samedi 11 juin 2016

Qui est l'ennemi ?

Modifié le 13 juin 2016

Un livre signé par un ministre en activité n’apparait jamais par hasard dans le paysage. Il est forcément destiné à produire des effets politiques, voire politiciens. Comme un pion de Go, le premier point à considérer est l’endroit précis où il est posé. Considérant qu’un ministre peut a priori se faire éditer où il veut, le choix des Editions du Cerf ne peut être un hasard. Le Cerf est une maison de grande qualité, spécialisée initialement dans les textes religieux catholiques mais qui publie aussi des auteurs, de tous bords par ailleurs. La question n'est pas de ce côté mais plutôt du côté du choix du ministre, socialiste, et de son cabinet, qui l'est moins il est vrai, d'une maison d'éditions clairement et visiblement à droite. Outre de possibles liens personnels, il s'agit peut-être simplement d'un bel exemple d'ouverture politique. 

Il faut ensuite se demander quels sont les effets attendus. Les meilleurs pions de Go en ont toujours plusieurs. Constatons d’abord qu’il s’agit d’un pion avec un nom en gros, celui du ministre, mais aussi en plus petits dans les remerciements : Messieurs Cedric Lewandowski, Jean-Claude Mallet, Paul Serre, Luis Vassy et Gaëtan Bruel. Ce dernier est le rédacteur final des discours qui sont compilés dans ce petit document et dont les idées fortes sont conçues par les premiers de la liste, qui constituent le cœur et cerveau du cabinet du ministre. 

On notera au passage l’absence de militaires dans ces remerciements, ils sont sans doute trop peu nombreux au sein de ce ministère et sans doute aussi considérés comme peu aptes à atteindre les hauteurs stratégiques. Les seuls noms de militaires qui apparaissent sont dans la très courte bibliographie en annexe car malgré tout certains écrivent. Le chef d’état-major des armées ou, parmi d’autres, les membres du cabinet militaire ont probablement apprécié cette non-attention ou plus exactement cette volonté de les reléguer au rôle d’exécutants. Pour être honnête, un hommage est rendu aux militaires sur deux pages dans la conclusion, rappelant leur capacité à prendre des risques, quand même, mais bien sûr « au service de la paix » (et moi qui croyais que c’était au service de la victoire) et de la protection des populations (à noter pour la suite), car « ils ne sont pas belliqueux » et savent que « la guerre n’est pas belle », les braves gens. 

Les militaires sont donc largement exclus de ce texte qui peut apparaître comme un testament intellectuel à un an d’un changement de gouvernement. Il n’est jamais inutile en effet de rappeler aux futurs probables gouvernants (plutôt à droite, cf premier paragraphe) qu’on les a déjà servi et qu’on peut à la rigueur continuer à le faire. Mais tout cela n’est peut-être sans doute que fantasme. Il n’est pas exclu d'ailleurs que cette posture puisse servir le ministre lui-même, qui est parvenu à surnager dans ce gouvernement, à se faire apprécier des militaires malgré son cabinet et surtout de l’ensemble de l’échiquier des partis de gouvernement. 

Pour les autres effets attendus, il faut considérer qu’un pion de Go exerce d’abord une influence sur du vide et le vide c’est la réflexion stratégique dans le conflit en cours. On pourra rétorquer qu’il existe bien un Livre blanc de la défense nationale et de la sécurité nationale (donc écrit dans le cadre fameux « continuum » sécurité-défense associant aussi le ministère de l’intérieur). Ecrit en 2013, on ne saurait imaginer qu'il soit devenu aussi vite caduque dans son analyse du monde que son prédécesseur de 2008 (qui doit détenir un record en la matière), ce serait se poser des questions sur la manière dont tout cela a été géré et finalement l'intérêt de l'exercice, sinon pour justifier des coupes budgétaires.

