samedi 27 mai 2017

Assaut sur Verbanja-27 mai 1995

Extrait de Sous le feu-La mort comme hypothèse de travail

Sarajevo 27 mai 1995 08H 45

La France est présente depuis 1992 au cœur des conflits consécutifs à l’éclatement de l’ex-Yougoslavie. Deux bataillons français de Casques bleus sont alors présents dans la ville de Sarajevo assiégée par les forces Bosno-Serbes. Dans la nuit du 26 au 27 mai, une unité bosno-serbe s’empare par surprise d’un des postes du bataillon implanté dans la vieille ville. L’ordre est immédiatement donné de le reprendre par un assaut afin de libérer les prisonniers Français qui y sont gardés et de montrer la détermination de la France.

Je suis le lieutenant Héluin, je suis en tête de la première section des Forbans du 3e Régiment d’infanterie de marine et je marche vers mon objectif à travers les ruelles qui bordent le cimetière juif en direction du pont de Verbanja. J’ai reçu ma mission, il y a un peu plus d’une heure. Elle est très simple : reprendre le poste français près du pont.

Mon idée est d’attaquer simultanément les trois petits bunkers qui composent le poste avec un groupe de trois binômes pour chaque objectif. Chaque binôme, qui comprend un homme qui connaît le poste et un autre qui ne le connaît pas, à un point d’arrivée précis. J’ai laissé mon adjoint en arrière avec les véhicules, les tireurs d’élite dont un avec un fusil Mac Millan de 12,7mm et les tireurs antichars. Sa mission consiste à nous appuyer depuis les hauteurs. Lorsque je lui ai donné cet ordre, il m’a regardé, désespéré : « mon lieutenant, vous pouvez pas me faire ça ! ». Le capitaine Lecointre nous accompagne pour gérer l’environnement de la section, en particulier l’appui des pelotons du RICM [Régiment d’infanterie et de chars de marine].

Guidés par un soldat bosniaque nous arrivons en vue du poste. Je regroupe la section. Pour franchir les barbelés, nous avions prévu deux portes, pauvre expédient à l’absence de matériel spécifique. Elles sont restées dans les véhicules.  Tant pis.  Nous ferons sans. Je regarde mes marsouins. Ils sont calmes et silencieux. Comme eux, je me sens étrangement serein. Il est vrai que depuis mon réveil, il y a trois heures, je n’ai pas eu une minute pour penser au danger. J’ai une confiance absolue dans mon chef et mes hommes. A mon signal, nous dévalons, baïonnette au canon dans la tranchée à une cinquantaine de mètres de l’objectif, appuyés d’abord par les tirs Bosniaques. Nous portons les équipements de protection pare-balles complets, les mêmes qui n’avaient été conçus que pour des missions purement statiques de garde. Certains de mes marsouins sont en treillis de cérémonie. Ils ne savaient pas, quelques heures plus tôt, que le point fort de la journée ne serait pas la prise d’armes prévue mais un assaut.

Je lance d’abord Le Couric et son groupe en direction de l’objectif le plus éloigné, le poste de garde Ouest. Je les vois courir puis s’arrêter devant les barbelés qui entourent le poste. Ils sont incapables de franchir et les coups commencent à pleuvoir depuis l’immeuble Prisunic qui les surplombe. Un obus de 90 mm frappe alors le bâtiment, suivi de rafales de 7,62 et de 20 mm en provenance des pelotons du RICM. Nous sommes désormais enveloppés d’une bulle de détonations, claquements, sifflements, impacts. Impuissant devant les barbelés, un marsouin regarde hébété sa cuisse perforée, un autre a deux doigts sectionnés. Une balle se loge dans son pare-cou. Ils resteront sur place, sans même de morphine, car elle a été retirée des trousses de premiers secours, pour éviter la toxicomanie. Deux autres gars sont vidés de toute énergie par la violence qui les entoure, ils sont comme des mannequins inertes. Le groupe est hors de combat. Mon plan a tenu deux minutes trente à l’épreuve des faits.

