mercredi 8 mai 2019

Bataille de Winterfell-Le retex


Attention, pour ceux qui n’auraient pas encore vu 
la saison 8 de Game of Thrones 
ce document contient une grande quantité de révélations.

J’avais été alerté par d’excellents camarades et effectivement tactiquement la bataille de Winterfeld cela ne va pas du tout du côté des Alliés, même si le succès est au bout.

Un peu de stratégie organique pour commencer

À ce stade de la série, les Alliés connaissent à peu près bien les forces et faiblesses de l’Armée de morts (AM). Les Wights forment une immense infanterie de choc (IC), innombrable, très motivée (par défaut de peur) et renouvelable. L’ensemble manœuvre peu, mais est irrésistible en combat rapproché. L’AM possède également une force d’appui-feu, au sens premier, aérienne avec le dragon «retourné» Viserion. Le point faible de l’AM est limité à ses chefs, les Marcheurs blancs, des combattants certes redoutables, mais vulnérables au verredragon et surtout à l’acier valyrien. On sait également depuis l’épisode 6 de la S7 que lorsqu’un Marcheur blanc est tué tous les Wights qu’il a créé meurent aussi (une nouvelle fois). À plus forte raison si le premier d’entre eux, le Roi de la Nuit, tombe et c’est toute l’Armée des morts qui s’écroule.

Face à l’AM, l’armée des Alliés est aussi largement une armée de combat rapprochée et c’est dommage. Bien que non cuirassée, la cavalerie dothrakie est une force de choc (CC) et non de lancer (ou légère, CL), à l'instar des cavaleries parthe ou mongole par exemple qui combinaient les deux. Plus précisément, on voit dans certains épisodes les cavaliers utiliser des arcs, mais étrangement ce n'est plus le cas. L’infanterie, qu’il s’agisse des Immaculés bien sûr, mais même des sauvageons (les protections en moins), et des derniers gardes de nuit ou soldats nordiens sont presque tous de l’IC. Or, le combat antique-médieval c’est un peu du Chifoumi : l’infanterie de choc disciplinée résiste bien à la cavalerie de choc, mais n’aime pas les projectiles de l’infanterie légère (IL) et surtout ceux de la cavalerie. De son côté, l’infanterie légère, là encore à moins d’être très disciplinée comme à Crécy (1346), n’apprécie guère la cavalerie de choc. De son côté, la cavalerie légère est dure à battre, mais elle redoute les fantassins légers qui sont souvent plus précis et frappent à plus longue portée qu’elle. Bref, la tactique consiste alors surtout à mettre les bons éléments face au bon adversaire et au bon moment. Encore faut-il avoir ces éléments.

Si l’AM, autre faiblesse, n’a qu’une capacité limitée d’adaptation, les Alliés avaient en revanche un peu de temps pour s’adapter une fois l’ennemi connu. Face à l’Armée des morts, il ne faut surtout pas rechercher le combat rapproché, mais au contraire combattre le plus à distance possible. Il aurait donc fallu une armée beaucoup plus équilibrée que celle que les Alliés ont présentée devant Winterfell et qui manque cruellement de forces mobiles et surtout de capacité de tir. Une innovation majeure aurait consisté à doter tous les Dothrakis d’arcs composites. À tout le moins, il aurait fallu multiplier les fantassins archers, frondeurs, arbalétriers, javeliniers.

Au passage, quitte à avoir de l’infanterie lourde, ou de choc, autant avoir de la vraie, soit en version phalange et donc avec moins de rangs en profondeur mais des rangs plus serrés, soit en version romaine avec de l’espace entre les combattants mais aussi des armes de combat rapproché plus pratiques que les lances. Là, les Immaculés cumulent les inconvénients des deux méthodes. Ils se feraient broyer par les phalanges d’Alexandre ou les légions de Marius. À plus forte raison contre des morts-vivants ils n’ont aucune chance. Quant aux Sauvageons c’est encore pire. Combattre léger, avec une grosse barbe et en poussant des cris, peut effrayer une mauvaise troupe, comme celle des Romains fuyant les Gaulois sur l’Allia (peut-être en 390 av. J.-C.). Face à des morts-vivants, cela ne sert pas à grand-chose. Autant avoir un minimum de protection, au moins de type peltaste.