Non, cette fois c’est le ministère de la défense tout seul qui se pose dans le paysage…en face du ministère de l’intérieur, qui, par culture et par structure tout à la gestion courante, n’a pas les outils et l’habitude de ce genre de prise de hauteur (et c’est bien dommage). Quand on ne traite que de la délinquance, tous les opposants sont forcément des délinquants et leur neutralisation, si elle nécessite de nombreuses et complexes compétences tactiques, ne nécessite pas une grande vision stratégique. Le ministre de l’intérieur ne se conçoit pas comme un stratège et ses efforts portent visiblement surtout sur la démonstration qu’il est un bon gestionnaire (les statistiques sont bonnes, il n’y pas de ratés et s'il y en a, ce n'est pas de ma faute, etc.). 
Au delà bien sûr du souhait évidemment sincère de servir et de protéger les Français, il faut admettre à la lecture de cet ouvrage ou des réactions de Bernard Cazeneuve, parait-il prétendant malheureux à l’Hôtel de Brienne en 2012, chaque fois que des militaires apparaissent dans le paysage de la sécurité que cette protection est elle-même un champ de compétition politicien. Mais cela n’est sans doute que conjectures et supputations.

Reste le contenu du pion. Il s’agit probablement d’une compilation de discours un peu étoffés et regroupés sous le chapeau La France est-elle en guerre ? suivi d’un petit chapitre de conclusion dont le titre, Un ministère face à l’ennemi, répond en fait à la question précédente car ce qui fait la caractéristique de la guerre, par rapport à la police justement, c’est bien la présence d’un ennemi, c’est-à-dire d’une entité politique avec laquelle on est en confrontation violente. Il faut noter tout de suite et c’est heureux que l’on parle enfin d’ennemi, mot qui, si je me souviens bien, n’apparaît pas dans un Livre blanc qui ne connaît que le mélange hétéroclite et peu opératoire des « menaces ». Avec un ennemi, rappelons-le, on peut faire de la stratégie, avec des menaces, on fait surtout de la gestion.

A  la première question Sommes-nous en guerre ?, le cabinet apporte une réponse plutôt inédite « un pays est en guerre dès lors qu’il n’est plus en mesure de tenir la guerre à distance ». Si on en croît les paragraphes précédents, il y a donc un espace de paix où les citoyens ne sont pas concernés par« le fait guerrier » et un espace de guerre. Les années 1990 sont ainsi décrites comme un temps de paix car « les opérations extérieures se déroulaient loin de la France » alors que maintenant nous sommes en guerre car elles se déroulent aussi sur le sol national. Moi qui croyait que les guerres menées depuis cinquante ans contre le Frolinat, le Polisario, l’Irak, la république bosno-serbe, les Taliban et autres étaient… des guerres décidées par les différents gouvernements au nom de l'ensemble de la France et des Français et menées sur le terrain par des citoyens en armes, et bien je me trompais. La guerre c’est donc ce qui est fait par le ministère de la Défense et comme la guerre se fait aussi sur le territoire national, le ministère de la défense a toute sa place sur le territoire national. Ce syllogisme, qui apparaît très vite dans le texte, sera repris par la suite sous d'autres formes. Il constitue visiblement l'idée-force à transmettre. Il y est dit que c'est nouveau (en fait dans l'ampleur bien plus que par nature car cela fait quand même longtemps qu'on voit des soldats dans les rues) mais c’est parce que Daech se bat de manière nouvelle. On pense alors immédiatement aux attentats de  1986 ou de 1995 à Paris ou ceux organisés par Kadhafi et on se demande ce qu'il peut bien y avoir de nouveau mais cela est heureusement expliqué plus loin. 

Il s’ensuit une assez longue dissertation sur la définition même de l’ennemi. Il n’y a là franchement rien de très nouveau. On y apprend ainsi qu'il n'y a plus d'ennemi héréditaire et désigné à nos frontières mais mais qu'il peut y avoir à nouveau des ennemis étatiques. On y apprend également qu’il y a des ennemis irréguliers et que donc la définition de l'ennemi devient donc plus floue. On rappellera juste que de 1945 à 2011 la France a affronté de manière plus ou moins ouverte et violente douze Etats dont aucun n'était ni aux frontières, ni héréditaire. On rappellera aussi que 99% des soldats français qui sont tombés depuis 1945 sont morts en combattant des ennemis irréguliers. 