Je dois réagir immédiatement. Au lieu de s’emparer simultanément des trois points, on les nettoiera  successivement en commençant par le poste de sécurité à l’Est. Nous allons tous franchir les barbelés en face de nous, à 90 degrés de ceux qui ont arrêté le premier groupe mais au-delà d’un glacis de cinquante mètres dans l’axe de tirs des Serbes. Je m’élance en direction de la rivière Miljaca suivi par le deuxième groupe, tandis que les autres marsouins se déchaînent contre Prisunic, Mammouth et Center, les trois nids à snipers bosno-serbes. A ma gauche, Dannat, l’infirmier, s’effondre, le poumon perforé. Il se relève et marche vers l’arrière en croisant les regards des marsouins qui avancent, hypnotisés par le sang qui coule le long de son bras. Djaouti tombe à ma droite. Je suis maintenant face aux barbelés et malgré les douze kilos du gilet pare-balles, mon armement et mon inutile poste radio PP39, je parviens à franchir les barbelés suivi par mes hommes.

Nous nous trouvons au milieu de croisillons métalliques et obliquons vers la gauche en direction du poste. Il pleut alors des balles comme à Gravelotte. Mon cerveau est comme la focale d’un appareil photo. Je suis actuellement en mode « panorama ». Je me retourne et vois mes tireurs au fusil-mitrailleur Minimi enchaîner rafale sur rafale sur toutes les ouvertures de Prisunic. L’un d’entre eux, Coat, court vers un blessé pour lui prendre ses chargeurs Famas, mais comme ceux-ci ne vont pas sur les Minimi, il est obligé de retirer les cartouches une à une pour garnir ses « camemberts ». D’un seul coup, sa tête fait un mouvement étrange et il s’affaisse sur le côté.

Je poursuis ma route vers le merlon de terre qui protège l’entrée du poste. Je ressens le besoin d’ouvrir le feu mais mon Famas refuse obstinément de fonctionner. Je pense qu’il faudrait que je m’arrête pour y remédier mais que je n’ai pas le temps. A aucun moment il ne me vient à l’esprit que j’ai peut-être oublié d’armer mon fusil d’assaut. A côté de moi, Dupuch  s’arrête net : « je suis touché… ». Il s’observe pendant une seconde « non … c’est bon ! » et repart. Il a effectivement été touché mais la balle a traversé la gourde accrochée au ceinturon et est venue se loger dans sa lampe torche. Nous nous entassons sur le merlon de terre face à la porte d’entrée. Il y a quelques secondes, je fonctionnais en panoramique, maintenant plus rien n’existe hormis l’espace dans les barbelés par lequel je lance la grenade que me tend Dupuch. Explosion.

Je me lance baïonnette en avant, bien décidé à embrocher le premier Serbe qui se présentera dans le couloir. Les hommes sont collés à moi, deux par deux. Nous sommes à peine une dizaine, le tiers de l’effectif de départ. La section avec ses trois groupes s’est rapidement reconfigurée en un élément d’assaut, tiré par moi avec des binômes injectés au fur et à mesure dans l’action et un deuxième échelon, pour protéger les arrières et « nettoyer ». Un geste et Dupuch se lance dans le poste de garde Est, pendant que Llorente lance une grenade dans le couloir des WC. Humblot et Jego suivent, je les envoie sur le toit pour se mettre en appui. Nous poursuivons vers le deuxième conteneur qui nous servait de zone vie et qui forme le deuxième objectif. Delcourt s’avance dans le couloir mais une rafale en provenance du fond du poste le refoule. Je prends une grenade au capitaine Lecointre qui me suit et la lance derrière le rideau de la zone vie.

