dimanche 30 août 2020

Une brève histoire des Troupes de marine


Article paru dans Guerres et Histoire n°33, octobre 2016

Destinées aux opérations amphibies et outre-mer, les Troupes de marine ont été, et sont toujours, de tous les combats de l’armée française. Tour à tour fusiliers marins et soldats de ligne, mais toujours voyageurs, Marsouins et Bigors forment le premier corps d’intervention de la France depuis quatre siècles.

La première armée de marine

Les Troupes de marine (TDM) sont nées de la volonté du cardinal de Richelieu de doter la flotte de sa propre armée, afin de protéger ports et arsenaux, mais aussi d’assurer le service des armes à bord des vaisseaux de ligne qui apparaissent alors. Il crée donc, en 1622, avant les Royal Marines britanniques et bien sûr les Marines américains, les premières «compagnies de la mer» associant fusiliers et canonniers au sein de petites unités d’une centaine d’hommes intégrés dans des corps aux noms changeants. 

D’emblée cette force rattachée à la marine se trouve tiraillée entre les besoins contradictoires de la flotte, des colonies et de l’armée. L’armée a besoin de soldats, la marine préfère investir dans les navires et marins. Quant au «service des colonies», il est initialement le fait des armées des compagnies à charte et des milices locales. Les «compagnies de la mer» sont donc régulièrement dissoutes puis reconstituées lorsqu’on s’aperçoit que le combat, qu’il soit à bord ou à terre dans les colonies ne s’improvise pas. La France est ainsi incapable de défendre les Indes et le Canada faute d’une véritable «capacité de projection».

Tirant les leçons des errements de la guerre de Sept Ans (1757-1763), on organise en 1772 un solide corps royal de la marine regroupant huit régiments stationnés dans les ports et on les équipe des premières tenues bleues avec une ancre sur les boutons. Cette première armée de marine disparaît finalement dans la tourmente des guerres de la révolution et, après Trafalgar (1805), ses fantassins et artilleurs combattent dans les rangs de la Grande Armée.

La nouvelle armée de marine

Après maints atermoiements depuis 1822, l’ordonnance du 14 mai 1831 reforme les nouvelles Troupes de marine avec la formation des deux premiers régiments d’infanterie de marine (RIM) à 30 compagnies, un troisième étant ajouté en 1838. Il est formé également un régiment d’artillerie de marine, porté en 1840 à 40 batteries. Ce sont donc des régiments considérables qui présentent la particularité d’être présents simultanément sur plusieurs continents. Le 3e RIM est ainsi présent simultanément à Toulon, à Cayenne, au Sénégal et sur l’île Bourbon (Réunion). En 1845 enfin, la vocation interarmes s’étoffe avec la naissance de la cavalerie de la marine avec la création d’un escadron de spahis au Sénégal. C’est à cette époque que les fantassins de marine désormais dispensés du service de bord pendant les traversées sont comparés par les marins aux marsouins qui suivent les navires en quête de nourriture. Quant aux artilleurs désormais attachés aux batteries côtières, ils sont comparés à petits coquillages fixés aux rochers et deviennent des bigors, diminutifs de bigorneaux, à moins que cela vienne du vieil ordre «bigues dehors» de mise en batterie au temps de la marine à voile.

Les troupes de marsouins et bigors sont plus qu’ailleurs encadrées par des officiers issus du rang ou du corps des sous-officiers, mais aussi formés dans les écoles de l’armée, à Saint-Cyr ou Polytechnique — où ils occupent le fond des classements jusqu’aux années 1880. Il ne fait pas bon trahir l’armée en allant servir la marine et puis le service outre-mer est éprouvant. La troupe formée de volontaires souvent issus des milieux les plus pauvres est jugée de mauvaise qualité. Il s’y forme cependant une culture très particulière, revendiquant l’origine très populaire de ses membres avec des traditions à faire pâlir les ligues de vertu jusqu’à aujourd’hui, mais aussi le goût du voyage et de l’aventure. L’attachement à cette communauté particulière coincée entre les marins et les «biffins» («chiffons») de l’armée métropolitaine est très fort, plus qu’à des régiments où on ne fait que tourner.

Cette communauté est petite, 16000 hommes au total, est de toutes les expéditions de la monarchie de Juillet, du Mexique en 1838 à la guerre franco-tahitienne de 1844 en passant par la prise de Tanger en 1844 ou les débarquements dans l’océan Indien. Après une interruption lors de la IIe République, le Second Empire renoue avec l’aventure coloniale et un quatrième RIM est formé en 1854. Les cadres sont par ailleurs déployés dans les quelques troupes indigènes qui commencent à se former.

