jeudi 30 janvier 2020

De la réforme des armées


En trente-trois de carrière militaire, j’ai connu le plan «Armées 2000» dans les années 1980, la professionnalisation complète des Armées à la fin des années 1990, la Revue générale des politiques publiques (RGPP) et deux livres blancs entre 2008 et 2015 pour rater de peu en bout de course la «bifurcation» de 2015. Cela fait une restructuration profonde, appelons cela réforme, tous les dix ans en moyenne, un rythme que nous tenons en réalité depuis… très longtemps et qui doit constituer une particularité forte du ministère de la Défense/des Armées par rapport à toutes les autres grandes organisations publiques. En soi, il n’y a rien d’étonnant à cela. Les armées sont étroitement reliées à deux grands environnements changeants.
Celui de la nation d’abord et de sa société dont elles sont issues et qui lui fournissent ses ressources. Quand, en 1992, le Président de la république décide d’un coup de réduire la durée du service national à dix mois au lieu de douze, cela ne peut qu’avoir de fortes conséquences sur l’organisation et même le fonctionnement des armées et évidemment plus encore lorsque son successeur décide de le suspendre complètement quatre ans plus tard. Lorsque dans le même temps, on décide de s’équiper de matériels majeurs qui coûtent en moyenne à l’acquisition et à la possession trois à quatre fois plus cher que les précédents, cela a aussi forcément des conséquences lorsque le budget d’équipement n’évolue évidemment pas en proportion et a même tendance à diminuer.
Celui du reste du monde aussi, l’endroit où par principe les armées sont destinées à agir et en particulier contre des ennemis armés. Leur boulot est d’essayer de les vaincre, ce qui nécessite un minimum de réflexion et bien souvent des adaptations. Ajoutons qu’outre que ses ennemis puissent être divers simultanément ou en succession, il faut aussi effectuer tout un tas de mission non combattantes, depuis le nettoyage des plages jusqu’à l’interposition entre deux factions au milieu d’un pays lointain en passant depuis 25 ans par des patrouilles dans les rues de métropole pour rassurer les gens. Comme sous-officier je passais mes journées à apprendre à casser des chars soviétiques, mais je suis allé aussi en Nouvelle-Calédonie pendant les «événements» des années 1980 pour y protéger des sites sensibles et je suis allé accompagner des douaniers et des policiers à la frontière du Luxembourg pour protéger le territoire national des terroristes. Quand je suis sorti de mon cursus d’officier, il n’y avait plus de chars soviétiques à casser et la mode était au «soldat de la paix». Quand je suis sorti de l’École de guerre, on commençait à comprendre (plus les militaires que les politiques) que l’interposition, ça ne servait pas à grand-chose sinon à s’engluer quelque part et y perdre des soldats stupidement. On retrouvait alors la «contre-insurrection» en Afghanistan puis au Sahel et voilà que maintenant on se réinterroge sur la manière de casser des chars. Bref, beaucoup de choses variées à faire, et donc à apprendre, d’autant plus nombreuses que le Président qui n’a qu’à ordonner pour que les choses soient faites immédiatement et avec discipline, un luxe incroyable dont bien peu se passent.
Cela peut paraître contre-intuitif à certains, qui restent sur l’image d’une structure rigide, monolithique et stupide à la «Bidasses en folie», mais les armées françaises constituent sans aucun doute la grande organisation la plus soumise à la pression du changement. Est-ce que cela se passe bien? Pas toujours.
