. Daech n’en augmente pas moins ses forces, et
son expansion est surtout limitée par son incapacité à occuper le terrain
au-delà de l’espace arabe sunnite qui lui assure ressources et légitimité.
Il est
possible en fait que cette campagne aérienne, dont tous les Sunnites de la
région constatent qu’elle les frappe eux et pas Assad, soit également et
paradoxalement un sergent-recruteur pour l’ennemi. D’un point de vue
tactique, Daech a également adopté les méthodes de furtivité terrestre bien
connues, comme la dispersion des forces, leur immersion dans la population,
l’emploi de véhicules civils, la construction d’abris souterrains, etc. qui
réduisent considérablement l’efficacité de la puissance aérienne. Pour autant,
ces méthodes, en particulier la dispersion, ont aussi pour effet de rendre
vulnérable à une offensive terrestre de grande ampleur. Or, celle-ci ne vient
pas.
Pour
détruire un Etat ou une organisation formant un proto-Etat comme le
« califat », on ne connaît pas pour l’instant d’autre moyen que de
commencer par disloquer son armée et de réduire tout ce qui lui fournit les
moyens et, surtout, les raisons de combattre. Cette dislocation ne peut,
elle-même, être obtenue, à la manière de l’opération française Serval au nord du Mali, qu’en s’emparant du
territoire contrôlé par l’ennemi tout en agissant sur les sources politiques de
sa force et en préservant la population civile environnante.
Contre
Daech, deux objectifs géographiques sont possibles : Mossoul, la grande
ville du nord de l’Irak et capitale économique de l’organisation, et
l’Euphrate, de Falloujah à Raqqa, la capitale politique. La deuxième option est
la plus difficile mais sans doute la plus décisive. Une fois les drapeaux du
califat auto-proclamé retirés de Falloujah, Ramādī, Abu Kamal, Deir ez-Zor et
Raqqa, la capacité de résistance des autres territoires de l’EI sera très
affaiblie, y compris à Mossoul. Les allégeances diverses hors du territoire
central s’en trouveront également fragilisées.
Cette
offensive sur l’Euphrate serait logiquement menée par un corps aéroterrestre
blindé appuyé par une capacité de frappe en propre précise et puissante, et
dont la mission serait de progresser le long du fleuve, de cloisonner une
à une les cités pour s’en emparer puis de les nettoyer de toute présence
ennemie visible. Elle pourrait partir d’Urfa en Turquie, à condition que le
gouvernement d’Ankara l'accepte ou, plus probablement, de Bagdad, base politique et logistique
bien plus aisée. La mise en place de ce corps prendrait techniquement des
semaines, des mois si on ajoute le processus de décision politique préalable à
la formation d'une coalition.
Autour de
ce corps aéroterrestre et en profondeur du dispositif adverse, une autre force
de frappe et de raids, s’attaquerait à la structure de commandement, à la
logistique, aux mouvements et aux concentrations de forces. C’est bien cette
combinaison des contraires entre l’impossibilité pour l’ennemi de se concentrer
sous peine d’être frappé et l’impossibilité de résister efficacement à une
puissante attaque au sol en étant dispersé qui donnerait un plein effet
opérationnel.
L’armée de
Daech est constituée de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, les
estimations pouvant varier de 30 000 à 80 000, parfois plus si on
intègre des unités non-permanentes de défense locale. C’est, en dépit de
quelques matériels lourds, fondamentalement une force d’infanterie équipée de
véhicules légers et d’armements soviétiques des années 1960. En soi, il n’y a
là rien de très puissant, une très faible fraction par exemple des armées de
Saddam Hussein broyées par les coalitions menées par les Américains. La
différence est que les combattants de l’armée de Daech sont plutôt compétents
tactiquement et surtout très motivés. Ce dernier point fait toute la
différence, surtout face à des forces armées et milices qui ne le sont pas hors
de leur zone ethno-confessionnelle mais aussi face à des armées professionnelles
occidentales, tout à fait résolues mais dont les gouvernements sont sensibles
aux pertes. En 2003, il a fallu, malgré toute l’armée irakienne, moins d’un
mois aux divisions américaines pour s’emparer de Bagdad depuis le Koweït. Un an
plus tard, la prise de la seule ville de Falloujah, tenue par quelques milliers
de combattants légers, a nécessité neuf mois d'efforts.