Les expéditions de la marine (désormais à vapeur) reprennent : les marsouins s’emparent de la Nouvelle-Calédonie en 1853, débarquent à Canton en 1857 puis au Liban en 1860. Surtout, la Marine conquiert la Cochinchine de 1858 à 1860. Les Troupes de marine participent aussi au long siège de Puebla au Mexique en 1863 et aux guerres en Europe. On les retrouve ainsi face à l’armée russe en 1854, en Crimée et dans la Baltique. Pendant la guerre de 1870, marsouins et bigors sont regroupés dans la division bleue du général de Vassoigne, qui s’illustre à Bazeilles (près de Sedan) par sa résistance acharnée — exploit qui devient en 1952 le fait d’armes fédérateur des TDM, célébré tous les ans (pour un excellent résumé voir ici).

Après 1870, les TDM sont pourtant à nouveau sur la sellette : la priorité est en effet à la préparation de la «revanche» sur le continent européen, et la nouvelle république se méfie des troupes professionnelles, toujours susceptibles de fomenter un coup d’État. C’est pourtant cette nouvelle république qui se lance au début des années 1880 dans la conquête coloniale et pour cela les marsouins sont indispensables. Le combat n’est plus sur mer, ni sur les côtes. La France envoie quelques officiers de marine, comme Borgnis-Desbordes, Archinard, Lamy ou Largeau s’emparent de territoires immenses en Afrique avec des colonnes de quelques centaines d’hommes seulement.

Il y a aussi les grandes expéditions, comme celles de Tunisie en 1881, du Tonkin à partir de 1883 et de Madagascar en 1894. Les 15000 marsouins et bigors dispersés dans le monde sont insuffisants pour cela et il faut faire appel à l’armée métropolitaine. Outre que le ministère de la guerre est réticent à ce détournement de ressources, on s’aperçoit que les pertes par maladies sont considérables parmi les appelés venant directement de France, presque 6000 à Madagascar en 1895 pour seulement 25 morts au combat. Le principe est alors acquis de ne plus envoyer outre-mer que des soldats engagés ou des volontaires acclimatés.

Volontariat et métissage

La fin du XIXe  siècle est donc marquée par plusieurs évolutions. Il est décidé de renforcer les effectifs des TDM tout en ne faisant appel qu’à des volontaires. Le nombre de régiments d’infanterie de marine en métropole est doublé et on en forme dix autres dans l’Empire. C’est un échec, les volontaires s’avérant insuffisamment nombreux pour les armer. Après des années de tergiversations, on se décide enfin, par la loi du 5 juillet 1900, après 102 projets avortés, à retirer les TDM à la marine pour en faire «l’armée coloniale» placée sous la double tutelle des ministères de la Guerre et des Colonies, en fonction du stationnement des troupes.

Un corps d’armée colonial de deux divisions est même formé en métropole et intégré dans les plans de mobilisation de l’armée avec ses 30000 marsouins et bigors. Ses unités sont à recrutement métropolitain mixte, volontaires et appelés, mais seuls les premiers peuvent servir outremer. Simultanément, pour le service des colonies, on fait de plus en plus appel aux troupes indigènes, sous l’appellation de spahis et surtout de «tirailleurs», sénégalais, annamites, tonkinois ou malgaches. Les tirailleurs sénégalais — venant de moins en moins du Sénégal — passent ainsi de 6600 en 1900 à 31000 en 1914. Ces bataillons prévus à l’origine pour le contrôle de leur propre territoire deviennent vite une réserve opérationnelle qui est engagée au Maroc à partir de 1907, avant peut-être la métropole comme le propose Charles Mangin en 1910, dans La Force noire.

On théorise aussi de nouvelles méthodes. En 1899, Joseph Gallieni publie un Rapport d’ensemble sur la pacification, l’organisation et la colonisation de Madagascar, où il expose son expérience de résident-général. Reprenant des méthodes déjà appliquées au Tonkin mais dont l’origine remonte sans doute jusqu’à l’occupation de l’Aragon par Suchet en 1808, via Bugeaud, puis Faidherbe, Gallieni exprime l’idée que «le soldat ne doit pas se borner à l’action militaire», mais œuvrer à la mise en valeur du territoire qu’il occupe afin de démontrer clairement les bienfaits de la présence française et créer ainsi un cercle vertueux. La méthode n’est pas exempte de brutalité lorsque des résistances se présentent, mais à l’inverse des «Soudanais» qui ont conquis l’Afrique occidentale, elle s’accompagne de séduction. Cette approche empathique avec le milieu constitue depuis un élément fondamental et particulier de la culture des TDM.