Notre modèle de défense date des années 1960 à l’époque où on avait, osons le mot, une «grande politique» («Si on n’a pas de grande politique quand on n’est plus une grande puissance, alors on n’est plus rien» Charles de Gaulle). L’adossement force nucléaire-force conventionnelle de type Seconde Guerre mondiale était coûteux en capital, mais avec un effort budgétaire moyen entre 2 et 4 % du PIB à une époque où la croissance du PIB était facilement du même ordre et un budget de fonctionnement réduit par l’emploi massif d’appelés et de réservistes, il était financé. La force conventionnelle était un peu sous-équipée et on manquait singulièrement de moyens de faire des choses en grand au loin, puisqu’on n’y envoyait que des professionnels, mais c’était cohérent et cela tenait à peu près. On complétait les professionnels par des Volontaires service long (VSL), des CDD de quelques mois qui permettaient à des appelés de dépasser la durée de service et donc de ne plus être considérés comme des appelés. Tout le monde n’était pas équipé des matériels les plus sophistiqués et coûteux.
Le modèle a commencé à craquer avec les difficultés économiques. L’effort de défense était réel montant jusqu’à presque 3 % à la fin des années 1980, mais il est difficile de maintenir un effort au-delà du taux de croissance annuel (on pourra appeler cela le «principe de Gaston Imbert), surtout quand l’inflation est forte. Il fallut faire des économies ailleurs, en réduisant les commandes d’équipements, mais aussi ceux le nombre de ceux qui les utilisaient. On procéda donc à une contraction des armées d’environ 1/6 e en quelques années, considérant avec certaines raisons que l’apport qualitatif compenserait la perte de volume. Le personnel étant majoritairement composé d’appelés, cette réduction des effectifs fut relativement bien absorbée même s’il est toujours pénible de supprimer des régiments, des bases ou de ne pas renouveler des bâtiments de la Marine nationale. Le coup principal était surtout porté au principe d’un service national, dont la composante militaire n’était plus assurée que par un quart d’une classe d’âge.
La fin de la guerre froide et plus secondairement la guerre du Golfe causèrent de grands troubles. Le modèle était cette fois franchement en crise. Sans menace majeure, l’effort de défense déclina rapidement et comme les taux de croissance n’étaient pas fameux, les budgets n’ont cessé de décliner depuis 1991. On ne pouvait plus se payer des équipements du futur avec des budgets du passé (celui de 2010 équivalait à celui de 1982 en monnaie constante). Le changement radical de contexte international imposait de faire de même dans notre politique et notre modèle de Défense, un «reboot». On ne le fit pas vraiment, hormis par la professionnalisation complète des forces dans la deuxième moitié des années 1990.
Là ce fut plus difficile que dans les années 1980. Il fallut «dégraisser» de 30 à 40 % selon les armées en cinq ans. Bien sûr, il s’agissait surtout de remplacer les appelés par des professionnels moins nombreux, mais que de mutations, entre les corps dissous et les gradés retirés des corps déjà professionnels pour encadrer les nouveaux. Combien de carrières furent stoppées, et combien différemment parmi les officiers selon les origines, car la pyramide ne pouvait être la même au sommet lorsque la base se resserrait fortement. Mais globalement, il y avait un objectif valorisant. On supprimait la distinction entre les «deux armées», celle qui partait en opération et celle qui restait en métropole, et on devenait une grande force de projections, à une époque où celles-ci se multipliaient, car bien sûr «pendant les travaux la vente continuait».
