dimanche 9 octobre 2016

Les guerriers comme priorité nationale

L’été 2006 marque un tournant dans l’histoire militaire moderne. L’armée du Hezbollah tenait tête à celle d’Israël, ce qui s’appellerait quelque mois plus tard l’Etat islamique en Irak mais aussi leurs adversaires de l’Armée du Mahdi mettaient en échec les forces américaines dans leur tentative de rétablir la sécurité à Bagdad. Au même moment, la Force internationale d’assistance et de sécurité (plus connue sous le signe anglais ISAF) s’implantait dans le sud de l’Afghanistan et y était totalement prise par surprise par l’ampleur de la présence des Taliban. Symbole de cette naïveté, le ministre de la défense britannique de l’époque déclarait juste avant le déploiement de l’unique bataillon britannique dans la province du Helmand qu’il espérait qu’ « aucune cartouche ne soit tirée ». Six mois plus tard, les soldats de Sa Majesté avaient déjà tiré plus de 500 000 cartouches et lancé 13 000 obus. Au bout de trois ans, ils comptaient 2 400 tués et blessés dans leurs rangs. Les contingents néerlandais, danois et surtout canadien engagés également dans le sud souffraient également.

En l’espace de quelques semaines donc, les puissances militaires occidentales et Israël, soit alors près de 80 % du budget militaire mondial, une suprématie incontestée comme jamais dans les airs et sur les mers, les machineries les plus sophistiquées du monde, étaient mises en échec par des armées de fantassins. Ces hommes étaient le plus souvent équipés d’armes soviétiques des années 1960 mais ils étaient nombreux, plus que les combattants rapprochés (de « mêlée » selon la vieille expression) occidentaux déployés, et utilisés par des organisations politiques qui acceptaient le risque humain. Sachant par ailleurs parfaitement utiliser la géographie locale, ils échappaient à la plupart des coups venus du ciel et occupaient le terrain, facteur premier de la victoire.

Durant ce même été 2006, je me trouvais à Kaboul en mission de retour d’expérience. Je visitais en particulier la compagnie d’infanterie qui s’était préparée pour venir en aide au contingent canadien, alors en difficulté. Le Président de la République de l’époque, très prudent, avait finalement refusé cette aide. Il donnait même l’ordre de retirer du Sud le groupement du Commandement des opérations spéciales qui combattait alors depuis deux ans et y avait déjà connu sept pertes. Très clairement et sans entrer dans le détail, il était évident que l’idée d’engager une compagnie d’infanterie dans un combat de haute intensité n’avait jamais vraiment été concrètement envisagée. Je concluais mon rapport en expliquant qu’il fallait très sérieusement se préparer à des combats de haute intensité en Afghanistan, obtenir le retour d’expérience des forces spéciales et surtout regarder de très près les combats de nos Alliés engagés dans les zones rebelles.

Deux ans plus tard, le 18 août 2008, une compagnie franco-afghane s’engageait dans la vallée d’Uzbin. Elle s’y trouvait prise à partie par au moins une centaine de combattants de plusieurs groupes rebelles associés pour l’occasion. Au moins 70 d’entre eux y perdaient la vie pour 10 soldats français mais l’ampleur inédite des pertes au combat en une seule journée et le fait d’avoir été surpris, associés à l’impréparation totale de l’exécutif politique à ce type d’évènement donnaient un impact stratégique à ce combat.

Que s’était-il passé pendant deux ans ? Et bien par grand-chose en fait. Bien entendu, nous n’avons pas étudié vraiment les combats des Alliés, même la double victoire américano-irakienne à Bagdad en 2007 et 2008, une des rares du genre. Mon poste d’analyste des conflits dans le grand Moyen-Orient avait été supprimé après mon départ et la Direction du renseignement militaire ne faisait pas ce genre de travail. Surtout, toutes les énergies de l’époque étaient concentrées sur les moyens de trouver les 35 milliards d’euros manquants pour payer les grands programmes d’équipements, dont environ la moitié pour l’avion Rafale. Hormis avec le très (trop ?) technologique programme Félin, les combattants rapprochés ne faisaient guère l’objet d’attention. Or, ce sont ces hommes et ces femmes, qui au bout du compte, plantent le drapeau sur le Reichstag et gagnent les guerres en contrôlant le terrain. Quelques semaines avant l’embuscade d’Uzbin sortait le Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale où il était expliqué en première partie que le monde était plus dangereux et qu’il fallait apprendre la résilience à la population (en fait, c’était d’abord à l’exécutif qu’il fallait l’apprendre), puis en deuxième partie qu’il était urgent,  en accord avec la révision générale des politiques publiques, de supprimer 54 000 postes pour pouvoir financer les grandes programmes industriels décidés pendant la Guerre froide.