La partie suivante est consacrée à l’ennemi d'aujourd’hui singulièrement limité à l’Etat islamique (on passera sur l’étrange et finalement un peu ridicule coquetterie consistant à le désigner uniquement sous le nom de Daech). Al Qaïda a donc été vaincue et nous ne le savions pas. On se demande donc ce que nous combattons au Sahel et pourquoi Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA) a revendiqué l’attaque de Charlie Hebdo (AQPA n’était peut-être pas au courant que l’ennemi c’était Daech)...celle-là même qui a provoqué l'engagement de l'opération Sentinelle. Suit une démonstration un peu laborieuse sur le fait que c’était Daech qui a commencé les hostilités et pas nous (ce qui est évidemment faux sauf à considérer, mais pourquoi pas, que des prises d’otages sont des actes de guerre). On s’efforce de démontrer ensuite que Daech n’est pas un Etat mais qu'il fait quand même tout comme un Etat, totalitaire qui plus est (ce qui relève de l'évidence). Cœur du problème stratégique, ce proto-Etat dispose d’une « armée terroriste » qui pratique le « terrorisme militarisé ». 

S'il décrit en détail l’idéologie de l’Etat islamique, le cabinet du ministre, dont certains membres travaillaient pour le mandat précédent, ne fait aucune référence au fait que cette organisation existe sous d'autres noms depuis 2003 et sous ce nom depuis dix ans. Tout semble avoir commencé en 2013. Il est vrai qu'avant que les Américains nous demandent de les suivre en 2014 et même lorsque l’Etat islamique ravageait une bonne partie du pays et tenait une partie de Bagdad (2006), cela n’intéressait pas la France. D'un point de vue opérationnel et tactique, la vraie nouveauté n'est pas la capacité de mener des attaques terroristes sophistiquées ou de les combiner avec des modes d'action conventionnels, cela fait au moins depuis douze ans qu'ils le font, mais bien la capacité à mener des opérations régulières de grande ampleur. Qualifier au passage, le « terrorisme militarisé » de Daech comme une « rupture majeure » est proprement stupéfiant. Les rescapés des attaques de Luxor (1997 quand même !), Mumbaï ou Nairobi, entre autres, apprécieront. Une rupture majeure c’est donc quand la France est surprise par un mode d’action pourtant utilisée ailleurs depuis des années. 

Je suis plutôt d’accord en revanche avec cette distinction entre l’ennemi qui doit être traité sur le sol national comme un criminel et comme un combattant à l’étranger, ce qui ne relève pas du même droit. Cette distinction est finalement celle des deux guerres mondiales avec la 
« zone des armées » et la « zone de l'arrière ». Il y a sans doute dans Qui est l'ennemi ? l’intention de ne pas politiser ce qui peut se passer à l’intérieur et donc de le circonscrire à des cas individuels criminels mais dans ce cas-là, on ne voit pas très bien alors ce que font les armées (et donc le ministère de la défense) sur le territoire national. L’explication est donnée juste après : l’ennemi est militarisé (rupture majeure donc), la sécurité du territoire doit donc être aussi militarisée (« contre-terrorisme militaire ») et c’est là qu’intervient le ministère de la défense, soutenu dans ce plan par les états-majors, surtout celui de l’armée de terre, afin de tenter de sauver désespérément tout ce qui peut l’être face à Bercy (autre adversaire visé peut-être aussi par l’ouvrage).