Le résultat n’a pas été à la hauteur des espoirs, car le modèle n’était toujours pas financé et la professionnalisation n’a au bout du compte fait qu’accentuer le problème. Non qu’il ne faille pas le faire, mais il fallait le faire de manière à ce que ce soit soutenable économiquement, en augmentant les budgets, en utilisant beaucoup plus les réserves en complément de forces professionnelles peut-être plus réduites et/ou en utilisant des équipements moins coûteux et suffisants pour les besoins du moment, autant de solutions de rupture que personne n’a osé prendre.
La crise n’étant pas résolue, il fallut à nouveau «réformer» à partir de 2008. Cette fois ce fut carrément un désastre, exemple de solutions technocratiques imposées sans vraie réflexion et au moins de précautions. Pour trouver des financements, on se contenta de la solution la plus simple : supprimer les soldats (les «réserves de productivité» selon les termes d’un membre de la DRH du ministère de la Défense) par dizaines de milliers, 73000 au total selon la RGPP et les deux Livres blancs de 2008 et 2013. Tout s’effondra, le nombre de soldats, le nombre d’équipements disponibles, l’administration avec les Bases de défense, la solde avec le logiciel Louvois… sans résoudre en rien le problème de financement. Dans le même temps, les mêmes forces armées dont on sacrifiait par stupidité les ressources étaient pleinement engagées au combat en Afghanistan puis à nouveau en Afrique. Au bilan, on ne pouvait finalement pas plus engager de troupes au loin que dans les années 1980 et au près, à la frontière ou en métropole, puisqu’on fait laissé disparaître la Défense opérationnelle du territoire, et réduit la force conventionnelle a une portion congrue. En 1990, on pouvait engager une centaine de régiments de combat aux frontières, vingt-cinq ans plus tard, on n’aurait pu aller au-delà d’une douzaine, et pas en quelques jours comme à l’époque.
Et puis est survenue 2015, et plus exactement des événements dont la possibilité et même la forte probabilité étaient inscrites en toutes lettres dans les livres blancs juste avant la partie «on va donc réduire les moyens». Étrangement, on considéra que ce qui était proclamé comme impossible précédemment le devenait soudainement, par l’action de quelques salopards. On trouve finalement des financements, et alors qu’il fallait dégraisser absolument pour réussir la «modernisation», il fallut recréer des postes du jour au lendemain. Pour autant, cinq ans plus tard, il n’y a toujours pas plus de soldats face à l’ennemi, l’essentiel étant surtout de les envoyer dans les rues de France ou bientôt dans le Service national universel (SNU) et montrer que l’on faisait quelque chose sans prendre trop de risques. Je ne suis pas sûr non plus qu’on résistera longtemps à la tentation de prendre dans ce budget «poulet rôti». Je ne suis pas sûr non plus en réalité que le modèle «high tech-pros only», soit efficient. On verra, il faudra de toute façon des années pour sortir de la crise dans laquelle des réformes à courte vue nous ont plongés.
Pour savoir si un modèle est efficient et donc si une réforme est utile, il faudrait savoir en quoi ce modèle contribue à une grande politique, en admettant que l’on ait une bien sûr une grande politique («être présent quelque part» ne constitue pas une grande politique, ni «faire des économies» ). Sans vraie vision et sans une réflexion profonde sur les moyens qui sont nécessaires à sa réalisation, comme dans les années 1960, toutes les réorganisations seront boiteuses, sinon vouées à l’échec. Quand j’entends parler de réforme, je suis donc très sceptique. Je demande où est la grande politique qu'elle doit servir.

