mercredi 22 mars 2017

Petit tuto à l’usage des balafrés qui ne veulent pas se baisser devant les balles

Une balle de fusil se déplace à une vitesse qui dépasse largement celle du son (340 m/s au niveau de la mer). La 7,62 M43 de la Kalachnikov AK-47 a une vitesse initiale (car bien sûr elle diminue au cours du déplacement) de 720 m/s, ce qui est plutôt lent comparé, par exemple, à la 5,56 F1 du Famas qui part à 930 m/s. Il existe bien sûr des projectiles subsoniques, pour des usages spécifiques et avec certaines contraintes mais c’est rare. Je n’en parlerai pas.

Comme tout objet supersonique cette balle déplace autour d’elle une onde de surpression de l’air qui se matérialise par un « bang » violent. Contrairement à une légende, cela ne correspond pas à au franchissement du mur du son. C’est un phénomène qui accompagne l’objet tout au long de sa trajectoire supersonique. J’ai toujours eu beaucoup de mal à savoir jusqu’à quelle distance le bang d’un petit objet comme de fusil pouvait être audible, sur des centaines de mètres certainement mais vraiment fort sur quelques dizaines de mètres.

Le problème est que ce  « bang » ressemble beaucoup  à celui de la détonation de départ, qui elle-même provoque une onde qui se déplace…à la vitesse du son. Pour compliquer le tout, le tir du même projectile va entraîner un troisième bruit : un sifflement provoqué par le cône de vide juste derrière la balle. Là encore, je ne connais pas la distance maximale pour ce sifflement (tous les avis experts seront appréciés).

Une balle provoque donc trois bruits que nous baptiserons : TAC pour le claquement du bang, SI pour le sifflement et TO pour la détonation de départ. Ces trois bruits de base peuvent être pollués par d’autres, des échos sur des bâtiments par exemple ou des chocs lorsque les balles rebondissent. Ils sont normalement assez caractéristiques et je n’en parlerai pas non plus. En revanche, la connaissance des interactions des trois sons directs produits par une balle constitue un paramètre important de la survie sur le champ de bataille. Imaginons quelques cas de figures.

Un tireur perché sur en haut d’un bâtiment à 600 m, et tire dans votre direction, par très loin mais pas sur vous : vous aurez entendu successivement TAC et TO.

Si vous ne connaissez pas l’existence de l’onde de Mach et de TAC, vous le confondrez avec TO, la détonation de départ. Vous croirez qu’on vient de vous tirer dessus depuis un endroit très proche. Ce sera une erreur grossière, qui peut vous amener à des réactions dangereuses (vous poster et/ou riposter face à une mauvaise direction ; vous placer ainsi, immobile, dans une position où le tireur, où contrairement à ce que vous pensez, vous voit toujours). Vous entendrez le deuxième bruit qui vient à vous, TO donc si vous suivez, mais vous le négligerez probablement car plus sourd et surtout plus lointain, vous le considérerez comme un autre tir (d'où les comptes-rendus qui annoncent bien plus de tirs et de tireurs qu'en réalité) nettement moins dangereux. Dans tous, les cas vous serez perdu.

Si vous connaissez le phénomène, vous aurez compris qu’une balle est passée pas loin de vous et vous attendrez le TO (un bruit beaucoup plus sourd et qui se traîne à la vitesse du son) qui viendra un tout petit peu plus tard. Le décalage entre TAC et TO vous donnera un indice très grossier de la distance (n'oubliez pas que quand vous entendez le TAC, le TO s'est déjà déplacé). Retenez qu'avec un décalage d'une seconde environ vous êtes entre 300 et 600 mètres du tireur. Vous aurez surtout une meilleure idée de l'endroit où il se trouve. Vous pourrez donc réagir de manière plus judicieuse. 

Au passage, ne croyez pas comme le bang est puissant qu’il s’agit de munitions explosives, non c’est un bruit normal de projectile plein. C’est ce bruit fort et surprenant qui vous incite par réflexe à baisser la tête et les épaules, ce qui ne sert évidemment à rien car le projectile est déjà passé. Ce n’est pas tant l’habitude qui vous empêche d’avoir ce réflexe que l’attention. Si vous vous attendez à entendre ce bruit (ce qui, il est vrai, se confond souvent avec l’habitude), vous ne bougerez pas plus que ça. Sinon, surpris, même ancien, balafré et tatoué, vous sursauterez.

