lundi 1 février 2016

Comment devenir un Mentat


Publié le 06/05/13

Dans l’univers de Dune, les Mentats sont des maîtres dans l’emploi de tous les moyens, généralement violents, pour atteindre un but stratégique face à des adversaires souvent très ressemblants. Ce sont les équivalents imaginaires des plus grands capitaines des siècles passés comme des actuels Grands maîtres internationaux (GMI) d’échecs ou des 9e dan de go. Par extension, on baptisera Mentat les super-tacticiens de classe internationale. En devenir un n’est pas chose aisée.

Un super-tacticien est-t-il intelligent ?

En première hypothèse, on pourrait imaginer que les Mentats bénéficient d’un quotient d’intelligence très supérieur à la moyenne, en entendant le QI comme la comme la mesure de la capacité à utiliser la mémoire de travail [MT] pour résoudre des problèmes combinatoires. Cette hypothèse n’est en fait que très imparfaitement confirmée. Les différentes études réalisées sur les joueurs d’échecs n’établissent pas de corrélation nette entre le QI et le niveau d’expertise aux échecs. Certaines tendant même à démontrer une corrélation négative chez les débutants, les plus intelligents ayant tendance à moins s’entraîner que les autres. Ce n’est qu’au niveau Elo (du nom d’Apard Elo) le plus élevé qu’un lien semble être établi mais sans que l’on sache trop si les capacités combinatoires sont indispensables pour atteindre ce niveau…ou si c’est la pratique assidue des échecs qui a développé ces capacités. En réalité, les deux facteurs, intelligence et niveau d’expertise, ne sont tout simplement pas indépendants l’un de l’autre.

Toujours d’un point de vue cognitif, on sait  depuis les années 1960 que les experts aux jeux d’échecs ou de go ne se distinguent pas des novices par une capacité à calculer de nombreux coups à l’avance mais à organiser leurs connaissances pour analyser une configuration donnée et orienter la réflexion vers les meilleurs coups à jouer. En 1973, Wester Chase et Herbert Simon ont demandé à des joueurs d’échecs de niveau différents de regarder pendant 5 secondes des photos de configurations échiquéennes et de les restituer ensuite. Les configurations présentées étaient soit parfaitement aléatoires, les pièces étant placées au hasard, soit tirées de parties réelles. Dans le premier cas, on ne constata pas de différences notables dans les restitutions des différents joueurs. Novices, joueur de club et maîtres disposaient en moyenne correctement 4 pièces de l’échiquier, ce qui correspond sensiblement à la capacité de la mémoire de travail (manipulation maximum de sept objets). Dans le second cas en revanche, les novices placèrent toujours en moyenne 4 pièces, les joueurs de club 8 et le maître 16. L’apparition de « sens » dans ces configurations réelles transformait la vision des maîtres qui ne considéraient plus des pièces mais des groupes de 2 à 5 pièces liées entre elles par des relations nécessaires, et baptisés chunks. C’est toute la différence entre mémoriser et restituer 32 chiffres aléatoires et 4 numéros de téléphone connus et étiquetés.

Reconnaître des chunks implique donc évidemment de les avoir parfaitement mémorisés auparavant.  Le problème est que ceux-ci peuvent être incroyablement nombreux. Selon une autre étude de Simon, on ne peut prétendre à être grand maître d’échecs sans en connaître au moins 50 000. Ces chunks assimilés presque toujours grâce à de parties vécues ou apprises sont également le plus souvent organisés en réseaux statiques ou en enchaînements. L’art du maître d’échecs consiste donc surtout dans l’appel judicieux à des enchaînements qui ressemblent à la situation à laquelle on fait face et à leur adaptation intelligente. Sous contrainte de temps, cette heuristique tactique combine un processus inconscient de recherche dans la mémoire profonde et un processus conscient d’analyse. Le processus inconscient lui-même s’accélère avec l’habitude et, de manière plus subtile, le succès. On sait, en effet depuis les travaux d’Antonio Damasio, que tous les souvenirs ont un marquant émotionnel (en fait chimique). Les souvenirs avec reçu un marquant de plaisir viennent plus facilement à la surface que les négatifs, qui, eux, ont tendance à être refoulés. Le succès est un soutien à la mémoire et donc au succès.

Au bilan, sur une partie d’échecs moyenne où chaque joueur joue environ 40 coups, il prend au maximum une dizaine de vraies décisions. Cela correspond sensiblement aux décisions d’un général dans une journée de bataille, en fonction de la souplesse de son armée, du chef antique qui prenait rarement plus de deux décisions (jusqu’à quatre pour Alexandre le Grand, un des premiers grands Mentats) jusqu’aux commandants de grandes unités blindés modernes qui ont pu aller jusqu’à 6 ou 7. Un processus de décision similaire a d’ailleurs été observé dans un très grand nombre de domaines tels que le sport, la musique, l’expertise médicale.

En soutien de la mémoire de travail, il faut donc aussi faire intervenir la mémoire et le travail, beaucoup de travail.

La gloire se donne au bout de 10 000 heures de travail

Dans une étude d’Anders Ericsson sur les élèves de la prestigieuse Académie de musique Hanns Eisler de Berlin, trois groupes de musiciens ont été distingués en fonction de leur niveau. Ericsson calcula que les membres du groupe d’élite avaient une moyenne de 10 000 heures de pratique, le second groupe 8 000 et la 3e, 4 000, avec pour chaque groupe des écarts-types assez réduits. Selon Ericsson qui appliqua ces résultats à plusieurs autres disciplines, il faut dix ans de travail quotidien pour devenir un expert. Pour être un expert international, il en faut certainement plus. En analysant, la carrière de 40 grands maîtres internationaux d’échecs, Nikolai Grotius a montré en 1976 qu’il leur avait fallu en moyenne 14 années pour atteindre ce niveau, avec un écart de 4 ans. Quand on demande à Gary Kasparov, un des six hommes à avoir jamais (depuis 1970) atteint ou dépassé le seuil des 2 800 points Elo, comment il était devenu champion du monde, il répond habituellement qu’il lui a fallu apprendre 8 000 parties par cœur. Il lui aura fallu dix ans depuis sa première inscription dans un club pour devenir GMI et quinze pour être champion du monde.