La partie qui suit, Comment vaincre, est une justification de ce qui a été fait jusqu’à présent. Au Levant, on agit forcément dans le cadre d’une coalition et on aide à la libération des territoires sous la coupe de Daech. Je crains cependant que dans beaucoup d'endroits, les habitants ne voient pas forcément les milices chiites irakiennes et kurdes ou encore le gouvernement de Bagdad (et on ne parle pas ici de Damas) comme de libérateurs. On évoque bien il est vrai « la question sunnite qui doit être prise à bras le corps » mais sans expliquer aucunement ce que la France va faire pour y parvenir mais il est vrai que cela est plutôt du ressort du Quai d'Orsay. Le propos est étendu ensuite au monde arabe et au Sahel sur le thème de la France qui doit être présente aux côtés des Etats locaux dans ce combat long et global contre les organisations djihadistes. Ces choses là ont le mérite d'être dites même si on ne rentre pas trop dans le détail. Nous sommes en guerre, pour longtemps et ce combat n'engage pas que les armées. On aimerait donc que ceux qui sont censés combattre à leurs côtés ou fournir les budgets nécessaires en aient conscience. Il est intéressant de noter qu'on parle de créer les conditions pour revenir à des « oppositions de nature politique » (sous-entendu sans combat, moi qui croyais que la guerre était un acte politique). Cela signifierait donc qu’on peut finalement négocier avec certaines de ces organisations d’ « égorgeurs » et non pas obligatoirement chercher leur destruction comme cela a pourtant été annoncé par l'ancien ministre des affaires étrangères.

Le chapitre suivant, Aller au-delà de l’ennemi présent, décrit une supériorité technologique occidentale en cours de contestation ou de contournement, avec un descriptif rapide des évolutions en cours et surtout un long retour sur La guerre hors limites de Qiao Liang et Wang Xiangsui, écrit il y a quand même vingt ans et qui visiblement plaît beaucoup (en oubliant les passages un peu ésotériques, comme ceux sur le nombre d'or). On y apprend donc avec stupeur que la confrontation entre deux Etats peut prendre aussi des tours non-militaires. Le général Poirier et beaucoup d'autres doivent se retourner dans leurs tombes. On y apprend surtout en réalité qu’il y a hors de France et de l’Union européenne, des Etats qui ont encore des politiques de puissance jouant sur une palette d’instruments pour atteindre leurs objectifs. On est effectivement loin de nos « Livres blancs de la défense et de la sécurité » (dont on comprendra avec ce titre que l'on y renonce à toute action offensive », sauf « pour la paix » bien sûr). La conclusion de ce panorama aussi hybride que l’ennemi qu’il décrit est alors que, on aura compris le message, que « la protection de cette population par des moyens nouveaux et appropriés devient une absolue nécessité » et de citer l’opération Sentinelle comme « première réponse à cette situation en grande partie inédite » (des attentats terroristes ?). Suit en conclusion un long plaidoyer pour cette opération, « qui n’est pas une opération marketing », et à laquelle le cabinet tient visiblement beaucoup, comme en témoigne d’ailleurs son énervement lorsqu’on l’étudie sérieusement, par exemple ici.

Pour le chapitre de conclusion, Un ministère face à l’ennemi, tout est dans le titre. Nous sommes en guerre et « nous devons la mener et la gagner », dans le cadre du Droit (pourquoi d’ailleurs insister longuement sur ce point ? par syndrome « guerre d’Algérie » ?) et le ministère de la défense est à la pointe de la réflexion et du combat : « Toute réflexion sur l’ennemi comporte […] un devoir de vigilance et d’action, qu’il nous revient d’exercer à l’heure présente ».

Résumé pour le lecteur pressé : Nous ne l’avons pas voulu mais nous sommes en guerre contre Daech et très accessoirement contre d'autres organisations. Le ministère de la défense est à l’avant-garde de ce combat. Celui-ci se déroule partout et notamment sur le territoire national. Il faut donc que les armées, guidées par le cabinet, soient aussi présentes sur le territoire national. Ce combat va durer. Il ne faut donc pas que ce concept et, peut-être aussi, que ceux qui l'ont conçu soient oubliés en cas de changement de majorité.