Bref, non seulement nous n’avons rien fait de sérieux pendant deux ans pour développer les capacités de combat rapproché mais nous les avons plutôt réduites. C’était la responsabilité de l’armée de terre avec sa marge de manœuvre budgétaire limitée et ce n’était pas aussi prestigieux, ni exportable que les machines couteuses et complexes. Ces machines sophistiquées et rares n’ont finalement été d’aucune aide dans la vallée d’Uzbin où les soldats français ont du se débrouiller avec des équipements conçus dans les années 1970 à l’exception, notable, des casques et des gilets pare-balles développés dans l’urgence au début des années 1990. Ces hommes auraient pu être équipés de gilets de protection et d’armes plus modernes ou plus adaptées (des mitrailleuses portables en 7,62 mm auraient pu être très utiles), la technologie des drones tactiques lancés à la main était disponible depuis des années, un seul d’entre eux aurait peut-être décelé le dispositif d’embuscade. L’hélicoptère Tigre, destiné à combattre en Allemagne et toujours repoussé pour sauver quelques euros n’était toujours pas là, idem pour le véhicule blindé de combat d’infanterie moderne qui faisait l’objet d’études depuis les années 1980. A condition que ces lourds engins aient pu passer, les quatre canons de 25 mm, auraient été d’un appui bien plus précis et efficace que les vieilles 12,7 mm manipulées depuis la tourelle (combien d’hommes a-t-on perdu en tourelles de VAB avant de pouvoir disposer d’une arme télé opérée depuis l’intérieur du véhicule ?). Ne pouvait-on concevoir des obus de 81 mm guidés ? Ils auraient pu être utilisés malgré l’imbrication des combattants alors que là la section d’appui n’a pu rien faire sans risquer de tuer aussi des Français (profitons-en pour tuer la légende de l’absence des percuteurs, c’est un pur mythe). Un effort sérieux, certes coûteux mais infiniment moins que pour des machineries qui n’affronteront probablement personne, aurait pu permettre d’éviter cela.

Si à la place des rebelles afghans, il y avait eu une compagnie de parachutistes allemands de 1944, le résultat aurait sans doute été le même, sinon pire. Imagine-t-on des Focke-Wulf 190 défier des Rafale ou des Mirage 2000 ? Ce qui n’est pas possible dans le ciel ou sur les mers, l’est encore sur terre et c’est en partie pour cela que nos adversaires sont si durs à vaincre. Au tout début des années 1990, la priorité était la lutte contre les blindés soviétiques. Toutes les sections d’infanterie s’étaient donc organisées autour du nouveau groupe anti-chars à courte portée (600 m, ce qui par ailleurs me paraissait très hypothétique) doté du missile Eryx. Le problème est que ce missile Eryx est arrivé en dotation…après la disparition de ces cibles potentielles, les blindés soviétiques. Logiquement, il aurait fallu annuler ce programme et consacrer les ressources dédiées à la transformation de la puissance de feu anti-personnel et au renseignement des sections (la moitié des fantassins sont tués en cherchant l’ennemi). On ne l’a que très modérément fait avec un peu d’optronique, la dotation en fusil minimi ou les lance-grenades individuels. En même temps, on perdait notre capacité à produire des munitions et on achetait à l’étranger des munitions moins performantes.

L’équipement n’est pas tout. Pour faire des économies, les sections engagées en opérations sont rarement les sections de taille réglementaire. La section d’infanterie déployée à Uzbin n’avait que 23 combattants à terre. La section d’appui qui, constatant son impossibilité d’appuyer à distance a essayé de venir au contact, n’en avait que 19. C’est peu et quand ils ne disposent chacun que de 200 cartouches légères, cela fait ne fait finalement pas grand-chose. Quatre ans auparavant, des fantassins israéliens m’expliquaient que les équipes de quatre étaient nettement plus efficaces que celles de trois, neutralisées de fait dès qu’un homme était touché. Les Marines américains disaient la même chose et étaient revenus à leur groupe à 13 hommes de la guerre du Pacifique. Nous, nous sommes toujours avec des groupes de combat à deux équipes de trois, structure adoptée il y a presque trente ans, non pour son efficacité mais pour économiser des postes. Les méthodes de commandement du groupe de combat sont toujours aussi archaïques, rigides et de fait peu applicables. Un très simple effort dans ce domaine suffirait en soi, sans coût supplémentaire, à développer nettement notre capacité de combat rapproché (CCR).

Pour être juste, un effort particulier a été fait pour préparer les engagements en Afghanistan, et pas seulement depuis l’embuscade d’Uzbin. Un certain nombre de demandes d’équipements avaient été faite avant cet évènement mais la rigidité administrative et les faibles ressources budgétaires n’avaient pas permis d’en disposer à temps. Le soldat français de 2012 en Afghanistan n’était plus celui de 2008. Ces évolutions remarquables ont cependant été obtenues au détriment de la souplesse tactique : blindage pour tous et tout, lourds et plutôt lents dispositifs, dépendance aux routes, aux bases et aux appuis aériens, acceptation de l’initiative du tir laissé à l’adversaire (dans 80 % des cas), pas d’occupation réelle du terrain. Nous étions capables de vaincre sur chaque point de combat mais pas de gagner la guerre. Après une période initiale d’expansion, les forces françaises n’ont finalement cessé de reculer et de se restreindre au fur-et-à-mesure des intrusions politiques pour qui, il est vrai, la victoire sur le terrain n’était pas la priorité.

Cette évolution qualitative est insuffisante. Il faut investir pour obtenir des cellules tactiques tout aussi peu vulnérables qu'aujourd’hui mais plus souples et légères. Il faut en fait que nos sections d’infanterie soit au standard des forces spéciales actuelles. Celles-ci disposent d’une dérogation au droit des marchés publics pour s’équiper rapidement. Pourquoi, alors que rappelons-le les plus hautes autorités de l’Etat ont déclaré que nous étions en guerre, ceux qui la font ne disposent-ils pas tous de cette dérogation ? Imagine-t-on les combattants français des deux guerres mondiales obligés de passer par un processus de plusieurs années pour pouvoir s’équiper de matériels légers ? 