Lorsque je surgis devant ce qui nous servait de salle à manger, je vois un rideau de feu monter le long du mur du fond et glisser au-dessus de moi sur le plafond. Je hurle : « la bonbonne de gaz ! ». Depuch et Delcourt reculent précipitamment. Une fraction de seconde plus tard, j’entends une énorme explosion et je vois distinctement sur fond de flammes, un petit objet foncer vers moi. J’ai l’impression d’être dans une séquence de film au ralenti. Je prends un choc terrible à l’œil gauche et je suis projeté en arrière alors qu’un jet de sang part dans la direction opposée. Les hommes me regardent en hésitant et je baragouine ce que je crois être des ordres pour les empêcher de s’arrêter. J’ai encore le temps de dire au capitaine que je ne me sens pas bien avant de m’effondrer.

Je reprends mes esprits, quelques instants plus tard, réveillé par les impacts de balles sur les sacs à terre contre lesquels je suis assis. Je suis couvert de sang. Je me relève, sort du bâtiment du côté de la rivière Miljiaca. Une explosion me renvoie à l’intérieur.  Je suis comme une petite souris buttant contre des électrodes dans un labyrinthe. Mon cerveau fonctionne par éclipses. Je vois un marsouin posté face au dernier bâtiment tenu par les Serbes. « Qu’est-ce que tu fais là ? - C’est là que je devais être à la fin. » Dans le désordre général cet homme s’est raccroché à l’ordre que j’avais donné avant l’assaut. Je comprends alors que le capitaine a pris l’action à son compte et a entrepris d’éliminer les Serbes dans la pièce du fond puis de sauver les prisonniers français qui s’y trouvent. Avec la poignée d’hommes qui reste, il abat deux Tchetniks dont un lui sourit en disant « Français, bons combattants ! » mais les autres ont réussi à s’enfuir avec les prisonniers dans un poste voisin.

A la radio, j’appelle Cheick et lui ordonne d’envoyer un tireur d’élite et un tireur antichar. Je compte les placer face à l’immeuble. Je circule dans le poste ravagé. Je vais dans la zone vie, il y a trois prisonniers serbes, et un cadavre, serbe également, allongé au milieu. Le caporal-chef Jego, vient vers moi. Je remarque que sa gourde et un de ses porte-chargeurs sont perforés. Il a pris une rafale dans le « buffet ». Sa voix est cassée : « Humblot est encore sur le toit. Il est blessé et ne répond plus ». Je me place en appui face à l’immeuble qui nous surplombe tandis que Mandart et le capitaine Labuze descendent Humblot. Ils le déposent au pied de l’échelle au moment de l’arrivée du toubib. Celui-ci prend le pouls et me regarde au bout de quelques secondes : « Désolé mais pour lui, c’est fini. ».

Le combat est terminé. J’apprends qu’Amaru a été abattu par un tireur d’élite alors qu’il mitraillait les bâtiments depuis sa tourelle, non protégée, de VAB. Dix-sept autres marsouins sont blessés dont trois grièvement. Nous avons tué quatre Serbes dans le poste et fait quatre prisonniers. J’ignore le bilan des pertes ennemies dans les immeubles alentour. Nous récupérerons nos soldats prisonniers en les échangeant avec ceux que nous avons faits.

Errant dans les couloirs, en attendant la relève, je croise un caporal-chef qui me dit d’aller me faire soigner. Je me déplace vers le véhicule Sanitaire, criblé d’impacts, qui s’est posté devant l’entrée puis m’indigne: « ce n’est pas un caporal-chef qui va me donner des ordres ! » et je reviens sur mes pas. Le gars me voit et insiste « Mon lieutenant, il faut vous faire soigner ! ». Je réponds « bon d’accord » et ressort. A l’extérieur, le sol est jonché des équipements qui ont été arrachés aux blessés pour leur donner les premiers soins et de chargeurs, dont beaucoup sont encore à moitié pleins. Beaucoup de gars profitaient de chaque moment de répit pour jeter leur chargeur entamé et en mettre un plein. Nous avons ainsi utilisé plus de 4000 cartouches en quelques dizaines de minutes sur une surface d’un hectare.