Les réflexions stratégiques, c'est-à-dire celles qui décrivent un ennemi de la France et les voies et les moyens pour le vaincre, sont bien trop rares pour s'en priver. On peut même considérer que l'on a là la première vision un peu claire sinon profonde, hors coups de mentons et moulinets, de la guerre en cours de la part de ce gouvernement. 
On peut s'interroger sur d'éventuelles arrières pensées, on peut aussi en contester les voies et les moyens décrits pour vaincre. La capacité à débattre, à s'adapter en fait, est la force principale des démocraties sur les totalitarismes. Débattons donc et surtout combattons. 

Point particulier, les droits de ce livre seront versés à l'association Solidarité défense.

Pour un autre point de vue sur cet ouvrage : Et les Angles, c’est pas les angles de la carte


15 commentaires:

  1. L'analyse de ce livre est percutante et abonde en récapitulatifs historiques. Ceci étant affirmé, on peut effectuer un constat: Le Mindef actuel écrit, son prédécesseur lui, lisait "Paris-Turf" ...

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  2. Que l'éditeur choisi soit de droite n'est pas tellement étonnant, car le partie de gauche dont fait partie Mr Le Drian pratique surtout une politique de droite, voir pire, fascisante si on comprend le caractère oppressif de l'utilisation de l'armée sur le territoire national, confondant ainsi la guerre et le terrorisme.
    Encore un énième livre écrit par des nègres, qui va juste dans le sens du gouvernement, car une chose est évidente, c'est que cette politique est difficilement compréhensible pour la plupart des français, et ce n'est donc pas un hasard si "ils" ont peur d'être taxé de markéteux...
    On aurait pu s'attendre à un vrai livre authentique sur la pensée profonde du ministre de la défense, on a plutôt un satisfécit banal, qui occulte magistralement le rôle de l'armée. Enfin si j'ai bien compris les propos de vous, Colonel Goya.
    Enfin je ne suis pas étonné, car de toute façon étant d'une générosité de gauche, je fais partie de ces gens qui se sentent trahis par ce gouvernement, donc ceci explique cela, un désarroi pas du tout gratuit. Ils mitonnent comme disent les jeunes d'aujourd'hui.
    De Gaulle a écrit de nombreux livres, car il avait vraiment des choses à dire! Alors que là on a droit un programme à l'idéologie douteuse, et qui tante de faire passé une Dacia pour une Mercedes, mais ils ont pas compris que ceux qui roulent en Mercedes, savent pertinemment de quoi il parle en matière de mécanique. C'est quand-même dommage que la politique française ressemble à la tchatche du camelot qui vend des bougies d'allumages qui ne se noient jamais, les trempant dans un sceau d'eau pour prouvé devant un publique ébahis, la véracité du produit qu'il vend, alors qu'en général les bougies se noient pas à cause de l'eau, mais de l'essence...Alors les comparer avec le jeu de Go est peut-être un peu trop subtile, par rapport à la réalité de cette politique de posticheurs trop simplistes et trop omnipotents.
    En espérant que l'association d'anciens combattant pourra avoir d'autre revenu, que ceux venant de ce livre...

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    1. caractère oppressif de l'utilisation de l'armée sur le territoire nationale

      Pourriez vous expliquer en quoi l'utilisation actuelle de l'armée présente t'elle un caractère oppressif ?

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    2. L'armée sur le territoire national sous-entend une guerre civil , et comme disait le chancre de la France Mr Gattaz les grévistes sont des terroristes, ou encore les zadistes sont des terroristes, bref tout ceux qui ne sont pas d'accord avec les politiciens sont des terroristes, alors que je ne vois que du terrorisme social ajouté aux terrorismes islamiques. J'ai rencontré une assistante social, et vous devriez savoir qu'en supprimant le RSA beaucoup de personnes vont se suicider, donc c'est bien du terrorisme social qui tue en accentuant la misère en France.
      Immigration galopante, déni du chômage, impunités des parties politiques, on a donc là la recette pour le chaos, les plus intelligents ou les plus chanceux iront chercher l'eldorado ailleurs... Mais notre président va mieux, et nos soldats ont tous réussi à s'acheter des pompes. C'est parfait monsieur non? Faut être aveugle pour ne pas constater l'inutilité de Sentinelle surtout après le 13 Novembre. Aaah la tentation des petits chefs...On est en plein dedans!

