mardi 31 mars 2015

Pour le retour des héros

En 2009, l’historien britannique Ben Macintyre s’étonnait dans un article du Times qu’aucun héros combattant ne soit connu du grand public de son pays malgré la violence des combats en Irak et en Afghanistan. Il constatait également que les soldats mis en avant par l’institution militaire étaient des héros « secouristes », comme le caporal Beharry, récompensé de la Victoria Cross pour avoir sauvé des camarades lors d’embuscades en Irak en 2004.

Quelques mois plus tôt dix soldats français (et peut-être 70 rebelles) étaient tombés dans un combat dans la vallée afghane d’Uzbeen. Le ministre de la défense de l’époque refusait d’admettre que le pays était en guerre. Un hommage émouvant fut rendu aux soldats morts pour la France mais les seuls combattants vivants à avoir l’honneur des médias furent…les rebelles interrogés par Paris Match. Rien en revanche, entre autres, sur le sergent Cazzaro, alors en tête de la section tombée dans l’embuscade et qui a réussi à se sortir du piège, en abattant plusieurs rebelles.

Quinze ans encore avant, en juin 1993, une troupe française menait aussi un combat très violent à Mogadiscio et réussissait sa mission. Action passée totalement inconnue des Français…au contraire des combats américains au même endroit, en octobre, popularisés par un livre documentaire, La chute du faucon noir et surtout par un film tiré du livre. Le combat avait été un échec mais un échec n’empêche pas les actes héroïques et le film les met clairement en avant.

La chute du faucon noir date de 2001, début de « la guerre contre le terrorisme ». Cent soldats français sont tombés au combat dans le cadre de cette guerre, en Afghanistan, en Somalie et au Mali. D’autres combats très violents ont eu lieu par ailleurs, en Libye en 2011 et en Centrafrique en 2014. Pour autant, le public reste incapable de citer le nom d’un excellent soldat et nos films de recrutement s’obstinent toujours à éviter de parler du combat et surtout de le montrer. Par pitié, on ne parlera pas du cinéma français. 

Si on veut voir des images « institutionnelles » de combat, il faut regarder Flames of war, la série de films vantant les exploits des soldats de Daesh. Si on veut voir des héros au cinéma, on va voir American sniper, le film de Clint Eastwood retraçant la vie et les combats du tireur d’élite Chris Kyle. Il faut ensuite se demander, si nous sommes effectivement en guerre, si on peut gagner cette guerre sans ressentir le besoin, comme nos adversaires, de mettre en avant nos guerriers. 

23 commentaires:

  1. Merci d'en parler , comme vous le dîtes personne ne le fait .. l'époque n'est pas au kaki, il est devenu honteux de supporter les soldats et même son drapeau. Quand à mettre en avant nos guerriers, le militaire français reste humble, il veut juste qu'on le respecte et qu'on ne se moque pas de lui, mais je pense qu'il serait heureux que l'on honore son sacrifice et non pas celui des barbus en face de lui .

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  2. C'est une question culturelle, pour avoir travaillé avec les Américains et les Britanniques j'ai pu mesurer les différences de considération et d'approche. Mais les militaires eux-mêmes ne sont pas exempts de reproche. L'époque, depuis la remise en cause de l'idée de Nation (fin de la première guerre mondiale?), n'a jamais été au kaki. J'ai assisté à plusieurs reprises aux réactions plus qu’insultantes de chefs face à des demandes d'information de la part de journalistes, il ne faut pas s'étonner ensuite d'une certaine réserve face à la chose militaire. Quant à la communication made in DiCod il y aurait tant de choses à dire...

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  3. Et vous oubliez Démineur, Captain Phillips, Zero Dark Thirty, Lone Survivor... Une magnifique campagne de recrutement pour les US Navy Seal concernant ces trois derniers. A voir aussi toute l'industrie qui tourne autour du soutient au soldat.

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  4. Regardons la réaction du monde cinema français et des critiques (15% sur rotten tomatoes) face à un film comme "Forces Spéciales". Sans être un chef d'oeuvre le film n'est pas mauvais comme la souligné la critique étrangère et les spectateurs (52% sur rotten tomates). Le cinéma français semble avoir en exècre l'armée française sauf s'il s'agit de l'enfoncer (l'ennemi intime, l'ordre et la morale, etc), là le film devient digne d’intérêt pour eux...
    Au delà de ça il est évident que si on laisse le terrain de la propagande à l'ennemi on lui cède un terrain très stratégique. Et effectivement la question peut se poser du rôle du monde audio-visuelle dans cette guerre.