Les Alliés possèdent en revanche une capacité de génie, avec des obstacles et bien sûr des forts, et d’artillerie avec des catapultes, avec cet inconvénient majeur que ces armes sont lourdes à manœuvrer.

Le temps manquait sans doute pour des réformes en profondeur, mais visiblement l’effort d’adaptation à l’ennemi, hors la production d’armes en verredragon, n’a pas été très poussé.

Une supériorité aérienne délicate

Les trois dragons constituent un exemple rare d’arme décisive (on peut citer aussi le feu grégeois utilisé lors de la bataille de la Néra), puisqu’un seul d’entre eux peut mettre en déroute une armée entière. Avec deux dragons contre un, l’armée des Alliés dispose apparemment d’un avantage considérable. Cet avantage est cependant compensé du côté de l’AM par une moindre sensibilité psychologique des troupes au sol à une attaque du ciel, une bonne défense antiaérienne par la lance du Roi de la Nuit et peut-être surtout la capacité de ce dernier à retourner tout dragon abattu alors que l’inverse n’est pas possible.

Dans un affrontement entre humains, les Alliés devraient logiquement à tout prix rechercher le combat aérien (dragonfight) afin d’établir leur suprématie. Tous moyens réunis avec un rapport de forces de 2 contre 1, la bataille aérienne paraît acquise même au prix d’un échange un pour un. Dans ce contexte, ce n’est plus aussi évident puisque chaque sortie de dragon allié est un risque de le voir abattre par le Roi de la Nuit et donc de le retrouver en face de soi. Ce serait donc inversement plutôt aux Marcheurs blancs de rechercher la bataille aérienne et au moins de provoquer des sorties ennemies afin de pouvoir à long terme finir par récupérer tous les dragons. Un inconvénient important reste cependant du côté marcheur que les dragons semblent ne pouvoir être pilotés que par le Roi de la Nuit, ce qui impose son exposition. C’est aussi le cas du côté allié puisque seuls Daenerys et Jon Snow ont la qualification-pilote, mais aussi importants soient-ils, leur perte n’aurait pas le même effet sur le cours des événements.

En conclusion, les Alliés auraient dû d'abord faire un effort particulier afin de se doter à leur tour d’une force antiaérienne comme celle que les Lannister ont expérimentée dans l’épisode 4 de la S7 mais à plus grande échelle. Ils ne peuvent également faire autrement que d’utiliser leurs dragons, mais ils doivent le faire avec une grande prudence et sans doute les réserver pour des actions décisives en combinaison si possible d’actions de neutralisation, ou de détournement d’attention, du Roi de la Nuit.

Against the odds

D’un point de vue opératif, il est difficile de trouver un centre de gravité plus évident que la personne même du Roi de la Nuit. Si le Roi de la Nuit tombe, la guerre est gagnée, à la manière de Darius fuyant le champ de bataille de Gaugamèles (331 av. J.-C). Dans ces conditions, tout le plan de campagne allié ne peut que s’articuler autour de la recherche de cette élimination, ce qui est clairement identifié par le commandement allié, Jon Snow en l’occurrence.

À partir de ce constat, la force alliée devrait donc être organisée en trois groupes dédiés trois lignes d’opérations : ciblage, freinage et décapitation.

La mission du groupe de recherche, cavalerie, dragons (avec prudence) et peut-être surtout Brandon Stark, est de trouver le Roi de la Nuit. Celle du groupe freinage est de retarder à moindre coût l’action de l’AM et autant que possible de faciliter l’action du groupe de décapitation.

