vendredi 5 décembre 2014

Pour une révolution humaine dans les affaires militaires

Version 07-12-14

« L’homme au cœur de tout » est une figure imposée de tout discours militaire, surtout ceux qui décrivent la mise en place d’équipements très sophistiqués et suffisamment coûteux pour justifier justement la suppression des hommes afin de les financer. L’homme est effectivement au cœur des préoccupations comptables de ceux qui raisonnent la productivité du ministère de la défense en termes de rapport budget/personnel au lieu de raisonner en termes d’effets à obtenir. Il est temps qu’il le soit également pour ceux qui réfléchissent à limiter les dégâts de l’implosion rampante qui accable l’armée de terre. 

En temps de pénurie, le réflexe est bien souvent de centraliser les moyens afin de mieux « gérer la misère ». Ce n’est bien souvent qu’un court répit. On aboutit ainsi à une macrocéphalie, avec des états-majors énormes pour diriger de manière de plus en plus rigide un pool de forces de plus en amaigries et déstructurées. Le résultat est une paralysie croissante de l’armée de terre d’ « en bas » empêtrée dans le feu croisé de commandements « transverses », de réglementations de plus en plus étouffantes et de moyens autonomes d’entraînement, et même de combat, de plus en plus réduits. On fait ainsi des économies de court terme au prix de l’appauvrissement des conditions de travail de nos unités élémentaires, ces réunions de volontaires sur qui in fine tout repose. Que ces hommes et ces femmes se lassent, viennent en moins grand nombre ou quittent l’armée de terre plus tôt et c’est la dégradation de notre capital humain qui s’accélérera jusqu’à l’impuissance finale.

Comme John Maynard Keynes inversant les signes des équations économiques « classiques » ou Dick Fosbury sautant à l’envers, il suffit parfois d’inverser le regard pour, peut-être, trouver des solutions. Notre préoccupation première doit être le soldat, qui n’est pas un problème de coût mais au contraire une solution. Celui-ci doit être heureux dans son unité, ce qui passe bien sûr par une « condition de vie » correcte mais aussi par la camaraderie, la fierté d’appartenir à une unité de combat forte et le sentiment que l’on reconnaît justement ses efforts.

Le premier moyen de maintenir les savoir-faire tactiques collectifs, voire de les augmenter, est de maintenir la stabilité des unités. A la fin des années 1970, le général américain Don Starry assistait à une démonstration de tir d’une unité israélienne (de réserve) de chars. Etonné par l’efficacité du tir d’un des équipages, il leur demanda combien ils pouvaient tirer d’obus chaque année pour être aussi bons. Les tankistes répondirent que six à huit suffisaient car ils étaient ensemble dans le même char depuis quinze ans. Des hommes maintenus ensemble dans des unités stables pendant des années finissent par créer des obligations mutuelles et des compétences liées. Pour ma part, en onze ans de vie en compagnie d’infanterie, j’ai eu le sentiment d’un éternel recommencement du fait du sous-effectif chronique et de l’instabilité des sections. En trois ans à la tête d’une section au 21e régiment d’infanterie de marine, j’ai commandé soixante-trois hommes différents pour un effectif moyen sur les rangs de trente. Efforçons nous d’avoir des unités élémentaires à effectifs complets et constants, ralentissons le système de mutations des cadres, hérité de l’époque du service national, pour maintenir les cadres et les soldats ensemble plus longtemps, arrêtons d’avoir une structure différente pour chaque mission et nous verrons d’un seul coup augmenter les compétences sans dépense supplémentaire.

Dans le même esprit, les groupements tactiques interarmes organiques et non constitués pour la mission, s’ils posent des problèmes de maintenance sont également de très forts économiseurs d’entraînement. J’ai vécu dans deux unités de ce type (un régiment mécanisé ancienne formule et un régiment interarmes d’outre-mer). On y apprend la coopération interarmes sans avoir à bouger; par simple imprégnation. Cela suppose aussi de déstructurer la déstructuration et ramener les équipements, notamment les véhicules, à leurs servants. D’autres voies existent, à la fois culturelle (développer une obsession de l’entraînement permanent jusqu’au plus bas échelon, en tous temps et tous lieux) et organisationnelle, par exemple en desserrant l’étau des procédures administratives ou en supprimant certaines missions peu utiles. D’une manière générale tout ce qui peut contribuer à la stabilité des unités, à la facilitation de la vie courante, au gain de temps au profit de l’entrainement de proximité contribue indirectement à l’élévation du niveau opérationnel. On peut économiser ensuite sur les « coûts de transaction » nécessaires pour réunir et rendre cohérentes toutes les composantes matérielles et humaines d’une formation dans un grand camp.

Ces GTIA permanents, bien équipés, complets et cohérents sont destinés à être projetés. Ils n’ont pas forcément besoin d’être très volumineux pour peu que l’on ait fait effort sur la « productivité tactique » de chacune de ses cellules. Ils constituent le cadre de travail normal des hommes et des femmes pendant plusieurs années. 

On peut concevoir de les intégrer dans un cadre plus large de tradition et de gestion, du niveau régiment, corps à l’identité bien marquée et au sein duquel on ferait carrière. Ce corps aurait une double vocation organique (en particulier dans la gestion des ressources humaines) et opérationnelle, en intégrant un centre opérationnel de niveau brigade. Il coifferait les GTIA mais aussi un bataillon d’instruction qui, organisé en équipes d’assistance militaire opérationnelle, gérerait, outre cette mission d’AMO, la formation initiale des engagés mais aussi celle des réserves voire éventuellement du service civique. Le régiment comprendrait aussi un bataillon de montée en puissance, armé principalement de réservistes mais pas seulement, à vocation de maintien en condition de matériels moins immédiatement nécessaires, et de renforcement des GTIA. Il pourrait aussi être engagé de manière autonome, essentiellement sur le territoire national mais possiblement sur un théâtre d’engagement majeur. Les hommes du régiment auraient vocation à tourner dans ces trois fonctions, opération, instruction et montée en puissance. 