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  5. Il y a aussi de bons films français: Le Bataillon du ciel réalisé par Alexandre Esway, sorti en 1947, basé sur le livre de Joseph Kessel et qui relate l'épopée des SAS.. La 317° section évidemment, La Bataille de l'eau lourde film franco-norvégien réalisé par Jean Dréville, sorti en 1948, Week-end à Zuydcoote film franco-italien réalisé par Henri Verneuil, sorti en 1964, Vent d'est, film franco-suisse réalisé par Robert Enrico, sur un scénario coécrit avec Frédéric H. Fajardie, sorti en 1993.Un taxi pour Tobrouk réalisé par Denys de La Patellière, sorti en 1961. et de nombreux autres..

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    1. 1er avril oblige?1 avril 2015 à 16:12

      que des films récents!!!!! c'est du second degré ou vous n'avez pas lu le post en entier?
      j'hésite quand même entre un pos de l'IHEDN ou de la DICOD et un poisson d'avril.

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    2. Ce qui démontre la qualité du post de Michel Goya.. Oui j'avoue je suis tombé dans le piège.. Même pas honte, un peu d'humour sur ses propres faiblesses, nul n'est parfait.. Je ne suis pas rancunier..

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  6. je me faisais cette réflexion en regardant le énième sport de recrutement de l'armée de terre : on dirait un spot de l'UNICEF ou de la protection civile : je m'engage pour aider les autres, faire du VBCI dans un champ de patate mais par contre rien sur le fait d'aller au combat, le vrai, celui on on tue les ennemis en prenant le risque de se faire tuer aussi.
    Mais il faut dire que depuis 20 ans, la Défense n'est qu'une dépense publique qu'il faut réduire (sauf les "nukes" parce que pour crâner à l'ONU s'est utile) et rien d'autre.
    Dommage(s).

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  7. Bonjour mon Colonel
    Observations rigoureusement exactes. Alors que les forces d'intervention de "sécurité intérieure" voient leurs actes régulièrement portés aux nues, tant sur le plan de la fiction (je pense au film "L'assaut" notamment) que dans le "monde réel" à l'issue de missions périlleuses telles que vécues récemment à Dammartin en Goêle et à l'Hyper Cacher de Vincennes, notre Armée (Terre, Air, Mer) n'a aucun "soldat modèle" à proposer.

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  8. Mon colonel,
    Comment avoir des héros dans les guerres actuelles? Il n'y a plus de soldat français ! Ils sont tous anonymes ! Tous les militaires en opération sont désignés par leur prénom (sergent Max, Lieutenant Paul...) et à Chammal, ils n'ont même plus de visage. Les chaînes de télévision ne sont pas très enclines à multiplier les reportages o``u se succèdent les interviews des pieds de tel sous-officier armement RAFALE et du dos de tel pilote.

    Je ne sais pas si j'ai raison de lier les deux faits. Je m'interroge beaucoup sur les conséquences de cet anonymat des soldats.

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    1. Raison de sécurité aussi: pour les soldats comme pour leurs familles. On voit déjà des menaces de la part des fameux djihadistes , on a eu Mérah. Que penser aussi des "soldats de l'ombre" dont personne ne connaîtra ni le nom, ni le visage. La guerre se prête mal aux vantardises et sottises des réseaux sociaux.

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  9. Bonjour, au hasard de mes pérégrinations sur internet je lisais votre article puis regardais le clip de Five Finger Death Punch sur les vétérans américains et leur incapacité (pour un nombre important d'entre eux) à reprendre une vie "normale" après leur engagement. Je m'étonnais de l'écart entre le traitement médiatique plutôt favorable aux soldats US et leurs problèmes post-conflits et l'effet apparemment inverse en France où l'on parle peu des combats des soldats mais ces mêmes soldats semblent ne pas (ou peu) connaitre ces problèmes de "retour au pays". Est-ce un effet d'optique du au traitement médiatique ou un réalité ? et comment l'expliquer ?
    Pour info, le clip en question : https://www.youtube.com/watch?v=o_l4Ab5FRwM

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  10. Il ne peut pas y avoir de héro avec une supériorité matérielle écrasante, et c'est dans ces conditions que notre armée combat...

    Hé bien oui, toute considération morale et politique mise à part, le vrai héro sera forcément celui qui part combattre plus fort que lui seulement armé de son courage et d'un fusil.

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    1. il me semble qu'au Mali, l'infanterie française a combattu les Djihadistes dans le blancs des yeux (ce qui prouve la proximité des combattants) dans les Adrars des Ifoghas. Et c'est bien l'infanterie française qui est parti rechercher cette proximité.
      Alors, si nous suivons votre raisonnement, les fantassins français ne peuvent pas prétendre à être héros malgré cette proximité qui annule la supériorité matérielle.