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    3. Bescherelle...aïe aïe aïe

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  3. "Je suis plutôt d’accord en revanche avec cette distinction entre l’ennemi qui doit être traité sur le sol national comme un criminel et comme un combattant à l’étranger, ce qui ne relève pas du même droit."
    Read more at http://lavoiedelepee.blogspot.com/2016/06/qui-est-lennemi.html#1Rocz2ADzBBF6OkT.99

    Valait-il considérer les soldats allemands comme des criminels lors de la bataille de Verdun ? Et chercher à leur passer les menottes plutôt sur leur tirer dessus sans sommation ?
    Je comprends que le diplomate ne veuille pas reconnaître le statut d'état à Daech (les voir siéger à l'ONU serait cocasse), mais le militaire ne doit-il pas voir l'ennemi tel qu'il est pour espérer le vaincre ?
    A défaut d'une reconnaissance en bonne forme, il me semble légitime et souhaitable de penser Daech comme un état et de combattre les leurs comme des soldats.

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  4. Bravo pour le grand écart diplomatique Michel, ce qui démontre que tu es conscient des représailles que les personnes que tu cites peuvent s'offrir en toute impunité. Longue vie à toi.

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  5. Mon colonel,

    Vous nous livrez une analyse fort pertinente de ce livre - on devrait plutôt parler d’opuscule au regard de ces 80 pages - produit en fait par le cabinet du Ministre de la défense, et ce dernier n’en est que le maître d’oeuvre qui en donne le « LA « .

    Vous écrivez une phrase assez contestable à son sujet :  »Je suis plutôt d’accord en revanche avec cette distinction entre l’ennemi qui doit être traité sur le sol national comme un criminel et comme un combattant à l’étranger, ce qui ne relève pas du même droit. »

    Quel est la différence entre l’ennemi opérant sur notre sol national, et celui nous combattant à l’étranger ? Vous ciblez certainement un ennemi ne relevant pas d’un état - cas type des nazis dans le passé- mais appartenant à de organisations subversives, ou des proto état tel celui actuel islamique. Mais même face à un tel ennemi la distinction que vous faites en matière de droit qui doit lui être appliqué, elle pose quand même problème.

    D’après ce que je sais des conventions de Genève, celui doit être traité comme en combattant régulier si il porte un signe distinctif, des armes apparentes et opèrent sous les ordres d’un chef identifié. Cela n’est pas le cas des terroristes ayant agit en France depuis plus de 20 ans, mais aussi fréquemment actuellement en Syrie, Irak et au Sahel. De plus même dans leurs pays d’origine, ces organisations respectent au mieux rarement les « lois de la guerre » tels que définit par les conventions de Genève. Exemple : exactions et le mot est faible sur les populations civiles, prisonniers exécutés, etc.....

    En conséquence en toute logique, il ni aurait pas lieu de les considérer comme prisonnier de guerre - tant en France que dans leurs pays d’origine - mais de les traiter comme des criminels de guerre : ce fut le cas pour un certain nombre d’allemands en 1945…. et la même jurisprudence sera appliquée dans les années 80 pour Klaus Barbie.

    A mon humble avis la différence de traitement en droit, elle devrait avant tout se baser sur les méthodes de combat employées en France comme dans leurs pays d’origines : terrorisme et exactions sur les civils ou combat respectant les « lois de la guerre ».