Au dessus de ces régiments-brigades, la structure doit redevenir simple, claire et directe vers le Chef d'état-major. Il paraît nécessaire de reformer un échelon divisionnaire, non plus « en l’air » comme les Etats-majors de force, ce qui est peu compréhensible pour les comptables (et donc vulnérable) mais bien relié à des unités identifiées. Ces divisions auraient, selon l’esprit des réformes qui avaient succédé au désastre de l’armée du Second Empire, à nouveau une double prérogative opérationnelle et organique.

C’est peut-être au-dessus de ces échelons que les économies sont à faire : dans l’allègement de la préparation centralisée des forces, dans la suppression de l’état-major de corps d’armée de 400 personnes que nous maintenons à grands frais (certes payés en partie par l’OTAN c’est-à-dire aussi avec nos contributions) en attente de l’emploi très hypothétique de la Nato Response force. Par les temps contraints qui courent, n’est-il pas concevable d’employer au moins cet état-major au profit de la France et de revenir en arrière en le fusionnant avec l’actuel Commandement des forces terrestres. On pourrait aussi pour donner plus de visibilité vis-à-vis de l’extérieur dangereux (en France), faire en sorte que le Chef d’état-major de l’armée de terre soit aussi directement et clairement le commandant des forces terrestres engagées en opérations.

Tout cela n’évitera pas la nécessité d’une recapitalisation des forces terrestres et le renforcement des effectifs, ni le démontage des structures interarmées rigidifiantes qui ont été mises en place, tout cela inéluctable à terme, mais, en attendant, l’expérience tend à prouver que lorsqu’on combat ce sont plutôt les combattants qu’il faut privilégier.

29 commentaires:

  1. Les mêmes maux touchent l'ensemble de la fonction publique; au syndrome de l'armée mexicaine s'y ajoute celui du grisonnement des tempes.
    Cela ne favorise ni la plasticité de la pensée, ni la remise en question, ni l'envie.

    RépondreSupprimer
  2. Si déjà on faisait payer une contribution aux 27 autres pays de l'UE ce que nous coute la force de dissuasion nucléaire et son entretien dont de facto ces états profitent nos coûts seraient moindre, notre déficit serait moindre, nos possibilité pour des forces "classiques" pourraient être améliorées ou au minimum ne pas fondre !
    Dans une copropriété la prime d'assurance de l'immeuble est payée par tous les copropriétaires bénéficiaires !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le coût de la dissuasion nucléaire ne représente que 0,15% du PIB

      Supprimer
  3. Je confirme, je travaille dans une entreprise publique bien connue pour exaspérer les Français lors de journées de grève, c'est le même constat accablant. Bureaucratisation poussée à l'absurde, application de normes et règlements jusqu'au ridicule (il nous est interdit de grimper sur une échelle pour remplacer une ampoule cassée car nous ne serions pas couverts par l'assurance en cas de chute), Séparation des différentes activités au sein de l'entreprise ce qui conduit à des problèmes de communication entre les différentes entités, une déresponsabilisation des personnels (un chef, ah, pardon il faut dire un dirigeant maintenant, appartenant à telle entité n'a plus le droit de faire de remontrances à un agent d'une autre entité en cas de mauvais comportement, vous imaginez le laxisme ambiant qui en résulte) et une absence totale de cohésion. C'est à qui économisera le plus d'argent possible sur le dos du voisin et fera payer le plus de pénalités possible aux autres. C'est devenu écœurant et totalement contre-productif pour qui aime le travail bien fait. Plus personne ne s'occupe de choses concrètes pour le bien commun de l'entreprise mais c'est à qui pondra le plus de règlements et fera le plus d'économies en personnel et en argent. Et à qui se servira le plus aussi...

    Je peux comprendre l'agacement des militaires d'active devant les restrictions budgétaires et les inepties bureaucratiques qu'ils subissent mais je crois que les symptômes qui en découlent touchent l'ensemble des entreprises et des administrations dans un système libéral dont la seule vision est l’acquisition de profits à court terme. Même le mammouth que représente l'éducation nationale, qui n'est pas touché par les restrictions budgétaires, fabrique énormément d'abrutis (ce n'est pas une insulte faite aux jeunes, je le suis aussi et une jeunesse n'est que le produit de son éducation,) néanmoins il faut bien constater que par rapport aux sommes investies les résultats de notre système scolaires sont accablants. Cela vient rappeler que la baisse d'efficacité ne touche pas uniquement les armées si on compare les résultats dans le temps long.

    En France il faut toujours attendre que nous soyons dans le chaos le plus complet pour se réformer. C'est pourquoi, je ne crois pas que des réformes puissent êtres engagées comme ça a été le cas aux Etats-unis (article précédent du blog) par un consensus politico-civilo-militaire. L'armée française est grande quand le reste du pays l'est aussi, il faut toujours attendre l'apparition d'un homme providentiel pour changer les choses (Louis XIV, Napoléon, de Gaulle...). Certains jugeront peut-être cette vision passéiste et révolue mais je crois qu'un pays a ses traditions, qu'il présente une certaine forme de continuité dans son Histoire et que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Alors je crois, c'est mon sentiment personnel, qu'il faudra à nouveau atteindre l'abîme pour rebondir.

    Je crois, de mémoire, que de Gaulle écrit dans le Fil de l'épée qu'il n'y a pas de grande politique sans porter un grand intérêt pour les questions de défense nationale. Aujourd'hui, dans son ensemble, la classe politique est trop médiocre pour s'intéresser à la grandeur de la France, à son armée et à son peuple.

