mercredi 28 avril 2021

La pitrerie en danger

Les deux mon général !
Je tiens à ne pas remercier par la présente un petit groupe de vieux généraux d’avoir contribué à nourrir l’image de militaires forcément réactionnaires, limite fascistes, commandés par des badernes manifestement nostalgiques, par ordre d’apparition à l’écran, de l’opposition à la Gueuse, de la Cagoule, du régime de Vichy, de l’Algérie française et du petit putsch de généraux du 21 avril 1961. Le 21 avril? Comme le hasard fait bien les choses, c’est pile-poil le jour de la publication de leur tribune dans Valeurs actuelles. Seule différence avec leurs prédécesseurs, il est probable que leur vision de la Russie a changé lorsqu’elle est passée de communiste à poutinienne.

Ne tergiversons pas, la sémantique est toujours la même : «oligarchie apatride» dans une déclaration précédente, «valeurs civilisationnelles», «hordes», «délitement», «péril mortel», «laxisme», etc. Les cibles changent juste avec le temps, un peu moins de Juifs peut-être, beaucoup plus d’Arabes à coup sûr dans un gloubi-boulga où on trie les bons rebelles qui portent un gilet jaune en oubliant que certains d’entre eux ont saccagé l’Arc de triomphe et la tombe du soldat inconnu, et les malfaisants, comme les bobos trous du cul à cagoule noire. On y fait aussi des crétins indigénistes et autres décoloniaux voire toute la mouvance Woke un danger mortel, alors qu’ils sont surtout bêtes et souvent ridicules. On notera au passage la petite taille et le ciblage très précis de la liste des malfaisants. Cette liste est néanmoins beaucoup plus longue que celle des propositions, inexistante à part l'appel au sursaut. 

Rassurez-vous, la France, la république et ses institutions, survivront comme elles ont survécu à un parti communiste aussi puissant qu’obéissant à Moscou, au terrorisme d’extrême droite de l’OAS, avec ses 2700 assassinats ainsi qu’une tentative sur le chef de l’État, à Charles Martel, à la mode maoïste ou trotskyste dans les universités, aux hippies, à François Mitterrand au pouvoir, au terrorisme d’extrême gauche, etc. Autant de périls mortels selon les uns ou les autres, qui n'ont provoqué ni explosion du pays ni guerre civile, et surtout pas de besoin de faire appel à l’armée pour rétablir l'ordre.

D’ailleurs, cette armée il serait bien de la laisser là où elle est le mieux, dans l’espace apolitique, et pas de l’associer à un texte partisan au style digne d’un appel de Francis Lalanne. Mettre son nom comme monsieur X, ancien militaire, dans une tribune politique à côté de madame Y, chef d’entreprise, et de monsieur Z, boulanger est une chose, par ailleurs tout à fait légitime, mais ne s’associer qu’entre anciens militaires avec un flou sur le statut de beaucoup, et pour Valeurs actuelles d’illustrer le propos avec une photo de sous-officier d’active, c’est autre chose. C’est en particulier entretenir une confusion dans laquelle beaucoup sont venus s’engouffrer pour en réalité parler de l’armée qui «grogne», «râle», voire «menace», etc., et donner ainsi des frissons d’extase à certains ou permettre des postures de dégoût jouissif à d’autres.

On ne voit pas très bien par ailleurs par quelle qualité intrinsèque, des militaires, même en groupe, seraient plus aptes à analyser la société que les autres et à donner des leçons. Le patriotisme est une vertu, pas un diplôme; le sens du service n’est pas non plus un blanc-seing pour se proclamer gardien du temple et arbitre des élégances. Qu’un militaire ou ancien militaire ait des convictions, c’est très bien; qu’il croie qu’elles ont plus de force et plus de valeur parce qu’il est militaire, c’est un fantasme de prétentieux. Cela ne veut pas dire que des militaires n’aient rien à dire de pertinent, bien au contraire, mais il est possible de le faire sans se prétendre expert, hormis dans les domaines qui relevaient de son métier, avec mesure, modestie et sans faire bande.