Ce groupe de décapitation doit être capable de percer les lignes ennemies et d’atteindre le centre de gravité. Son élément principal est une équipe spéciale hunter-killer constitué des meilleurs combattants équipés d’acier Valyrien, seuls à même de vaincre le Roi de la Nuit en duel. Cette équipe peut agir ou souplesse, par infiltration, ou en force, par pénétration. Dans tous les cas, elle aura besoin de l’appui d’une force de choc-cavalerie dothrakie, infanterie lourde et quelques sorties dragons, qui agira comme aide à la pénétration ou comme instrument de diversion. Éventuellement, si la mission de l'équipe spéciale est en échec, comme appui au repli de l’équipe spéciale. Ce groupement doit être placé en réserve, en mesure de saisir les opportunités qui se ne se présenteront que dans un cadre espace-temps restreint, avec un mode d’action qui ne pourra être choisi qu’au dernier moment. Le modèle est, encore une fois, la bataille de Gaugamèles où, pour assurer la boucle de décision la plus courte possible, c’est Alexandre en personne entouré des Compagnons, sa force de choc, qui est allé attaquer le Roi Darius une fois celui-ci découvert.

Si le Roi de la Nuit est prudent, et se préserve en permanence par une garde rapprochée puissante, il sera très difficile de l’atteindre. L’information circule cependant si peu au sein de l’AM que le commandement doit s’y effectuer de l’avant. Les Marcheurs blancs doivent également être relativement près des cadavres pour les réanimer. Le Roi de la Nuit est également le seul dans l’AM à pouvoir «dragonner». Autant d’occasions d’avoir l’objectif à portée à surveiller.

Il est également possible de jouer sur l’excès de confiance qui peut naître d’une quasi-invulnérabilité et d’un rapport de forces écrasant, en attirant le Roi de la Nuit sur un objectif important pour lui. Brandon Stark constitue de fait le seul objectif possible, d’autant plus que l’ennemi connaît en permanence sa position. Il peut être utilisé comme élément de piège, ce que l’ennemi ne peut cependant ignorer.

À partir de ces éléments, deux modes de campagne sont possibles. Le premier peut ressembler à «la formule en 16 caractères» de Mao Zedong consistant à conserver en permanence une posture plus souple et mobile que celle de l’adversaire, de l'observer et de temporiser jusqu’à ce que se présente l’occasion de frapper le Roi («L’ennemi avance, nous reculons; l’ennemi s’immobilise, nous le harcelons; l’ennemi s’épuise, nous le frappons; l’ennemi recule, nous le pourchassons»). Dans ces conditions, il ne faut pas s’attacher au terrain, et par exemple abandonner Winterfell sans combattre comme l’armée chinoise se repliant de Séoul après l’avoir conquise en janvier 1951.

La deuxième option consiste au contraire à accepter la bataille, même dans des conditions défavorables, de façon non pas à attendre, mais à provoquer les occasions de frapper le Roi.

La première posture est plus rationnelle, la seconde est plus réalisable. La mobilité de l’armée des Alliés n’est pas forcément plus importante que celle de l’AM, qui se déplace exclusivement à pied, mais dont la logistique est des plus sommaires et qui ne se préoccupe pas de la population. Pour reprendre l’analogie avec la guerre de Corée, c’est l’AM qui ressemble le plus à l’armée chinoise en mobilité lente mais inexorable et tout terrain, alors que l’armée des Alliés comme celle des Nations-Unies est dépendante des axes et de la logistique (quid du fourrage nécessaire à la cavalerie dothrakie dans les neiges du Nord ?). De plus, à attendre que les occasions de frappe se présentent, on risque fort d’attendre longtemps si le Roi du Nord n’a aucune raison particulière de se mettre en avant.

Reste donc la grande bataille, qui risque d’être unique. C’est l'option choisie par les Alliés sur la position forte de Winterfell en espérant frapper le Roi de la Nuit dans le cours des combats principaux devant le château ou dans le piège tendu à proximité avec Brandon Stark en appât au pied de l’arbre sacré. C’est un plan très risqué, mais c’est celui qui présente le plus de (faibles) chances de succès.