Vers 10h30, la section du lieutenant Provendier est là pour nous relever. Quelques minutes plus tôt, ils ignoraient même qu’un assaut avait eu lieu. Les hommes sont muets et ouvrent  de grands yeux en me voyant. Je pense : « aucun ne me salue, c’est quoi ce bordel ! ». J’amène Provendier à l’intérieur pour lui expliquer la situation. Je m’installe sur une table et commence à lui faire un croquis. Un cadavre Serbe est à mes pieds sans que cela me trouble le moins du monde. Mon sang tombe en goutte à goutte sur le croquis et lorsque je l’efface négligemment avec ma manche, je perçois que la situation n’est peut-être pas habituelle. Les consignes données, j’embarque dans les véhicules avec mes survivants en direction de la patinoire de Skanderja, notre base. Nous sommes hagards. A Skanderja, nous recevons des soins rapides puis vers 13 heures, je pars avec les autres blessés en direction du groupe médico-chirurgical de PTT Building, l’état-major de la force. Dès le contact avec le lit de l’hôpital, je m’effondre, épuisé.

33 commentaires:

  1. Excellant récit , plein d'humilité d'un cadre d'une troupe combattante.
    Mais peut-on se poser quelques questions sur notre FAMAS ?
    ''Nous avons utilisé plus de 4000 cartouches...'', en 1978 à l' E.A.I de Montpellier où ce premier fusil était étudié et présenté ( A cette époque, le nom et acronyme FAMAS n'avait pas été décidé) , j'avais osé une remarque sur la petite contenance du chargeur de cette future arme du soldat français...
    Réponse d'un Lieutenant - Colonel de cette brillante école: " Nous ne sommes pas à Stalingrad !". Il est vrai qu'à cette époque, on parlait de la ''valorisation de l'époque''...
    " Ce qui a toujours menacé la pensée militaire, c'est le dogmatisme non appuyé par l'expérience '' (R. Aron)

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    1. Rassurez-vous trente-cinq ans après nous avons toujours le chargeur qui contient le moins de cartouches au monde et peut-être aussi le plus fragile.

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    2. A l'échelle de la Marine, nos frégates sont elles aussi notoirement sous armées par rapport à leurs équivalentes étrangères.

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    3. Dans le cas étudié, je ne suis pas sur que 5 cartouches de plus dans le chargeur auraient changé quoique ce soit...
      Quand à la fragilité Mon Colonel, il me semble avoir lu sur pas mal de blog anglo-saxon que les premières générations de chargeurs AR 15 souffraient des mêmes maux.

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  2. Une petite erreur ''la valorisation de l'impact''

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  3. Ne sommes nous pas tous "responsables"? Je suis de la génération FAMAS. Il m'a accompagné partout. J'en connais beaucoup de défaut, et de qualités. J'ai râlé pour son chargeur.... Mais, je n'ai rien fait.
    Pourtant, il y avait la Mission innovation, qui l'aurait permis (comme elle a permis la mise au point du gilet pare balles par un sous-officier). J'en avais s le temps, les moyens, l'idée...... Mais je n'ai rien fait,... comme tous les autres!

    Nous, soldats modernes, attendons trop (contrairement à nos anciens du 19°sc) que tout nous soit fourni.

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    1. C'est une excellente question.

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    2. Question que pensez vous du chargeur de Hk416f et du fusil d'assaut en générale?

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    3. Les chargeurs HK sont réputés plus fiables et solides, justement parce que c'est un des points essentiels pour l'amélioration de la famille AR 15 (fiabilisation de l'arme). Ce sont des chargeurs en acier il me semble.
      Ironiquement, la même amélioration aurait surement largement contribué à fiabiliser le FAMAS, puisqu'il me semble que la majorité des incidents de tir proviennent justement du manque de fiabilité du chargeur !