    Il faut qu'une grande ambition se lève pour porter les intérêts de la France et restructurer de fond en comble la société dans son ensemble, mettre un terme à cette vision libérale qui n'est pas dans nos traditions. Il faut une vision globale, imprégnée de grandeur et peut-être que l'armée française est-t-elle encore capable de produire un tel homme.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous critiquez le système libéral court-termiste dans lequel nous sommes : pourtant le mot "libéral" est un beau mot car à la racine il y a liberté. Ce qui est à remettre en cause c'est plus le dévoiement de ce terme que le mot lui-même. En effet on a consciemment ou non oublié que derrière liberté, il y a responsabilité : c'est comme pour les pièces de monnaie, il y a un avers et un revers, l'un ne va pas sans l'autre. Pas de liberté sans responsabilité, l'inverse étant vrai aussi. C'est ce vrai sens de la liberté qu'il faut retrouver pour redonner du lustre à nos systèmes démocratiques de plus en plus contestés. Je reconnais l'énormité du challenge : des droits, mais en même temps des devoirs, dire à nos jeunes que plaisir et effort ne sont pas antinomiques (le fameux apprendre sans effort, en s'amusant !), bannir l'hypocrisie dans la parole publique et dans les actes...Peut-être est-ce trop demander aux citoyens, mais je crois que la solution est là plus qu'au recours à l'homme providentiel qui ne ferait que nous maintenir dans l'irresponsabilité. De Gaulle lui-même répondait à ceux qui l'interrogeaient sur ses sentiments lors de la libération de Paris en août 44 qu'il avait l'impression d' être dans le mensonge. Il est vrai que peu de temps auparavant les Parisiens applaudissaient Pétain de la même manière et cessons de se voiler la face en racontant que ce n'était pas tout à fait les mêmes.

      Supprimer
    2. Vous incriminez ce que vous appelez le "système libéral", mais ce que vous décrivez est celui d'une fonctionnarisation (conformisme, déresponsabilisation, soumission, etc.) du corps social français, teinté de judiciarisation des relations sociales à la mode états-unienne.
      Le dictionnaire donne au mot "libéral" les définitions suivantes (par ordre décroissant) : 1. Qui aime donner, généreux ; 2. Activités des hommes libres ; 3. peu autoritaire ; 4. et, seulement au Québec, en Italie, aux E.-U. d'Amérique et en Grande-Bretagne, synonyme de partisans des thèses libéralistes et libre-échangistes.
      Je ne pense pas que vous vouliez désigner les trois premières catégories d'individus (vos descriptions sont contraires à ces définitions), quant à la quatrième catégorie, elle désigne des conceptions propres à des sociétés étrangères.
      L'usage du mot "libéral" (ou même celui de "libéralisme") ne me semble donc pas approprié pour désigner le phénomène en question. Pas plus d'ailleurs que celui d'"étatisme" (intervention de l'Etat). Le mal que vous décrivez, se définit différemment.
      "Fonctionnarisation" me semble le meilleur terme : fonctionnarisation des esprits et des moeurs, qui s'est intensifié et qui s'est répandue dans toute la société, au-delà des services de l'Etat, et qui imprègne dorénavant toute la société française, jusque dans les modes de gestion des entreprises et de consommation. Un fonctionnaire n'est pas fait pour penser et avoir du bon sens et de la morale, mais pour obéir. Et le militaire est l'achétype du fonctionnaire.
      "Mal nommer les choses, c'est ajouter du malheur aux individus", Camus.

      Supprimer
  4. Du caporal au général le diagnostic est sensiblement le même, la question est donc plutôt de savoir pourquoi on choisit constamment les solutions les moins rentables et les plus pénalisantes en terme de rentabilité des hommes et des moyens.
    Il est probable que nos chefs comprennent tout autant la nécessité que vous (nous) l’urgente nécessité de changer de discours et de méthode, sauf qu’il est plus facile pour les non-responsables que nous sommes d’exposer le défaut de l’armure. Nos chefs sont tenus par les comptables et les politiques qui ne se projettent qu’à court terme. Les uns étant aux services des autres et réciproquement.
    Une révolution passerait aussi par l'utilisation rationnelle des compétences. Nous avons mis des années pour gérer de manière intelligente les spécialistes du renseignement (et autres), dans une filière cohérente, mais la direction des RH calquée sur un modèle civil ne m'apparaît désormais pas plus efficace qu'une feu (DPMA-T-) où le copinage tenait parfois lieu d’ultime sélection.
    La création d'unités interarmes cohérentes sur le modèle structurel d'unité possédant leur propre matériel, apte à être projetée, capable de s’entraîner dans la durée et suffisamment stable, pourrait ressembler de loin, au modèle britannique. Le régiment (plutôt bataillon et groupement d’Escadrons) n’est plus la structure rationnelle adaptée. Le SGTIA devrait se substituer à la compagnie et à l’escadron et le GTIA au régiment. La brigade pourrait alors regrouper 3 GTIA, un peu en son temps comme les GMO soviétiques. – le BFM possédait déjà des appuis mortiers, le RFM un BCM et un groupe d’artillerie, le RCM un BFM, le RFM un BCM, la DB un RFM, la DFM un, RCM etc..
    Le programme scorpion peut favoriser la création de ce type d’unité polyvalente et interarmes. Manquerait-il un certain courage ? Toucher aux boutons des vareuses implique, il est vrai, une remise en cause collective. Serions-nous à ce point sclérosés pour regarder nos armées et au-delà notre défense se déliter sans que quelque chose se passe ? Ce quelque chose pourrait prendre la forme d’une prise de conscience collective conséquence événements graves que l’actualité pourrait nous imposer. Plus récemment, le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Jean-Pierre Bosser indiquait à propos du Daesh, que "La rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante" il n’est pas le seul à s’en préoccuper sauf que l’on ne combat pas la guerre chaotique avec une armée du chaos.

    RépondreSupprimer
  5. Le propre de l’idéologie n’est-il pas de nier la réalité ? Si les solutions rationnelles existent pour sauver l’armée française (et pas que), elles n’ont guère de chance d’être appliquées parce que … TINA !
    Nos ennemis les plus mortels ne sont pas les fous de Dieu de Daesh, mais les fous du Marché à Bruxelles.
    Le chaos arrive, bien malin celui qui devine ce qui en sortira.

    RépondreSupprimer
  6. Du bon temps pour les militaires en perspective...

    RépondreSupprimer
  7. Il faut avoir franchi (et largement) les limite de la sottise et de l'inculture politique pour mettre les maux français sur le compte du libéralisme. Pour mémoire, le libéralisme attribue comme seule mission à l'état les fonctions régaliennes concourant à la sécurité des individus: police, justice, défense du territoire, et de façon anecdotique, la gestion d'enjeux trop diffus pour être gérés par les intérêts privés.

    A voir la logorrhée législative des institutions nationales comme européennes, a l'examen des comptes publics qui recouvrent 57% du PIB national, l'évidence d'une France collectiviste ne peut être niée que par quelques marxistes cherchant à décrédibiliser les alternatives.