Dans les guerres mondiales

Lorsque la guerre commence, l’armée coloniale en métropole est forte d’un corps d’armée de deux divisions d’infanterie coloniale (DIC) soit environ 30000 hommes. Ces deux divisions sont suivies de cinq autres et d’un deuxième corps d’armée. Les bataillons de tirailleurs y sont intégrés progressivement à partir de septembre 1914 et ils sont plus de 70 à la fin de 1915. Contrairement à la légende, ces bataillons ne sont pas plus engagés que les autres et leurs pertes au combat sont inférieures à la moyenne des troupes métropolitaines. Il est vrai que les tirailleurs ont surtout été engagés après les combats les plus meurtriers, ceux de 1914, et qu’ils souffrent plus en revanche du climat et des maladies. On prend donc l’habitude de les retirer du front les mois d’hiver. À la fin de la guerre, les troupes coloniales de toutes origines représentent environ 10 % des forces combattantes françaises, avec une forte concentration dans le front des Balkans et même en Ukraine en 1919 où des bataillons de tirailleurs affrontent avec succès des troupes russes bolcheviques.

On découvre à cette occasion que ces troupes professionnelles sont plus fiables que les troupes d’appelés métropolitains qui ne comprennent pourquoi ils combattent aussi loin de la patrie et alors que celle-ci n’est plus menacée. C’est après le risque des maladies tropicales, le deuxième argument pour ne plus engager hors des frontières que des soldats professionnels. Or, les expéditions sont nombreuses jusqu’en 1927, on retrouve donc l’armée coloniale sur tous les fronts, en Rhénanie, en Silésie, en Syrie et surtout au Maroc pendant la guerre du Rif de 1921 à 1926. On conserve aussi l’idée d’un corps à double mission de garde de l’empire et de réserve métropolitaine. Lors de la mobilisation de 1939 et jusqu’en juin 1940, ce sont neuf divisions coloniales qui sont formées. Avec un total de 500000 hommes, les troupes coloniales atteignent alors leur sommet. Elles se battent avec courage, perdent 20000 hommes, obtiennent quelque un des rares succès de l’armée française notamment au nord de Lyon, mais n’empêchent pas le désastre. Les tirailleurs sénégalais ont payé cette fois un tribut plus lourd que les autres dans les combats et sont victimes du racisme allemand.

Comme les autres corps, l’armée coloniale se retrouve ensuite très divisée. Avec l’application de l’armistice, il ne reste plus que trois régiments en métropole, l’Indochine est occupée par les Japonais et l’Afrique occidentale reste fidèle à Vichy. Ce sont finalement dans les provinces les plus éloignées de l’empire, dans l’Afrique-Équatoriale française et dans le Pacifique, que sont formés les contingents les plus importants de la France libre. Par habitude de l’autonomie, mais sans doute aussi parce que la culture de l'armée coloniale s’accorde mal avec les idées fascistes et racistes de l'envahisseur et des collaborateurs de Vichy, les coloniaux forment le gros des volontaires de la France libre.

Les bataillons de marche intègrent la force du colonel Leclerc au Tchad ou les brigades françaises libres combattant avec la 8e armée britannique. Trois bataillons de marine combattent ainsi à Bir Hakeim en mai 1942 aux côtés de la Légion étrangère. Avec la réorganisation de 1943, ces premières forces forment le noyau dur de la 1ère division française libre et de la 2e Division blindée de Leclerc tandis qu’une nouvelle grande unité, la 9e DIC, est formée. La coloniale participe ainsi largement à la libération de la France et à la campagne en Allemagne. Presque tous les régiments actuels des TDM, à l’exception des parachutistes (sauf le 1er RPIMa, héritier des Special Air Service français) sont issus de cette armée de la libération. Sur les six corps de l’armée de Terre faits «compagnons de la Libération», six sont de l’armée coloniale.

Tout de suite après la fin de la guerre, les troupes coloniales sont au premier rang de la réaction aux premiers mouvements d’indépendance à Madagascar et surtout en Indochine. Le corps expéditionnaire qui y débarque en octobre 1946 avec un groupement de la 2e DB, la 9e DIC et la 3e DIC, est composé pour 80 % de coloniaux. Aux côtés de l’armée d’Afrique et des volontaires métropolitains, les coloniaux fournissent un certain nombre d’unités de combat, notamment, à partir de 1948, les huit nouveaux groupements de commandos coloniaux parachutistes (GCCP, devenus ensuite Bataillon parachutiste coloniaux).