Il faudra faire un effort humain aussi très conséquent dans la sélection et la formation. Le fantassin est un « système d’arme » complexe. C’est un guerrier et un tueur mais ce n’est pas que cela. C’est un décathlonien qui peut agir au cœur des milieux complexes, patrouille, fouille les immeubles, sépare les gens, fait des prisonniers, serre des mains et tire avec une grande précision pour abattre un combattant ennemi caché. Il constitue le pion tactique qui ressemble le plus à un civil et donc le plus à même d’entrer en contact avec lui.  Une erreur de jugement et de comportement de sa part et c'est la catastrophe. L’expérience tend à montrer que toutes choses égales par ailleurs, le « vieux » fantassin, de 25 à 30 ans, est beaucoup plus performant dans un milieu complexe que celui de 18, parce que plus expérimenté et plus mûr. Peut-être devra-t-on vieillir notre population de combattants rapprochés, en faire une deuxième spécialité par exemple. Il faudra pour cela avoir des soldats qui acceptent de rester dans l’institution, et qui ne soit pas incité à la quitter par dégoût comme c’est souvent le cas aujourd’hui. Il faut aussi avoir un maximum de volontaires à l’engagement. Je ne parle ici que des fantassins car c’est sans doute là, bien plus que pour nos pilotes d’hélicoptères et nos tankistes lourds ou légers, qu’un effort doit être fait.

La quantité est aussi une qualité. Ce n’est pas tout d’avoir d’excellentes cellules de combat rapproché encore faut-il en avoir suffisamment. L’avion Rafale est un engin remarquable, sur chaque point de contact il remplit parfaitement ses missions, mais si on ne peut en déployer que 40, l’impact stratégique reste faible. Il en est de même des équipes de forces spéciales, sections d’infanterie, sections de génie combat pelotons blindés ou patrouilles d’hélicoptère d’assaut. De combien disposons-nous d’hommes dans ces unités, qui subissent 90 % des pertes au combat, 30 000 au grand maximum. La France compte sur 0,045 % de sa population pour gagner les guerres actuelles. C'est la plus faible proportion de toute son histoire. Ces 30 000 guerriers, auxquels il faut ajouter les combattants rapprochés du ministère de l'intérieur, constituent un trésor national (1). C’est aussi un petit trésor, d’autant plus qu’une partie seulement d’entre eux est déployable au loin si nous voulons les relever régulièrement. Concrètement si on prend l’opération Serval au Mali comme repère, la France peut actuellement au maximum vaincre un groupe armé de 9 000 combattants. Encore s’agit-il de combattants équipés de l’armement standard AK-RPG-14,7mm-SA7. Pour peu qu’ils disposent de quelques armements légers modernes à la manière du Hezbollah et le combat à mener sera nettement plus complexe et notre capacité de destruction s’en trouvera réduite. Il se trouve par ailleurs que la probabilité du développement des capacités des groupes armés ennemis augmente. Le Hamas, par exemple, a atteint ce niveau 2 et les pertes de l’armée israélienne lors des combats de 2014 ont augmenté considérablement par rapport aux combats précédents. On peut estimer que l’Etat islamique, qui dispose par ailleurs de plus de combattants rapprochés que la France, a également atteint ce niveau 2. Pendant ce temps, notre CCR n’augmente pas. Il était même question avant les attentats de 2015 de la diminuer encore (la bosse budgétaire reste obstinément fixée à 35 milliards d’euros malgré les réductions, bases de défense, Louvois, etc.). Encore s’agit-il de combattre mais pas d’occuper, ce qui est également nécessaire et demande moins de technologie mais plus d’hommes. Rappelons qu’une des nombreuses raisons des difficultés américaines en Irak était qu’il y avait sur place moins de fantassins que de policiers à New York. Non seulement nous devons élever notre niveau moyen pour les rendre plus puissants et moins vulnérables mais nous devons en doubler le nombre.

Les unités de combat rapproché sont indispensables pour gagner les guerres actuelles. Contrairement aux lourdes divisions blindées bien visibles, nos adversaires actuels ne peuvent être entièrement détruits depuis le ciel, il est, plus que jamais, nécessaire pour cela d’aller des traquer au sol. Comme le Yin et le Yang, cela doit se faire en coordination avec la puissance de feu indirecte, artillerie, chasseurs-bombardiers, drones armés bientôt. Le feu indirect oblige l’ennemi à se disperser, il devient ainsi plus vulnérable aux combattants rapprochés. Inversement, s’il veut se regrouper pour mieux faire face au contact, il devient vulnérable au feu indirect. 

Depuis 1950, face aux groupes armés, qui constituent rappelons-le 90 % des ennemis de la France depuis cette époque, les Etats ne l’emportent que dans 36 % des cas s’ils refusent de contester à l’ennemi le contrôle du terrain, c’est-à-dire en se contentant de le combattre à distance. Ils l’emportent en revanche à 71 % dans le cas contraire et même à 82 % si l’ennemi ne bénéficie pas d’un soutien extérieur (2). Oui mais voilà cela suppose un effort dans un champ qui à l’époque du high tech exportable n’est pas très séduisant pour les industriels. A l’époque du principe de précaution, cela suppose aussi de prendre des risques humains et donc d'accepter des pertes. Les combattants rapprochés représentent 0,045 % de la nation et moins de 10 % des hommes et des femmes en uniforme mais ils subissent plus de 90 % des pertes. Nos dirigeants politiques sont placés devant le dilemme du choix entre les pertes humaines et la victoire et ils n'aiment pas ce choix.