L’énorme investissement nécessaire pour parvenir d’expert de classe internationale pose évidemment un certain nombre de problèmes. Bien souvent, il impose de commencer dès l’enfance, ce qui implique un environnement favorable. Si Mozart était né dans une famille de paysans, il n’y aurait jamais eu de Don Giovanni. Comme Jean-Sébastien Bach, il est né dans une famille de musiciens et a largement bénéficié de l’aide de son père. Léopold Mozart a rapidement décelé les dons de son fils, l’a mis en présence de plusieurs instruments et l’a aidé à composer dès l’âge de six ans. Pour autant, la première œuvre personnelle qui soit considérée comme un chef d’œuvre (numéro 9, K.271) n’a été réalisée qu’à 21 ans, dix ans après son premier concerto.

Jusqu’à l’ère des révolutions la grande majorité des Mentats est issue d’un processus de formation familial aristocratique. Outre son éducation intellectuelle  et physique très militarisée, le jeune Alexandre suit son père dans ses campagnes en Grèce et, à 17 ans, commande sa cavalerie à Chéronée. Il obtient son chef d’œuvre contre Darius III à Gaugamèles en -331, à seulement 25 ans mais aussi après un long apprentissage.

Les Mentats de l’époque classique apprennent très tôt la chose militaire et avec, pour la seule armée française, 174 batailles livrées pendant la période, trouvent toujours une occasion de s’illustrer. Turenne est envoyé à 14 ans et sur sa demande aux Pays-Bas pour y voir ce qui se fait de mieux alors en matière d’art militaire. Il reçoit un premier commandement à l’âge de 15 ans mais ne dirige vraiment seul sa première bataille que dix ans plus tard. Il reçoit la distinction de Maréchal de France à 33 ans avec encore trente ans de service devant lui. A 13 ans, Maurice de Saxe a déjà un précepteur militaire particulier et arpente son premier champ de bataille. Il reçoit le commandement d’un régiment à l’âge de 15 ans et se bat pour la première fois l’année suivante. Il va connaître la guerre pendant encore pendant 36 années.

Ce mélange de talents, de chance, d’investissement personnel, d’environnement favorable et de multiples combats permet, malgré la faiblesse numérique de la population de recrutement, de former de nombreux Mentats au service, parfois changeant, des Princes. Dans un contexte très proche de celui de l’univers de Dune, l’époque classique sécrète aussi de grands diplomates qui peuvent êtres classés comme Mentats. Certains même cumulent les rôles comme le Maréchal de Villars. Il existe aussi des souverains Mentats comme Gustave-Adolphe Ier ou Frédéric II.

Le contrepoint de ce processus familial et monopolistique d’apprentissage est qu’il n’incite pas à mettre en place un système institutionnel de formation qui serait concurrent et pourrait s’ouvrir à d’autres classes. Les écoles militaires sont de fait plutôt réservées à la petite noblesse avec normalement peu de perspectives d’atteindre les plus hautes fonctions. Napoléon et beaucoup de ses maréchaux en sont issus.

Vainqueur de 32 batailles, capable de dicter simultanément à 4 secrétaires sur 4 sujets différents et dont l’abbé Sieyes disait : « il sait tout, il fait tout, il peut tout », Napoléon a dix ans lorsqu’il entre à l’école militaire de Brienne et seize à l’Ecole des cadets de l’Ecole militaire. Il ne s’y distingue pas par ses résultats  scolaires. Il est même plutôt médiocre, sauf en mathématiques, et on peut même estimer que vivant aujourd’hui, il n’aurait pas réussi le concours de saint-Cyr. En revanche, c’est un énorme lecteur qui dévore tout ce qui a trait à la guerre dans la bibliothèque de l’école. Lorsqu’il connait sa première gloire au siège de Toulon, en 1793 à l’âge de 24 ans, Napoléon connait par cœur presque toutes les batailles de son temps. Celui qui disait que « l’inspiration n'est le plus souvent qu'une réminiscence », continue par la suite à accumuler les « chunks » en lisant et en pratiquant, le plus souvent, seul, la simulation tactique à l’aide d’armées de plomb. Toutes choses égales par ailleurs, la bibliothèque de Brienne a changé le monde.

Il est vrai aussi que cette même bibliothèque était ouverte à tous les autres élèves de l’école et que Napoléon est sans doute le seul qui y courait à chaque récréation. Comme le dira De Gaulle « la gloire se donne seulement à ceux qui l’on rêvé » et acceptent d’y consacrer au moins 10 000 heures.

Peut-on être toujours habile face au changement permanent ?


Avec ses 225 batailles françaises, la période de la révolution et l’Empire marque la fin d’un âge d’or des Mentats. La période qui suit est en effet moins favorable aux super-tacticiens.


Contrairement au jeu d’échecs dont les règles et le matériel ne changent pas, l’art de la guerre est, comme la médecine, une discipline dont les paramètres évoluent. Jusqu’aux révolutions politiques et économiques des XVIIIe et XIXe, ces paramètres évoluaient peu. On pouvait faire une carrière militaire complète avec les mêmes hommes, les mêmes armes et sensiblement les mêmes méthodes. A partir de cette époque, les sociétés, et donc les armées, se transforment à une vitesse inédite et perceptible. A partir de 1861, l’armée française change de règlement de manœuvre tous les douze ans en moyenne afin de tenter de rester adaptée aux évolutions multiples du temps. Désormais, les soldats ne font plus la guerre qu’ils jouaient lorsqu’ils étaient enfants et désormais ils devront se remettre en cause régulièrement, source de troubles et de tensions. Dans une époque qui détourne son regard du passé pour considérer le progrès et l’avenir, la lente maturation d’un apprentissage fondée dès l’enfance sur l’étude des classiques se trouve prise en défaut.