On notera que ce plan repose sur le présupposé fort que l’ennemi acceptera la bataille, ce qui n’est après tout pas si évident l’AM pouvant se contenter de contourner l’obstacle ou de l’assiéger, mais c’est un présupposé de forte probabilité l’ennemi n’ayant pas d’objectif-terrain mais un objectif-ennemi : tuer la vie.

Considérons maintenant l’échelon tactique et le déroulement des combats.

La bataille de Winterfell

Le dispositif allié devant Winterfell est très étrange avec un étagement en profondeur singulier : cavalerie en tête, artillerie-catapultes, infanterie lourde, obstacle et enfin château avec l’artillerie-trébuchets. Tous les moyens, à l’exception d’un petit groupe d’archers consacré à la protection de Brandon, sont affectés à la défense éloignée ou rapprochée du château. Pas de réserve donc et surtout pas de force prête à foncer sur le Roi lorsqu’il se présentera pendant un créneau limité. Il faudra le cas échant l’extraire des combats en cours, ce qui ne peut que s’avérer très difficile et, en admettant que cela fût possible, avec de fortes chances d’arriver à contretemps même si le champ de bataille est relativement réduit.

Face à l’AM, son volume et son agressivité un tel dispositif ne pouvait que faillir. On ne comprend pas l’utilité de la charge en aveugle des Dothrakis forcément vouée à l’échec, sauf si elle aboutit à l’atteinte de l’objectif décisif, très peu probable à ce stade. Dotée d’armes de jet, la cavalerie aurait pu, très en avant du dispositif allié, maintenir le contact avec l’AM, la freiner et l’user. Sans armes de jet, il était largement préférable de garder les Dothrakis en réserve en arrière du château afin d’exploiter des opportunités, attaque sur les arrières après contournement, destruction de groupes de Whigs isolés, et surtout aide à la destruction du Roi de la Nuit. Tout autre emploi était un gaspillage.

Qui plus est la charge a réduit considérablement l’efficacité d’une arme pourtant redoutable : l’artillerie. Même par-dessus troupe, il est difficile avec des armes aussi imprécises de poursuivre les tirs alors que les forces amies sont au contact et dans l’axe de tir. Par principe, une attaque et son appui sont autant que possible perpendiculaires et non axiaux. Cela n’a pas été le cas ici, et les catapultes et trébuchets ont finalement été très sous-utilisés, d’autant plus que les premières, étrangement placée devant l’infanterie ont été tout de suite neutralisées par l’ennemi parvenu au contact.

La combinaison dragons-infanterie s’est mieux réalisée. L’intervention aérienne a, à son tour interdit l’emploi de l’artillerie amie, mais la précision du close dragon support a été suffisante pour s’effectuer un peu dans tous les sens et elle a été très efficace, freinant la progression de l’AM et lui infligeant sans doute la majorité de ses pertes. L’intervention des dragons a cependant été fortement perturbée par une tempête de neige (était-elle prévisible ?) et l’intervention de la force aérienne ennemie, ce qui a eu moins permis d’obliger le Roi de la Nuit à se découvrir. On notera que ce dernier aurait pu choisir plus avantageusement le tir depuis le sol, mais il a proféré l’option du dragonfight avec un rapport de forces défavorable.

Au bout du compte, cet engagement aérien indécis a abouti à la dépose des trois pilotes, et aux dragons laissés à eux-mêmes. Le dragon blanc employer pour brécher le château est utilisé ensuite au ras du sol en appui direct, sans doute un peu indistinct, mais l’AM se soucie peu des tirs fratricides. Les dragons alliés n’ont pas cette possibilité de combat au sol, y étant accrochés immédiatement par les Whigs. La dépose au sol des pilotes, tous des cibles à haute valeur ajoutée, a été l’occasion d’une première tentative de coup décisif, contrée par la «levée en masse» inopinée provoquée par le Roi de la Nuit dans les morts alliés. 