Dans quelques années, il sera nécessaire de financer le renouvellement de nos sous-marins lanceurs d’engins nucléaire. Cela impliquera probablement de doubler pour quelques années, les 3 milliards que nous consacrons annuellement à la dissuasion nucléaire. Il sera nécessaire aussi si nous voulons vraiment vaincre (on peut se contenter de continuer à faire semblant et compter sur les autres) des groupes armés, de disposer de plus de guerriers. Il en faudra moins autant et sur la durée (car il faut aussi être patient) que les ennemis que nous voulons vaincre. Il faudra investir pour atteindre une domination terrestre semblable à celle que nous avons déjà dans les airs et sur les mers. Tout cela représente le prix d'un programme industriel moyen mais si la destruction d’une section constitue un évènement national, alors la section d’infanterie doit devenir une priorité nationale. 

(1) L'expression et plusieurs idées de ce texte sont tirées de général Robert Scales, Scales on War: The Future of America's Military at Risk, Naval Institute Press, 2016.
(2) Voir Ivan Arreguin-Toft, How the Weak Win Wars, Cambridge University Press, 2005.

24 commentaires:

  1. Le calibre de 81 mm me semble trop réduit pour des munitions guidées, mais il y avait des mortiers de 120 mm en Afghanistan en 2008...Je suis parfaitement d'accord avec les conclusions de cet article en particulier sur la période avant 2008. J'avais, début 2007, traduit un compte rendu britannique où il était écrit que le Cne Alex Eida du 7 Rgt RHA avait été tué en août 2006 après que les patrouilles CAS aient quitté la zone des combats. Les avions étaient présents depuis plusieurs heures pour appuyer cette unité prise dans une embuscade. Toutefois comme d'autres combats avaient été déclenchés sur d'autres secteurs de l'Afghanistan, les avions avaient dû partir. A cette époque l'artillerie britannique déployée était de faible portée (17 km) et les fantassins britanniques et leurs observateurs étaient hors de portée. La leçon retenue par les Britanniques était de ne plus jamais déployer d'unités au sol hors de portée de l'artillerie, seul appui feu indirect garanti. C'était début 2007....

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  2. A mon humble avis, retirer les SML des régiments d'infanterie a été une grave erreur.

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    1. A mon avis, c'est déployer des GTIA sans mortiers de 120 qui est surtout une connerie.
      Des dizaines de chefs de corps prennent le pli de mener des opérations avec des GTIA boiteux.
      A ce rythme là on se prendra encore des râteaux sévères dans le futur.

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  3. Les problèmes de cette surenchère technologique touchent l'armement mais aussi visiblement le renseignement. En 1989, quand l'islamisme a eu sa première poussée bien visible au collège Gabriel Havez de Creil, les RG infiltraient encore les mosquées clandestines qui bourraient les mous dans les caves de la cité de Creil Plateau et avaient au moins vu venir. Tout ce qui n'est pas venu, c'est la préparation d'une communication politique pour le jour de l'évènement et du magistral coup de pied au cul qui aurait dû suivre afin de marquer d'entrée des limites très claires.

    Désormais on fait des lois pour le flicage technologique des réseaux de communication, systématiquement contournées (actuellement Telegram, russe, serait en vogue ; Demain une autre appli, chinoise ou d'un paradis numérique à venir qui sera sans doute la reconversion d'un paradis fiscal), avec l'humain devenu inexistant et passant son temps à relever les hit de sondes automatiques alors que le plus intéressant passe sans doute désormais sous le radar... et, pire, que la masse chiffée augmente car ce faisant on motive des gens n'ayant à priori rien à cacher à le faire par simple souci de ne pas risquer de voir leur vie privée stockée dans des serveurs gouvernementaux.

    L'ennemi fait comme tout le monde face à un environnement qui change: Il s'adapte.

    Si l'on veut que notre industrie de défense, couteuse mais néanmoins indispensable, continue à fonctionner/innover... Sucrons donc les subventions de l'Europe aux pays qui font des efforts particulièrement outranciers à faire fonctionner celle de l'Oncle Sam: La Pologne avait utilisée son cadeau d'entrée dans l'union pour acheter des F16 et récidive avec les hélicos. La Hollande, entre autres, s'équipe avec un F35 qui ressemble de plus en plus à un véritable fiasco.

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  4. Profiter de l’effet de drainage budgétaire des SNLE de nouvelle génération en arguant que les budgets restant ne permettront plus le développement de systèmes high-tech, et que dès lors ceux-ci seront mieux utilisés investis dans le combattant rustique ? Une idée à creuser, en n’oubliant pas que l’Armée de l’air voudra également influencer la péréquation en sa faveur.

    Mais le principal obstacle n’est-il pas politique, voire sociologique : l’aversion des gouvernements et des opinions publiques pour les pertes humaines dans les conflits extérieurs ? C’est me semble-t-il la faille dont vont profiter les industriels pour tenter de s’accaparer des budgets. À savoir proposer le développement de toutes sortes de systèmes robotisés aptes à accompagner, soutenir et manœuvrer au feu sous les ordres d’un chef de section. Le beurre est l’argent du beurre en quelque sorte : donnez-nous des budgets et nous vous éviterons les pertes humaines tout en développant de nouveaux marchés à l’export.