16 commentaires:

  1. je ne sais pas ou on va, mais comme autrefois, ce sera à pied, pour cela j'espére retrouver mes rangers d'autrefois, qui tenaient mieux que les actuelles!
    A/C TDM (r)

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  2. Pour cela il faut de la tête et des tripes. Pas réflechir qu'avec des comptes en banques et de "la gouvernance".
    http://dutungstenedanslatete.blogspot.com/2017/10/les-limites-du-technologisme.html

    "En même temps", demander ça à des affairistes...

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  3. Jupiter mis à terre à cause d'une bête histoire de pompe...à essence. Ce n'est pas aussi croutillant qu'Edgar Faure, mais on a paraît-il les chefs que l'on mérite, un peuple de moutons engendrant toujours un gouvernement de loups.
    https://www.athena-vostok.com/j-ai-mal-a-ma-france

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    1. Oups, Félix Faure.
      https://www.nouvelobs.com/documents/20191212.OBS22244/qui-etait-la-pompe-funebre-de-felix-faure.html

      Comme dans "Le père Noël est une ordure".

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  4. Mon colonel,
    Il me semble surtout regrettable qu'actuellement il soit très difficile de trouver du "sens" à l'existence et à l'emploi d'une force armée. Comme vous l'aviez fait remarqué dans un précédent post, si le service militaire était accepté, c'est parce qu'il y avait une menace réelle et proche (les troupes allemandes puis russes). Il y avait une menace existentielle planant sur notre pays et même sur le monde à partir de 1945. Mais à présent ? Il y a bien la menace terroriste, mais il s'agit plus d'un problème de sécurité, qui relèverait surtout de la police et de la gendarmerie. Bien sûr, on peut justifier aussi d'aller porter le fer et le feu à l'étranger contre les bases arrières de ces terroristes, mais après le désastre de l'Irak (et son cortège de mensonges) ce genre d'argument a peu de chances d'être entendu. On se heurte encore au problème du grand vide: faire la guerre contre qui, et au nom de quoi ? Il n'y a plus vraiment de menace aux frontières, et même des pays relativement proches qui pourraient nous être franchement hostiles comme la Turquie n'ont pas vraiment les moyens de mener une invasion en bonne et due forme (ce qui n'exclue nullement une "guerre fourrée" comme l'a fait l'Iran). Il pourrait bien y avoir la Russie, mais son président n'a jamais proféré de menace ouverte contre notre pays. Seules les menaces contre la ZEE pourraient à la rigueur justifier un effort dans le domaine naval, et plus en faveur de la Gendarmerie maritime plus que de la Marine. Difficile dans ces conditions de justifier la recréation d'un vrai service militaire obligatoire (et forcément coûteux), et ce serait encore pire de le faire accepter aux conscrits. C'est sûrement stupide, mais on n'y peut rien. Vous l'aviez dit, ce sont les nations qui font les guerres, il faut donc que la nation consente à ce sacrifice.
    Le comble, c'est qu'au milieu de ce marasme les militaires sont parait-il le service public préféré des Français après les services de santé. Peu de personnes sont encore en faveur de la disparition des armées, il n'y a pas eu de grandes protestations contre l'arrivée de la DBLE au Larzac, et les budgets sont à présent mieux assurés. Mais la question du sens reste posée, surtout quand on continue de représenter les soldats "morts pour la France" comme des victimes, même si c'est mieux que d'être traité de "facistes" comme le furent ceux d'Indochine. Comme vous le dites, il manque une stratégie, sans doute pas "grande" (je préfère me méfier de la folie des grandeurs des chefs d'Etat, même élus) mais enfin responsable. Cela dit, je crains que les Français ne soient pas tant intéressés par la grande stratégie que par leurs emplois, leurs aides sociales et leurs retraites (ce qui peut se comprendre, d'ailleurs). Reste aux soldats de gérer la misère, les yeux dans le guidon, à la b... et au couteau. C'est navrant, mais c'est tout ce qui reste pour sauver l'honneur en attendant une prise de conscience ou une situation qui justifiera une vraie stratégie.

    Respectueusement.

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    1. Monsieur,
      Lorsque vous passez en revue les potentielles menaces,concernant la menace russe, vous dites : " son président n'a jamais menacé la France ", cert, mais Hitler, non plus.
      En septembre 1939,c'est la France qui a déclaré la guerre à l'Allemagne hitlérienne, et no l'inverse.
      Et si la France l'a fait, c'est qu'elle n'avait plus le choix, elle ne pouvais plus regarder ailleurs, comme l'a fait à l'époque, pour la Tchécoslovaquie, et l'Autriche, et comme l'a fait de nos, jours, vis à vis des agissements de la Russie en Crimée et en Donbass.
      Si le colonel dans son blogue, il évoque le fait qu'aujourd'hui, on se prépare de nouveau à casser des chars, c'est bien de la Russie du Poutine, qu'il s'agit, et de son rêve de la Grande Russie, et son rôle de protecteur de tous les russophones, ou qu'ils habitent. Et Dan's les trios pays baltiques (pays membres de l'OTAN), les russophones sont nombreux
      Voilà ce qui justifie d'avoir une arme, bien équipée, entraînée et motivée ( mais sur ce dernier poi9il y a sujet à débattre
      Cordialement Stefan

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  5. Merci pour ces explications, Monsieur Goya,

    Elles me font penser à un propos entendu je pense en 2017 tenus par M. Pierre Servent je crois ou un autre intervenant d'une chaine TV sur les questions militaires et qui m'avaient estomaqué.