Leur action principale est cependant une action de présence dans les postes, les montagnes ou les écoles avec les forces locales, les indigènes ou de l’armée nationale vietnamienne. À la confluence de l’héritage de Gallieni et des méthodes de contrôle du Vietminh, des officiers y développent une école de pensée de la «guerre révolutionnaire» avant de basculer en Algérie. L’Algérie est par définition le territoire de l’armée d’Afrique et les «colos», 80000 hommes, y interviennent pour la première fois. Ils y mettent en œuvre, en particulier sous le commandement du général Salan, de 1956 à 1958, diverses théories de pacification centrées sur la séduction et le contrôle de la population civile arabe. Ces idées s’opposent aux méthodes initiales plus répressives ou ensuite plus conventionnelles comme celle du général Challe (où s’illustrent à nouveau les quatre régiments parachutistes coloniaux). Elles échouent tout autant à trouver une issue favorable au conflit.

Le retour des Troupes de marine

La fin de l’empire ne signifie pas pour autant la fin de cette armée qui abandonne son qualificatif de «coloniale» par un décret d’avril 1958 pour devenir d’«outre-mer» puis définitivement et à nouveau «Troupes de marine» à partir de 1961. Même si les «colos» sont désormais majoritairement en métropole, le service outre-mer demeure, il est même reconnu par la loi du 20 décembre 1967 comme leur «vocation principale», qui justifie de conserver le statut d’«arme» et donc aussi l’autonomie de gestion du personnel.

Dans les DOM-TOM, ce service outre-mer prend la forme de troupes de souveraineté, mais aussi avec Service militaire adapté (SMA), c’est-à-dire une formation professionnelle encadrée par des militaires. De manière plus originale, il s’exerce aussi par une présence dans les anciennes colonies africaines qui se concrétise par des conseillers, des bases permanentes et des forces d’intervention venues de métropole. Ce service outre-mer prend finalement une extension imprévue à partir de 1969 lorsqu’il faut mener une campagne de contre-insurrection au Tchad, puis lorsque les interventions se multiplient à partir de la fin des années 1970, en Afrique toujours, mais aussi au Liban ou en Nouvelle-Calédonie ou dans le Golfe en 1990. Pour satisfaire les besoins en troupes d’intervention, on professionnalise sept régiments et la 9e division d’infanterie de marine est reformée en 1976.

La fin de la guerre froide et la décision, en 1996, de professionnaliser entièrement les forces armées françaises entraînent la fin de la distinction entre armée métropolitaine et armée d’outre-mer. L’existence des troupes de marine est une nouvelle fois menacée. Un projet court un temps d’un nouveau rattachement à la marine. S’il n’est pas suivi d’effet, les «colos» jouent de cette tradition pour réinvestir les opérations amphibies. Les TDM sont finalement peu affectées par les restructurations. Logiquement on ne dissout pas des régiments déjà professionnels et les régiments d’appelés sont souvent des «Compagnons de la Libération» et donc alors intouchables pour le président Chirac. Paradoxalement, le poids des troupes de marine tend ainsi à augmenter en métropole alors qu’il se réduit outre-mer où les bataillons deviennent des unités cadres accueillant des compagnies tournantes venues de toute l’armée de terre. Surtout, les Troupes de marine et la Légion étrangère n’ont plus le monopole presque exclusif des opérations extérieures. Pour autant, les marsouins sont encore très engagés. Plus du tiers des soldats français tombés en opération depuis 1962 portaient une ancre de marine alors qu’ils ne représentent, avec 18000 hommes et femmes, que 15 % des effectifs de l’armée de Terre.

Les Troupes de marine françaises constituent ainsi une structure atypique assez différente des unités de «marines» des autres armées. Si elles ont une compétence pour les opérations amphibies, leur cœur de métier reste l’intervention au loin et au milieu de populations étrangères avec une appréhension toujours globale des problèmes. Les marsouins et bigors sont plus que jamais les soldats voyageurs de la France.

Centre d’étude d’histoire de la défense, Les troupes de marine dans l’armée de terre, un siècle d’histoire 1900-2000, Lavauzelle, 2004.
Collectif, De Bizerte à Sarajevo : Les troupes de marine dans les opérations extérieures de 1961 à 1994, Lavauzelle, 2004.
Christian Benoit, Antoine Champeaux, Éric Deroo, Maurice Rives, Des Troupes coloniales aux Troupes de marines : Un rêve d’aventure 1900-2000, Lavauzelle, 2000.
Collectif, Les troupes de marines, 1622-1984, Lavauzelle, 2000.
Erwan Bergot La Coloniale : Du Rif au Tchad (1925-1980), Presses de la Cité (1982)

16 commentaires:

  1. Belle et rapide fresque.
    Ce qui rend fier de cette modeste agrafe "Troupes de Marine" que l'on trouve parfois au détour d'un placard.