Pendant ce temps, l’infanterie alliée s’est retrouvée au contact de l’ennemi. Le plus étrange est qu’elle se trouvait devant la tranchée et les chevaux de frise et non derrière où évidemment elle aurait été beaucoup plus à même de résister, avec les catapultes. Là encore, comme la cavalerie de choc, l’infanterie lourde par ailleurs organisée en grande profondeur (mais qui a permis des manœuvres latérales des Immaculés de deuxième échelon) ne pouvait que résister, mais pas l’emporter. Il a fallu donc organiser, en catastrophe, le repli à l’intérieur du château. 

L’obstacle lui-même, dont on notera qu'il ne fait pas le tour du château et aurait pu être contourné, n’a pas permis de gagner beaucoup de temps ensuite. Constatons l’extrême difficulté qu’il y a eu à l’enflammer, le plan ne prévoyant qu’une seule méthode de mise à feu (un dragon). La redondance des moyens (en l’occurrence des soldats avec des torches) sur les points clés est pourtant un principe de base et n’y a pas toujours une sorcière sous la main pour résoudre les problèmes. Le pire était cependant que l’obstacle n’était en rien valorisé par des tirs, là encore un principe de base. Dans toute cette affaire, il aura manqué cruellement d’archers. La tranchée enflammée n’a finalement permis de gagner que peu de temps, les brèches étant réalisées en quelques minutes. Son seul intérêt a finalement été de provoquer la venue en avant du Roi de la Nuit et après sa chute et celle de Snow, la possibilité de le tuer. Il ne s'est sauvé que par le renfort des fantassins alliés morts. Raisonnons par l'absurde : placée derrière l'obstacle et non devant, le Roi de la Nuit aurait quand même été obligé de venir et dans le même temps, il n'aurait pu bénéficier de renforts de morts qui n'auraient pas été là.

Les Whigs ayant la possibilité de grimper aux murs (ne le savait-on pas ? n’était-il pas possible de savonner ou plus facilement de glacer les murs ?) l’attaque directe du château se transformait rapidement en nouveau combat rapproché puis en mêlée confuse à son intérieur jusque dans la crypte (où une petite force de protection aurait été bienvenue).  

Résumons : ce combat de freinage a été réalisé avec un grand courage, mais une très mauvaise économie et emploi des moyens.

Pour reprendre une nouvelle fois l’analogie avec les combats de Corée, face à une armée chinoise qui ressemblait beaucoup à l’AM dans ses modes d’action tactiques (assauts d’infanterie très agressifs avec un grand rapport de forces local, mépris des pertes, infiltration systématique, poussée en profondeur le plus loin possible) et après les surprises initiales, les forces américaines ont rapidement pratiqué la méthode du Roll Back. Le Roll Back qui consistait à une série de coups d’arrêt suivis de replis sur appuis d’artillerie au plus près et aériens dans la profondeur. La conquête de chaque portion de terrain impliquait des pertes chinoises considérables., jusqu'à l'usure complète. Les Américains contra-attaquaient alors avec des groupements blindés-mécanisés.

De la même façon, l’AM aurait dû progresser en permanence sous une pluie de projectiles et de flammes. Hormis les dragons, la puissance de feu alliée a été très largement sous-utilisée. Les deux obstacles, tranchée et mur du château, en admettant le manque de temps pour en créer d’autre, ont été très mal valorisés, par le feu bien sûr, mais aussi par le choc. Au bilan, les troupes de choc ont été gaspillées dans des combats vains, et d’autant plus contreproductifs que les pertes subies ont permis à l’ennemi de constituer une armée-bis.