Partant de la nécessité politique et sociale de l’ouverture des carrières selon des principes d’égalité mais aussi du postulat que les capacités à commander ne sont pas innées mais acquises, les futurs Mentats sont progressivement presque tous recrutés sur concours. Le problème, en France particulièrement, est que ces épreuves ne servent qu’à juger de connaissances scolaires, comme si on sélectionnait les futurs champions d’échecs, voire des sportifs de haut niveau, à l’âge de 20 ans sur des épreuves de Français ou de mathématiques. Cela importe peu dans l’esprit scientiste de l’époque.  La maîtrise des « lois » de la guerre, en fait des principes tactiques relativement évidents, et de méthodes de raisonnement tactique rigoureuses, doit permettre de résoudre tous les problèmes tactiques.

Il est vrai qu’avec des armées de plus en plus importantes en volume, avec une puissance de feu qui s’accroît sans cesse pour une mobilité tactique inchangée, les batailles ont tendance à se dilater dans l’espace et le temps. Les front évoluent sur des centaines de kilomètres de front mais se rigidifient à chaque point de contact. La violence des combats impose une dispersion des forces et donc une décentralisation croissante. La capacité à raisonner une manœuvre descend progressivement du chef de bataillon en 1871 au sergent-chef de groupe en 1917. A l’autre bout de l’échelle, l’analyse rigoureuse des événements et la gestion de ces forces énormes imposent au sommet la création de machines pensantes appelées Etats-majors et d’une technocratie militaire.

Le processus institutionnel s’efforce de s’adapter à cette complexité croissante. Dans l’entre deux guerres 1871 -1914, à l’imitation des Prussiens, la France ajoute des étages (Ecole supérieure de guerre puis Centre des hautes militaires) aux écoles initiales à son système de sélection et de formation. Un officier peut passer sept ou huit ans en école de formation. Cela n’empêche par le colonel de Grandmaison dans ses fameuses conférences de 1911 d’oublier complètement des choses comme les engins motorisés volants et terrestres ou les nouvelles technologies de l’information, éléments qui se sont développées dans les armées lorsqu’il était à l’Ecole supérieure de guerre et à l’Etat-major de l’armée et qu’il ne connaît pas. Cela n’empêche pas non plus 40 % des généraux de 1914, dont les trois-quarts de commandants de corps d’armée, d’être limogés pour inaptitude manifeste. L’enseignement militaire de l’époque, même s’il hésite en permanence entre former des officiers d’état-major et des décideurs, a pourtant bien pris en compte la nécessité d’un apprentissage tactique en profondeur. Jamais les officiers ne autant fait d’exercices sur cartes ou sur le terrain que pendant cette période mais cette spécialisation s’avère finalement néfaste à partir d’un certain seuil car elle empêche de voir tout ce qui bouge autour de sa discipline et qui va avoir une influence sur elle. C’est ainsi qu’à force d'accumuler les connaissances sur un sujet donné nous devenons ignares (texte mentat, Dune) ou au moins peu adaptatifs.

Il suffit alors de quelques mois de la Grande guerre pour rendre obsolète toutes ces années d’enseignement tactique. On découvre alors que l’on a besoin d’officiers supérieurs qui soient capables de comprendre les évolutions de leur temps. La manœuvre n’est plus simplement la manipulation de pions tactiques sur un champ de bataille, c’est aussi la capacité à adapter ces mêmes pions à des contextes changeants, qu’il s’agisse des innovations autour de soi ou de la projection dans des milieux étrangers. Gallieni et Lyautey auraient pu montrer la voie avec leurs campagnes coloniales très éloignées de la manière « métropolitaine » mais celles-ci sont méprisées par les puristes. Le général Bonnal se moque des « opérations du fameux Balmaceda ou la retraite de Bang-Bo », tout en enseignant à l’Ecole de guerre des « principes » qui vont s’avérer inefficaces et meurtriers. Pétain avait également une vue assez juste des évolutions de la guerre en Europe avant 1914  et c’est incontestablement celui qui s’y est le mieux adapté après. Il ne commande pourtant qu’une modeste brigade (et par intérim) et s’apprête à partir la retraite au moment où début le conflit. La suite du XXe siècle consacre la revanche des hommes cultivés et imaginatifs sur les technocrates militaires.

Mentats et technocratie 


Le blocage de la Première Guerre mondiale est dépassé de deux manières qui constituent autant d’axes pour le renouveau de la manœuvre et donc de la tactique. Le premier axe concerne l’infanterie qui retrouve de la souplesse avec des méthodes de commandement décentralisées et de la puissance de feu portative. Cette voie est celle des Allemands, dont les divisions d’assaut de 1918 vont dix fois plus vite que les unités de 1916. Le deuxième est l’art opératif, qui est essentiellement français et s’appuie, entre autres, sur les premières unités motorisées. Celles-ci permettent de se déplacer plus rapidement d’un point à l’autre du front, et donc d’avoir une manœuvre à cette échelle, mais ne modifient guère le combat débarqué.