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  2. Belle et rapide fresque.
    Ce qui rend fier de cette modeste agrafe "Troupes de Marine" que l'on trouve parfois au détour d'un placard.

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  3. Mon père me disait toujours que la différence entre un séjour en Afrique à un poste en Métropole c'était l'impossibilité de faire appel au "service après vente". L'idée était donc de se débrouiller, esprit toujours prėsent dans les TDM.

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  4. Un article parfaitement objectif dès l'introduction. Joyeux Bazeilles ! Et par dieu...

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  5. Merci de ce jolis rappel d'un pan peu connus de notre histoire commune.

    Une Question au passage, j'avais lus, je ne sais plus où, que l'armée français s'était fortement distingué à la fin du 19ième siècle de l'armée anglaise dans son approche des troupes coloniales et indigène. Avec entre autre beaucoup moins de présupposé raciste, même si ils étaient certainement présent.
    Amenant à des perceptions totalement différentes des soldats "de couleurs" dans les armées française, anglaise ou américaine lors de la guerre de 14.

    Auriez vous un avis sur la réalité de cette image et si oui d'où cela a t'il pus venir

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  6. " Le 1er RPIMa, héritier des Special Air Service français " certes cela est officiellement sa filiation, mais avoir fait du 1er RPIMA la seule unité TAP pouvant se revendiquer de l'héritage SAS FFL, cela est pour le moins contestable. Après guerre les unité SAS FFL (les survivants et notamment ceux qui restèrent dans l'armée) furent intégrés dans divers unités paras, celles-ci changèrent de nom au fil de la guerre d'Indochine. De même leur appartenance à la "métro" ou " coloniale" étaient surtout théorique-administrative, les cadres paras servaient au gré des séjours dans l'une ou l'autre. La répartition "métro" et " coloniale puis RPIMA ", elle ne fut figée qu'à partir du début de la guerre d'Algérie et cela pour les unités TAP.

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    1. Très juste "Trekker",
      ou comment le "2e Régiment de Chasseurs Parachutistes", de l'armée de l'air (ce qui lui vaudra ses six citations à l'ordre de l'armée), est en effet brusquement, en dehors absolument de toutes les règles communes (numérotation, corps d'arme, armée d’appartenance, et bien sûr continuité historique...) dans l'armée française, transformer en 1er RPIMA :
      Il y a en effet parfois des choses étranges dans nos armées modernes, comme certain qui se retrouvent crédité d'une fourragère aux couleurs de la légion d'honneur pour les différentes citations de leurs divers bataillons (à cette aune là, d'autres en auraient vingt ou trente (citations à l'ordre de l'armée), et une demi douzaine de fourragères pour le même genre de compte), là aussi du jamais vu et en dehors de toutes règles.

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  7. Ne pas oublier cependant nos autres corps d'infanterie d'élite, " ils le valent bien", amplement même tant ils ne méritent nullement leur quasi total oubli actuel (l'air du temps sans doute).

    En commençant par exemple par sans aucun doute un des plus illustres, si ce n'est le plus glorieux, de toute notre histoire militaire, mais actuellement que trop injustement rayé des cadres, presque oublié même aujourd'hui, et éliminé des effectifs et du nombre des unités qui concoururent le plus au renom non seulement de nos armées, mais également tout simplement de la France.

    Ce corps, au combien fameux, n'est autre que celui du corps des autrefois si célèbres et inoubliables Zouaves.
    Unités d'élite par excellence, ces régiments d'infanterie furent constitués, en Afrique du Nord, à partir de 1842, à partir d'engagés volontaires, originaires de la métropole essentiellement, et venant de toutes régions, et plus encore de toutes les classes de la société française. Ce qui en faisait en tant que volontaires, des soldats d'emblée particulièrement motivés.
    Reconnus pour leur rusticité, et pour leur esprit particulièrement inventif et débrouillard (ils sont également parmi les inventeurs du célèbre système D" à la Française, qui en ont fait une de nos spécificités uniques et enviées des autres armées européennes en général). Ces "Zouaves", prenant la tête de toutes les opérations des armées françaises, acquirent rapidement une réputation proverbiale de courage et de bravoure, et presque d'intrépidité.
    Ces régiments français, pleinement et totalement français, constituaient en effet, avant même la légion étrangère à l'époque, la première troupe et la plus réputée de l'armée d'Afrique, elle-même fer de lance de toutes les interventions françaises.