D’un point
de vue tactique, cette motivation extrême permet d’introduire sur le champ de
bataille des combattants-suicide, souvent motorisés, qui servent de missiles de
croisière du pauvre. Avec la mobilité des milliers de véhicules légers
disponibles, elle autorise aussi des modes d’action très décentralisés, en
essaim offensifs ou défensifs, enveloppant les forces adverses ou s’infiltrant entre
elles à la recherche du combat rapproché.
Comme la
reprise de Tikrit l’a montré en mars dernier ou les batailles de l’époque de
l’occupation américaine, face à un tel adversaire s’emparer de chaque ville le
long de l’Euphrate sera difficile et prendra à chaque fois des semaines sinon
des mois, pour éliminer jusqu’au dernier combattant suicide ou le dernier piège
explosif. Pour reprendre Falloujah en novembre 2004, face à 3 000
combattants, les Américains ont déployé 15 000 hommes et d’énormes moyens
de feux. La saisie de la ville a demandé une semaine de combats difficiles et
encore un mois supplémentaire de nettoyage de toutes les habitations, le tout
au prix de 73 tués et plusieurs centaines de blessés. Le contingent américain
présent en Irak (130 000 hommes) avait alors mis plus d’un an pour
reprendre le contrôle des villes du Tigre et de l’Euphrate au nord de Bagdad.
L’ordre de grandeur pour une offensive sur l’Euphrate menée par une force
moderne représente donc au moins dix fois ce que la France a déployé avec
l’opération Serval, soit
plus de 40 000 hommes avec des milliers de véhicules blindés terrestres et
d’aéronefs. Il faut s’attendre ensuite à ce que cette force déplore plusieurs
centaines de morts et des milliers de blessés, et beaucoup plus s’il s’agit de
forces moins modernes, protégées et professionnelles que les troupes
occidentales. Une dépense quotidienne de l'ordre 20 millions d'euros serait un minimum.
Encore ne
s’agit-il là que de la phase de conquête, il faut ensuite contrôler et
sécuriser le terrain pris tout en poursuivant la traque d’une organisation
revenue à la guerre souterraine. Cette phase de stabilisation pourrait durer plusieurs années et
nécessiterait de nombreux moyens humains, au moins 100 000 hommes, et de
quoi administrer et faire vivre ce Sunnistan, avant une normalisation de la
situation. Cela implique un comportement respectueux de la force occupante mais
aussi, et c’est l’élément le plus important, un contexte politique qui fasse
que cette force ne soit pas perçue comme illégitime. Cette phase de stabilisation, très différente dans sa forme à la phase de conquête, serait sans doute plus complexe que cette dernière. Il faut s'attendre à des coûts humains et financier nettement supérieurs, même si difficile à estimer.
La stabilisation peut, si elle est bien conduite et avec les moyens suffisants,
permettre de dégager des marges de résolution politique tout en tarissant
l’Etat islamique et les autres organisations radicales de leurs ressources, le
combat n’en sera pas terminé pour autant. Après avoir été chassé de Bagdad et
d’Anbar en 2007, l’EII a survécu pendant des années dans les provinces de Salah
al-Din et surtout de Ninive avant de reprendre de l’ampleur. La traque, affaire
de police et de services, doit donc continuer pendant la stabilisation, et elle
constitue aussi une œuvre de longue haleine.