Les unités allemandes sont par la suite « dopées » par la généralisation d’engins de combat à moteur et de moyens de transmissions « légers ». Les divisions d’assaut deviennent des panzerdivisions commandées par les héros de 1918 alors que l’art opératif français étouffe plutôt la recherche d’une excellence tactique. De Rommel à Sharon en passant par O’Connor et Leclerc pour les plus connus, on voit donc ainsi apparaître pendant un peu plus d’une trentaine d’années une nouvelle génération de super-tacticiens capables d’obtenir à nouveau des victoires spectaculaires, voire décisives. Le développement de parades antichars et l’intégration des unités motorisées redonnent aussi du lustre aux opératifs comme Patton, Slim, Mac Arthur ou, à une autre échelle, Joukov.

En parallèle de ces nouveaux hussards, la voie de la manœuvre de l’infanterie légère perdure avec les armées communistes asiatiques de Chu Teh, Lin Piao ou Giap. En terrain difficile, en Corée ou au Tonkin, ces fantassins l’emportent même à plusieurs reprises sur les « hussards » motorisés. En réponse, le Royaume-Uni et surtout la France développent à leur tour une manœuvre de l’infanterie légère, avec des maîtres comme Bigeard. On notera que beaucoup de ces nouveaux Mentats ne sont pas issus du processus institutionnel mais sont des amateurs mobilisés ou volontaires qui se révèlent et apprennent autant au combat qu’au dehors.

L’apparition des « atomiques » perturbe ce renouveau des Mentats. Malgré les réflexions sur le « champ de bataille atomique », il faut se rendre à l’évidence que cette arme est trop écrasante pour permettre une manœuvre cohérente. Elle est même confisquée par la politique aux militaires et paralyse pour un temps l’idée d’un affrontement en Europe semblable à celui de la Seconde Guerre mondiale. Cette transformation est particulièrement flagrante en France où le corps blindé-mécanisé est adossé dans une position sacrificielle et où notion de victoire tactique s’efface au profit de celle de dissuasion. Même lorsque Soviétiques et Américains renouvellent brillamment leurs doctrines tactiques dans les années 1970-80 pour envisager à nouveau le combat conventionnel, l’armée français refuse de s’y intéresser, tout en menant il est vrai de nombreuses mais petites interventions  en Afrique.

La fin de la guerre froide laisse les armées occidentales dans une position de force relative qu’elle n’avait plus depuis le début de la Première Guerre mondiale. Si les Etats-Unis en profitent pour asseoir leur puissance, l’Union européenne saisit l’occasion pour désarmer à grande vitesse et satisfaire son désir d’impuissance. Entre les deux, l’armée française balance. Lorsque l’anesthésie domine, elle est engagée dans des opérations de maintien de la paix où il n’est nul besoin de tacticiens puisqu’il n’y a pas d’ennemi, avec les résultats que l’on sait. Lorsqu’il faut suivre les Américains, on revient à une conception plus classique de la force mais soit dans un cadre dissymétrique, comme face à l’Irak, la Serbie ou la Libye de Kadhafi, où il s’agit plus de gérer sa supériorité de moyens que de conduire des manœuvres habiles, soit dans un cadre symétrique, comme en Afghanistan où on retrouve la nécessité d’une vision élargie des situations.  Si certains officiers se distinguent à cette occasion, la structure fragmentée des opérations leur interdit pratiquement de renouveler les expériences victorieuses. Le chef actuel doit réussir du premier coup et au moindre coût. Il est difficile dans ces conditions de former des Mentats audacieux et riches d’expérience (ce qui revient un peu au même) et la tentation est très forte de les remplacer par un pilotage très étroit depuis Paris, comme si des membres de plus en plus petits impliquaient un cerveau de plus en plus gros. Il est à craindre que le dernier Mentat français s’appelle Centre de planification et de conduite opérationnelle.

29 commentaires:

  1. Grenadier de la Garde5 mai 2013 à 23:40

    Napoléon lui-même ne prétendait-il pas avoir appris un certain de batailles de l'Antiquité par coeur ? Puis à force de combattre, il avait semble-t-il fabriqué sa propre bibliothèque de situations tactiques. Plus proches de nous Patton et d'autres grands chefs de guerre puisaient aussi dans la connaissance historique un certain nombre de réactions immédiates pour être plus rapides que l'ennemi.
    Mais aujourd'hui ce type d'expertise est relatif. Au niveau stratégique, ce ne sont pas des guerres symétriques. Il n'y a pas batailles à remporter sur un adversaire égal en moyens. La dernière guerre ou les occidentaux ont eu à combattre sans être sûr de gagner tactiquement ? Les malouines sans doute ? Cela n'enlève rien au courage de nos soldats, mais les talibans et autres "bad guys" n'ont pas de marine, d'aviation ou de divisions blindées. Pour les combattre au niveau opératif, nul besoin d'être un virtuose.C'est peut-être encore vrai au niveau du bataillon ou des détachements de forces spéciales. Il doit bien y avoir encore quelques chefs qui sont des experts du combat. Mais difficile d'en parler car on est sur du niveau technico-tactique. Il faudrait mener une étude approfondie et interroger ceux qui combattent depuis une dizaine d'années. Ecrire des vignettes tactiques, un peu comme le faisait les russes de l'académie Frunze. D'ailleurs ne parle-t-on pas d'experts plannificateurs ? Plutôt que d'experts en conduite ?
    Et la meilleure preuve que ce n'est plus vraiment utile ? C'est qu'on ne recrute plus les futurs grands chefs sur cette qualité...En tout cas jusqu'à la prochaine...
    J'attends votre post suivant...
    Cordialement

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout à fait d'accord. Avons-nous encore besoin de Mentats ? j'y reviendrai un peu plus tard.