    Aux prochaines élections, vous aurez à choisir entre :
    Dites moi, je vous en prie, quel parti politique Français prône le libéralisme. C'est pourtant facile, un parti "libéral" proposerait Un système social (retraites, santé, etc) privé et ouvert à la concurrence;
    Un système éducatif privé et ouvert à la concurrence;
    Une liberté d'expression et d'association sans pratiquement aucune limitation, et plus globalement, un système politique basé sur des libertés fondamentales figurant dans une constitution qu'aucune loi, règlement ou jurisprudence ne pourrait remettre en cause. (Ceci opposé à un système ou les droits constitutionnels sont faibles, et ou sont attribués des "droits" clientélistes.

    Quand à l'UE, la qualifier de "libérale", alors qu'elle se mêle de tout sauf des domaines régaliens... Même Marchais n'y aurait pas cru.

    Il faut vraiment que 80 ans de propagande marxiste aie endoctriné les Français pour qu'ils dénoncent encore la responsabilité du libéralisme dans leur naufrage annoncé.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah la nostalgie du brouillard de guerre des mots en ‘isme’ et de la dialectique des bons et des méchants, comme c’est beau ! Mais à vrai dire, qui y croit encore ? Pour paraphraser Lautner, ‘quand les mecs de 100 kg parlent, ceux de 60 kg écoutent’. C’est tout bête, pas sophistiqué pour un sou, ça remonte à la nuit des temps et ça s’appelle un rapport de force !
      Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous maigrissons à vu d’œil…

      Supprimer
    2. ‘quand les mecs de 100 kg parlent, ceux de 60 kg écoutent’ : dans le monde réel oui, mais dans le monde virtuel dans lequel nous sommes ? Un exemple avec un parti bien connu, dont la candidate ("Eva dans le mur") avait fait 2,3% aux dernières présidentielles, ne se prive pourtant pas de parler à propos de tout et de rien.

      Supprimer
    3. 2018, grâce à une politique d’un courage et d’une lucidité exemplaire, la France est sortie de 70 ans de collectivisme.
      L’ensemble du corps social peut enfin bénéficier des bienfaits du libéralisme, les armées y compris. Elles ont maintenant comme interlocutrices des ‘sociétés de projets’ qui ont racheté leurs matériels, du VBCI au PAN en passant par les rafales. Les armées ne sont donc plus propriétaires, mais locataires des matériels en fonction de leurs besoins. Les experts sont unanimement unanimes pour louer les économies ainsi réalisées.
      - Drinnnggg
      - Centre européen de location des matériels militaires, Julie à votre service, que puis-je pour vous ?
      - Oui, c’est le CEMM à l’appareil, j’aurais besoin de louer le PAN Charles de Gaulle à partir de la semaine 48.
      - Oui, mes respect mon général, heu pardon mon amiral. Un instant svp, je vérifie les disponibilités. Ah non, désolée en s48, ça ne va pas être possible, le PAN est réservé par un prince qatarien pour un anniversaire. Je regarde en s49 ? Non, non plus, je vois que la Royal Navy l’a réservé pour une parade navale à l’occasion des 213 ans de la bataille de Trafalgar. J’ai un créneau de 4 jours à cheval sur la s52 et la s1 si vous voulez.
      Si cela vous intéresse, merci de remplir le dossier que je viens de vous envoyer par mail en n’oubliant pas de spécifier les dates et heures exactes de début et de fin des opérations. Sans omettre svp, un état détaillé des moyens A2/AD de l’ennemi afin que notre partenaire la Matmut, puisse évaluer le montant de votre prime d’assurance.

      Supprimer
    4. @ l'humoriste anonyme du 08/12/2014

      Les sociétés de projet n'ont rien à voir avec le libéralisme. Elles ne sont qu'une astuce comptable visant à faire porter à l'élu suivant les dépenses de l'élu d'aujourd'hui. Aucun libéral sérieux n'envisagerait une telle solution, puisque c'est justement dans ces domaines là que l'état est légitime. Privatiser les hôpitaux, les collèges, lycées etc me semble infiniment plus logique.

      Sans doute trouverez vous une saynète tout aussi amusante pour illustrer mon propos, mais s'il vous plait, caricaturez au moins ce que je dis et pas son opposé.

      Supprimer
    5. Ce que vous appelez plaisamment une astuce comptable est tout sauf une petite chose anodine et sans importance. Bien au contraire, il s’agit là du cœur même de l’attaque contre nos armées (et donc contre notre nation). Et même si vous n’appréciez pas mon humour, ce que je peux fort bien concevoir rassurez-vous, les problèmes soulevés sont eux bien réels :
      - vente par l’état d’actifs indispensables à notre sécurité collective,
      - possibilité laissée à l’opérateur privé de louer les matériels à un autre état,
      - matériels possiblement rachetés en partie par des fonds publics, alors qu’ils auraient déjà été payés par la défense… avant d’être à nouveau loués à cette même défense.
      - problèmes de disponibilités ingérables. Nos adversaires sont priés de faire connaître leurs surprises stratégiques 6 mois à l’avance, afin que nous puissions coordonner la disponibilité des matériels placés en sale and lease back.
      - à quel prix les matériels seront-ils rachetés ???
      - quels surcoûts pour les assurances, la MCO ???
      - les promesses n’engageant que ceux qui y croient, a-t-on réellement l’assurance que Bercy reversera la totalité de la vente des actifs aux armées ?
      - petit détail fâcheux, comment entraîner décemment les personnels sur des matériels qui ne seront plus à disposition ? Le virtuel est d’une aide utile, mais il a ses limites !

      Bref, n’étant pas doué pour la dialectique, je ferai simple. Peu importe le nom en isme que se donnent ceux qui sont en train de détruire et l’armée française et notre indépendance, le seul nom qui vaille pour eux est celui d’ennemis (sans même se demander si leur nocivité est la résultante du carriérisme, de l’appât du gain, de la stupidité ou d’un subtil mélange des trois).

      Ne vous en déplaise, ces gens là se trouvent et à Bercy et à Bruxelles.