Laisser vivre
Actuellement,
aucun acteur régional ne possède les moyens pour réaliser toutes ces
opérations. Les armées locales, qui ne sont plus vraiment des armées étatiques
mais des forces de défense du régime et des groupes non-sunnites, n’ont pour l’instant
pas la motivation pour réaliser la conquête de l’Euphrate et cela dépasse
largement le seul problème de formation technique et tactique auquel s’attache,
en Irak, la coalition. Rappelons que depuis la chute de Saddam Hussein, le
département d’Etat américain a formé, avec l’aide de sociétés privées, une
première « nouvelle » armée irakienne qui s’est effondrée en
avril 2004 ; que le département de la défense a pris le relais ensuite,
encadrant (une équipe de conseillers par bataillon, état-major, camp
d’entraînement), finançant (25 milliards de dollars), appuyant par ses feux et
soutenant par sa logistique, une collection de 200 bataillons qui ne se sont
vraiment avérés utiles aux côtés des Américains qu’au bout de trois ans. Avec
la politique sectaire de Nouri el-Maliki et la concentration des forces
efficaces autour de sa personne, cette troupe est ensuite rapidement devenue
une armée Potemkine. Les Américains et leurs alliés peuvent donc s’efforcer de
reformer une troisième « nouvelle » armée irakienne mais il n’y
a guère de raison pour que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets.
Quant à l’armée d’Assad, actuellement l’organisation pratiquant le plus le
terrorisme au monde (mais ne se filmant pas), il ne peut être sérieusement
question de l’épauler sous peine de renforcer encore la position politique de
l'ennemi et de réduire la notre dans la population arabe sunnite, sans parler
de certains de ses gouvernements.
Ajoutons
encore une fois que la conquête ne constitue qu’une première phase et pas
forcément la plus compliquée. Si ces forces sont déjà incapables de s’emparer
des bastions de l’EI, elles sont encore plus incapables de les tenir si elles
se comportent comme elles se sont toujours comportées jusque-là.
De fait,
actuellement, seules des armées professionnelles occidentales, et peut-être
russe, peuvent envoyer des soldats combattre avec courage et efficacité sur l’Euphrate
avec éventuellement l’appoint de forces des monarchies arabes, jordanienne
surtout. Les peshmergans du Kurdistan irakien et des Unités de protection du peuple (YPG) syriennes sont capables de défendre efficacement leurs territoires. Il est difficile de les imaginer aller au-delà, à Mossoul par exemple, par manque de capacités mais surtout parce que cela entraînerait des réactions fortes de la Turquie ou du régime de Bagdad. Le contrôle des champs pétrolifères de Kirkouk est une victoire mais aussi une pomme de discorde certaine pour la suite.
Pour la phase de stabilisation, un contrôle par les Kurdes, les forces d’Assad ou par des milices chiites irakiennes est totalement inconcevable, comme l’ont montré, en Irak seulement, les suites de la prise de Tikrit ou les précédents des « forces spéciales de la police » utilisées par les gouvernements à dominante chiite depuis 2005. Pour assurer cette mission, il est pour l’instant difficile d’imaginer autre chose qu’une force internationale arabo-occidentale, en admettant que l’on trouve suffisamment d’Etats volontaires pour s’engager dans un nouvel « Afghanistan ».
Pour la phase de stabilisation, un contrôle par les Kurdes, les forces d’Assad ou par des milices chiites irakiennes est totalement inconcevable, comme l’ont montré, en Irak seulement, les suites de la prise de Tikrit ou les précédents des « forces spéciales de la police » utilisées par les gouvernements à dominante chiite depuis 2005. Pour assurer cette mission, il est pour l’instant difficile d’imaginer autre chose qu’une force internationale arabo-occidentale, en admettant que l’on trouve suffisamment d’Etats volontaires pour s’engager dans un nouvel « Afghanistan ».
Or et très
clairement, les Etats extérieurs à la région, Etats-Unis en premier et sans qui
rien d’important ne peut se faire, n’ont pas la volonté de s’engager vraiment,
même lorsqu’ils sont frappés sur leur sol. Les affres des occupations afghane
et irakienne sont encore trop récentes pour imaginer qu’un exécutif envisage
sérieusement de le proposer à son opinion. En l’état actuel de la situation
politique locale et intérieures aux différents membres de la coalition, il n’y
aura donc pas de conquête de l’Euphrate, ni de stabilisation du territoire
actuellement tenu par Daech.