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    4. merci, d'autre info supplémentaire sur le Hk

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    5. Et de la piètre qualité des ogives de balles fabriquées en Arabie Saoudite et Israël ntre autres...mais: elles sont moins chères

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  4. https://www.youtube.com/watch?v=PAPox1A3F6U

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  5. Concernant le Famas :

    Les innovations existent ! 2 au moins à ma connaissance, une par la légion qui visait a modifier les chargeurs, gardant le "haut" afin de ne pas avoir de problèmes de compatibilités avec le puits de chargeur de l'arme, et une autre, par une armurerie bretonne, qui nécessitait seulement des fonds pour lancer la production.
    Mais comme l'appel d'offre pour l'AIF est passé, a quoi bon changer maintenant ? Le manque de ressources financières nous obligent a attendre.
    La ou nous soldats pouvons râler, c'est pour les futurs chargeurs. Le plus logique me semble des types E-MAG de magpul, pour faire simple, un chargeur en polymère résistant, avec un ressort en acier inoxydable, qui évacue bien la saleté et la poussière. Histoire d'éviter les problèmes que nous connaissons ou avons tous connu. (Combien d'heures passées a "dérouiller" nos braves chargeurs...)

    Concernant l'assaut sur le pont :
    La première fois que j'en ai entendu parlé, c'était par mon chef de section, à Saint maixent, nous racontant comment il avait du, pendant une dizaine d'heure, subir les obus au gaz CS des serbes, ANP sur le visage, après seulement quelques mois de services ( Il était forban du 3, de sur, je pense même un marsouin de la section Provendier d'après mes recoupements). Le simple récit m'avait fait fortement réfléchir.
    Ensuite, j'ai vu la photo du Lieutenant HELUIN, saluant, son bandage sous le béret bleu. Un mélange de glaçage d'effroi, d'admiration incroyable et de profond respect m'a alors traversé. Je me suis demandé quel genre d'action avait bien pu traverser cet homme pour en ressortir tellement marqué. J'ai passé l'heure suivante a lire et relire le récit pour ne manquer aucun détail.
    Je suis toujours aussi profondément marqué par cette photo, et ma gorge se noue quand je relie le récit.
    Je tenais a témoigner mon profond respect pour ceux qui ont participé à l'opération et mes sincères condoléances aux familles et amis de ceux qui ont péri. Le lieutenant Heluin reste un de mes modèles de l'histoire militaire actuelle.

    Merci pour ce souvenir mon colonel, un de vos cadets de la Delayen.

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  6. Étonnamment je vois que les problèmes de l époque sont tj d actualité ... Tourelle de vab non protégé, chargeur de Famas trop "petit", pas de compatibilité entre les chargeurs Famas et la minimi, absence spécifique ( moyens pour franchissements des barbelés par exemple )
    Le part balle conçu pour les missions statique ( tj d actualité )
    Bref une tradition de l AdT

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  7. le colonel goya t il des détails concernant la préparation opérationnelle de la section heluin avant l'assaut ?
    récupération de chargeurs supplémentaires ? pour étoffer la dotation initiale ? suppression des minimis (sans intérêt en mode chargeur de 30) remplacer par des anf1 récupérer sur des vbl par exemple?
    grenade fumigènes ?
    utilisation des cisailles , pince coupante ? en dotation dans toutes les sections
    fabrication de bengalores de fortune ?
    utilisation de matériel de fortune pour écraser les barbelés , couverture ? , porte légère ? etc.....



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  8. Je suis étonné de voir qu'il y avait une compagnie de combat et non un "SGTIA", autrement dit, pas de structures interarmes (mise à part la présence de la cavalerie en appui). Pas d'observateur d'artillerie pour stopper les tireurs embusqués, pas de génie pour apporter des solutions aux différents obstacles. Un groupe génie ayant pour mission l'appui au franchissement aurait put proposer des charges allongées pour dégager le barbelé, ou s'occuper des portes a poser sur cet obstacle (et donc ne pas les oublier), ou ouvrir une brèche au MPG, ou encore aurait pu fournir un "appuis feu" au lance flamme, arme encore en dotation à l'époque et faite pour la prise de positions fortifiées.

    Bref le combat interarmes est maintenant la base et c'est une amélioration positive de ces 20 dernières années.