    Pour toutes ces raisons, et toutes ces qualités, ils étaient autrefois mondialement renommés, au point d'être copiés dans plusieurs pays.
    Ils demeurent toujours aujourd'hui, les régiments et le corps d'infanterie, c'est-à-dire le corps d'arme, le plus décoré de toute l'armée française et de tout temps.
    Sachant par exemple pour ce qui concerne la Première Guerre mondiale, que sur les seulement vingt-trois régiments ou bataillons, qui y gagnèrent le port de la fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur sur un ensemble de plus de 500 unités d'infanterie, quatre étaient des régiments de Zouaves sur un total de seulement huit régiments formés à l'époque.
    Deux de ces régiments, les 4e et 8e Régiment de Marche des Zouaves, font partie des cinq régiments les plus décorés de la Première Guerre mondiale :
    Ce qui en l'occurrence pour ces derniers et l'ensemble de ce corps d'infanterie d'élite française ne laisse rien au hasard ou au fait d'une position singulière d'une de ces unités isolée, mais relève bien d'un fait remarquablement constant.
    Huit régiments qui reçurent à eux seuls plus de 43 citations à l'ordre de l'armée, pour leur conduite collective héroïque durant tout ce conflit. Ceci sans compter la douzaine de citations à l'ordre de l'armée acquises par les régiments dits mixtes composés de bataillons de Tirailleurs, et de Zouaves.

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  8. Soit une moyenne, de plus de cinq citations par régiment, supérieur à tous les autres corps d'élite.
    Contre trois citations à l'ordre de l'armée en moyenne pour les quelques soixante-dix de bataillons de Chasseurs, à pied ou alpins, avec une moyenne plus proche de quatre citations pour les trente bataillons issus de l'active.
    Un peu plus de deux citations en moyenne environ encore, mais avec de très grandes disparités, pour les quelque trente régiments de Tirailleurs. Un nombre variant beaucoup entre le début et la fin de la guerre avec beaucoup de dissolution et de recréation, et surtout avec beaucoup de création la dernière année de 1918. Un chiffre qui est ainsi un peu supérieur à trois citations à l'ordre de l'armée en moyenne si l'on considère uniquement la quinzaine de régiments de Tirailleurs ayant plus ou moins fait toute la Première Guerre mondiale sans discontinuité.
    De deux, en moyenne, pour la trentaine également de régiments d'infanterie de marine.
    Et d'une citation et demi à l'ordre de l'armée, en moyenne, pour les plus de 400 régiments d'infanterie classiques. Régiment d'Infanterie, qui sont eux aussi loin d'avoir démérité durant cette guerre, c'est pour chacun en moyenne plus de 2000 tués, soit l'équivalent de leur effectif, et quatre fois plus de blessés, certains souvent estropiés à vie, pour rappel.
    Cela mis à part le seul régiment, insuffisamment représentatif en tant que tel, de la légion étrangère qui fit toute la Première Guerre mondiale.

    Durant la Seconde Guerre mondiale, ils furent parmi les premiers régiments opérationnels reconstitués, et continuèrent ensuite à faire jeu égal avec les meilleurs régiments de France, et y compris avec les quelques régiments de la légion étrangère, qui devinrent à cette époque leurs grands concurrents.

    Brusquement dissous à la fin de la guerre d'Algérie, sans plus de raison que tous les autres, ils sont le seul corps qui ne fut jamais recréer en tant qu'unité opérationnelle, depuis cette époque, contrairement même aux régiments de Spahis ou de Tirailleurs, pourtant historiquement plus constitués en majeur partie d'Algériens, de Tunisiens, ou de Marocains, alors que ces derniers régiments de Zouaves étaient essentiellement constitués des descendants d'émigrés français d'Afrique du nord, communément appelés "pieds noirs", et de français originaires de métropole en plus ou moins grande partie et durant la plupart du temps de leur si glorieuse existence au demeurant.

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    1. @ Ronin après l'Algérie la volonté de l'armée était de ne plus garder d'unités de l'armée d'Afrique hormis la Légion (volonté d'amnésie sans doute). Les zouaves, les chasseurs d'Afrique et les tirailleurs restants ont été dissous. Le 1er RS a perduré après car il était compagnon de la libération (cela n'a pas sauvé le 1er RAMa en 2013 mais c'est un autre débat).

      Ensuite il y a eu des unités renommées pour faire plaisirs a des politiques mais aucune recréation d'unités nouvelles: 170e RI renommé 1er Tir (Seguin) ou 1er chasseur renommé 1er RCA (Chirac) mais c'est tout.