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    1. Je vous rejoint sur le point particulier du développement des équipements électroniques qui ornent de plus en plus le dessus de nos futurs blindé (détecteur laser départ de coups, cameras et senseurs divers etc.) et les équipements fantassins (Felin)et en voie de sacralisation par la NEB, le combat info centré et participatif du futur Scorpion - L'apport est indéniable et le pli irréversible sans doute mais quid de la notion de rusticité du combattant - Privé de ces moyens sauront-ils encore manœuvrer - Je m'interroge également beaucoup concernant le durcissement de ces matériels et réseaux face a certaines agressions - Le sujet semble tabou et c'est bien cela qui m'inquiete..

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    2. Vous posez une question à laquelle vous avez déjà une réponse.... non, nos combattants débarqués ne savent plus manoeuvrer. Formé à la vieille école du "fixer, appuyer, couvrir, déborder, s'emparer de...", répété des dizaines de fois à Coët et ailleurs, j'ai été atterré 15 ans plus tard de voir la pauvreté tactique de nos troupes (ce n'est pas une critique mais un constat) en Afghanistan... pas de leur faute, contraints par la logique "surtout pas de pertes", et sa conséquence directe un paquetage individuel de près de 40 kg, impossible de dérouler une RRI "souple, féline et manoeuvrière"... Seule alternative : boule de feu, appel des appuis rapprochés (aériens principalement) pour faire le boulot. Une grande différence avec nos adversaires qui eux cavalaient littéralement dans les montagnes (j'ai encore des vidéos prises par des drones à la caméra thermique qui montrent clairement la différence d'approche), et forcément prenaient presque toujours l'initiative. Le plus gênant est que seuls les "vieux cons" de ma génération et avant moi, celle de mes anciens chefs (celle du COL Goya), trouvent cela perturbant : la génération actuelle (celle des lieut et sgt début 2010) semble trouver cela normal.

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    3. « Seule alternative : boule de feu, appel des appuis rapprochés (aériens principalement) pour faire le boulot. »

      Par aversion des pertes, nous privilégions la protection et la puissance de feu à la mobilité. Avec pour principale conséquence, outre un piteux ratio coût/ efficacité, le danger d’introduire les ‘lois d’Augustine’ chez les terriens. Et de fait, le programme Scorpion ou les futures versions du FELIN upgradé peuvent également se lire comme les prémisses d’une technologisation à outrance du fantassin.

      Les industrielles de la défense voient dans le combat de l’infanterie débarquée un marché potentiellement énorme puisque les VBMR ont été pensés dès l’origine comme de véritables bases de vie (rechargement des différentes batteries notamment). Même si nous sommes encore loin d’exosquelettes véritablement opérationnels, leur mise au point ne relève plus de la science-fiction mais bel et bien de la R&D. Quel que soit la difficulté des défis restant à relever (autonomie des batteries, interfaces homme-machine intuitives sous le feu, capacité aux déplacements silencieux et en terrains difficiles, maintenance palliative et curative), quelle armée ne voudrait pas d’un système permettant d’augmenter la mobilité du fantassin ET sa protection ?

      Le « marché » existe, ses besoins en financement très modestes comparés aux grands programmes d’armement, et les défis techniques loin d’être insurmontables. La véritable mais éternelle question, pourrait être finalement de connaître l’armée qui laissera le plus de liberté à ses praticiens et à ses théoriciens (doctrines d’emploi) pour inventer les tactiques permettant le meilleur rendement des nouveaux matériels.

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    4. Question simplette mais par curiosité : qu'est ce qu'une RRI ? je fais parti de la génération actuelle et oui je ne connais que la vieille école. Pourriez vous développer votre propos ? Même en feuilletant les vieux manuels tacs de l'ESMIA on ne trouve pas grand chose de différent ...

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    5. Je proteste. Il y a de nombreux jeunes à bas grades qui en ont conscience.
      En revanche leur sentiment est que les vieux cons ne les écoutent pas. Mieux, ils les prient de bien vouloir se taire sous peine d'être mal noté, puis freiné dans leur carrière.

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    6. RRI : réduction de résistance isolé. En d'autres termes, mission neutraliser-détruire à ratio 3 contre 1.

      Pour abonder au débat, et faisant partie des "jeunes générations" de cadres, je ne crois pas que nous ayons purement abandonné la manœuvre. Nos entraînements, notamment CENTAC et CENZUB, sont toujours l'occasion de mettre en œuvre ces savoirs-faire tactiques.

      Simplement, et cela est très bien dénoté dans l'article, nous avons renoncé à l'initiative (là où justement notre avance technologique aurait du nous la garantir...). La "mêlée" me semble la plupart du temps être utilisée comme appât afin de pouvoir mettre en œuvre les appuis, tel le fromage sur la tapette.

      Placé d'entré dans ce contexte d'initiative nulle et de dépendance instituée aux appuis, le CDU ou le CDS n'a plus vraiment de plus-value à "placer sa couverture" ou "coordonner sa base d'assaut".

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  5. "mais nous devons en doubler le nombre..." Constat autant mathématique que logique certes mais les rapports de nos généraux indiquent clairement que les effectifs sont aux taquets et..fatigués par le double emploi OPINT/OPEX - La multiplication des petits pains est un leurre nous le savons - La France est seule en Afrique subsaharienne a faire le job de fantassin/nettoyeur de djihadistes - La solution aurait due être européenne mais voilà personne ne veut s'y coller pour autant de bonnes que de surtout mauvaises raisons ! L'histoire jugera...a posteriori et trop tard comme toujours et l'equation sera de plus en plus difficile a résoudre, constatant que le recul de Daesh au Levant crée un accroissement des regroupements djihadiste en Libye ..! PS un détail que j'ai du mal a appréhender c'est les "hésitations" a armer les futurs Patroller et les Reapers actuels qui nous oblige a cramer et dilapider stupidement le potentiel des Rafales compte tenu des distances a couvrir ne fusse que pour Barkane..?