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  11. nous faisons des "guerres" auxquelles la population n'adhère pas. nous faisons les guerres de nos politiques, celles de leurs alliances.. de leurs intérêts qu'ils voudraient être ceux de la France. La dernières guerre de l'armée de conscription fut la première guerre du Golfe. Là déjà nos politique comprirent que la France n'accepterai pas que ses appelés aillent mourir pour des chimères lointaines et les intérêts d'une minorité. L' Armée de conscription avait vécu. Depuis nos engagements successifs sont loin d'emporter l'adhésion populaire, nos militaires y vont ils se battent sont blessés ou tués mais le peuple ne suit pas. Il ne s'agit pas de dénigrer la valeur et l'esprit de sacrifice de nos militaires, mais de dénoncer l'ineptie des choix de nos gouvernants. Toutes ces "guerres" n'ont rien changé elles ont ou bien prolongé le "status quo ante" sinon aggravé une situation antérieure dans un sens défavorable à nos interets. Dernier exemple endenté l'Afghanistan qui bientôt après dix ans de conflit retombera sous la coupe des Talibans. Je ne vous parle pas de la Libye et du "massacre" de Benghazi, "massacre" qui allai se révéler aussi "concret" que les ADM de Saddam. Aujourd'hui BHL "va t'en guerre" contre DAECH, nous savons donc ou nos soldats vont bientôt aller faire leur devoir. Ce combat, ils le mèneront dans l'indifférence generale car la cause n'est encore une foi pas la bonne!
    Peut être qu'en Attaquant l'Arabie Saoudite pour libérer le monde et les femmes de "l'oppression de la barbarie musulmane" nous obtiendrions moyennant un soutient médiatique total ( Propagande genre je suis Charlie) l'enthousiasme patriotique de la population qui, pourrai se reconnaitre dans les "héros" à elle montrés par la télévision. Mais là il s'agit de science fiction...

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  12. Si je reprends votre phrase: ''quelques mois plus tôt, dix soldats français étaient tombés dans un combat en Afghanistan à Uzbeen... Rien en revanche entre autres sur le Sergent Cazzaro...''
    Si on veut mettre en exergue le comportement héroïque d'un soldat ( ou de soldats français), il faut expliquer l'origine de l'accrochage ou laisser faire les journalistes faire leur travail de relation de faits (ou d'investigation) et là...on tomberait dans les détails qui ne sont peut-être pas à la gloire du commandement !

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  13. Une société créée des héros si elle en veut. L'opposition entre la France et les USA sur ce point est on ne peux plus trompeuse. La reconnaissance de l'armée par la nation et le peuple américain est innée et vivra encore de nombreuses années devant elle, qu'importent les scandales ou dérapages.
    En France, je pense qu'il est plus sur de parler d'une "humble pudeur", qui veut que oui, on aime "son pays, son drapeau et ses soldats", mais au final, le reste du temps, ce n'est pas le sujet de préoccupation principal.
    Combien d'anciens combattants mis à l'honneur dans des évènements sportifs ? Imaginez un stade, plus grand que le stade de France, ou avant une partie de base-ball, on acclame un vieux vétéran de la 2ème GM. Chacun se levant, ôtant son chapeau, et chantant l'hymne national.
    En France, on a déjà honte et peur de parler de certains de nos combats, alors d'ici a en sortir des héros...
    SAUF :
    Quand on est entre nous. Entre "mili et anciens mili". Les héros, nos écoles de formations en sont pleins. Et fait intéressant selon moi, on puise dans le "jeune vivier" si je puis me permettre. la promotion ENSOA ADC Correira et la promotion d'officiers mariniers SM Johnatan Lefort datent de moins de 5 ans après leur décès.
    Mais hormis le microcosme familial et amical proche, qui ces gens intéressent-ils ? Et pourquoi n'intéressent-ils pas plus loin ? Est-ce réellement aux journalistes d'aller chercher des exemples, ou à l'armée de les pousser ? Doit-on pour autant tomber dans le "Syndrôme Zaïtsevf" et fabriquer des héros ou plutôt, crier leur histoire haut et fort ?

    @ Yrr : Si si, il peut y avoir des héros alors qu'on a de la "supériorité matérielle". Chaque armée et chaque arme au sein de celles ci compte des hommes pour qui le dépassement de soi est inné. Peu importe qu'ils servent comme mécanicien sur rafale, pilote 10RC ou radariste dans un ATL2.