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    1. J'imagine que l'on fait avec ce que l'on a, y compris en temps, pas qu'en moyen. Ce qu'ils n'avaient pas, en matériels et en technicités, ils l'ont compensé par la cohésion et l'agressivité. La leçon est peut-être là aussi. Surtout au vu de ce que sont les moyens d'une unité même"S/GTIA" à l'heure d'aujourd'hui.
      Du reste, une reprise de poste avec potentiellement des otages au lance-flamme...

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    2. Pour la prise d'otage de 1988 à OUVEA deux lances-flammes avaient été utilisés. C'est plus dans le but d'impressionner et d’empêcher les personnels d'utiliser leurs armes face à une boule de feu que la prise à proprement dite du bunker.

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    3. pas d'observateur car pas d'artillerie à l'époque sur zone. elle l'a été quelques semaines plus tard (mont Igman).
      Pas sûr non plus (à vérifier) que les sapeurs présents à Sarajevo disposaient alors de tout ce que vous décrivez.

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    4. Il avaient tout cela. Je crois même que 2 MPG étaient prépositionnés à proximité (?). Le pont et le carrefour derrière étaient minés avec des mines antichars, qui ont été relevées l'hiver suivant par l'IFOR.

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  9. visiblement le temps à posé problème , mais récupérer des chargeurs en surplus ne prends pas 10 ans ? , organiser la section en groupe spécialisés , appui ,brêchage, assaut non plus ?
    mais cette mission" s'emparer de " a t elle était pratiquer par les cadres lors de leur formation en école ? durant leur affectation ?
    le problème vient sans doute de là , on survole certaines missions car elles ne sont plus dans l'air du temps , pendant des années la mode était au check point , contrôle de zone etc.... maintenant la mode est autre il faut quoi qu'un général ponde une note de service pour rappeler certaines missions essentielles du fantassin ???

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    1. Si ce type d'organisation ne correspond pas aux méthodes enseignés, apprises et aux équipements (éventuellement) disponible, c'est encore plus courir à la catastrophes. Les cadres n'auront pas les schémas tactiques correspondants et ces matériels et à cette organisations, les Hommes ne sauront pas mettre efficacement le mettre en œuvre (on voit bien que l'acte-réflexe compte plus que tout sous le feu à lire ce récit). Pour le coup, ça prendrait donc encore plus de temps, et ça pourrait même paralyser l'action.
      Je ne suis pas sur que ça correspondent nécessairement aux réalités de l'entrainement de l'infanterie française, surtout dans ces années là. Mais je suis un peu jeune pour en juger je dois dire.
      Dans un soucis d'efficacité, il vaut mieux parfois rester simple, s'en tenir à ce que tout le monde sait faire : comme à l'entrainement. Ce n'est pas dans l'action qu'on improvise. Du moins, pas idéalement.
      A lire le récit, j'ai l'impression que cet officier à appliquer son TTA à la lettre. Rien ne me semble indiquer qu'à ce niveau là, ça a raté. Son plan n'a pas fonctionné ? Il n'est qu'humain. Il a eu des pertes, oui...l'ennemi n'est pas que mauvais et lui aussi il agit. Pour le coup, il avait une valeur certaine et une certaine valeur cet ennemi !

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    2. Quand aux chargeurs supplémentaires : encore faut-il qu'ils existent, et avoir de quoi les emporter !

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    3. tout à fait d'accord avec poybe , visiblement , la pression du temps , le manque de matériel et de formation ( époque casque bleue)
      résultat un "assaut " tta" courageux et réussit mais je persiste le problème vient de la formation , le fond de sac doit être étoffé et maintenu à jour j'espère que cet exemple à servit à quelque chose depuis
      quand aux chargeurs supplémentaire , on les récupère avec leurs porte chargeurs cela me parait évident et on organise ses équipements individuels en conséquence cela me parait évident ,c'est de l'initiative niveau g,v non?