    Il disait mais ma mémoire est un peu bruleuse) que les forces militaires russes n'étaient pas supérieures aux forces françaises. PAs de détails et les journalistes ou animateurs n'ont pas fouillé.

    Est-ce que cela tient debout ?

    J'avais rencontré un officier Américain en. France pour une mission de coopération avec l'Arméee Française et lui avais posé la question , il m'avait répondu que cela nécessiterait de longs développements et la nature professionnelle de notre rencontre ne m'a pas permis d'en savoir plus. En tout cas il est intéressant que la réponse n'ait pas été un esclaffement et un "of course not ! A moins qu'elle n'ait été que gentille et polie à l'égard d'un Français.

    JE serais bien content d'avoir un avis compétent !
    Bien à vous
    Serge Merlaud

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    1. Les forces soviétiques étaient certainement plus faibles qu'elles n'apparaissaient sur le papier et que nous le pensions. Quelques années après la fin de l'URSS, l'armée russe était tenue en échec à Grozny par quelques milliers de combattants tchétchènes. Mais dans les années 1980, les forces du Pacte de Varsovie représentaient encore une masse considérable, très supérieure aux forces françaises seules. Que se serait-il passé en cas d'affrontement en Europe, c'est rétrospectivement très difficile à dire.

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    2. Merci d'avoir répondu ,
      Mais de nos jours ?
      Je n'imagine pas de mon point de vue de civil béotien, des troupes françaises s'opposer aux russes par exemple en Ukraine ou dans un pays balte. Cet "expert" semblait confiant (il ne parlait pas du théatre européen je crois). La proximité de la mère patrie, la rodina en l'occurrence, paraissant un gros handicap. Sans coimpter le poids politique d'engager une combat direct contre les russes...

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  6. Ayant commencé en 1962 j'ai vu la transformation post guerre d'Algérie puis la réorganisation des FAR /CA à deux CA puis a un seul avec la fin des Brigades devenues Divisions et enfin la professionnalisation.

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  7. Sous lieutenant appelé je suis arrivé à BERLIN en 1963 Notre Armée avait alors (ou a eu quelques temps après suite aux réorganisations "post guerre d'Algerie" 3 CA et 14 ou 15 Divisions a trois Brigades.Et effectivement nous avons passé quelques années avec des soldats appelés (qui faisaient bien leur travail si on les encadrait correctement) à attendre en s'entrainant le débouché des "hordes bolcheviques" depuis la trouée de Fulda. A Berlin pendant deux ans nous attendions la massacre en essayant de durer le plus possible mais sans illusion)J'y ai vu ensuite dans les plaines de l'est de la France l'arrivée des AMX30 et ceci nous a fait le quotidien jusqu'aux années 1977 environ.Puis les brigades sont devenus divisions (et il y en a eu moins) Nous avons eu trois CA puis deux CA et la FAR avec la rivalité entre ceux qui campagne double OM et ceux qui Mourmelon Mailly Sissone Munsingen.
    Sorti de l'ESG en 1982 je retouve la même armée mais on commence à nous demander, à nous Corps Blindé Mécanisé des officiers pour le LIBAN. 1982/1984 on cass toujours du char face à Fuldaet en 186 j'intégre enfin la prestigieuse FAR.
    Ensuite j'assiste a la dissolution de la 1ere Armée du 2° CA et à la fin du 3eme devenu le seul.En 1995 je rejoins la "territoriale" (EM-CMD ou je commence a devoir proceder a des dissolutions d'unités! Triste! C'est peu de temps après que atteint par la limite d'age je pars et, seul à l'EM je dis "avec la professionnalisation vous mourrez dans l'indifférence générale parce que avec des appelés si on leur supprime le dessert toute la nation se dresse tandis qu'avec des engagés ...Hélas on y est ! Un peu d'émotion tout de même après UZBEEN et après la perte de deux équipages d'hélicoptères mais hélas on n'en parle que sur les reseaux sociaux militaires parce que dans les usines et les administrations ca ne fait pas l'objet de débats autour du café matinal hélas ! Quand aux bases de défense interarmées lorsque j"en ai entendu parler je me suis souvenu que, en 1990 on avait créé des "Bases de défense Terre" et que ça n'avait pas donné grande satisfaction!déja !Alors moi aussi "quand j'entends parler de réforme je suis sceptique"