      Supprimer
  2. Bien sûr qu'on en a encore besoin !
    Ne serait-ce que pour comprendre et synthétiser le trop célèbre PowerPoint Spaghetti sur l'Afghanistan...
    L'annecdote dit que Mac Chrystal resta pantois devant cette diapositive et bredouilla un "quand on aura compris cette diapositive, on aura gagné la guerre..."
    Mais à ce moment, le travail du "Mentat" relève plus de l'intégration des différents paramètres pour en extraire une vision globale et y proposer une solution.
    À ce petit jeu, on n'utilise plus clairement la mémoire de travail comme la capacité à garder en mémoire une série de coups aux échecs ou au Go mais l'on fait aussi appel à des régions cérébrales impliquées dans la capacité de synthèse cognitive. Cela ressort plus du fonctionnement cérébral dit en "mode par défaut" ou "default mode network" des anglosaxons

    RépondreSupprimer
  3. article très intéressant ce qui me bluff toujours c'est les simultanées à l&aveugle aux échecs

    RépondreSupprimer
  4. C'est intéressant. En revanche, les chunks doivent évoluer en même temps que la technologie militaire, n'est-ce pas ? L'introduction de l'aviation par exemple a dû changer beaucoup la donne sur un champ de bataille. Le mentat doit donc non seulement maîtriser ses chunks mais les mettre à jour dans son évaluation tactique.

    Il me semblait que le plus grand stratège antique était Hannibal. Qu'en pensez-vous ?

    RépondreSupprimer
  5. Je me souviens d'un numéro du Spiegel sur Kasparov. Son QI était de 120 ou 125, mais il était capable de réciter à peu près un livre après l'avoir lu, phrase à phrase avec, cependant, disait-il "ses mots à lui". Si je me souviens bien, il disait que ce talent est nécessaire pour être un très bon joueur, ou au moins commun chez ceux-ci.
    Je ne parviens pas à trouver de renseignement de première main sur le QI des grands joueurs, mais je pense qu'au moins en certaines composantes du QI, ils sont exceptionnels.
    Je doute qu'on puisse être un grand joueur sans être capable de jouer à l'aveugle, et qu'on puisse être capable de jouer à l'aveugle sans être capable de voir en imagination les 64 cases, alors que la plupart des gens doivent avoir de la peine à voir en imagination plus de neuf cases.
    Un homme quelconque pourra passer des centaines d'heures à étudier les variantes d'une ouverture, il oubliera au fur et à mesure, comme il oublierait des numéros de téléphone appris par coeur. Le fort joueur ne les oublie pas plus qu'on oublie les visages (Kasparov faisait cette comparaison entre les parties pour un fort joueur et les visages pour un homme du commun).
    Sur le QI et les échecs, un point de vue qui suppose cette relation avec le QI, et qui, si on est convaincu par l'article, la confirme (en anglais) :
    http://www.lagriffedulion.f2s.com/ashkenaz.htm

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense que tu n'as pas choisi la bonne photo pour illustrer ton thème. Celui que tu as pris comme image est certainement un bon joueur d'échecs et certainement intelligent mais s'il a réussi c'est surtout grace à ses appuis dans le KGB dans un 1er temps puis dans les réseaux ultra-libéraux atlantistes dans un 2eme temps. Dans le jeu d'echecs il était surtout connu pour ses coups de gueule, ses magouilles et ses comportements anti-sportif. Quel joueur aurais-tu pu prendre comme comme exemple, difficile à dire mais à mon avis n'importe qui d'autre eut été mieux!

      Supprimer
  6. Michel Le Guilly1 février 2016 à 10:14

    Excellent ; cependant pour la plupart il semble bien que l'expérience ( et donc les années qui passent ) s’accompagne d'une moins grande "flexibilité" de la réflexion ( en d'autres termes, les gens deviennent plus conservateurs avec l'âge ). Je me demande aussi si Mentat n'est pas dérivé de "mentor", mais il faudrait le terme original aussi.
    Bien à vous.

    MLG

    RépondreSupprimer
  7. Pierre-Manuel CAMELOT1 février 2016 à 10:25

    Je crois que la citation exacte de Sieyès est :"cet homme sait tout, peut tout... et veut tout."

    RépondreSupprimer
  8. Cher Mr Goya
    C'est faire beaucoup d'honneur de considérer Rommel comme un mentat, piètre stratège;mais assez bon tacticien, considérons le! comme un bon sous mentat,le vrai mentat de l'armée Allemande c'est Von Manstein.


    RépondreSupprimer
  9. De Marc Pierre
    Bonjour,
    Je porte à la connaissance des lecteurs deux observations.
    1° Quel pourrait être le profil du mentat contemporain ? Ce serait ...
    Un maître du « Kriegspiel » contemporain, apte à évoluer avec aisance dans un contexte réel et virtuel ; un administrateur de territoires, prolongeant l'action du pouvoir politique tantôt éloigné des zones d'insécurité ou d'opérations ; un communicant efficace par l'écrit, l'oral, le son et l'image … et le geste ; un décideur résilient à l'écrasement hiérarchique par son aptitude à imposer et à s'imposer au cas où la fortune des armes est contraire ; un penseur iconoclaste, force de contre-proposition, sachant combiner son expérience, ses connaissances de notre appareil de sécurité et de défense et des us et coutumes des adversaires putatifs ; une femme ou un homme rompu aux actions de combat en zones d'insécurité ou d'opération.
    2° Ajout à mon commentaire du 10 janvier 2016
    A propos de la saga Dune, j'avais oublié le dernier sous-cycle Dune, les origines, Great Schools of Dune, qui comprend les trois ouvrages suivants.
    La Communauté des sœurs, Sisterhood of Dune, écrit par Brian Herbert et Kevin J. Anderson et publié en 2012, ramène le lecteur dix mille ans en arrière, à l'époque de la création du Bene Gesserit et des autres ordres intervenant dans Dune, dont les Mentats, les Maîtres d'armes, les Navigateurs, etc. Il se situe quatre-vingt-trois ans après la bataille de Corrin qui a mis fin à l'existence et au règne des Machines pensantes qui ont menacé de détruire le genre humain.
    Les Mentats de Dune, Mentats of Dune, écrit par Brian Herbert et Kevin J. Anderson et publié en 2014, s'intéresse à la mise en application de l'interdiction absolue disposée dans la Bible catholique orange après la bataille de Corrin : " Tu ne feras point de machine à l'esprit de l'homme semblable ". Le mouvement butlérien, sous la houlette de Manford Torondo, entreprend de détruire, non seulement les machines pensantes, mais aussi toute forme de technologies dangereuses. L'humanité s'engage alors dans de profondes transformations. Mus par la passion ou l'intérêt, des groupes humains vont se doter des capacités autrefois assurées par des machines ...
    Les Navigateurs de Dune, Navigators of Dune, est le prochain roman écrit par Brian Herbert et Kevin J. Anderson. Y sont évoqués la bataille de Corrin, les débuts des divers ordres interagissant dans Dune et que menacent les forces anti-technologiques indépendantes arrivant au faîte du pouvoir à la suite du Jihad Butlerien. Sa sortie est attendue cette année 2016.
    Bonne semaine à tous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui nous allons avoir des mantats, ils se révéleront par la force des choses, les profils de Marc Pierre sont très bon, ces hommes sont là, ils ont entre 20 et 30 ans, ils apprennent hors des sentiers battus, étudiants-émotifs-caractériels-joueurs de jeux de stratégie, rationnels, ils pensent par eux même, ils sont peux influençables, ils vont affronter le chaos, ils auront à commander des millions d'hommes et de femmes, ils auront à gérer des centaines d'informations,la spiritualité sera présente, le charisme sera puissant, seront capable de vaincre .....