      Je persiste et je signe donc, tout cela va fort mal se finir.

      Et pour ajouter au ridicule, l’immolation de notre indépendance se fera sous l’œil goguenard de M. Poutine qui n’en demandait certainement pas tant.

      Supprimer
    6. Je pense que nous sommes d'accord sur l'essentiel, le seul point que je conteste est qu'il s'agisse d'une opération procédant d'une logique "libérale"

      Comme vous, je pense que c'est une manœuvre préjudiciable aux armées, mais pire encore, qu'il s'agit (et ce n'est pas une première) d'une atteinte à la démocratie. Par astuce comptable, j'entendais une opération qui, comme l'a souligné le sénat, découle d'un manque de sincérité (au sens juridique) des lois de finance précédente, et vise uniquement à permettre de maintenir ce manque de sincérité jusqu'au terme de la législature.

      En fait, la pratique est courante, au point qu'on ne le remarque plus. Un ministre se félicite publiquement qu'une astuce comptable permette de boucler le budget, un autre organise l'entente sur les prix entre producteurs et distributeurs. L'état renie sa parole, à l'intérieur comme à l'extérieur. Signe après signe, touche après touche, l'esquisse devient toile. Quand de plus en plus de citoyens commencent à souhaiter des régimes autoritaires, il est à craindre qu'ils soient entendus. Chaque mensonge des élus ou de leurs mandataires à la nation est un pas de plus dans ce sens. Qui me ment pour mon bien se passera bientôt de mon aval. Pour mon bien, toujours. Notez bien que je ne fais pas ici un procès à tel ou tel parti au pouvoir hier ou aujourd'hui: c'est un processus continu dont il est difficile de dater l'origine. Mais peut il continuer encore ?

      Supprimer
  8. On peut aussi arguer que multiplier les innovations sémantiques par effet de mode et pour projeter une image de modernisation envers l'élu et le journaliste s'apparente au lancement d'un fumigène qui ne peut être une fin en soi. Le groupement tactique, qu'il soit interarmes, interarmées, international, interplanétaire voire simplement intersubdivisions d'arme, existe depuis qu'on a des bataillons. Le sous-groupement tactique existe depuis qu'on a des unités élémentaires. La combinaison des moyens, des métiers et des insignes de béret existe depuis que les fantassins prennent le bateau (marsouins), le cheval (dragons) ou l'hélicoptère, aménagent leurs positions et transportent des mortiers. Et en effet les "demi-brigades", bataillons et régiments interarmes d'outre-mer, comme les régiments interarmes divisionnaires et dans une moindre mesure les régiments d'infanterie mécanisée, étaient des formations interarmes, tactiques par définition et sous-entendu, avant la lettre néologiquement siglée. L'avenir appartient au passé, nous avons déjà eu, et toujours en avance dans les concepts (bien que parfois en retard sur les champs de bataille) les meilleurs systèmes servis par les meilleurs hommes. Abandonner la juxtaposition de "modules" juste avant l'engagement pour revenir à la continuité organique, abandonner l'administration centralisée de réservoirs pour affecter les matériels et les hommes à des formations constituées en armée régulière, abandonner les états-majors "en l'air" pour reconstruire un ordre de bataille... finalement c'est reconstituer l'armée d'il y a vingt-cinq ans. Lorsqu'une armée française aura de nouveau un avenir militaire, politique et budgétaire et pourra consacrer plus d'énergie à la préparation opérationnelle qu'à la lexicologie justificatrice, on pourra fermer la parenthèse du verbe avec celle de la chenille (autre débat certes).

    RépondreSupprimer
  9. '' Maintenir "... " ralentissons le système de mutations des cadres"
    Ce sont des vœux pieux!
    Avez vous pensé au profil de carrière des "chapeaux à plumes ": 2 ans de Ltt chef de section + 2 ans de Cne cdt de Cnie + 2 ans de chef de BOI et enfin le "graal" deux ans de chef de corps et l'espoir d'être sur la voie lactée...
    Entre temps des stages utiles et inutiles...
    Pour combler cette carrière, des affectations dans les états-majors qui permettent de remplir un carnet d'adresse, d'avoir le consensus facile et la vision limitée d'une page A4 (et maintenant d'un écran d'ordinateur) etc.
    Ce système est au point, il a résisté aux aléas de l'histoire militaire du XX° siècle qui ont pris des appellations diverses:
    L'osmose, la ''betteravisation'', la mécanisation, la menace des forces du Pacte de Varsovie et son implosion, la suppression de la conscription etc.
    Pourquoi le changer?

    RépondreSupprimer
  10. Définitions du libéralisme selon le Larousse :

    - Doctrine économique qui privilégie l'individu et sa liberté ainsi que le libre jeu des actions individuelles conduisant à l'intérêt général.
    - Doctrine politique visant à limiter les pouvoirs de l'État au regard des libertés individuelles.
    - Attitude de compréhension qui pousse à la tolérance : Faire preuve de libéralisme dans ses opinions.
    - Dans la religion protestante, équivalent du modernisme catholique.