    Dans son passé dans des guerres de décolonisation, la France fut confronté à cette problématique : Indochine et Algérie. Certes lors de la première le Vietminh ne se livra à aucune action en France, même si après 1947 / 48 ses actions de nature terroriste furent largement supplantée par ses actions militaires, mais existèrent toujours. Les combattants Vietminh furent toujours traités à compter de 1947 / 48 comme de prisonniers de guerre, hormis des bavures inévitables, cela entre autre suite aux accords secrets Salan / Ho Chi Min. Ce ne fut hélas pas le cas lors de la guerre d’Algérie avec le FLN - même hors des nombreux cas de terrorisme en Algérie comme en France - les prisonniers fait lors des combats sur le terrain contre les Katibas, ils furent très souvent traités comme des terroristes : tortures fréquentes et nombre d’exécutions sommaires. Bien évidemment ces pratiques furent couvertes par les autorités politiques, et au minimum celles-ci ne voulaient pas surtout pas le savoir. Si quelqu'un peut m'expliquer la cause de cette différence de politique, je suis preneur !...

    Pour conclure ces rappels historiques, on risque de graves dérives si on ne définit pas ce qui relèvent des méthodes de guerre légitimes et du terrorisme ou autres exactions. A contrario appliqué d’office les conventions de Genève à des combattants - même dans leur pays d’origine - se livrant systématiquement au terrorisme et exactions à l’encontre des populations civiles, serait au minimum un non sens.

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  6. En réalité une contribution militaire récente à la réflexion stratégique existe. Pour l'anecdote elle annonçait la proclamation de l'état d'urgence un 14 novembre (coïncidence fortuite), plus sérieusement elle met à jour l'état des forces d'un adversaire potentiel dont toute estimation datant de 2013 est déjà totalement périmée. Remise en main propre aux autorités qui ne l'avaient pas commandée mais appréciée par le CEMA, cette étude, qui complète évidemment le Livre Blanc que vous mentionnez, c'est le Septième Scénario, préfacé par le colonel Jacques Hogard.

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  7. Un adage bien connu "la guerre est une chose bien trop sérieuse pour la laisser aux militaires", auquel on peux répondre : "la paix est une chose bien trop sérieuse pour la laisser aux hommes politiques", toute guerre est un échec de la diplomatie...Au nombres de conflits ou on met les doigts, elle ne doit pas être très efficace.

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  8. Merci Mon Colonel, d'avoir lu cet ouvrage et de l'avoir magistralement résumé pour nous, cela fera gagner un temps précieux. On est, en effet, bien loin des réalités que je décris dans l'un de mes derniers papiers," Armées et défense : une offre stratégique nouvelle, qui a dit ça ? " La vision de l'armée et de ses moyens au ras des pâquerettes est laissé à ceux qui ont les mains dans le cambouis. Il n’est donc pas étonnant que les principaux concernés sont de facto écartés, ils sont gênants dans leur propension à se mêler de choses qui les regardent.

    Nous sommes, en effet, bien loin des réflexions sur la stratégie à mener contre un ennemi qui sera heureux de savoir qu'il est désormais hybride puisque le ministre nous le confirme "C'est la première fois que nous sommes confrontés à un ennemi hybride, un ennemi à deux têtes. Il y a d'une part cet Etat en constitution, Etat terroriste, apocalyptique, un peu messianique, qui veut reconstituer le territoire du califat, et qui s'organise avec une armée, des ressources propres, une administration, qui perçoit l'impôt, et qui veut étendre son territoire", "Et puis de l'autre côté, vous avez ce mouvement terroriste international, émanation aussi de l'Etat islamique, et qui a pour objectif de frapper, en particulier le monde occidental, de mettre en péril les démocraties."
    C'est vrai, c'est nouveau? Une vraie révélation ? L’idée générale qui consiste à dire que les adversaires d’aujourd’hui ont recours à des moyens conventionnels et non conventionnels, réguliers et irréguliers, visibles et dissimulés, tout en exploitant toutes les dimensions de la guerre pour s’attaquer à la supériorité dont jouit l’Occident en matière de guerre conventionnelle" est donc une révélation.
    Dans la revue de l’OTAN, on peut lire : « Dans la pratique, une menace peut être considérée comme hybride dès lors qu’elle s’inscrit dans plusieurs dimensions et types de guerre différents. Lorsqu’une menace ou le recours à la force est qualifié d’hybride, ce terme perd sa valeur et crée la confusion au lieu d’expliquer la « réalité » de la guerre moderne.
    L’utilisation systématique du terme « hybride » présente un autre problème : le recours à un terme nouveau suppose que la guerre moderne a quelque chose de nouveau, ce qui n’est pas forcément le cas. Dans son ouvrage phare sur la guerre au XXIe siècle, l’éminent stratège militaire Colin Gray défend de manière convaincante l’argument selon lequel la guerre du futur et donc, par extension, la guerre moderne, ne consiste dans le fond qu’à reproduire des schémas déjà connus.
    La plupart des conflits de l’histoire de l’humanité, sinon tous, ont donné lieu à l’emploi de moyens asymétriques qui permettent d’exploiter les faiblesses de l’ennemi, et donc à des situations complexes caractérisées par le recours à des tactiques régulières comme irrégulières, conventionnelles comme non conventionnelles. Aussi l’émergence de la cyberguerre n’a-t-elle pas fondamentalement changé la nature de la guerre, elle n’a fait qu’apporter une nouvelle dimension aux conflits »
    Allez, dans quelques mois on aura découvert sans aucun doute un nouveau paradigme, un mot valise qui permet de qualifier finalement un élément incontestable, l’ennemi qui nous fait face se passe de mots, il agit dans l’espoir de nous détruire. l’« hybridité » est l’interconnexion des menaces et la guerre, qu’elle soit ancienne ou moderne, hybride ou non, est toujours complexe et peut difficilement se résumer à un seul adjectif. Ce que j’en dis...