Au final, malgré toutes les aberrations de sa mise en œuvre, le plan allié a réussi malgré tout, car le piège a fonctionné. Mais cela n'a été possible que grâce à l’initiative d’Arya Stark qui est parvenue à s’extraire avec grande difficulté de la bataille et a réussi, sans trop que l’on sache comment, une infiltration dans le dispositif ennemi avant de gagner son duel contre le Roi de la Nuit. La probabilité d’une telle occurrence était proche de zéro, mais «Sa Majesté le hasard» règne sur les plans même les plus mal conçus.

La guerre contre les Marcheurs blancs semble donc gagnée, il reste encore à mener celle contre la Reine Cerseï alors que beaucoup de forces alliées ont été détruites. Espérons que celles qui restent seront mieux utilisées, car deux hamartias successives sont rares. 

15 commentaires:

  1. Très bon texte, mais je crois que les zombies sont appelés "Wights" et pas "Whigs". Remarque, c'eût été amusant de voir des anglais en perruques attaquer Winterfell.

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    1. Cela aurait eu une certaine élégance, quand on songe à ces gueux de morts-vivants.

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    2. Whig : parti politique anglais opposé au parti Tory
      Wig : perruque
      Bonne journée à tous ;o)

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  2. Excellente et passionnante analyse. Le manque d'archers et de puissance de feu m'avait aussi frappé, mais nous pouvons supposer que les courts délais de production et la rareté de l'acier valeryen ont pu jouer dans ce manque de moyens, du moins dans cette mauvaise utilisation des moyens. Du reste, Arya Stark étant une spécialiste de l'assassinat, on pourrait ajouter qu'elle a mal été utilisée et aurait pu provoquer la mort du Roi de la nuit bien plus tôt, ce qui aurait éviter la perte de nombreux soldats nécessaires à la poursuite de la guerre des sept royaumes :).

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  3. Au lieu d'un simple fossé comme dans l'épisode, une série de fortification à la romaine aurait freinée la marche des attaquants. nous verrons, pour l'attaque finale sur Port-Real, si les scénaristes sont aussi mauvais "stratèges" qu'il l'ont montré dans l'épisode 3.
    Une vidéo qui rejoint vos propos : https://www.youtube.com/watch?v=YLtfNoyM3Cw

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    1. Face à Port Réal, il ne reste plus que l'équivalent d'une centurie d'Immaculés, plus de flotte et un seul dragon, et en plus des états d'âme. Cersei est pour le moment tranquillou.

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  4. Sinon, on peut considérer qu'ils ont manqué de temps, de personnes, de moyens pour creuser 12 tranchées, avoir du feu grégeois à disposition, former des soldats de fortune contre un ennemi inconnu, etc.
    Et on peut aussi se rappeler qu'une bataille dans Game of thrones ne répond pas qu'à la logique militaire, mais aussi à la logique cinématographique, qui a ses propres codes.

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  5. Il ne leur aurait pas été plus facile de creuser 2 ou 3 tranchées autours du château et d'attendre tranquillement que les Morts viennent se briser dessus ? Sans même avoir à sortir du château ?

    Dans les livres les Immaculés se battent avec un braquemart au CaC, ce qui les rapprochent davantage des légionnaires romains.

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  6. Autre remarque de portée générale: Jon Snow est un guerrier émérite mais un très mauvais tacticien, il a plus de défaites que de victoires à son bilan. L'illustration la pire est la "bataille des batards", où Bolton réussi la manoeuvre de Marius, et où le sort se joue sur l'arrivée inespérée de la cavalerie de Littlefinger. Cela augure mal du siège de Port-Réal...