    Par libéralisme j'entends les première et deuxième définition, encore que je ne sois pas entièrement d'accord avec la première, je pense en effet qu'un libéralisme poussé à l'extrême va à l'encontre de l'intérêt général et c'est ce qui se passe actuellement en France.
    Pardonnez moi mais quand un Etat n'a plus la maîtrise de ses frontières, ne bat plus monnaie, abandonne toute idée de protectionnisme (Friedrich List), n'a plus le monopole légitime de la violence, se fait imposer des textes juridiques de libre concurrence par Bruxelles qui sont en contradiction avec nos intérêts nationaux, n'a plus aucune politique industrielle cohérente, alors oui je pense que le libéralisme sauvage constitue un de nos maux et contribue à détruire la France. Dans ces circonstances, et avec un tel niveau de lâcheté de nos politiques, je ne vois pas comment un redressement de notre armée est possible.
    Certes les dépenses de l'Etat explosent comme jamais, mais pourquoi? car c'est bien parce que notre Etat n'est plus un Etat stratège qu'il est condamné à gaver les Français d'allocations en tous genre pour acheter la paix sociale, à augmenter de façon exponentielle le nombre de fonctionnaires territoriaux et à multiplier les emplois aidés inutiles quand il n'est plus capable de soutenir des industries créatrices d'emplois, à dépenser des fortunes dans des pseudos politiques de la ville car il n'est plus capable de restaurer son autorité dans certains territoires de la République et ainsi de suite.
    Quel est le coût d'une délinquance qui résulte justement d'un excès de libertés individuelles parce que nos hommes politiques n'ont plus le courage de faire appliquer la violence légitime de l'Etat sur l'individu? par lâcheté on préfère mettre des cache misères pour ne pas froisser certaines associations et autres emmerdeurs, installer des caméras par milliers, faire payer les assurances, mettre des agents de sécurité dans chaque point sensible. Quel est le coût pour les entreprises et la collectivité d'une telle gestion? il suffirait parfois d'un minimum d'autorité et d'une application stricte de la justice pour rétablir un minimum de sécurité, on en revient là au débat sur les rapports coûts/efficacité de plus en plus médiocres dans nos sociétés modernes, qui je le rappelle, ne touchent pas que le domaine militaire.
    L'excès de "fonctionnarisation" n'est pas la résultante d'un Etat fort, mais celui d'un Etat engraissé qui préfère discuter du sexe des anges quand dans le même temps il n'a plus prise sur l'essentiel.

    Certains vont peut-être me vouer aux gémonies, mais oui je préfère un régime un peu autoritaire avec un homme seul responsable individuellement devant le peuple qu'une bande d'irresponsables collectivement n'ayant de comptes à rendre à personne (et je préfère préciser que je ne suis pas d'extrême droite!).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il est préférable d'aller un petit peu plus loin que le Larousse pour aborder une notion de cet ordre.

      Il me semble donc nécessaire d'apporter quelques précision:

      Sur l'autorité, dans un premier temps: La liberté dans la logique libérale, s'entends comme celle d'agir sans contrainte autre que celle que pose la liberté d'autrui ("la liberté des uns s'arrête ou commence celle des autres"). Cette liberté exclut donc toute violence ou contrainte exercée sur autrui.

      La délinquance n'est en rien le résultat d'un excès de liberté individuelle, puisque, par définition, un délit est une chose que l'on est pas libre de commettre.

      En revanche, le libéralisme s'oppose à l'intervention de l'état dans tous les domaines hors de ceux visant à assurer la sécurité des citoyens.

      Sans chercher à reprendre intégralement votre propos, je demande à voir quel "homme seul" est effectivement "responsable individuellement". Que voulez vous dire ? qu'il remboursera personnellement tous ceux auxquels ses décisions auront fait un tort ? Avec son argent, pas avec celui des contribuable ?

      Par nature, les hommes politiques ne sont pas responsables, au sens ou les décisions qu'ils prennent dépassent totalement la responsabilité individuelle.

      Enfin, je me permet de vous signaler qu'un régime autoritaire, ce n'est pas la même chose qu'un régime qui fait respecter la sécurité publique. J'avoue une certaine inquiétude a lire, régulièrement sur le web, des appels au coup d'état, à la révolution, à une dictature (forcément "éclairée", elle le sont toujours au début).

      Peut-être par un vague gout personnel pour la liberté, j'avoue que cela m'inquiète plus que Daesh. Puissent tous ceux qui forment ces vœux n'être pas entendus, pour leur bien à eux en premier lieu.

      Cela me rappelle une image: on y voit deux colonnes de soldats dans une ville, et pas un passant dans les rues. La légende dit :
      "Totalitarisme: vous croyez vraiment que c'est aussi évident ?"

      Supprimer
    2. Bonjour Hartman,

      Je ne veux pas me lancer dans des débats interminables concernant les notions de liberté, libéralisme, système économique libéral etc. Si vous voulez connaître mon point de vue général à ce sujet, je vous convie à lire l'Essai sur la civilisation libérale de Jean-Claude Michéa, peut-être l'avez-vous déjà lu, quoi qu'il en soit je suis entièrement d'accord avec les analyses de cet intellectuel. Mais dire que le libéralisme ne touche pas aux fonctions régaliennes, c'est être bien naïf : quid des sociétés privées (Blackwater) de plus en plus présentes dans les conflits récents pour pallier le manque d'effectifs des armées nationales? et que dire de la multiplication des sociétés de sécurité privées? (bigre, ça fait tourner l'économie la délinquance!)

      Quand je parle d'homme responsable, je parle d'un homme à la de Gaulle qui ait du courage, qui ose affronter en face les vrais problèmes, qui ait le souci de l'indépendance nationale, "une certaine idée de la France", bref qu'il ait de la hauteur et de l'éthique. Je ne crois pas qu'en France nos hommes d'Etats providentiels aient été de sanguinaires dictateurs, au contraire, notre pays a rayonné à travers le monde. Visiblement vous confondez autoritarisme et totalitarisme. Bonaparte n'était pas Hitler et Louis XIV n'était pas Staline.

      Après le désastre de 1940, de Gaulle a dit au sujet des politiques : "il fallut qu'il y eût un chef, il fallut qu'il y eût un Etat."
      Cher Hartman, pour ma part j'eusse aussi préféré qu'il y eût un vrai chef autoritaire dans les années 1930, capable de taper du point sur la table et obliger l'opinion publique à accepter une intervention de l'armée française pour casser les reins à l'armée allemande tant qu'il en était encore temps, et pour le coup, nous éviter une vrai totalitarisme. A la place nous avons eu des démocrates faibles et pusillanimes qui se sont couchés et ont laissé la France se mourir. A chaque fois que nous avons eu des régimes libéraux (j'y inclus le Second empire) ou des hommes faibles au pouvoir nous avons été humiliés sur le plan militaire. Vous me répondrez peut-être Waterloo? C'était nous ou l'Angleterre qui dominions le monde...

      Nos "démocrates" actuels sont en train de mener le pays vers l'abîme, là où règne le vide et l'anarchie certaines choses finissent par s'imposer d'elles-mêmes, l'Histoire à ses lois implacables que cela vous plaise ou non.