Si en plus vous entendez un SI juste après le TAC, cela ne change rien fondamentalement au phénomène sinon que vous savez que la balle est passée très près et que donc, information précieuse, c’est sans doute vous qui étiez visé. Rappelez-vous alors qu’à cette distance, les deux secondes nécessaires à la balle pour venir à vous, vous permettent de faire plusieurs mètres. Si vous ne pouvez pas vous mettre à l’abri, bougez ! Vous pouvez même vous baisser. Vous réduirez considérablement la probabilité d’être touché.

Variante : vous pouvez entendre TAC, TAC, TAC, etc…puis TO. Félicitations, vous êtes dans l’axe de tir d’une mitrailleuse. Le phénomène est le même. Le calibre est généralement plus important, les claquements sont plus forts (jusqu’à devenir un peu écrasants à force surtout lorsqu’ils passent au-dessus de votre tête) et la distance des projectiles par rapport à vous peut-être plus importante. Dans ce cas-là il faut attendre la fin de la séquence et, encore une fois, l’arrivée du TO pour avoir l’origine et la distance du tir. Petite particularité des tirs en rafales : vous pouvez aussi les voir arriver avant de les entendre (la lumière va plus vite que le son) si les balles touchent quelque chose en allant dans votre direction. Dans un tir unique, hors ricochet malheureux, le choc va neutraliser la balle et vous ne serez plus menacé par elle (mais d'autres peuvent venir et vous êtes averti). Pour un tir en rafales en revanche, voir des impacts ne signifie pas la fin du danger. Pour de nombreuses raisons, les balles ont plutôt tendance à partir plus haut qu'on ne voudrait, le mitrailleur peut donc tirer sciemment trop bas pour corriger cela et savoir où il tire. Cela vous donne en tout cas, de précieuses indications qui précédent celles que vous aurez par les oreilles, très (trop) peu de temps après.

Maintenant, vous ne pouvez entendre aussi qu’un seul bruit. Dans ce cas, soit, bonne nouvelle, vous n’êtes pas dans l’axe du tir (les TAC vont dans une autre direction et vous n’entendez que le TO, qui, lui, va dans toutes les directions) ; soit, et selon les situations cela peut-être une mauvaise nouvelle, vous êtes très proche du tireur (a priori moins de 300 mètres) et TAC et TO se confondent. Dans ce dernier cas, la confusion des sons peut même vous cacher l’origine des tirs et il faut utiliser la vue pour vous informer. Si vous n’êtes pas armé et que vous n’avez rien de particulier à faire dans le secteur, le mieux est de se retirer.

Voilà vous savez l’essentiel. La prochaine fois, on parlera des obus. 

Sinon allez voir dans Sous le feu-La mort comme hypothèse de travail, Tallandier, 2014.

21 commentaires:

  1. Bravo pour cette musicographie guerrière. Nécessaire même pour le simple citoyen occidental.
    Le claquement d'une main à l'intérieur de l'autre suivi d'un autre claquement sous le bras, est un bon apprentissage sonore au baptême du feu

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  2. bravo mon colonel pour ce texte parfait. on y lit l'expérience et la traduction des sons est parfaite. le bruit est notre seul indicateur fiable en situation d'échanges de feux.encore bravo. respectueusement.

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  3. Bonjour,

    J'ai beaucoup aimé votre article, il est très instructif et j'espère n'avoir jamais à m'en servir, néanmoins, comme je vous l'ai twitté l'affirmation "vous aurez la distance du tireur (2 secondes d’écart entre TAC et TO multipliées par 300 mètres)" est erroné. En utilisant la vitesse du son, ce que vous calculez ainsi est la distance qui sépare le TAC et le TO quand vous avez entendu le TAC. Pour avoir la distance du tireur, vous devez ajouter le temps qu'a mis le TO pour arriver là où il était quand vous avez entendu le TAC.