Laissez donc notre armée où elle est pour y faire son travail, qui n’est pas ou plus de maintenir l’ordre. Nos soldats sont beaux, ils font de belles photos pour illustrer tous les articles sur le terrorisme, et on a une organisation qui fonctionne plutôt bien malgré la crise dans laquelle on l’a plongé pendant vingt-cinq ans, à l’époque où beaucoup des «rebelles» en bois de la tribune travaillaient en cabinet ministériel. Ce n’est pas une raison pour proposer de l’utiliser à tout, du ramassage des poubelles à l’éducation des jeunes en passant par l’appui à la police et comme anxiolytique avec Sentinelle, et surtout pas à la «protection des valeurs civilisationnelles» comme c’est envisagé, sinon proposé, à la fin du texte. Je serai très curieux de savoir comme ils envisagent concrètement cette protection et pour quelles valeurs, mais je ne le sens pas bien.

Tout cela était assez ridicule en fait, et n’aurait pas mérité plus d’attention que les élucubrations du général (cr, au sens de croisé) Tauzin annonçant il y a quelques années en faisant les gros yeux, comment lui et quelques camarades pouvaient apprendre la politique aux politiques. Il a fallu que les Midas, le roi pas le garage, politiques viennent toucher du doigt ce papier pour en faire un buzz immérité, le seul effet concret que les auteurs pouvaient espérer, un effet qui flatte leur ego, mais embarrasse bien plus qu’il n’aide leurs camarades de l’active. Joli résultat.

En un mot et pour conclure, qui que vous êtes : lâchez l’armée, surtout s’il s’agit de politique. L’armée est par principe un instrument politique, mais au service de la politique de la nation tout entière, pas de ses partis, ni parties.

34 commentaires:

  1. De l'intelligence et du bon sens. Merci !

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  2. Bonjour Mon colonel

    Je suis d'accord avec vous quand vous soulignez la maladresse de cette tribune, mal écrite donc permettant toutes les interprétations malveillantes possibles.
    Bien évidemment, MLP s'est engouffrée dans le piège, ce qui contribue à la dévaloriser et à diaboliser ses auteurs


    Je ne connais en détail pas le parcours militaire des différents signataires, mais on peut supposer que des gens qui ont passé toute ou partie de leur vie à servir la France ont le droit de s'exprimer quand ils voient leur "patrie en danger" (les " " sont volontaires).
    Par ailleurs, comme tout citoyen français, ils bénéficient de la liberté d'association et de la liberté d'expression.

    Je ne comprends pas trop pourquoi les militaires d'active se sentent embarrassés par cette tribune, si ce n'est par le fait que le pouvoir politique va encore leur demander plus de gages de soumission.
    Et donc leur faire avaler encore plus de réformes stupides et de réductions budgétaires, qu'ils subiront sans rien dire ni même démissionner (ce que je peux comprendre entre la famille à nourrir en temps de crise éco et l'idée que si je pars, je serai remplacé par un abruti servile).

    Cela dit, je pense que vous sous estimez l'état de déliquescence de nos institutions et que vous minimisez les dangers :
    - par exemple la "culture" Woke : des profs de fac avertissent leurs étudiants qu'ils ne répondront pas à leurs mails s'ils ne sont pas rédigés en écriture inclusive
    - l'alliance entre écolos khmers verts, gauchistes, décoloniaux et autres communautaristes montre déjà ses résultats dans quelques villes : espérons que les Français ouvriront les yeux
    - l'état de quasi guerre civile qui règne dans nos riantes banlieues où même des pompiers, qui sont là pour sauver des vies, pas pour emmerder les dealers, se font caillasser et attaquer au mortier d'artifice.
    Je me demande ce qui se passera quand un policier sera contraint d'ouvrir le feu pour défendre sa vie ou celle d'un collègue : pensez vous que les forces de l'ordre suffiront alors ?