      Supprimer
  10. Grenadier de la Garde1 février 2016 à 20:48

    Un article essentiel pour comprendre pourquoi le chef de guerre moderne est si souvent en difficulté devant les technocrates militaires. Ces derniers n'ont pas besoin de connaître la tactique. C'est même une perte de temps. Il vaut mieux se consacrer à la culture utilitariste. Connaître l'organisation interne. Savoir ce qu'il faut dire ou ne pas dire. Mettre la bonne couleur sur le powerpoint. Faire monter la bonne fiche...
    Deux points à noter. Vous le savez bien d'ailleurs. Tous les généraux limogés n'étaient pas des tocards en 14. Certains ont payé pour camoufler les erreurs de Joffre et du haut commandement avec sa doctrine délirante d'attaque à outrance....Quant à Napoléon, loin de son île natale, il a surement trouvé dans la bibliothèque le temps de s'évader intellectuellement. De plus épris profondément de liberté, la tactique a été un moyen pour lui de trouver un champ d'action à son imagination féconde.
    Enfin, je pense qu'il reste un dernier endroit pour les futurs mentats. La zone urbaine....ou la victoire n'est pas acquise d'emblée par la supériorité technologique.

    RépondreSupprimer
  11. L'armée d'aujourd'hui (sic) rend impossible l'apparition de chefs de guerre (mentats) pour 3 raisons :

    - Parce qu'en l'absence d'un ennemi clairement défini, les chefs de guerre ont été remplacés par des universitaires militaires experts du travestissement de la notion de conflit qu'on appelle défense. Ces experts sont de plus complètement mobilisés par des problématiques technocratiques et politiques

    - En l'absence de campagnes militaires pour construire leur valeur, le mode de promotion des experts est celui du conformisme et de la politique, ils construisent par le civil leur haute carrière militaire (écriture d'ouvrages, diplômes d'écoles supérieures de renom, participation à des organisations internationales)

    - Ce mode de fonctionnement inhibe de facto tout embryon de réflexion militaire dans les échelons subalternes. Chassant de l'institution ceux qui ont le potentiel pour innover et créer, qui iront faire cela ailleurs, où cette qualité sera récompensée

    RépondreSupprimer
  12. Il me semble qu'il manque un point: les mentats de Dune ont une tendance à négliger les couts, en particulier humains. D'Alexandre le Grand à Patton en passant par Montgomery ou Napoléon, la recherche de la victoire stratégique l'emporte sur les pertes à concéder. Comme aux échecs, il faut savoir sacrifier certaines de ses pieces, même et peut-être surtout celles à haute valeur ajoutée, pour atteindre son but, soumettre l'adversaire/ennemi à sa volonté avant de lui porter le coup final.
    Aujourd'hui, la théorie du zéro mort et l'avertion envers toute perte humaine amie transforme la guerre en un affrontement à moindre risque. De plus, cette théorie pousse les maîtres politiques (qui eux sont tout sauf des mentats, même médiocres) à confiner les chefs militaires dans la gestion des affaires strictement tactiques. Au final, le seul focus devient celui de l'engagement des bas échelons, interdisant alors toute vision stratégique, donc toute vision de mentat.