      Vu l'état de ce qui nous reste d'armée de terre si on veut un régiment de Zouaves opérationnel il faut débaptiser une unité existante de fantassins. Sachant qu'il ne s'agira pas d'une unité de la légion, de para, de montagne ou de l'infanterie de Marine cela laisse le choix entre une poignée d'unités. Surtout si on tient compte du fait que 1er Tir et 16e chasseurs seuls dans leurs catégorie ne seront probablement pas concernés, et que le 1er RI de par son ancienneté n'a aucune chance être débaptisé. Reste uniquement les 35e, 92e, 126e et 152e RI. Je ne suis pas favorable à ce qu'on débaptise ces régiments qui ont une belle tradition mais bon faites votre choix.

      Si on veut une autre entité qu'un régiment opérationnel les CFIM ont déjà tous reçu l'appellation d'une régiment en sommeil idem pour les centre d'instruction sauf le CEITO de Canjuers qui a perdu l'appellation 122e RI (pourquoi mystère). Donc lui pourrait recevoir l'appellation d'un régiment de zouaves sans rien chambouler et faire du symbolique.

      Pour avoir à nouveau une unité de zouaves opérationnelle il faudrait qu'on remonte en puissance au point d'avoir à recréer des régiments et qu'on nomme zouave un de ces régiments. Cette dernière condition est facile à remplir pour peu que la première le soit ce qui me paraît très improbable même dans le meilleurs des cas.

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  9. Pour compléter votre propos, le 2 e Régiment de Chasseurs Parachutistes est dénommé ainsi le 1 juillet 1944 et cela dans la nouvelle armée française : précédemment il était le 4 ° SAS régiment au sein des paras FFL sous commandement britannique. De 1946 à 1960 ce bataillon para portera une foultitude de dénominations, et dont certaines en Indochine feront allusion aux SAS.

    Le 1° RPIMA qui porte cette dénomination est créé le 1 novembre 1960 à Bayonne, et jusqu'en 1976 il sera uniquement une unité d'instruction des engagés paras de l'infanterie de marine et aussi des appelés devant servir dans des RPIMA ou RIAOM basés en Afrique notamment. Ce n'est qu'en 1976 qu'il deviendra en partie opérationnel, et cela avec la création en son sein du Groupement Opérationnel (G.O.) comptant environ 150 officiers et sous-officiers, et ce GO sera pontuellement employé par le service action de la DGSE. A partir de 1981 ce GO "déteindra" sur tout le régiment, celui-ci sera alors l'équivalent au sein de la 11° D.P. de ce qu'était le 13° RDP au sein de la 1er Armée. En 1997 il est est placé sous le commandement du COS, et sera ultérieurement rattaché aux Forces Spéciales: cas toujours actuellement.

    En recherchant l'historique très mouvementé du 1 ° RPIMA, notamment à l'époque guerre d'Indochine de ses prédécesseurs, on ne trouve que trois bataillons portant la mention SAS. Cette filiation SAS qui lui est actuellement attribué est donc amplement abusive, et résulte d'une décision administrative fort contestable. Pour plus voir l'article qui lui est consacré sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/1er_régiment_de_parachutistes_d%27infanterie_de_marine

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    1. En effet quand on mélange allègrement bataillons, demi brigades, et régiments, tout devient extrêmement confus (à dessein peut être).

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  10. Mais surtout lors de la guerre d'Indochine la "Coloniale", et la "Métro" tenait absolument à y être présente à quasi égalité. De cela résulte en grande partie les dénominations de circonstance des bataillons, à l'époque la structure des régiments était ternaire, chacun comptant trois bataillons et ils n'étaient pas tous engagés en même temps dans la guerre d'Indochine, à cela s'ajoutaient des bataillons " autonomes" : cas des 1° et 2° BEP.

    Comble de l'ironie administrative militaire, cela pour maintenir l'équilibre "Coloniale" - "Métro" lors de cette guerre d'Indochine : un bataillon paras colonial (BPC) formé et instruit à Tarbes, fut au cours de son transfert en bateau dénommé Chasseurs Parachutistes et donc rattaché au 1° RCP !.... Aucun de ses cadres ne fut changés, seuls l'insigne de leur béret le fut ainsi que celui régimentaire (du moins théoriquement). Ce bataillon ayant obtenu au cours de ses combats la fourragère T.O.E., de là découle une querelle qui était encore d'actualité récemment : le 1° RPIMA contestant au 1° RCP l'attribution de cette fourragère !....

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    1. Ne pas oublier que sur les six citations à l'ordre de l'armée de l'air, ouvrant droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la Légion d'honneur, et dont a "hérité le 1er RPIMA (dont se réclament également plus ou moins les CPA, commandos parachutistes de l'air), deux ont été attribuées uniquement à la 1ère compagnie de Chasseurs parachutistes (pour ses faits d'arme en Libye en 1942 et en Tunisie en 1943). On est loin d'une attribution à titre régimentaire.
      À noter également que le 2e RCP (Régiment de Chasseurs Parachutiste), les fameux "SAS" dont tout le monde voudrait bien récupérer l'héritage, n'a jamais dépassé les 500 hommes en terme d'effectif (comme le 3e RCP d'ailleurs), soit l'équivalent d'un, petit, bataillon.