      Supprimer
  11. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  12. Les GTIA permanents pourrait en effet être le fil rouge pour une réforme en profondeur. On a besoin d'un cycle opérationnel en 4 temps :
    retour d'OPEX/Instruction niveau groupe/section
    Alerte Guépard/Instruction niveau SGTIA
    Préparation OPEX/Instruction niveau GTIA
    Déploiement OPEX
    On aurait 4 Divisions (1 par cycle, roulement tous les 6 mois) avec chacune une brigade avec 3 GTIA Lourds (VBCI-Leclerc), une brigade avec 4 GTIA Médian (VBMR/EBRC) dont 1 amphibie et une Brigade Légère avec 1 GTIA Para, 1 GTIA Alpin et 1 Régiment ALAT. Chaque division aurait son EM propre issu de des EMF et de certains autres EM. L’EMAT aurait donc en permanence dispo une force cohérente de 15.000 pax au moins reprenant toutes les spécialités. Les GTIA seraient batis autour des régiments de mélée (Inf – ABC), avec 3 SGTIA de mélée (soit à dominante Inf 3 sections + 1 Pel. Cav, soit l’inverse), avec section d’appui AC,TE, M81 auquels on ajoute une section de génie de combat + 1 DLOC, avec une SCL renforcée. Ainsi un SGTIA de près de 200 pax, pourrait être déployé quasiement seul et immédiatement sans aucun renfort extérieur.
    Au niveau du GTIA on a encore un SGTIA de reconnaissance regroupant les SRR et pelotons d’éclairage, avec les compagnies d’appui des RI (SAED, TE, AC) renforcée d’une section ISTAR provenant des BRB. Une batterie de feu avec une ou deux sections CAESAR et une section mortier 120, et une CCL renforcée par la dissolution d’unités du train et de transmissions.
    A côté des 2 à 4 GTIA par brigade, les régiments du génie deviendraient des régiments d’appuis et d’aide au déploiement, reprenant les moyens lourds de franchissement, d’aide au déploiement et des escadrons de transports de l’avant. Le régiment d’artillerie devriendrait le régiment d’instruction initiale, ainsi que de montée en puissance et de mobilisation de la réserve, enfin par brigade on pourrait recréer les anciens RCS, régiments inter-armes par excellence aussi au départ des régiments de transmissions, et du train.
    Ne resteraient comme unités spécialisées que la BFST, la BRENS, et quelques régiments très spécifiques comme le 2e RD-NBC, le bataillon cynophile, …
    On aurait sans doute quelques problèmes de chapelle,avec seulement 4 GTIA paras contre 7 à 8 régiments à l’heure actuelle, cela risque de grincer chez les bérêts rouges. Néanmoins pas mal de crises de suceptibilité pourraient être évitées : des GTIA « de Marine » sont possibles, les TDM ont des spécialités infanterie, blindés et artillerie, ne resterait qu’à rajouter quelques sapeurs, même chose pour les Légionnaires. Bien sûr pour cela il faudrait fusionner l’Ecole d’Infanterie et l’Ecole de cavalerie (c’est con, on vient de déménager l’EI sur Draguignan, au lieu de Saumur).
    Les temps de commandement seraient de minimum 3 ans comme chef de section, de SGTIA et de GTIA. Il faudrait être commandant pour diriger un SGTIA. Les mutations, montées en grades et les entrées en unités devraient être planifiées en amont, afin de permettre un cycle opérationnel de quasiement deux ans complets avec les mêmes effectifs. La période de début de cycle serait la période de changement, d’arrivée et de départ.
    Chaque SGTIA devrait avoir une section de renforcement, comprenant une bonne vingtaine de pax en « sureffectifs » pour pouvoir toujours combler les trous qui apparaissent du fait des abscences pour maladies, départs ou autre.
    Cette réorg ne demande pas nécessairement plus d’effectifs que l’organisation actuelle, simplement il faut sans doute en finir avec le principe de réservoir de forces ou l’on ponctionne en fonction des besoins et des opérations, sans aucune cohésion et cohérence opérationelle. C’est un modèle à la « Mc Kinsey », basé sur le principe des « shared services », qui peut peut-être avoir fait ses preuves dans le civil et pour des actions simples, mais surement pas pour des actions de force et de décisions politiques ultimes comme l’est une opération militaire.

    RépondreSupprimer
  13. ANONYME je partage complétement l’approche qui est la vôtre, une vision complémentaire :
    Une brigade doit être interarmes, autonome (engins et équipements), engagement rapide d’un groupement de 1ier échelon sans délais, engagement souple de la totalité de la brigade en deuxième échelons, engagement massif ou éclaté voir dispersée en surface sur une phase de progression.
    Des brigades cohérentes, ou la cohésion humaine est un souci permanent, des brigades articulées de façon homogènes avec chacune un esprit de corps !
    L’aspect interarmes du groupement doit être du ressort de la brigade :
    - Faible intensité mission extérieure la Brigade structure sont GTIA suivant le besoin, en conservant l’articulation et le volume en hommes.
    - Haute intensité la Brigade est engagée en masse, elle articule ses groupements avec la vision de chaque pion élémentaire que sont les Squads, et elle peut en prendre le contrôle ou les rattacher à un autre GTIA (destruction d’un PC)