    Nous avons donc cette formule : d=t*(m*v)/(v-m)
    où d est la distance du tireur, t le temps entre le TAC et le TO, m la vitesse du son (mach), v la vitesse de la balle, ainsi le coefficient à utiliser est dépendant le l'arme, il sera d'environ 644 pour une Kalachnikov et de 535 pour un Famas.

    Ainsi, d'après votre exemple, (par facilité on utilisera 600 et 500) le tireur est à 1200m avec une Kalachnikov et 1000 avec un Famas. Avec de telles distances, n'est-on pas au delà de la portée pratique de ces armes ?

    En espérant que cela aura été utile.
    Salutation
    Guy

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    1. Merci mais j'avoue ne pas comprendre votre démonstration. Pourquoi et à quoi faut-il donc ajouter le temps d'arrivée du bruit de la détonation ?

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    2. Bonjour,
      Le TAC est entendu au moment du passage de la balle, donc à un temps t1 tel que d=v*t1. Le TO est un son qui se déplace à vitesse m, donc entendu à un temps t2 tel que d=m*t2. Ainsi m*d=m*v*t1, v*d=m*v*t2. Si vous connaissez t=t2-t1 le temps entre le TAC et le TO, vous avez (v-m)*d=m*v*(t2-t1)=m*v*t. D'où la formule que vous indique M.Marty.
      Si j'ai bien suivi, il me semble que la petite erreur de votre raisonnement est que vous comptez comme si une balle se déplaçait à vitesse infinie, alors qu'il faut retrancher au temps d'arrivée de la détonation le temps d'arrivée de la balle.

      Enfin bref, contrairement à certains balafrés j'espère ne pas avoir à gérer ce genre de situation.

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    3. Bonjour,
      Effectivement Guy Marty a raison. Il y a une approximation dans le calcul.
      En fait, le TAC n'est pas instantané. Il se "déplace" avec le projectile et donc à sa vitesse.
      Il faut donc oter au temps de perception du coup de départ, le temps de déplacement du projectile.
      Pour une balle qui va à 2 fois la vitesse du son cela revient à multiplier la distance par 2.
      2 secondes entre TAC et TO, cela fait alors plus de 1200 m.

      Laurent

      « Haut les têtes, la mitraille c'est pas de la merde ! » (Général Louis LEPIC - Eylau 1807)

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    4. Je ne comprends toujours pas bien. Enlever le délai d'arrivée du TAC d'accord (un peu moins d'une seconde à 600 m pour une 7,62x54R) puisque le TO se déplace aussi. Sinon, je ne vois pas comment vous arrivez à 1200 m.

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    5. Bonsoir,

      Depuis le canon de l'arme, une balle (600 m/s) mettra 2 secondes pour parcourir 1200m, tandis que le TO (300m/s) mettra 4 seconde pour parcourir la même distance, soit 2 seconde de plus que le TAC.

      Est-ce plus clair ?

      Salutations
      Guy

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    6. Dans l'exemple cité, à 600m, la balle passe près de vous en moins d'une seconde et le TO arrive une seconde après. Ce n'est pas un décalage de deux secondes comme je l'expliquais au début oubliant effectivement que le bruit de la détonation de départ avançait aussi pendant le trajet de la balle. Merci de me l'avoir fait remarquer.

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  4. "des balafrés qui ne veulent pas se baisser devant les balles", c'est ce que j'ai pensé en voyant ce documentaire: http://filmvf.ws/the-hornets-nest-vo-streaming.html

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  5. Il manque juste le bruit de l'impact sur un corps vivant (sur un corps mort, le bruit est différent) et on aura pratiquement l'ensemble de la chaîne....

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  6. De mémoire, cette problématique des sons de balles a été abordé le filme
    "Il faut sauver le soldat Ryan".
    Je ne saurais dire à quel point ce film est réaliste, mais je pense qu'il a changé la perception des combats pour ceux qui l'ont vu.

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  7. Mon colonel,

    Belle démonstration, mais quand est il dans le cas de combat en zone urbaine ou tirent simultanément plusieurs armes automatiques (fusils d'assaut et FM) et à relativement courte distance (100 à 200 m) ? Compte tenu des réverbérations, simultanéités des tirs et faible distance, il doit être difficile de discerner les TAC, SI et TO de chacune des armes et donc leurs positions ?