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    4. Il faudrait demander à ceux qui y étaient, mais à mon avis l'habitude, c'est d'avoir 6 chargeurs perçus dans le brelage OU la FRAG. qui ne peut en contenir que 6 (y a des astuces pour plus, mais bon, pas sur que c'était déjà à la "mode"...). Globalement, il était rare je pense de percevoir plus de 6 chargeurs, et les photos d'époques semblent montrer qu'effectivement les équipements n'en contiennent pas plus.
      Vous êtes dans une logique d'attitude de forces spéciales hollywoodienne plus que dans la logique d'un fantassin français des années 90. Qui plus est, les équipements de ces années ne permettent pas forcément la souplesse d'organisation de l'équipement que le permettrait un GPB Tigre avec son système MOLLE aujourd'hui. L'organisation de l'équipement est une notion qui c'est développé avec l'Afghanistan et l'IST/C je pense.

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  10. le bretelles de cette époque pouvaient recevoir 4 porte chargeurs sur le ceinturon sans soucis , de plus à l'époque il était courant de voir des porte chargeur m16 qui servaient de trousse petit matériel donc .. ces mêmes porte chargeurs pouvaient trouver leur place sur les gpb sur les sangles de côté .....
    pour trouver des chargeurs en rab voir le tam Cie , si nombre insuffisant taper dans la ccs , la 1 Cie du 3 rima était stationné à la skenderjia à côté de l'ucl du batinf4 les solutions sur ces détails existaient à l'époque

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  11. Courant ? Ou rare ? ;)
    Les bretelles j'ai un doute, mais je n'ai pas connu l'époque. Jamais vu les modèles 56 tissus en Yougo. de mémoire sur photo.
    Le GPB à 4 porte-chargeurs demande un bricolage ( avec une goupille de grenade ) que je n'ai jamais vu -sur photos d moins, encore une fois - à l'époque.
    Quand à trouver les chargeurs...on en revient au temps. Et à la logique de... Si on vous apprend pendant x année que 6 chargeurs suffisent. Même aujourd'hui c'est pas gagner partout de justifier de plus.

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  12. j'ai connu l'époque ayant été relevé par le 3 rima à Sarajevo donc la bricole sur gpb est faisable
    pour l'assaut lui même et de son organisation j'espère que la leçon fut comprise car la chance n'est pas toujours présente

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  13. Il n'a nul été question de chance ce jour là. (Un des participants)

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  14. Bravo et respects pour ces hommes et leur chef qui, dans une position plus qu'inconfortable (celle d'un soldat Français sous bannière de l'ONU...) ont su démontrer les belles qualités d'un fantassin Français. Chef de section au 9°RCP dans les mêmes conditions, mais en situation inversée, c'est nous qui subissions l'assaut de nos postes par les milices du Hezbollah au Sud Liban en 1986,je constate que rien n'a changé dès lors que nous sommes utilisés par l'ONU. Limitation des dotations en munitions en particulier. A l'époque, je fermais déjà les yeux sur les "détournements" de munitions de 5,56 au champ de tir pour augmenter sensiblement la dotation initiale de mes GV. Bien m'en a pris car avec seulement 120 cartouches nous n'aurions pas fait long feu sous les assauts des milices. "Système D" déjà! Alors que certains de nos Officiers nous avançaient aussi que nous n'étions pas en Algérie ou en Indochine !...

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    1. Le détournement de munitions à malheureusement posé d'autres problèmes...

      Pour ces soucis de dotations initiales, il me semble que le problème vient souvent de chefs qui ne commandent pas ! La doctrine étant apprise et sue, le chef ne se heurte pas l'esprit à ne pas avoir 'plus'. Pire, si il a moins, il s'étonnera, mais pas forcément très fort. Après tout, sur le moment tout est 'calme'. Et passer pour l'emmerdeur de service qui s'inquiète d'un rien auprès de l'autorité au-dessus, ça n'est pas dans tout les caractères.

      Aujourd'hui, ce serait plus l'excès inverse; ne pas opérer sans protections balistiques, 12 chargeurs, 48h de rations...bref, un poids monstre !

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