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  6. Mon colonel,

    Article pertinent qui analyse fort bien deux dérives de notre défense :

    Nos industries dédiées à celle-ci, elles conçoivent et fabriquent des équipements - certes au top technologique - destinés avant tout au marché international. Alors qu'en toute logique ils devraient en priorité répondre aux besoins exprimés par nos armées, ce que font les USA : leurs fabrications sont conçut pour leurs propres besoins, et leur exportations - certes conséquentes - ne sont qu'un "bonus" financier et politique venant en plus.

    A titre d'exemple avons nous besoin d'équiper entièrement notre armée de l'air et Alat, avec des Rafale et Tigre aux coût de l'heure de vol prohibitif ? Alors que la très grande majorité des conflits ou nous sommes partie prenante, ce ne sont que "petites guerres" au sens de Clausewitz : ennemis reposant quasi que sur de l'infanterie, des appuis feu au sol de portée très limités et aucun aérien. Des avions rustiques type A10, autrement moins couteux en heure de vol que nos Rafale et Tigre, seraient certainement capables de remplir les missions pour lesquels nous les utilisons.

    Les économies budgétaires alors réalisées pourraient être consacrées à l'infanterie : nombre en hommes, entrainement et équipements basiques. Depuis 15 ans on est incapable de fabriquer FM, fusil d'assaut, PM, pistolet et munitions ad hoc, bien que nous ayons encore un potentiel d'ingénieurs et d'industriels pouvant aisément s'adapter à ce type de fabrication.

    L'autre point que vous souligner avec justesse, c'est le manque cruel en nombre de notre infanterie : jamais une guerre ne fut gagnée par la seule force aérienne et par les appuis feu au sol, et encore plus celles que nous dénommons maintenant asymétriques. Mais là encore comme pour les moyens aériens, nous sommes dans la spirale de "l'illusion technologique" avec tous les inconvénients fort bien décrit par Unknown dans son post ci-dessus. On peut se demander si à terme pour notre infanterie on est pas sur la voie de la loi d'Augustine : supers soldats hybrides, bardés de technologies hi tech et dopés par le must en matière de biochimie, mais tellement coûteux qu'au mieux l'infanterie française ne pourra en aligner qu'une compagnie !....

    Pour autant je ne veux pas dire de négliger les apports de la technologie pour la section d'infanterie, mais en toute chose il faut savoir mesure garder. Il faut bien garder en tête les fondamentaux qui font sa valeur : nombre d'hommes (ramenés à deux équipes de 3 le groupe de combat est un non sens que souligne bien le colonel Goya), rusticité et donc aptitude à combattre hors l'appui rapproché de blindés, agilité manoeuvrière qui ne doit pas être entravée par un poids excessif d'équipement pour chaque homme (avec 40 kg pour chacun nous en revenons de fait au fantassin de 1914). Bien évidemment il faut disposer en nombre d'autrement plus de section d'infanterie que maintenant, et se donner les moyens de fidéliser nos engagés au delà de 5 ans : distribuer des galons de caporaux et caporaux chefs quasi à tous dès un an de service, n'a été qu'une facilité comptable qui a évitée de s'interroger sur le taux anormalement bas de renouvellement des contrats initiaux.

    Bien sur pour nos politiques et médias nationaux dont la capacité de résilience est quasi égale à zéro, l'exemple type fut Uzbeen en 2008 objet de leurs parts d'une incroyable dramaturgie nationale, ils transposent ce qu'il faut bien appeler leurs veuleries à l'ensemble de notre population. Alors que la résilience de cette dernière est dans sa majorité autrement supérieure à la leur, on l'a constaté entre autre lors des attentats du Bataclan et Nice : ceux-ci de plus ne concernaient pas une section d'infanterie dans un pays "exotique", mais des civils métropolitains !

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    1. Même en augmentant significativement notre budget militaire, le marché national est trop petit (même en libéralisant l'achat d'armes de poing en France) pour financer l'ensemble du cycle de vie de plusieurs armements différents (recherche, développement, production, entretien sur des dizaines d'années, évolutions, retrait de service). La seule possibilité de financer plusieurs projets en même temps, c'est donc de dégager de la ressource supplémentaire, d'où l'exportation.
      Le problème de l'exportation d'armes, comme l'énergie nucléaire, c'est qu'on ne sait jamais vraiment ce que notre client veut en faire. Quand il a fallu choisir les industriels qu'on souhaitait maintenir (et donc ouvrir à l'export), le choix a été fait d'abandonner les armes légères. En plus des effets lobbys qu'il ne faut pas négliger, il y a quand même derrière ce choix la préférence que les conflits asymétriques se fassent avec des armes qui ne soient pas estampillées Françaises. Apparemment, c'est une préoccupation que l'Allemagne n'a pas (sans parler de la Russie!).

      Pour ma part, plutôt que pleurer un hypothétique fusil français, je suis beaucoup plus effrayé que ce sujet ait créé du remous alors que notre dépendance à des avions de transport russes, ou l'usure prématurée de notre matériel "neuf", donne à peine lieu à un entrefilet de presse.
      Quand on rajoute à ça le faible intérêt de nos armées pour d'où vient leur armement, et la méconnaissance de nos industriels pour les besoins réels des armées (qui s'occupe de tablettes tactiques pour Sentinelle quand nos chaussures peuvent perdre leurs semelles?), pourquoi s'étonner des retards?