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  14. Il est vrai que notre société fabrique et promeut plus volontiers des victimes, réelles ou supposées, que des héros. C'est, pardon du terme, du misérabilisme gauchisant, ce qui sert de mode de pensée à toute une intelligentsia journalistique, littéraire, télévisuelle, cinématographique typiquement française. Mais ne soyons pas défaitistes : d'une part, les français affichent habituellement une posture critique vis-à-vis des institutions (l'armée, l'église, l'Etat) mais sont capables de discipline lorsque les circonstances l'exigent (union sacrée, consentement à l'impôt, manifs Charlie de masse mais peu de répercussions positives pour les récupérateurs comme Hollande). D'autre part, le mode de pensée évoqué pourrait être en train, justement, de passer de mode. L'antimilitarisme qui va avec n'est donc pas nécessairement le sentiment général de la population, mais le discours de la minorité qui tient le crachoir et qui fait passer ses positions de caste pour des opinions généralement admises... Croisons les doigts !

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  15. « Chouette » J’aime bien la notion de pudeur ! la France jusqu’à aujourd’hui était constituée d’un peuple cultivé ou d’expérience (hors zone média parisien) part et suite à de gros traumatisme guerrier, mal endigué et surtout enfoui : Waterloo, le 2e Empire, la guerre de 70, la colonisation, la retraite de 1914 , la victoire sanglante de 1918, la défaite inconcevable de 1940, les prisonniers, l’exode, l’occupation, la collaboration, et enfin la victoire grâce à des forces étrangères en 1945, les destructions, la décolonisation, l’abandon de ceux qui ont cru en la France (Harki, Pied Noire, Indochinois) ……
    Nous aimons nos soldats mais avec retenus, nous restons méfiants vis-à-vis de l’institution le militarisme, le patriotisme, le politique va en guerre, la répression, le sacrifice nous avons donné et payé très chère.
    Les traumatismes disparaissent petit à petit, la nouvelle génération sera différente, indifférente ? pas sûr du tout …

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    1. Une telle concentration sur 200 ans cela laisse des traces dans le patrimoine génétique d'un pays et de la population qui en est issue ! non ?

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  16. Bonjour ,
    Encore en retard pour commenter ;0(
    " la chute de faucon noir " , je me souviens du débat de l'époque malgré un internet beaucoup moins développé , c'est le
    cas typique de l' opération de com' supervisée par le Pentagone .
    C'est même l'opposé de " La ligne rouge " où le réalisateur a refusé de satisfaire aux remarques de ce même Pentagone pour pouvoir disposer de l'appui logistique de l' US Army .
    " .When Ridley Scott went to Morocco to film Blackhawk Down, the U.S. Army was so gung-ho to immortalize this bit of military derring-do history onto celluloid forever, that they not only supplied all the weapons and vehicles for the film, but they actually provided a real life Ranger regiment to train and advise the filmmakers for their film about an embattled Ranger regiment in Mogadishu, Somalia."
    http://warmovies.about.com/od/Political/fl/Which-Films-Does-the-Pentagon-Financially-Support.htm
    http://original.antiwar.com/sean-a-mcelwee/2013/04/28/propaganda-and-censorship-the-hollywood-industrial-complex/

    L'Armée Russe et l' Armée Chinoise financent et mettent à disposition du matériel et des personnels pour leurs films nationaux-patriotiques .Voir par exemple les scènes de guerre de " Vie et destin " , un simple feuilleton télé Russe ( 12 équipages de blindés au minimum pour une " simple " bataille de T-34 ) et " Héros de guerre " .
    C'était la coutume dans les années 60 - 70 ou l'on allait même chez les Hongrois et les Yougoslaves pour la figuration de masse des productions Franco-Italo-Germano-Yougoslavo-...

    Quid de l'Armée Française mis à part deux Rafales pour les" Chevalier du Ciel" ?
    Et :
    1- Il y a t'il un public pour ces films " à la Française " ?
    2- Quel acteur risquera sa carrière dans un film qui sera vu volens nolens comme de la propagande par certains ?
    3- L'Armée Française est-elle prête à la même collaboration que l' Us Army ( La chute de faucon noir ) pour un film sur l' A-Stan ou le Mali ?

    Bonnie Taylor a bien raison : Nous avons besoin d'un héros ....Where have all the good men gone and where are all the gods?
    Where's the street-wise Hercules to fight the rising odds? »
    https://www.youtube.com/watch?v=8fpjuoKhfJo

    Très Cordialement
    Daniel BESSON



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  17. le cedre de 97-99 pourrait il contacter à Castres le dragon 98-2000 . Merci

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  18. Vous oubliez la différence de culture: contrairement aux européens, les américains mettent des héros partout. Le mot héros est omniprésent dans les pubs, les journaux, à la télé... CNN a son héros de la semaine par exemple. Rien d'étonnant à ce que ce soit aussi le cas dans le domaine militaire.
    Et c'est parce que le terme héros est un peu galvaudé qu'ils ont du inventer des super héros pour leur imaginaire. Tandis que nous nous contentons de simples héros.

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