    Quant aux gilets jaunes, c'est au départ une révolte de type poujadiste, que ce pouvoir a délibérément pourri en laissant les casseurs d'extrême gauche et autres black blocs infiltrer le mouvement : je peux vous assurer que j'ai vu de mes yeux des choses qui ne font pas honneur à la police et surtout à ceux qui la commandent.
    Et concernant l'Arc de Triomphe, ce n'est pas parce qu'une racaille porte un gilet jeune que ce n'est plus une racaille, d'autant qu'un certains nombre de g.j. "authentiques" a essayé de lutter contre les vandales.

    Cordialement
    VEC (ER) Philippe Dubois

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    1. Bonjour,

      Beaucoup de ces arguments relèvent du fantasme. On peut être en désaccord sur les solutions mais ne déformons pas les faits.

      Concernant les réformes stupides et la réduction des budgets, j'ai l'impression que depuis 2013, on est plutôt sur la pente ascendante. Cela coïncide quasiment avec l'arrivée au pouvoir de dangereux gauchistes anti-militaristes d'ailleurs. En plus, beaucoup des militaires qui ont signés cette tribune aux relents nauséabonds ont servi sous les gouvernements ayant mis en œuvre ces réformes. Pourquoi ne pas avoir démissionné à ce moment ? A croire que la souplesse d'esprit s'acquiert plus rapidement quand on recherche des étoiles.

      La culture woke est un fantasme qui touche un nombre d'étudiants ridicules. Pour être allé dans une des fac les plus à gauche de France, je peux vous dire que la masse d'étudiants est parfaitement étranger à cette mouvance politique.
      Concernant ces professeurs, je serais ravis d'obtenir des sources de qualité relatant ces faits. Enfin, si vous pensez que la France est menacée par l'écriture inclusive, vous n'avez pas confiance en elle. Un peu de patriotisme que diable.

      Concernant l'alliance entre les écolos khmers verts, gauchistes, décoloniaux et autres communautaristes et les malheurs de nos villes, je vous confirme, pour habiter la plus grande d'entre elle, que la vie est devenue un enfer sur Terre : j'ai croisé des vélos sur la route. Certains cyclistes portaient même des casques. Je me suis senti dans une telle insécurité, vous n'imaginez pas.

      La guerre civile en banlieue est un thème récurrent de l'extrême droite pour attirer des voix de personnes qui, dans leur immense majorité, n'y habitent pas. Je vous laisse la grâce de faire les recherches mais je serais curieux de comparer les morts violentes en France sur la même période que celle des Troubles irlandais (en mettant en relation avec la taille de la population bien sûr). Je pense que le qualificatif de "guerre civil" tombera de lui-même.

      J'avoue mon inquiétude sur la fin de votre commentaire. Vous osez critiquer nos force de l'ordre ? J'ai l'impression que vous virez khmers verts.

      Enfin, je tiens à remercier le colonel Goya pour la qualité et la mesure de ses interventions.

      Cordialement

      Eretik

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  3. Il faudrait plus d'officiers à la retraite de gauche comme Michel Goya pour jouer les juges de paix des urgences nationales. Il est en effet à craindre que cette tribune de généraux illustre bien l'idéologie ultra-dominante au sein des armées, celle d'un patriotisme impuissant et désespéré.

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  4. Bonjour mon colonel,
    Je ne suis pas très au fait des règles qui s'imposent aux militaires en retraite ou aux généraux en 2S, mais j'ai du mal à voir pourquoi des hommes et des femmes qui meurent pour la France n'auraient pas le droit d'exprimer leur opinion sur le niveau abyssal de notre classe dirigeante. En cela je rejoins un commentateur qui s'est déjà exprimé plus haut.

    En attendant, et je vous prie de m'excuser pour ma vulgarité, mais si des généraux en retraite pensent qu'il est temps que nos dirigeants arrêtent d'êtres des merdes irresponsables, je ne peux pas les blâmer. Et je ne peux que relever l'ironie par laquelle la majorité de nos dirigeants, non contents d'échouer à obtenir la moindre sanction populaire (en raison du niveau d'abstention par exemple), se ruent à la défense de la "Patrie" républicaine en danger lorsque que des gens qui meurent pour la France dénoncent leur impéritie.