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  8. Il en va de la « réforme » dans les armées comme dans les autres corps de l’État. Ce ne sont plus que de simples variables d’ajustement budgétaire au service de la doxa européiste, dépouillées de toute importance stratégique et hors de toute vision sur le long terme.

    Tout à fait désolant et source de grands périls pour notre nation, mais tout à fait logique : à partir du moment où vous remettez les clefs de votre souveraineté en ne battant plus monnaie et en laissant aux marchés dicter votre politique industriel et économique, vous n’avez plus besoin d’avoir une armée puisque celle-ci sert en dernier recours à défendre une liberté et une indépendance qui se diluent dans l’UE.

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  9. Pas besoin de chercher loin pour trouver des terroristes.
    https://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/5872872/marseille-le-presume-criminel-de-guerre-syrien-vivait-a-noailles.html

    Il était "étudiant" en chimie ?

    Vous étiez trop optimiste monsieur Goya, en pensant qu'un attentat de masse ferait pousser des couilles à une civilisation mourante.
    https://lavoiedelepee.blogspot.com/2015/10/le-jour-dapres-la-grande-attaque.html

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  10. Mon colonel,
    vous résumez très bien ce que les militaires français ont vécu depuis les années 80.
    Il a été facile pour les gouvernements successifs, depuis trente ans, de faire porter les diminutions budgétaire sur l'outil militaire (dissolution d'unité, report de programme de matériel...). L'écroulement du pacte de Varsovie a aidé grandement pour faire passer ces coupes budgétaires, "les dividendes de la paix".
    Après les derniers attentats sur le territoire national nous commençons à prendre conscience que vivre en "sécurité" dans un monde "globalisé" à un coût financier, humain et matériel.
    L'effort de défense collectif exige une contribution adaptée à la sécurité et à l'ambition que nous voulons avoir collectivement pour notre pays.
    N'oublions pas la phrase de J STALINE "le pape combien de division?" qui, même si l'époque n'est plus la même, est toujours valable. Un pays qui dispose d'une armée, bien équipée, bien entraînée et suffisamment nombreuse fera toujours réfléchir un éventuel agresseur.
    Nos gouvernants retiendront t ils les leçons des derniers conflits : Afghanistant, Syrie, Mali...
    L'avenir nous le dira.
    cordialement

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  11. Bravo! Nous sommes un certain nombre à vous suivre et je souscris bien évidemment à votre analyse. Mais si on entre dans le détail, la situation est encore pire pour nos forces blindées "de rupture" totalement sacrifiées et notamment dans l'hypothèse d'un conflit de haute intensité. "Certes, le corps terrestre sera plus connecté, a priori plus efficace, mais plus sensible aux cyberattaques et aux contre mesure électronique, avec des aptitudes marquées au combat collaboratif qui ne sauraient être l’alpha et l’oméga du combat futur. Car quel que soit ses capacités nouvelles, ce corps de bataille continuera de manquer singulièrement de volume et de muscles.
    Bref, une armée de terre aux dimensions modestes, incapable de se régénérer après un premier choc majeur.
    Ce constat est d’ailleurs tout aussi vrai pour notre Marine en manque de frégates et notre Armée de l’air en manque de chasseurs, de transporteurs, de drones ...."
    https://www.athena-vostok.com/armee-de-terre-francaise-le-niveau-capacitaire-1

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  12. La pantalonnade continue, encore et encore...
    http://www.opex360.com/2020/02/09/le-commissariat-des-armees-se-met-en-ordre-de-marche-en-vue-de-soutenir-un-engagement-operationnel-majeur/

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