    RépondreSupprimer
  13. Je ne pense pas que Napoléon n'ait pu être qu'un excellent tacticien... En tant qu'Empereur il est également stratège. Il sait pourquoi une guerre est engagée, et ce avant même d'être Premier Consul: Campagne d'Egypte. Elle vise à couper la "Route des Indes" aux Anglais, ce qui est la chute assurée de ce Royaume...
    De même pour la guerre d'Espagne. S'il est facile aujourd'hui de critiquer cet engagement désastreux pour la suite, à son début cette guerre vise à des objectifs stratégiques pour la France...
    Enfin, sans connaître l'art opératif ou le théoriser, Napoléon en crée le socle pratique avant tout le monde: vision à 5 ou 6 jours des mouvements de ses Corps, avec victoires tactiques sur des armées ennemies n'ayant pas encore effectué leur jonction, puis grande bataille finale de la campagne contre une armée coalisée en un lieu choisi à l'avance (Austerlitz, Iéna, etc., ...), utilisation d'espions à sa solde qui le renseignent et fomentent des mouvements d'opinion pacifistes ou de "soumission" chez l'ennemi (renseignement et influence), soutien logistique embryonnaire avec les fourgons de la Garde (qu'il voulait étendre à toute l'Armée), création d'un Service de Santé au plus prêt du champs de bataille, création du Train des Equipages, etc., ... Bref, il a déjà créé le L4 ou J4, le L5 ou J5, et le L2 ou J2!
    Sur sa formation, et c'est ce que l'on peut déplorer aujourd'hui dans la formation de nos planificateurs, sa culture historique militaire lui permet d'avoir en permanence un catalogue de solutions ou de synthèses à appliquer à une situation donnée. Sans compter ses qualités d'administrateur civil, et de politique... C'est donc bien un stratège dans toute l'acceptation du terme.
    Pour le reste de l'article, je suis en tout point d'accord avec vous.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Marcus vous me semblez par trop déifier Napoléon, car pour ce qui est du Service de Santé et du Train des Equipages cela était pour lui une question des plus secondaires. Lire sur ce sur ce sujet l'ouvrage excellent et remontant à trois décennies, " La Grande Armée" écrit par Georges Blond. Celui-ci a la particularité d'être écrit à partir des journaux, tenus quasi quotidiennement par les chirurgiens militaires de la dite "Grande Armée" et non de mémoires rédigés dix à vingt ans après les faits. La réalité d'alors est loin d'être aussi brillante que vous le pensez.

      Supprimer
    2. Trekker
      La question n'est pas de savoir si le Service de Santé était richement doté, mais s'il en existait un ou pas avant, dans l'Armée française, où dans les Armées étrangères de l'époque. Napoléon est le premier à mettre en œuvre un Service qui utilisait les connaissances de Chirurgiens et de Médecins diplômés, et non pas simplement d'Officiers de Santé provenant de la boucherie du coin, ou de barbiers (dans la Marine)... Qu'en suite certains aient eu plutôt la main lourde quant aux amputations, alors que d'autres essayaient de guérir leurs patients, est aussi un autre sujet... Enfin, il est toujours possible d'imaginer avec nos yeux d'aujourd'hui ce que cela aurait dû être... Mais pour ses soldats, Napoléon pensait plus à eux que les autres grands chefs de l'époque.
      La deuxième avancée sur ce point se produira 60 ans après seulement... Avec Henri Dunant, qui pourra mettre en œuvre ses idées extrêmement novatrices, grâce à Napoléon III, le neveu du premier... Il utilisera d'ailleurs cet argument, que son oncle n'aurait pas toléré des situations sanitaires aussi dégradées pour ses soldats!
      Enfin, lisez également les mémoires de soldats étrangers du Ier Empire: anglais, prussiens, autrichiens, et comparez...

      Supprimer
    3. Napoléon a existé, parce que la France était alors un pays qui venaient d'aboutir à la république, d'abord issu du siècle des lumières, puis de la révolution française, les français étaient donc éduqués et libre de penser, rien de tel pour créer et s'organiser. On avait ainsi un système parfaitement nouveau, efficace, et redoutable, car les perspectives d'avenir devenaient alors innombrables. C'est d'ailleurs après les campagnes napoléoniennes que les allemands créèrent le Kriegsakadademie,comprenant par là que les français avaient une longueur d'avance avec la "Grande armée" et tout ce qu'elle sous-entend comme organisation, car pour moi Napoléon à juste surfé sur cette éducation affirmé par l'excellence des officiers français de cette époque, et sur ce nouveau horizon politique qu'étaient les Droits de l'Homme. Après je ne sais pas si le 18 Brumaire était une bonne chose au final, car Hitler aussi a essayé un coup d'état, alors ce genre de singularité des "addictes du pouvoir", peut avoir des effets très indésirable pour les populations du monde, c'est quand même à double tranchant et laisse un résultat souvent mitigé, enfin si la garde ne veut pas rendre, c'est tout à son honneur, mais pas en celui de Napoléon... Et quand Napoléon met sa famille à la tête d'un état comme l'Italie par exemple, c'est ce genre d'erreur stratégique qui révèle les limites du bonhomme. Eliott M.

      Supprimer
    4. @Marcus On a retrouvé des instruments chirurgicaux romains, très proche de ceux utilisés aujourd'hui. Mais c'est comme comparer les aqueducs romains et leur tout-à l'égout, avec la peste du moyen-âge dû à l'hygiène. On arrive donc parfois à détruire ce qui marche, cela fluctue au fil du temps comme les glaciations, du siècle des lumières au siècles d'obscurantismes, il n'y a que des politiques foireuses qui peuvent nous faire régresser. Elliot M.

      Supprimer
  14. Le jeu d'échec a des règles strictes, et obéit donc un système fermé. Il est intéressent car c'est la faculté du joueur à comprendre une très grande possibilité d'action, mais tout en respectant des règles d'engagement limités, fort heureusement, sinon ce serait un jeu quantique.lol. Mais il est question ici sur ce blog de guerre, et il n'y a aucune règles à la guerre, l'essentiel est de vaincre par tout les moyens, même..avec l'arme atomique. Quand les anglais ont créés une fausse armée dans le désert Libyen pour faire croire à Rommel que la position était tenu, ils ont créés par de nouvelles tactiques, leurs propre règles, et quand on arrive à imposer ses propres règles à l'adversaire, on mène le jeu. Pire, on peut décider de qui gagne et qui perd.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je rajoute que quand Napoléon a fait son coup d'état, il a commencé ainsi à créer ses propres règles, au détriment des autres politiques bien-sûr. Après savoir pourquoi les français ont suivi Napoléon, malgré qu'il ai bafoué la république, et un sujet très différent, qui ne traite pas de la psychologie du mentat(Egocentrique? Car une personne ne peut rien tout seul, on est là face au problème du mélange des genres, d'un "je sais tout", car un état est une structure où tout se tiens.), mais de la psychologie des peuples. Elliott M