    En ce qui concerne ma propre expérience, nombre de jeunes diplômés que je fréquente et dont je fais partie souscrivent tout à fait à l'analyse de ces militaires prétendument putschistes. Et les quelques personnes de mon âge qui se sont engagées dans l'armée ont honte de servir nos dirigeants actuels, et planifient à court ou moyen terme leur sortie de l'armée. Ceux-là, militaires d'active (bien que non officiers, excusez-les par avance) trouvent qu'il est honorable pour d'anciens généraux de montrer que l'armée ne suivra pas nos dirigeants jusqu'où leur irresponsabilité emmènera la France.

    En quoi, par exemple, la demande dans cette tribune d'appliquer les lois de la République partout et également à tous est-elle dangereuse ou proto-fasciste ? Vous avez peut-être la chance de ne pas le voir pour l'instant, mais les décoloniaux ou le "wokeism" sont réellement des menaces mortelles, contrairement à ceux qui depuis des dizaines d'années dans le monde anglo-saxon soutiennent la thèse de la jeunesse et de l'idiotie des "wokes" ("Once they get off campus and into real like they'll stop that", sauf que l'inverse est vrai).

    En conclusion, le constat posé par cette tribune me semble très juste, voire gentiment esquissé, en revanche votre réaction, qui consiste à céder au chantage d'une rhétorique de cloporte, me semble honteuse. Qui menace plus la France : des dirigeants qui volent les contribuables par leur corruption et leur immoralité, ou des hommes et des femmes qui meurent pour elle, mal payés et accusés de toutes les déviations, déconsidérés par une presse largement subventionnée ?

    Sauf tout le respect que je vous dois, vous ne faites que contribuer à cette prise en otage de l'armée, dont les membres subissent dans leur chair à l'étranger - voire dans le cadre de l'opération Sentinelle en France même - les conséquences de la rhétorique électoraliste de la majorité de nos dirigeants. Mourir pour la France oui, mourir pour permettre à nos gouvernants d'afficher leur vertu sans s'occuper des problèmes français actuels, non.

    Merci tout de même pour le reste de vos articles.

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  5. Billet qu'aurait pu écrire un bon socialiste, limite antimilitariste. Quelle aisance pour cracher dans la soupe du haut de votre verbe! Et quelle déception pour moi de constater qu'un camarade puisse en arriver là.

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  6. Bonjour mon Colonel.

    Sauf votre respect, je pense que vous ne réalisez pas le danger mortel que représente le bolcho-islamo-écolo-wokisme et le péril que le point médian fait trembler sur la patrie.

    Heureusement que les glorieux généraux de brigade, du grand temps de l'armée mexicaine, ayant passé leurs carrière à rédiger des fiches en état major sont la pour sauver la patrie. #Martinez2022

    En vous remerciant néanmoins pour vos articles.
    Cordialement.
    Jean-michel Boomer.

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  7. Honte de trouver autant de coloniaux signataires de ce texte, on est loin des vraies valeurs de la "Coloniale"

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    1. je ne comprends pas le rapport avec la coloniale ?

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  8. Merci beaucoup pour cette reponse à laquelle je souscris à 100%, comme un grand nombre de mes camarades d'active !