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  7. Excellent article, très pertinent. J'ai l'impression que nous revivons certaines erreurs de l'armée Romaine à la fin de l'empire, notamment la sous-estimation de l'adversaire et au delà du manque de moyens, une difficulté à recruter des fantassins "citoyens". Avec les conséquences que l'on sait :-(

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  8. Bonjour,

    Très bel article de synthèse. J'ai, personnellement, une double-culture militaire puisque j'ai successivement été pilote d'hélicoptère (dominante HM) dans l'ALAT (11eme DP) et dans l'armée de l'air. Je crois donc bien comprendre les problématiques des uns et des autres que je résume avec cette formule un peu simpliste: pour l'armée de terre, l'hélicoptère est un camion (ou blindé c'est selon) qui vole alors que pour l'armée de l'air, c'est avant tout un "avion" qui vole très bas. Une vision se développe du bas vers le haut, l'autre du haut vers le bas.



    Bonne journée

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  9. Votre remarque sur la composition des groupes de combat à trois hommes, alors que la situation serait d'en avoir suivant une structure type 2xN, a un antécédent historique. En 39-40, les aviations françaises et anglaises découvraient avec stupeur et de manière plutôt désagréable l'organisation des patrouilles de chasse allemande par "Rotte" de deux avions (dotés de radio!!!), l'un couvrant l'autre en permanence, alors qu'elles privilégiaient les patrouilles de base à trois avions, beaucoup plus lourdes et bien moins efficaces en combat. L'aviation française n'aura pas le temps de s'adapter cause juin 40 mais toutes les autres aviations belligérantes adoptèrent très rapidement le principe allemand. L'Histoire se répète donc même si les moyens diffèrent.

    En ce qui concerne la sophistication croissante des équipements militaires (au rapport coût/efficacité discutable face au peshmerga afghan et son AK47), le débat n'est pas neuf. Il a fallu attendre 1917 pour que l'EM français intègre pleinement l'apport technologique né à partir de 1914 et mette en place les stratégies gagnantes adaptés. L'armée française de 1918 est un formidable outil de combat extrêmement performant mais que de sacrifices, de tâtonnements et d'erreurs avant d'en arriver là. Pas surprenant qu'elle ait gardé le titre de première armée du monde dans les vingt ans qui suivirent l'armistice. Mais là, comme ailleurs, le proverbe chinois "le poisson pourrit toujours par la tête" a trouvé une pleine application et c'est avant tout aux énormes défaillances de l'EM que l'on doit l'écroulement de mai-juin 40. Pourtant, ses principaux cadres avaient tous grandi et connu la période "faste". Ils avaient donc tous les outils en tête, pourquoi donc cette sclérose? Les contraintes budgétaires sont une chose mais, personnellement, je considère que c'est avant tout dans le domaine de la pensée que se joue l'actualité et l'avenir de nos forces armées. Personne n'a la martingale mais je suis toujours choqué lorsque j'entends quelqu'un prévaloir outrageusement son outil (là, c'est un pilote de chasse qui ne jure que par l'emploi de l'aviation de combat pour résoudre "tous" les problèmes militaires modernes. Ici, c'est un terrien qui refuse de comprendre que la guerre moderne se joue également dans la troisième dimension (dans toute sa dimension) alors que le marin lui, pour échapper à ces débats cornéliens, a toujours la tentation de se réfugier hautainement sur son Aventin, pardon, son bâtiment au milieu ou sous les mers). Je regardai hier un vénérable Ouragan, premier avion de combat à réaction construit par Dassault. Rustique (premier vol en 1949!), bien armé (4x20 mmm) pour 900 kg de charge externe et modérément rapide (900 km/h), qui gisait, figé pour l'éternité sur son piédestal de présentation. Malgré son âge et ses limites, voici un avion qui remplirait pleinement et très efficacement des missions de CAS dans un environnement où la menace air-air est inexistante à un prix défiant toute concurrence. Pas pour rien que les A10 soient toujours utilisés plus de trente ans après leur mise en service. De mes conversations avec des camarades plus jeunes et généralement promis à un bel avenir, je m'inscris cependant dans une dimension optimiste car j'y retrouve avant tout un réel bouillonnement intellectuel et une ouverture d'esprit plaisante. Là où les forces armées devraient maintenant porter leurs efforts est l'ensemble de la troupe (militaires du rang, sous-officiers et officiers de contact). Si le concentré de jus de cerveau qui sort des hautes sphères n'est pas capable un, de lui apporter du rêve, deux, des perspectives pour l'après, trois, une réelle empathie, l'affaire se terminera en jus de boudin.