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  7. Les systèmes de fortification médiévaux sont le plus souvent très basiques dans les films fantastique. Pas de douves ni de pont levis à Winterfell, pas plus qu'au gouffre de Helm ou à Minas Tirith, même s'il y a plusieurs séries de fortifications. C'est dommage car cela rend les choses nettement moins cohérentes. Même avec la magie, les place fortes sont beaucoup trop vulnérables !
    https://ostramus.com/minas-tirith-une-place-faible-1-3/

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  8. Excellente analyse. J'effectuerai cependant deux remarques qui atténueront ce jugement sévère :


    - la cavalerie dothrakie est une cavalerie de choc berserk, dépourvue d'armes de jet, dont l'encadrement et la discipline, et par là même les capacités de manoeuvre complexes, prêtent à caution. Employée jusque là comme force de rupture par son élan et son impact moral, elle est sans doute la moins adaptée à la guerre contre l'AM. Rien ne dit qu'elle eût été capable de retenue et d'actions de harcèlement sur les côtés ou l'arrière. Elle a donc été employée conformément à sa doctrine d'emploi. Le temps a évidemment manqué pour l'adapter en un outil plus utile ;
    - Winterfell ne possède pas de douves, sans doute rendues inutiles par les intempéries qui les comblent et gèlent. Bien évidemment, la tranchée, sorte de douve de fortune, aurait été bien plus utile en avant des phalanges, mais sa longueur aurait alors été beaucoup plus importante afin d'éviter un contournement aisé. Là encore, rien ne dit que les alliés disposaient de suffisamment de temps pour effectuer de tels travaux de fortification.

    On le voit bien, c'est le tempo rapide de la campagne, imposé par l'AM et sa surprise stratégique (la rupture du mur par l'emploi d'une arme nouvelle), qui provoque une situation tactique défavorable pour des alliés mal préparés lors de la bataille décisive. A méditer pour la prochaine campagne de Port-Réal.

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  9. Je pense que l'ensemble de la stratégie des maisons alliées à Winterfell repose sur l'élimination de la méfiance du centre de gravité sur deux pattes, le Roi de la Nuit. Et c'est l'opposition du Dieu de la Lumière, manœuvrant depuis le début de la série, qui lui coûte la victoire; d'où l'intervention in extremis de Mélisandre et celle d'Arya, dont on se souvient qu'elle a subi une initiation longue et douloureuse avant de pouvoir effectuer un geste aussi parfait...

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  10. Merci pour l'analyse !

    Elle nous apprend qu'il aurait été parfaitement possible pour les scénaristes de concilier vraisemblance militaire d'un côté, et choix scénaristiques et dramaturgie de l'autre.

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  11. Analyse très intéressante mais qui en effet, ne tient pas compte d'un code cinématographique en particulier : le suspens. Si la manœuvre de l'enclume et du marteau employée par Alexandre le Grand à Gaugamèles mais déjà utilisée par Philippe II et son fils lors de la bataille de Chéronée avait été utilisée à Winterfell, la tension et le stress de l'épisode aurait été bien moindre et donc l'effet cinématographique moins intéressant.

    Par ailleurs, la préconisation de l'utilisation d'archers en nombre plus important ou de formation Dothrakis à la Mongole avec armes de jets aurait supposé une extrême dextérité de ce deux formations puisque les morts ne peuvent pratiquement être éliminés que par un tir dans la tête ou une décapitation.


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  12. Une excellente vidéo (en anglais) présente les failles majeures du plan dans la saison 8, et une alternative qui eut sans doute été plus efficace pour économiser des troupes durant la batailles, reprenant nombre de points soulevés dans l'article de mr Goya :

    https://www.youtube.com/watch?v=EA5mJRFaI8c

    Par ailleurs, je souhaiterais reprendre certains points dudit article (très bon au passage), plus du chipotage qu'une réelle critique.
    Ainsi est recommandé d'armer d'arcs composites en nombre les troupes. Soucis, cette arme est extrêmement difficile à fabriquer, et son usage nécessite des années des pratique, encore plus s’il faut pour cela l'utiliser à cheval, ce qui requiert une pratique constante, uniquement permise (au moyen Age et avant) par des armées régulières ou des peuplades nomades, telles que les mongols ou huns.
    Sinon je ne crois pas en effet qu'il y ait beaucoup de choses à redire sur l'article, mis à part deux ou trois coquilles.

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