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  9. Bonsoir mon colonel,
    Je pense que vous vous fourvoyé, il suffit de sortir sa tête du sable.
    L'Histoire tranchera.
    Respectueusement
    Daniel Bruchec

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  10. Il est je trouve amusant de voir ces adeptes de l'ordre et de la loi sembler également approuver le mouvement de gilets jaunes: Ces derniers, il me semble, manifestaient surtout car comme de plus en plus de gens ils arrivent de moins en moins à vivre décemment de leur travail et qu'en prime on les emmerdait, pour paraphraser Pompidou (qui visait les lois/règles déjà en surnombre et mal fichues), dans leur déplacements (bravo Philippe, huileur du complexe radariste amorçant un déclin) tout en prévoyant d'en rajouter une couche de plus, niveau taxation, au carburant jaune (lui-aussi) après une année précédente ou, au fond, je me demandais pour ma part comment cela avait pu passer crème. On connaît la suite...
    On a pu observer la brutalité, bien souvent gratuite, de forces de l'ordre qui les ont forcément suivi... les ordres: Quand ça gaze dès 9h00 du mat une foule calme et non à 18h quand les casseurs lancent le bouquet final, forcément ça énerve. C'est humain, à tous les coups on gagne quand on veut faire monter l'entropie.
    Nasser l'Arc de Triomphe en envoyant tout le monde au milieu n'était pas non plus l'idée du siècle. Tout ceci dans une séquence, ayant démarré avec les manif loi travail, qui a vu opposer à la liberté de manifester le risque d'être estropié/éborgné. La presse internationale s'en est émue, jusqu'aux "révolutionnaires" de Bloomberg... des régimes autoritaires se sont marrés! Navrant.
    Rappelons nous aussi ce que disait Gérard Colomb, qui a eu le sens du timing pour se tirer: La cocotte est sous pression, clairement.
    Certes,la France en a vue d'autres mais quand viendra en prime la facture du "quoi qu'il (vous) en coûte", cumulé au reste, cela risque de secouer quand même. De là à s'inspirer de la riante Birmanie... sans doute pas.

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    1. J'aime ces analyses où l'on voit les pauvres gilets jaunes forcés - contre leur gré - à saccager magasins et autres monuments et batiments publics. J'ai versé une larme. ;-)

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  11. Une tribune signée par des médecins... Aucun problème. Une tribune signée par des artistes... Aucun problème.
    ... Une tribune signée par des militaires à la retraite... Quel scandale ??!!
    Vous dites "Pitres" ; moi je dis "lanceurs d'alertes"... Et, contrairement à vous, je suis loin d'être rassuré quant à la survie de la république et de ses institutions !!
    Surpris et déçu par votre réaction...


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    1. C'est sur que les coups d'états médicaux et artistiques c'est fréquent!

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    2. Parce que les mots et les dates ont un sens. A cette date "anniversaire", une menace voilée de militaires en retraite ou d'active n'a pas le même poids ni la même valeur que le même nombre de médecin ou d'artiste.
      Effectivement, on peut s'inquiéter de la survie de la république si elle est menacée par des militaires. Difficile en revanche de trouver un coup d'état formé par des artistes ou des médecins dans l'histoire.
      Effectivement, ces pétitionnaires ont le droit d'avoir des avis, de critiquer, de conchier le gouvernement. A l'heure des réseaux sociaux et du marketing de réseau, le fait d'être (ancien) militaire est également un moyen de fédérer des idées, quel que soit le spectre politique.
      Mais la menace n'est pas de la politique : ce sont des méthodes de voyous, qui n'amène guère qu'à un seul type d'état, et certainement pas républicain.

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    3. Erreur, les médecins s'exprimant en public meuvent avoir maille à partir avec leur Conseil de l'Ordre: Dois-je rappeler qu' assez récemment certaines grandes gueules de ce métier, ont eu des soucis ...

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  12. Ancien Second Maitre Mécanicien (Marine National), je suis heureux de trouver ici un texte qui d'une certaine façon me rassure; il reste des gens sensés dans notre pays.
    En effet, j'ai lu le manifeste des ces Messieurs, et les commentaires sur le site "place d'armes".
    Comment dire...c'est effrayant de voir le nombre de...qui peuplent notre pays.
    Je préfère laisser chacun allez se faire une idée en se rendant sur ce site.

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  13. Votre article remet les choses en place , notamment sur la carrière de certains étoilés qui durant leurs activité ont pratiqué la remarque napoléonienne : " Jamais devant les canons, jamais derrière les chevaux, toujours prés des chefs"...