      Idem, pour les trois citations, avec attribution de croix de guerre, au titre des théâtres d'opérations extérieures, revendiquées par ce même 1er RPIMA : On ne sait finalement d’où elles procèdent. Les 1er et 6e bataillons de parachutistes coloniaux, ayant été décorés chacun de 4 citations à l'ordre de l'armée durant la guerre d'Indochine (le 1er RPIMA étant également, plus ou moins, officiellement le successeur du 1er BPC, à moins que ce ne soit du 2e (Bataillon de Parachutistes Coloniaux) ? !), les 3e, 5e, et 8e bataillons de parachutistes coloniaux étant crédités chacun de 3 citations durant ce conflit, et les 2e et 7e bataillons ayant été récompensés eux de 2 citations.
      La Demi-Brigade de Parachutistes Coloniaux (dont se revendique également le 1er RPIMA, et pour laquelle en tant que régiment, il serait plus logiquement, et légitimement, l'héritier) à laquelle étaient rattachés tous ces bataillons se succédant suivant les périodes en Indochine, ayant par ailleurs été honorée d'une citation globale à l'ordre de l'armée.

      Quant au 1er RCP, auquel vous faites illusion, ceux-ci ont tout simplement (c'est si simple) additionné les citations à l'ordre de l'armée de leurs différents bataillons.
      Soit deux citations à l'ordre de l'armée, pour le 1er bataillon, deux pour le 2e bataillon, dont une concernant Dien-Bien-Phu, et deux autres pour le 3e bataillon.
      Le deuxième bataillon acquérant par ailleurs une troisième citation, mais à l'ordre du corps d'armée (ce n'est pas du même niveau). Mais là aussi, on n'a pas fait dans le détail, on a tout allègrement (tant qu'à faire) amalgamé. Quand on sait ce que chacune de ces citations représentait, et signifiait, pour les régiments et les hommes qui ont fait les première ou deuxième guerre mondiale, quelle légèreté, pour le moins...

      Comme on le disait précédemment à cette aune, d'autres régiments devraient avoir en additionnant les citations à l'ordre de l'armée de leurs différents bataillons à leurs citations, bien acquises à titre régimentaires celles là, se retrouver avec un total beaucoup plus conséquent.
      Rien que pour la guerre d'Indochine, la plupart des régiments de la légion étrangère, ou du RICM par exemple, et bien d'autre encore, comme le 7e RTA (Régiment de Tirailleurs Algériens) et ses huit citations, toutes à l'ordre de l'armée, devraient se retrouver décoré d'autant de fourragères rouges ; à ne plus avoir qu'en faire.

      Comme vous pouvez le constatez, rien n'est simple chez nos paras, et même tout particulièrement alambiqué en matière de respect des traditions.
      Pour tout dire, un peu de clarté et de dépoussiérage, et une étude enfin un peu sérieuse quant à l'attribution de toutes ces distinctions, ne seraient aujourd'hui pas du luxe, si on considère qu'elles représentent encore vraiment quelque chose.

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    2. "Quant au 1er RCP, auquel vous faites illusion, ceux-ci ont tout simplement (c'est si simple) additionné les citations à l'ordre de l'armée de leurs différents bataillons." :
      A cet aune là, le 1er RPIMA pourrait en réclamer vingt-deux (22 citations à l'ordre de l'armée), pour les différents bataillons constitutifs de la 2e Demi Brigade Coloniale de Commandos Parachutiste d'Indochine dont il est assez logiquement (pour une fois) l'héritier. Soit l'équivalent d'une triple fourragères aux couleurs de la Légion d'Honneur cette fois ci.
      Il dépasserait même "allègrement" ainsi les 17 citations du RICM. Régiment, jusqu'ici, le plus décoré de France, mais avec le biais que l'on a laissé s'introduire en 2009 rien n'est moins sûr désormais !

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  11. C'est pour cela, que pour éviter certaines approximations, qui ne sauraient continuer à se voir prolongé, qui plus est dans une armée professionnelle, voire certains errements manifestes, il serait plus qu'intéressant, nécessaire, et indispensable même, qu'une commission d'étude, composée d'experts, historiens et militaires, se penchent aujourd'hui, et très sérieusement, sur tout ce passé, au combien glorieux des armées françaises, pour en faire une nouvelle lecture moderne, et une évaluation réaliste.

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