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  9. Je juge peut-être mal d'après votre résumé, mais j'ai quand même l'impression que ça ne casse pas 3 pattes à un canard ce livre ...
    Un ennemi (bien commode) y est peut-être désigné, mais, qu'en est-il de ses armes (sous toutes ses formes), de ses partisans, de son histoire, de ses alliés, etc ...

    Raconter qu'on va faire quelques opérations militaires de ci de la pour rassurer la population, pour bien montrer qu'on ne fait pas rien, et rajouter quelques opcoms ... moi personnellement, ça ne me rassures pas des masses sur la compétence de ce ministre (qu'il soit apprécié ou pas).

    Dans le monde actuel on ne juge plus un homme d'après ce qu'il dit, mais d'après ce qu'il ne dit pas.

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  10. Pour une analyse un peu moins à l'eau de rose du même livre : http://stratediplo.blogspot.fr/2016/06/la-pire-erreur.html

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    1. Moins à l'eau de rose mais nettement plus drôle.

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  11. nikesfeld - geostrategique.net

    Je suis toujours stupéfait de voir le double langage patent, i.e. l'usage de l'incohérence dans la réflexion. Bien que nous sommes au dessus du niveau Zéro et que donc le débat mérite d’être fait; on peut constater que l'usage du droit n'a de vocation que pour étayer un argumentaire mais pas vraiment un usage fonctionnelle étatique.

    En effet de deux choses l'une;

    A) soit on est en guerre et couvert par son droit spécifique (et ou le législateur doit l'inventer) soit on ne les pas et donc il va falloir arrêter de l'utiliser (ce terme lexical). Etape suivante, quid de la "légalité" des forces armées sur le territoire national dans un contexte où la guerre n'est pas déclarée formellement !?!
    Quid de l'invention de concept nouveau, de guerre intérieure sans être une guerre civile...


    B) Soit on est face à une Circonvolution marketing ? avec un positionnement sur le théme citoyen; ou même Simple bon sens sincère ? (où on énonce clairement et ne prend pas l'électeur pour un bœuf... moyen).
    Et alors là constat d'échec non pas du ministère, mais dans la capacité de l'état a être une entité vivante et dynamique du collectif, de son intelligence, représentant le peuple et ou la nation. Etat potentiel qui annonce une perte de souveraineté du territoire national (certains diront que c'est déjà le cas)!
    Et pour en arriver à la conclusion que le droit; telle que la France la pratique, n'existe plus ou n'a pas d’intérêt ici, en terme d'idée !

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