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  14. Bonjour mon colonel,

    je vois en vous malheureusement un visage peu humaniste par rapport à cette tribune. L'opprobe, la délation publique de collègues ou d'anciens collègues nous rappellent tous les heures les plus sombres. La fraternité est une valeur clé de notre République. Vous bafouez encore le nom et le sens de cette valeur. Vous auriez pu vous lancer dans l'analyse et la contre-argumentation. Vous êtes allés dans la contre-attaque, et odieuse est l'adjectif la décrivant.

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  15. Mon colonel, pourquoi ne mentionnez vous pas votre activisme au sein des rassemblements de l'extrême gauche, soit de la France Insoumise de Jean Luc Mélenchon?

    https://m.facebook.com/Commission-d%C3%A9fense-du-Parti-de-Gauche-1070076583022346/videos/colonel-michel-goya-%C3%A9tat-de-larm%C3%A9e-fran%C3%A7aise/1189750544388282/?__so__=permalink&__rv__=related_videos

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    1. Je ne pense pas que Michel Goya se cache d'être de gauche et de parler à l'oreille de la France Insoumise ou de LREM, son identité politique est relativement claire, bien qu'ultraminoritaire dans les rangs. Si aveugle politiquement qu'il soit sur la réalité du pays, on ne peut lui enlever d'être un historien brillant.

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  16. Le titre de votre billet est excellent -en une phrase tout est dit- et j’approuve de tout cœur sa conclusion. Merci !

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  17. Bonjour mon Colonel, je trouve vos propos très équilibrés et justes. Mention particulière pour "Le patriotisme est une vertu, pas un diplôme". Respectueusement.

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  18. Juste MERCI mon colonel...
    Un officier d'active

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  19. Bonjour mon colonel,

    Je ne tiens pas à défendre la pertinence de la tribune diffusée dans Valeurs actuelles. Je n'ai guère de sympathie pour ses signataires. Mais je suis surpris de votre deuxième paragraphe, qui expédie en quelques lignes rageuses les arguments avancés par ces militaires. Comme si les dangers maladroitement évoqués par ces derniers ne méritaient pas la moindre attention. Ils semblent pourtant traiter de sujets considérés comme majeurs par nombre de nos concitoyens, alors même que nos responsables politiques n'y accordent généralement qu'une attention superficielle, avant tout motivée par des considérations électoralistes ou opportunistes. Je me permets donc de revenir sur plusieurs de vos propos concernant le contenu de cette tribune :

    « On y fait aussi des crétins indigénistes et autres décoloniaux voire toute la mouvance Woke un danger mortel, alors qu’ils sont surtout bêtes et souvent ridicules. »

    Peut-être sont-ils bêtes, il n'empêche qu'ils bénéficient d'une audience certaine. Les idées du nouveau progressisme infusent, se répandent sans rencontrer beaucoup d'opposition, à part dans le cadre de quelques polémiques médiatiques sans grand lendemain.
    Monsieur Macron parle de « privilège blanc ». Monsieur Castaner se montre prêt à mettre genou à terre. Madame Schiappa déplore que l'ENA soit dirigé par des hommes blancs. Cette nouvelle idéologie est dominante dans de nombreux courants de gauche, ainsi que dans certaines franges de la majorité présidentielle.
    Ce progressisme « woke » gangrène également l'enseignement supérieur, et ce depuis bien avant les récentes polémiques sur « l'islamo-gauchisme ». Non pas que cette idéologie y soit dominante, mais elle est le fait d'une minorité agissante qui tient le haut du pavé et s'impose progressivement par une politique des petits pas. L'écriture inclusive s'est répandue à toute allure dans les administrations universitaires. Dans les sciences humaines, il est devenu commun de voir des professeurs tenir des discours simplistes, où le ressenti prime sur l'analyse chiffrée et sourcée. Le débat d'idée est interdit sous la pression de factions estudiantines et professorales décidées à museler toute liberté d'expression, avec la complicité d'autorités timorées. On interdit des conférences ou des discussions sous des prétextes fallacieux.
    Idem dans les entreprises. Combien d'entre elles recourent à l'écriture inclusive, ont adopté une charte de la diversité, et se gargarisent de leur inclusivité ?
    Cet activisme se déploie au mépris de la démocratie et des vœux de la majorité. Le mouvement Black Lives Matter, pourtant dépourvu de toute caution représentative, a ainsi conduit au déboulonnage d'innombrables statues historiques, sans même que l'on s'enquière de l'opinion du peuple américain. Cette folie nord-américaine, nous pend aujourd'hui au nez.
    Sans souscrire au « danger mortel » mentionné dans la tribune, je pense donc qu'on ne peut nier qu'il y a là plus qu'une mode portée par une poignée d'hystériques. Pour notre plus grand malheur, nous sommes entrés de plein pied dans ces guerres culturelles qui déchirent l'Amérique depuis maintenant des décennies. (1/2)