La
principale force de l’Etat islamique est la somme des contradictions et
ambiguïtés qui paralysent ceux qui l’entourent pour qui il constitue à la fois
un ennemi pour soi et un allié contre les autres. Envisager simplement de
détruire militairement l’Etat islamique suppose donc d’abord une modification
profonde du contexte politique environnant. Que le pouvoir se transforme à
Bagdad et Damas, de gré ou par la force des événements, en quelque chose
de plus légitime à la fois aux yeux de la communauté internationale et surtout
à ceux des arabes sunnites de la région et il sera alors possible pour une
coalition de mener une vraie offensive. Le centre de gravité de l’EI réside
dans le soutien, plus ou moins volontaire, d’une grande partie de cette
population des provinces sunnites. Que ce soutien s’effrite, par l’intransigeance
de Daech ou la prise en compte des intérêts des tribus et groupes locaux et on
peut concevoir un nouveau « mouvement du réveil » (Sahwa) qui avait permis le retournement
spectaculaire de la situation en Irak en 2007. L’opposition sunnite à Daech
existe. Elle ne constitue pas encore, par méfiance mutuelle avec Bagdad
surtout, une force suffisante. Encore s’agit-là de ruptures positives. Les transformations
radicales des pouvoirs à Bagdad et surtout à Damas peuvent engendrer aussi des scénarios
plus négatifs et difficilement prévisibles.
Sans un de ces « cygnes noirs », c’est ce qui est le plus probable, Daech continuera d’exister, fluctuant plus ou moins dans son espace actuel, et ses allégeances extérieures. Il faudra alors accepter de vivre en situation de guerre endémique, et donc d’accepter d’autres attaques terroristes, jusqu’à l’acceptation de l’existence d’un nouvel Etat radical au Moyen-Orient. La situation ressemblera alors en proportion réduite à l’attitude des Occidentaux face aux Bolcheviks, refusant leur existence mais ne voulant pas mener, outre quelques petites expéditions périphériques, une guerre directe contre eux et se contentant de soutenir des factions locales divisées. L’URSS s’est finalement formée, a occupé tout le vide politique qu’elle pouvait occuper pour se consacrer ensuite prioritairement à la mise en œuvre du communisme « dans un seul pays » et secondairement au Komintern. L’Occident a fini pas vivre avec la présence d’une URSS, contenue mais reconnue jusqu’à son effondrement. Plus récemment, l’Iran des mollahs a mis en place en 1979 une version chiite de l’Etat islamique actuel. La France et les Etats-Unis en particulier, l’ont affronté indirectement (provoquant la mort de plus de Français que Daech pour l’instant) puis se sont contentés de le contenir, avant, sans doute sous peu, de le reconnaître et de faire la paix. Nous avons également accepté de vivre, et même un temps de s’associer, avec la Libye de Kadhafi, que nous avions combattu au Tchad et qui avait, entre autres et là-aussi, tué plus de citoyens français par attentats que Daech. Nous sommes très proche d’une Arabie Saoudite, qui sur le fond n’est pas très différente idéologiquement de l'EI, mais qui a le bon gout de ne pas filmer ses exécutions et d’être riche. Sans les attentats du 11 septembre 2001, les Taliban seraient probablement toujours à Kaboul.
Il n’est pas exclu, l’armaggedon syrien attendu ne venant pas, que l'EI se concentre sur la gestion de son espace, avec l’ambition d’en faire un modèle viable. S’il y parvient sans éclater, ce qui n’est pas évident au regard de l’histoire du monde arabe sunnite, dans dix ou quinze ans peut-être peut -il avoir un comportement comparable à un Etat « normal ». Certains pays trouveront même avantageux de discuter avec lui. Un tel processus d'acceptation serait long, difficile à admettre, mais il est possible, sinon malheureusement hautement probable, faute de réelle volonté contraire. Il reste à imaginer ce que va représenter la vie avec Daech.










