samedi 13 décembre 2014

Le colonel imbibé

Pour rehausser le niveau du débat ou plus exactement le laisser là où il était initialement (et d'ailleurs modestement et incidemment par rapport à mon sujet principal) : le rapport de la cour des comptes sur la comparaison entre les conditions de travail et de rémunération de la Police nationale et de la Gendarmerie. Je ne connais effectivement pas le travail policier aussi ai-je pris le temps de le lire même si fondamentalement le sujet ne me concerne pas directement.

Je salue au passage l''honnêteté" et la rigueur du syndicat Alliance qui n'hésite pas à sortir quelques éléments de leur contexte pour déclencher un lynchage médiatique. Je souligne aussi le talent graphique et l'imagination des artistes syndicaux. Une belle découverte.

Je rends hommage au talent littéraire et au sens de la mesure de la plupart qui ont pris le temps de m'insulter sans lire ou écouter mes propos réels. Il est vrai que je suis et, cette petite affaire me renforce dans cette idée, totalement opposé à l'existence de syndicat dans les armées. C'est sans doute là ce qu'on me reproche réellement. Merci sincèrement aux rares qui m'ont intelligemment proposé, sans insulte, de venir les voir dans leur travail. 

Je suis admiratif  de la rigueur professionnelle des journaux qui se sont contentés de faire des copier-coller de la dépêche d'Alliance en y ajoutant des titres idiots (un colonel tire à vue, etc...) et des inventions (je cherche toujours le tweet-clash) mais surtout sans faire un minimum d'enquête.

Une dernière fois, si mes propos ont pu être interprétés comme un jugement moral et ont pu blesser des fonctionnaires de police, dont je respecte le travail difficile, j'en suis désolé et je leur présente mes excuses.


15 commentaires:

  1. De Doc Colo
    Ben oui, faut lire ce que chacun peut écrire pour se faire une opinion. Il est vrai qu'Alliance ne fait pas dans la dentelle. Mais comme on ne leur a jamais demandé... ou expliqué ce qu'est un argumentaire... Le rapport de la cour des comptes n'est sans doute qu'une vue très étriquée (uniquement comptable) mais il pointe des différences, différence de traitement (au sens salarial au vu des niveaux de recrutement), différence de présence sur le terrain. On peut ajouter différence de déférence vis à vis de l'interlocuteur (mais ça c'est une vue personnelle sans aucun doute). Bon mon colo: Tchimbe red et pas moli

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  2. j'apprécie beaucoup vos analyses et votre travail. pour connaitre un peu la police je pense que vos propos sont faux. Il peut y avoir comme partout des tocards (toute population suit une loi de Gauss) mais beaucoup essaient de faire leur travail correctement dans des conditions parfois très dures. Le manque de soutien de la hiérarchie est parfois patent, et je ne parle pas des politiques et de la justice dont on voit (cf. le mur des cons, outreau) qu'elle s'exonère du respect qu'elle exige des citoyens.
    Je ne pourrais que vous encourager à aller voir certains commissariats des banlieues sensibles, et peut être de contacter le syndicat Alliance pour en parler.
    Dans ces temps qui s'annoncent troublés pour le pays, j'espère que tous ceux qui ont à coeur sa défense ses vraies valeurs et sa survie auront à coeur de gommer leurs différences et d'unir leur force.
    j'ajoute que les gendarmes ne sont pas exempts de défauts.

    un civil... connaissant un peu tous les camps...;-))

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  3. Je suis policier, et cela fait longtemps maintenant que je traine mes guêtres dans l'interministériel, j'ai sans doute vu plus de brigades de gendarmeries que vous n'avez vu de commissariat. Je constate en vous lisant, avec amertume, que les les clichés à l'emporte pièce ont encore bon dos. J'ai un couple d'amis gendarmes, mariés avec enfants, qui pendant plusieurs années n'ont pas pu vivre ensemble sous le même toit parce qu'ils étaient affectés dans deux brigades voisines... Peut-être qu'un syndicat aurait pu aider à mettre un peu de pression sur une hiérarchie par trop obnubilée par la raison militaire. Le fondement de la nation c'est la famille pas l'armée.
    Avant de juger,prenez plus le temps d'observer, d'écouter et de discerner. La vérité ne se trouve pas nécessairement dans les rapports de la cour des comptes.
    Bien à vous.

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  4. Pauvre Michel,

    Cette piteuse "affaire" n'est jamais que l'illustration d'une vérité simple et accessible : les Français ne sont qu'une bande de cons et de veaux. Quant à la guerre police/gendarmerie que vous avez malencontreusement réveillée, elle achève de démontrer que les forces régaliennes n'ont jamais décollé de leur vrai terrain (comme nos élites politiques et nos poireaux d'ailleurs) : celui de la France de 40. "Pas de pire ennemi pour un Français qu'un autre Français" disait un camarade colonel. Il rajoute souvent d'ailleurs : "Servir c'est trahir". La pays est bel et bien mort et cent fois mort.

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  5. Comment est ce possible qu'un historien militaire de l'armée de terre qui reconnait qu'il "ne connait pas le travail des policiers" peut porter une appréciation sur le travail des gendarmes et des policiers ?

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  6. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  7. Ne disparaissez pas du paysage militaire comme le général Desportes pour un sujet politique à la noix. L'armée a bien trop besoin de votre réflexion doctrinale et historique.

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  8. Colonel, vous qui écrivez (bien) vous savez que vous, vous exposez; vous qui avez connu le baptême du feu, vous avez enregistré dans votre cortex de soldat que '' blessure par paroles sont plus longues à cicatriser que blessures par le fer " alors prenez cette petite cabale pour ce qu'elle est: " Une flatuosité sur une toile cirée''...