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    1. « On trie les bons rebelles qui portent un gilet jaune en oubliant que certains d’entre eux ont saccagé l’Arc de triomphe et la tombe du soldat inconnu, et les malfaisants, comme les bobos trous du cul à cagoule noire. »

      La tribune souligne surtout le fait que les gilets jaunes ont fait l'objet d'une répression policière féroce, alors même que le mouvement témoignait du malaise profond qui traversait le pays, notamment vis-à-vis de l'impôt et de la représentation politique. Preuve en est le soutien massif accordé par l'opinion publique dans les premières semaines, alors que les sondages donnaient systématiquement une très large majorité d'approbation envers le mouvement.
      Le gouvernement a pourtant fait la sourde oreille. Il s'est contenté de réprimer en profitant de débordements condamnables, tout en attendant que le mouvement pourrisse. Mais notre personnel politique n'a rien résolu. Il n'a pas pris acte du mécontentement populaire. Y a-t-il eu dissolution de cette Assemblée nationale si mal élue en 2017 ? Y a-t-il instauration de la proportionnelle, comme promis en 2017 ? Y a-t-il eu ne serait-ce qu'un débat démocratique ? Non, Monsieur Macron a noyé le poisson avec ses cahiers de doléances new-age.
      Encore une fois, il ne s'agit pas d'approuver tous les excès du mouvement des gilets jaunes, ou de marcher sur l’Élysée aux côtés de Francis Lalanne. Mais de considérer que le gouvernement a maintenu l'ordre sans chercher à résoudre les causes de ce mécontentement populaire qui a embrasé le pays.
      Et tandis que les gilets jaunes étaient matés en quelques mois, les Blacks blocs continuent de sévir après des années d'actions violentes. On nous répète a satiété qu'ils ne sont guère plus d'un millier, on les attend constamment à chaque manifestation d'ampleur sur Paris, et pourtant les forces de l'ordre se montrent incapables de les arrêter... (2/3)

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    2. « Les cibles changent juste avec le temps, un peu moins de Juifs peut-être, beaucoup plus d’Arabes à coup sûr […]. »