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    1. Bonjour ,


      L'armée de l'air Afghane déploie le Super-Tucano :
      http://www.military.com/daily-news/2016/04/15/a29-super-tucanos-see-first-action-afghanistan.html
      Maintenant si vous voulez utiliser du matos Français , on peut toujours ressortir une version à l'avionique moderne du Potez 75!( C'est une blague , Hein !)
      Cordialement

      Daniel BESSON

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  10. Vous avez pronocé un gros mot : guerrier. Vous savez bien qu'une grande partie de l'opinion publique et des politiques n'aime pas entendre ce mot. Maintenant on ose parler de "guerre" , mais sans définir de quoi on parle et surtout sans en mesurer les conséquences. On a vécu les attentats sur notre sol et on sait qu'il y en aura d'autres, mais on refuse d'en tirer vraiment les leçons. Le rôle des politiques est de faire comprendre cela aux citoyens, mais ce langage de vérité est dur à entendre et peu payant sur le plan électoral. Quant à nos forces armées, leur équipement connaît encore bien des difficultés et vous en parlez savamment en soulignant nos manques. Je crains comme vous que le plus technologique si coûteux à acheter et surtout à entretenir ne soit qu'un paravent pour nous donner bonne conscience vis à vis de nos soldats et à servir nos industriels. Quel sera l'état de l'électronique de plus en plus sophistiquée de bord quand l'engin aura pris un obus ? Je sais qu'on la durcie, mais ne rêvons pas trop. Le véhicule ou ce qu'il en restera risque d'être incontrôlable et incapable de se sortir du guèpier : on ressortira la tête de la tourelle comme au bon vieux temps ? Des équipements fiables, sûrs, d'un coût raisonnable (pas de sophistication à outrance : c'est peut-être bon pour l'industriel, mais pas forcément le soldat). En parlant de coût, je pense à ce que représente une mission d'un Rafale pour aller délivrer une bombe guidée sur quelques 4/4 de djihadistes dans le Sahel. On a pas d'autres moyens de neutraliser à moindre coût ? Quand on pense qu'il a fallu tout ce temps pour qu'enfin on songe à armer nos drônes. Ce ne sont certes pas des camions à bombes, ils servent à bien autre chose, mais si c'est pour voir sur sa console des djihadistes s'enfuir dans la nature parce qu'on n'a pas les moyens et le temps d'agir pour les neutraliser, cela sert à quoi ?

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    1. Vous confirmez une de mes préventions vis à vis de "l'illusion technologique", qui est la panacée de nos état-majors. Il suffit de soir comment des petits groupes de hackers disposant sommes toutes de moyens limités, arrivent à pirater relativement aisément les systèmes informatiques hyper sécurisés des plus grandes banques, fabricants d'automobiles, etc...

      http://www.linternaute.com/actualite/societe/1331794-ce-que-les-hackers-peuvent-vous-faire/1332364-ce-que-les-hackers-peuvent-vous-faire?

      Est ce que même notre système Félin est véritablement inviolable ?

      Les technologies informatiques de par leur nature sont toute duales (civile-militaire), rien ne dit que des groupes de hackers ne se mettront pas au service de proto état type EI. De même il n'est pas exclu que des moyennes puissances (Iran, Pakistan, Corée, etc..) ne développent pas ce type de savoir-faire, qui demande bien moins de moyens que l'armement nucléaire. De plus quand ces systèmes électronique-informatiques militaires sont diffusés à plusieurs milliers d'exemplaires, on ne peut exclure qu'un ou plusieurs tombent dans les mains de l'ennemi : tâche de ses hackers est alors "simplifiée".

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  11. Mefiez vous de la vraie technologie. Car une fois revisées les regles des droits de l'homme et de l'engagement qui ne s'appliquent qu'a nous meme, avec cette conséquence de laisser le champ libre a l'ennemi et de laisser croire qu'il serait meilleur? Et la on verrait quoi? Des drones programmés pour neutraliser toute forme d'opposition (voir de désobeissance) a l'échelle d'un territoire entier. Avec des objectifs délirants comme réduire le nombre total d'hommes présents dans un pays par exemple. Des politique de meurtre par drone ou l'objectif pourrait par etre de reduire de 80% le nombre d'hommes d'un territoire. Ils ne pourraient pas vivre terrés sous terre des dizaines d'années. C'est juste qu'aujourd'hui la technologie n'est employée qu'a un dixieme de sa puissance potentielle.

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    1. Excellent article, qui met en avant les lacunes et les manquements de nos chefs (politiques et militaires).
      Je me permets de faire partager mes avis/opinions.
      Nos politiques ont la mémoire courte. Ils ont oublié les leçons des conflits précédents. Nous, le peuple, avons aussi notre part de responsabilité. Nous avons perdu "l'habitude" de voir des morts parmi nos troupes et notre population. Le niveau de "résilience" est bas, l'adversaire en est conscient. Les réactions suite aux derniers attentats est révélatrice. Aurons nous un sursaut et comprendrons nous que l'ennemi ne "joue" pas.
      Réduction de Résistance Isolée, si ma mémoire est bonne...
      Cordialement
      1-la population n'est pas prête à voir des cercueils avec le drapeau tricolore.
      2-Nous donnons nous les moyens de notre politique extérieure. J'en doute

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  12. Faute pour les politiques et certains militaires d'accepter la mort du Soldat au combat ce sont les civils qui sont les victimes mais là le pouvoir dit ce n'est pas de notre faute et, même si c'est vrai, on ne peut pas éviter tous les attentats, un certain Premier Ministre nous dit même il faudra vous y habituer.

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  13. Mission impossible ? par Marc (Prénom) Pierre (Nom)
    " S’il faut la force pour bâtir un État, l’effort guerrier ne vaut qu’en vertu d’une politique ". Charles de Gaulle
    Pourquoi voudrait-on et comment pourrait-on ériger le guerrier en priorité nationale, alors que le soldat est devenu impossible chez nous en application des Dividendes de la paix qu'il paraît difficile de remettre en cause, malgré notre perception croissante de menaces plus proches, mais diffuses ?
    Bon week-end à tous

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