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  9. Je vous lis souvent sans commenter.

    Les medias sont le royaume de la malhonnêteté, par construction, parce qu'il faut résumer en 10 mots ce qui est dit en 1000, parce qu'il faut choquer pour faire de l'audience, parce que les journalistes sont avant tout des propagandistes.

    Si vous espériez que vos propos seraient rapportés avec un minimum de fidélité, vous vous trompiez, vous n'aviez aucune chance.

    Pour ne pas voir ses propos déformés, il faut se taire. Tout ce que vous dites en public peut être retenu contre vous, et c'est encore plus jouissif pour vos adversaires quand l'accusation est injustifiée.

    Pour survivre dans un tel environnement, il faut être vicieux et immoral comme le sont tous les politiciens modernes.

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  10. Mon colonel,

    Dans cette tempete mediatique dans un verre d'eau, soyez assure de mon soutien.
    Quand on designe la lune a un imbecile, ce dernier regarde le doigt...
    Mais peut-etre que l'article dont le lien suit pourrait aussi expliquer une partie des reactions "indignees" des syndicats de police:
    http://www.lepoint.fr/societe/police-nationale-l-empire-des-syndicats-15-12-2014-1889859_23.php

    Sinceres salutations

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  11. http://depo-lutece.com/upload/save_image/08022106_51fba0b98ea81.jpg

    http://thumbs.ebaystatic.com/d/l225/m/ma_ObJjtRKqcNG_6yCKLdiA.jpg

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  12. Mon Colonel,

    Adolescent habitant à Nouméa de 1985 à 1987, j'ai été le témoin des différences de traitement "locatif" des gendarmes mobiles et des CRS alors déployés en Nouvelle-Calédonie en réaction aux "événements" de l'époque.
    Chaque fois que nous passions devant certains hôtels de la Baie des Citrons et de l'Anse-Vata (célèbres plages de Nouméa),mon père, alors officier marinier dans l'Aéronavale, manquait rarement l'occasion de me montrer les hôtels où logeaient les CRS. Bien évidemment, lorsque nous longions certaines zones de brousse, il me désignait aussi les "préfas" et les tentes où "habitaient" les gendarmes mobiles. Je ne me rappelle plus le but de cette démonstration mais je me souviens parfaitement qu'il jalousait les premiers et plaignait sincèrement les seconds.
    Je ne pense pas que c'est cette différence de traitement "locatif" qui m'a poussé à rentrer dans la Police Nationale - même si la première réaction de mon père a été de s'exclamer : "Tu vas pouvoir te syndiquer !". Simplement, pour avoir discuté en 1995 des "différences" gendarmerie-police avec un sous-officier d'une quarantaine d'années alors que, jeune inspecteur de police (cette appellation n'existe plus maintenant ) j'étais en poste à Paris, je me souviens que celui-ci avait acquiescé aux dires de mon père, regrettant les contingences horaires, de déplacement, de sollicitation H24 imposées aux gendarmes avec peu de contreparties en échange (même s'il omettait de me parler du sort réservé aux officiers...).
    Pour finir, mon Colonel, je me permets de vous signaler qu'en intervention, en mission, le travail des CRS comme celui des gendarmes mobiles reste ardu, complexe, et bien sûr très difficile. L'axiome "un gendarme vaut un policier et demi" est non seulement insultant mais en plus infondé. Ce n'est pas mon corps actuel d'appartenance, mais pour avoir travaillé en service spécialisé de police judiciaire, je peux vous dire que dans ce type de structures, rares sont ceux qui agissent "petits bras" en matière horaire (d'ailleurs s'ils le faisaient, ils ne tarderaient pas à être montrés du doigt...). Le métier y est là aussi difficile. Et idem pour la police de l'air et des frontières, la sécurité publique, qui constitue le "gros des troupes" mais qui est plutôt "chat maigre" en ce qui concerne et budget et équipement !

    Respectueusement

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  13. Au delà de cette polémique stérile, les syndicats viennent de démontrer tout le danger d'introduire de telles organisations dans les forces armées. Leur discernement, leur objectivité, leur façon d'agir nous montrent combien ils pourraient être néfastes et nuisibles à notre Institution Militaire (régalienne comme la Police) et à son fonctionnement. Ces attaques (qui font plus de cocus que de morts selon une vieille expression militaire) sont à la fois une grossière erreur de stratégie (contrairement à Monsieur Jourdain et la prose, on ne peut se piquer de parler de stratégie sans le savoir !) et une faute contre l'esprit ! Bien à vous BVN

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  14. Vous vous plaignez à juste titre de l'attitude de certains journaux par rapport à cette information. C'est une fois de plus une belle illustration du dilemme fiabilité de l'information/concurrence : on ne vérifie plus car il faut sortir l'info avant ou en même temps que le concurrent. Avec les "nouveaux médias" sur le net, cela va vite : qu'on ne s'étonne plus du succès actuel et à venir des complotistes et populistes en tout genre, ils ont de l'avenir.

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  15. Mon colonel, par pitié poursuivez vos billets sans renoncer ! Les réactions grotesques du syndicat alliance et la piètre qualité des articles parus suite à votre audition ne font que renforcer l'importance de votre blog. L’idéologie, la pensée unique, la médiocrité ont besoin d'être secoués. J'apprécie particulièrement l'objectivité, la liberté de ton et la hauteur de vue de vos propos.

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