      Supprimer
  15. Qui est Nigel Richards?Un Néo Zélandais meilleur joueur de scrabble anglophone depuis plusieurs années.En 2015 il décide d'apprendre le dictionnaire de la fédération de scrabble francophone qui comporte plus de mots que les dicos habituels.Il s'agit non seulement des mots mais aussi de leurs variations( pluriel,conjugaison, transitivité ou non des verbes etc...)Il passe 9 mois à cette tâche et se présente aux championnats du monde de scrabble francophone.Il termine premier de la compétition de scrabble classique en tête à tête et second de la compétition en duplicate(tous les joueurs ont le même tirage de lettres) devant les experts de la francophonie.
    Or cet extra-terrestre ne parle pas un mot de français.Seul l'ordinateur est capable d'obtenir de meilleurs scores que lui.
    Il convient de noter que la plupart des joueurs de scrabble et notamment les meilleurs jouent des mots sans en connaître la définition et que le temps de réflexion accordé est de 3 minutes.
    Nigel Richards est un technocrate des mots......incapable de les manœuvrer dans une phrase et encore moins de constituer une oeuvre littéraire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Excellent portrait de Richards dans Libération

      Supprimer
    2. Le propos est intéressant, mais pas assez resserré. Dans DUNE, le Mentat est un "ordinateur vivant". Dans cet ouvrage, deux tabous sont respectés par les chefs et dirigeants: L'arme nucléaire et les ordinateurs sont interdits (comme les armes chimiques aujourd'hui ou la pratique du génocide). Le Mentat ne gagne pas la guerre seule. Ce n'est pas un chef, c'est un serviteur aux capacités cognitives ultra développées. Les Mentats appartiennent aux chefs des Maisons qui ont les moyens de se les offrir (ils coûtent cher à développer et à entretenir car ils ont besoin de l'épice/ie.Drogue de préscience- pour mettre en oeuvre leurs capacités). La guerre est voulue par les chefs des Maisons, et conduite par eux. Ainsi le Mentat ne garantit pas la victoire mais il est indispensable à celui qui veut l'emporter. Au contraire du CPCO qui refuse justement que l'un ou l'autre de ceux qui y servent dispose de la totalité de l'information à synthétiser pour remporter la victoire ou à tout le moins puisse donner les ordres stratégiques nécessaires et seulement eux pour remporter la victoire(si tant est qu'un humain puisse le faire ceci dit!). Seul le sous-chef OPS de l'EMA peut être un mentat. Il en a le niveau le plus souvent. Mais rassurons-nous, pauvres moutons apeurés que nous sommes, le niveau politique ne lui demande pas du tout la victoire (y pense-t-il seulement ailleurs que lors d'élections nationales?). Le mentat est mort ou pas encore né, rappelons-nous seulement que l'ennemi islamiste est lui entrain d'en fabriquer en série (endoctrinement religieux basé sur la répétition, utilisation de tous les outils possibles sans tabous, imposition de son tempo et de son terrain à un adversaire contraint de ne faire que réagir). Ne pas s'égarer donc, relire DUNE tous les ans, et ses suites de F.Herbet seulement mais cela fait déjà beaucoup, le monde post Djhad qu'il décrit nous pend au nez vous l'avez bien décrit dans un autre article..

      Supprimer
  16. Marcus je vous ferait remarquer que j'ai pas nié la création par Napoléon du Service de Santé et du Train des Équipages, avec une sélection de leurs officiers, mais les moyens à minima qu'il leur consacra. Ceci n'a rien d'un anachronisme car les critique sur ses deux services, elles figurent dans les journaux quasi quotidien des officiers de santé de la Grande Armée. Ces derniers se plaignent sans cesse du manque de moyens matériels affectés à leurs services, alors que ceux-ci existaient ou pouvaient être aisément fabriqués à l'époque.

    De même les intendants récriminait aussi quand au Train des Equipages, au sujet des moyens alloués et le concept Napoléonien qui négligeait totalement son importance et contraintes. Cela conduisait de nombreuses fois la troupe à vivre sur l'habitant, avec tous les débordements que cela induisaient et qui nourrissaient nombre de rancoeurs. La " Grande Armée" souvent accueillait par une bonne part de la population en tant que libérateur, fut à partir de 1808 / 10 bien souvent perçut comme une force d'occupation pillant les pays sans vergogne : nombre de ses Maréchaux on montraient l'exemple !..

    RépondreSupprimer
  17. Deux détails :
    . Arpad (et non Apard) Elo, savant et joueur d'origine hongroise.
    . Napoléon n'est pas sorti de Brienne avec un très bon classement. Mais ce classement n'avait alors aucune importance pour la carrière d'un officier. On peu penser que, de nos jours, avec son ambition, ses très faibles besoins en sommeil, sa puissance de travail, ses dons en mathématiques, sa mémoire et les dons dont témoignent sa capacité à dicter à plusieurs secrétaires à la fois, il aurait été tout à fait à sa portée de réussir non seulement Saint-Cyr mais aussi, probablement, Polytechnique.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le Tondu n'étudiait à Brienne que ce qui l’intéressait, en l’occurrence l'histoire et les mathématiques. Ils n'avait pas ce qu'il fallait pour être une bête à concours.

      Supprimer
  18. Bonjour,
    Si ce n'est déjà fait, vous devriez vous intéresser aux jeux électroniques de stratégie, en particulier Starcraft 2 (qui est devenu un phénomène en corée). Je pense qu'il égale le go ou les échecs dans l'apprentissage de la stratégie et de la tactique de guerre.
    Cordialement, Paul Guignard

    RépondreSupprimer