    Même question en zone montagneuse, nos anciens en Algérie notamment dans les Aurès et Kabylie furent confrontés à ce problème : difficultés à apprécier d'ou venaient les tirs ennemis.

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  8. Depuis les années 80 des armées comme l'armée britannique et un peu plus tard l'armée américaine sont partis de ce principe pour adopter a toutes leurs armes des RDS pour faire disparaitre le TO même avec des munitions supersoniques.
    Car sur la seule perception du TAC et du SI la position du tireur ne peut être confirmée.
    Le tireur est la puisque le TAC et le SI ont bien été perçus et surtout une cible a été touchée ou ratée de peu.
    Donc si un cible est touchée ces camarades vont prendre un couver et demander un appui, c'est la que la disparition du TO (inaudible passé 50m) devient vitale par la non confirmation de la direction et de la distance.

    Penser a tort que la présence du RDS dégrade la précision du tir et force a l'usage de munitions subsoniques est ce qui nous a fait prendre un retard de tous les diables dans ce domaine ....

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  9. Il me semble que l'usage de silencieux est plutôt l'apanage des forces spéciales.

    Sinon il existe des systèmes de triangulation à base de microphones, portables par un fantassin ou adaptable sur un véhicule pour donner la direction de départ du coup.
    Je pense que le système utilise uniquement le TAC et pas le TO.

    Enfin il me semble que la méthode évoquée par le Colonel Goya est surtout pertinente face à des tirs longue distance, pas à moins de 200m où il sera plus difficile de discerner la différence TAC/ TO.

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  10. Bonsoir à tous,
    D'abord quelques éléments de réponse aux questions relatives à l'intensité des différents sons, en précisant que je n'ai eu l'occasion d'analyser que le "crack-thump"(TAC-TO); je n'ai jamais entendu beaucoup de sifflements,aucun en tout cas lors des mesures de bruit supersonique, ces mesures ayant été faites entre 200 et 300 mètres de la bouche des armes,donc à une distance où tous les projectiles étaient encore largement supersoniques. On doit théoriquement pouvoir entendre ce sifflement lorsque la vitesse du projectile diminue en dessous de 340-320 m/sec (selon l'altitude, la température, la pression atmosphérique et autres paramètres), lorsque le sifflement n'est plus couvert par le crack (TAC) de l'onde de Mach, donc assez loin du tireur s'il utilise une arme longue moderne (700 mètres en 5,56 mm)beaucoup plus près s'il s'agit d'un PM, mais là le sifflement doit se confondre avec le bruit du départ (Thump/TO, onde de décompression des gaz à la bouche). Mon père me disait avoir entendu siffler les balles de la MG 34 qui lui tirait dessus en limite de portée (plus de 3000 mètres) depuis le col du Fréjus en septembre 1943).
    L'intensité du crack/TAC est beaucoup plus élevée que ne le pense notre hôte ; je la comparerais au bruit émis par une carabine 22 LR tirant des munitions à grande vitesse, qui est audible, suivant les conditions, à des centaines de mètres, voire à plus d'un kilomètre ; dans une zone montagneuse le crack d'une balle de 5,56 génère des échos renvoyés par des falaises situées à plus d'un kilomètre, sans confusion possible avec le bruit de départ (thump/TO)lorsque le tir est effectué avec un "silencieux" (un résultat inattendu de cette expérience était que le bruit de fermeture de la culasse était nettement audible et parfaitement identifiable à 300 mètres de l'arme).Je dispose de plusieurs fichiers sonores datant d'expériences menées en 2005, mais à l'époque nous ne nous intéressions pas à l'intensité mais seulement à la forme d'onde, l'onde de Mach étant tout à fait caractéristique (onde en forme de N d'une milliseconde) et étant distinguée à coup sûr de l'onde de décompression des gaz sur n'importe quel oscilloscope à partir de n'importe quel enregistrement,même si la prise de son se fait à 5 mètres de la bouche (ondes confuses décroissant pendant 0,2 seconde); sur les fichiers dont je dispose, on ne distingue pas de différence entre les ondes de Mach des balles de 5,56 et celles de balles de calibre 7,62 (enregistrements à 200 mètres de la bouche). J'ai aussi eu l'occasion d'entendre les ondes de Mach d'obus de 20 mm, à 300 mètres à côté de leur trajectoire, et l'intensité était beaucoup plus forte que celle des balles de fusil, presque aussi forte que le bruit du départ entendu à 1000 mètres de la bouche.
    Ces phénomènes sont intéressants, tactiquement bien-sûr, mais aussi historiquement : les troupes allemandes qui, en août 14 en Belgique, ont fusillé les civils parce qu'elles croyaient avoir été sous le feu de francs-tireurs tirant depuis des habitations, avaient pris les ondes de Mach de balles tirées de loin pour des tirs proches venant de côté, l'oreille humaine tendant à localiser la source dans une direction perpendiculaire à l'onde de Mach qui l'atteint.