      Le fait que des militaires aient par le passé pris pour cibles nos concitoyens de confession juive signifie-t-il pour autant que les craintes exprimées dans la tribune quant à l'islamisme et à l'immigration sont infondées, ou doivent être balayées d'un revers de main ?
      Car vous conviendrez qu'il y a bien peu de similitudes entre les 300 000 Juifs que comptait notre pays à la veille de la Seconde guerre mondiale, souvent présents depuis des siècles, et les millions de Maghrébins et de Subsahariens qu'une immigration massive a amené sur notre sol au cours des cinquante dernières années.
      En 1939, la France connaissait-elle depuis des décennies l'arrivée annuelle de centaines de milliers de Juifs ? Les rabbins prêchaient-ils des doctrines hostiles à la République et aux mœurs français ? Des édifices religieux et culturels juifs étaient-ils financés par des puissances étrangères ennemies de notre patrie ? Des élus français allaient-ils inaugurer des synagogues ? Des bandes juvéniles arborant la kippa faisaient-elles régner la loi dans d'innombrables quartiers, avant de se pavaner en motocyclette devant des bâtiments publics ? Des attentats perpétrés au nom de Yahvé endeuillaient-ils chaque année notre pays ?
      J'en doute. Aujourd'hui, Dix millions de citoyens français ont de la famille par-delà la Méditerranée, de l'aveu même de Monsieur Macron. Cette population nord-africaine et subsaharienne a été multipliée par dix en l'espace de cinq décennies. La natalité, couplée au maintien d'une immigration de masse, ne laisse aucune raison d'envisager un ralentissement de cet essor.
      Cette évolution démographique, qui soulève une kyrielle de difficultés sécuritaires et culturelles, n'a-t-elle pas de quoi légitimement inquiéter bon nombre de Français, alors même que tout débat objectif et chiffré sur l'immigration est systématiquement refusé par notre personnel politique ? En cela, la crainte exprimée dans la tribune de voir « se détacher de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution » me semble parfaitement fondée, et mérite mieux qu'un renvoi à un antisémitisme maurrassien tombé en désuétude.

      Navré de ce long développement, mon colonel, mais je vous réitère mon incompréhension. A vous lire depuis des années, je m'attendais à plus de nuance de votre part quant aux thèmes abordées dans la tribune de Valeurs actuelles, quelle que soit votre opinion concernant la forme et la méthode. (3/3 - maudite limite de caractères !)

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  21. "Rassurez-vous, la France, la république et ses institutions, survivront"

    Que de certitudes...

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  22. Bonsoir monsieur GOYA,
    Permettez-moi de ne pas vous appeler "mon colonel". Vous ne méritez plus à mes yeux cette appellation. Votre réponse à la tribune des généraux, signée à ce jours par plus de 25000 cadres de tous grades et militaires du rang, est indigne de votre grade. Vous montrez bien là votre positionnement politique à gauche.
    C'est dommage et pitoyable à la fois.
    Je ne vous dis pas "Avec toute ma camaraderie"

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  23. "Cedant arma togae" Cicéron.

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  24. La République et ses institutions survivront: aux piqûres de l'islamisme et de l'extrême gauche oui... Au "patriotisme" de ceux voulant défendre les "valeurs de la France" en oubliant celles qui nous guident depuis le siècle des Lumières j'en suis de moins en moins sûr...
    Merci mon colonel de nous rappeler que les militaires ne sont pas uniformes.

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  25. Je ne sais plus quel personnage historique avait évoqué ces immigrés rentrés après la chute de Napoléon et qui "n'avaient rien oublié ni rien appris"; C'est un peu le sentiment qu 'on a à la lecture de la biographie de certains de ces officiers dés de l' autre côté de la méditérrannée quand l' Algérie était Française; Et de même que bien entendu ce ne sont pas tous les immigrés qui étaient des "ultras" de la petite coterie du futur Charles X, ce ne sont , heureusement pas tous les rapatriés qui ont gardé ce rapport un peu névrotique aux gens du maghreb et à l' islam, ni bien sur tous les militaires , même avec des étoiles qui pourraient s'abonner à V. Actuelles, pas plus que monsieur De Villiers (l'homme politique) n'est forcément représentatif des descendants de la noblesse.
    Inversement, et parce qu'en histoire rien n'est jamais simple (comme dans toutes les affaires humaines) doit-on rappeler que la IIIe république, celle laîque de Jules Ferry, a apporté elle aussi sa pierre à la colonisation et que la gauche sous la IVe république a eu une gestion très discutable des décolonisations successives et qu' il a falu un homme perçu à certains égards comme de droite (De Gaulle) par la gauche pour trouver une sortie la moins mauvaise possible.
    Bon texte en tout cas mon colonel (AMTHABS (;-)

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