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    1. Merci pour ces précisions. Mes propos reposent surtout sur mon expérience. Vous avez raison, les claquements s'entendent très loin (j'en ai entendu des centaines et je m'amusais à attendre le TO qui venait systématiquement) et j'aurais dû préciser claquement "violent", ce qui j'en conviens est assez vague et subjectif. J'ai entendu très clairement un fois une séquence TAC-SI-TO (les trois bruits se sont suivis immédiatement) pour un petit calibre et j'étais forcément la cible étant seul sur place. J'ai entendu aussi plusieurs fois des sifflements après des tirs de mitrailleuses de 14,5 mm. Ces tirs étaient assez lointains (on pouvait en déterminer l'origine à cause des traçantes) et passaient au-dessus de nous.

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  11. Ayant subis de la balles perdues, il me semble bien n'avoir du coup entendu seulement le sifflement (aux vues des impacts, la trajectoire était parabolique). Le "TAC" a été l'impact sur le béton, qui ma foi aurait presque pu faire croire à un coup de feu juste à côté de nous ! Manque d'habitude certainement...
    Cela pourrait-être le cas si nous étions visé, mais que le tir était très lointain ?

    Vous n'évoquait pas ici le tir avec réducteur de son ? Qu'en serait-il ?

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  12. Les seuls "TAC TO" dont je me souvienne sont ceux que j'ai entendus lors d'un parcours de tir d'infanterie méca. Le TTA 207 venait d'être modifié pour faciliter le tir par dessus troupe ou le tir parallèle à une troupe en déplacement.
    Après déplacement suffisant pour, grâce à la déclivité du terrain, passer largement sous la ligne de tir, les canons de 20 des AMX10 tiraient au dessus de nous. On distinguait bien le "TAC" de l'obus au dessus de nos têtes, suivi une seconde après de la détonation assourdie par la distance. "TOO"...

    VQE

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  13. Très bonne analyse balistique sonique mon colonel. Je pense que des tests soniques calibrés scientifiquement, on du être réalisés quand les RDS sont apparus . Ils seraient intéressant de pouvoir les obtenir. A de nombreuses reprises j'ai eu l'occasion d'entendre le bruit de l'impact de la balle dans un corps vivant ( bruit sourd lourd mou..)et après la détonation. Je me trouvais a 300 mètres et j'avais le tireur en visuel!!J'ai vu clairement la surcompression de l'air au départ de la balle au bout du canon ( j'avais une Schmidt Bender 3.5/12). Je me trouvais a la même hauteur que la cible a une cinquantaine de mètres. Le bruit de l'impact m'a fait tourner la tête et le bang de départ est arrivé une fraction après. En résumé j'ai vu le départ, entendu l'impact, et pour finir la détonation.
    Quand au sifflement je pense toujours quelle est passée pas loin. ��. Si vous avez des informations supplémentaires je suis preneur.
    Pour finir quand une balle frappe le sol ou un arbre le bruit est complètement différent.
    En vous remerciant
    Mes respects mon colonel

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  14. Bravo Michel !!
    Super clair et précis... bien plus que tous les tirs du petit tuto qui sont tous passés à côté :-)
    Amicalement,
    Pascal

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