    Nous devons tenir compte de l’origine des unités pour constituer des brigades avec une âme! Evitons ces amalgames d’unité comme des paquets de bonbon !
    Pourquoi :
    La gestion logistique de chaque unité doit être identique, nombres d’hommes, équipements, matériels, pour obtenir un volume standard en matière de soutien compact et modulable.
    Le commandement doit être dimensionné dans le respect des limites de l’humain (5 pions) en effet la masse d’information à gérer aujourd’hui est très importante donc attention.
    Le général de brigade devrait diriger 5 unités de la taille d’un groupement, avec l’aide de son groupement de commandement et de soutien.
    Un général de brigade doit disposer d’un EM de brigade renforcé avec des jeunes officiers capables de gérer les opérations à distances via des postes de contrôle et avec une autonomie de décision? En 24h/24h chaque UC doit devenir un centre opérationnel de SGTIA, les COB seront maillés et « backupès » entres eux (reconnaissance, drone, renseignement, opération, appui feu, génie, sécurité, logistique)
    L’objectif est de regrouper sur la même implantation la totalisé de la brigade et avoir enfin une véritable base de défense, auto protégée, autonome, etc.……
    Exemple d’articulation
    - Une Brigade doit être articulée en 6 unités (une de commandement et 5 unités commandées)
    - L’unité sera appelé Régiment mais aura la taille d’un groupement (648 h)
    - Les termes escadron, peloton, compagnie, section disparaissent (houlà !)
    - l’objectif est d’avoir une brigade de 4000 hommes taille d’impact tactique interarmes.
    En fait 3888 h soit 216 squads NEB de 18 hommes.
    3 hommes = 1 équipe avec un Sergent
    6 équipes = 1 Squad 18 hommes avec un Lieutenant
    6 squads = 1 Escouad 108 hommes avec un Capitaine
    6 Escouads = 1 Groupement 648 hommes un commandant ou Lt Colonel
    6 Groupement = 1 Brigade 3888 avec un Générale et 2 Colonel
    La brigade et articulée avec souplesse, le pion est le « Squad NEB » chacun est identifiable sur les cartes avec son numéro (numérotation des squads à la suite comme les cellules du même organisme)
    La destruction d’un PC entraine le backup des squads sur le PC le plus proche.

    à suivre...

    RépondreSupprimer
  14. Une BRIGADE : 1 GCS – 4 GTIA – 1 GTIA réserve – sur la base de la brigade un Groupement de soutien et d’instruction (gestion de la base et mobilisation Flash ! forme une brigade de réserve avec le gonflement du GTIA de réserve)
    Un GTIA : 1 escouade de commandement et de soutien - 3 escouades d’infanteries blindées – 1 escouade blindée ( 20 blindées) – 1 escouade Artillerie (8 pièces) Les pièces lourdes : artillerie, chars, seront ventilés dans les GTIA, mais auront une direction commune , capable de les regrouper quant il faut , là où il faut, idem pour la concentration des feux. Un GTIA peu former 3 SGTIA de 216 hommes.
    - Une armée de terre de 90 000 = 22 Brigades de 4000 hommes et 2000 h brig Franco-allemande.
    (Dont 648h réserves active – 112 h en volants)
    - 2 Brigades blindée (400 VBCI - 160 chars LECLEC)
    - 4 Brigades d’infanterie blindée (mécanisé) (800 VBCI – 160 EBRC)
    - 1 Brigade légère blindée d’Afrique (200 VBM - 40 EBRC ou 60 CRAB)
    - 1 Brigade infanterie Marine (200 VBM – 40 LECLEC RICM)
    - 1 Brigade aéroporté (200 VBM – 60 CRAB)
    - 1 Brigade de montagne (200 VBM VHM – 60 CRAB)
    - 1 Brigade ALAT
    - 1 Brigade force spéciale
    - 1 Brigade Franco-Allemande (2000 h) type Brigade légère blindée
    - 1 Brigade de renseignement
    - 1 Brigade de transmission
    - 1 Brigade d’instruction NEB
    - 1 Brigade Logistique de combat
    - 1 brigade soutien des personnels
    - 1 Brigade soutien des matériels
    - 1 Brigade Etat-major (OTAN compris)
    - 6 brigades interarmes Outre-mer (2000 h terre) 3 GTIA terre 1 GCIAZ (commandement de zone) 1 Gr NAVAL 1 Gr Air – 1 Gr Gendarmerie.
    - (plus une capacité de 12 brigades de réserves ) une petite armée n’est pas tolérable sans réserves actives et disponibles

    Le citoyen organique fou !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En adoptant un telle configuration et en supposant que les effectifs de l'armée de terre restent les mêmes peut-on espérer vaincre un ennemi étatique de la taille de la France par exemple?

      De plus, dans le cadre d'une guerre de haute intensité (15 000 hommes pour déclencher une opération de haute intensité hors coalition, ça me paraît léger), peut-on envisager de multiplier ces divisions mécanisées interarmes avec leurs brigades et GTIA respectifs pour les faire opérer en profondeur, de façon autonome, ou au contraire en les regroupant pour obtenir un Schwerpunkt? Ou faudrait-il au contraire revenir à un schéma classique type XXeme Siècle?

      Supprimer
    2. En fait Franck sur ce petit schéma… contre un adversaire à 3 000 chars nous disposerions de 56 000 hommes et 48 000 de réserve active plutôt en défensive, soit + 5600 Squads NEB dont 200 avec un char Leclerc, le tout disperser façon puzzle et regrouper façon "agglutinage et étouffage" le moment venu !! Ou en Shwerpunkt de contrattaque si vous voulez. Par contre nos forces d'action disposeraient d'une très bonne autonomie, d'une précision de grande portée tout temps, un lien en réseau maillé constant. Bien sur les aspects résiliences sont vitaux, nos forces de gendarmeries seraient transformables en Squads DOT, idem pour la Police et les secours capables de protéger la population et les infrastructures. (je vous recommande Guy HUBIN perspectives tactiques) je n'aime pas être influencé mais là il y du sens opératif....

      Supprimer
  15. Bonjour mon Colonel

    Vous écrivez : "Notre préoccupation première doit être le soldat, qui n’est pas un problème de coût mais au contraire une solution. Celui-ci doit être heureux dans son unité, ce qui passe bien sûr par une « condition de vie » correcte mais aussi par la camaraderie, la fierté d’appartenir à une unité de combat forte et le sentiment que l’on reconnaît justement ses efforts.

    Le premier moyen de maintenir les savoir-faire tactiques collectifs, voire de les augmenter, est de maintenir la stabilité des unités. "
    Puis, vous ouvrez sur l'organisation militaire.

    Je voudrais, si vous le permettez, en restez à cette citation
    Lors des débriefing de revue groupée, je me souviens que le taux d'attrition des EVAT, qu'il soit dû à une rupture de contrat ou à un non renouvellement, était un des éléments de "notation" des CdC.

    Mais qui part ? les inaptes comme le soutenait une AIS (9éme BLBIMa) ou les meilleurs, écoeurés par le peu de considération dont ils sont l'objet, pressés comme des citrons puis jetés comme des kleenex à 11 ans de service ; et je me suis laissé dire que ces meilleurs, l'armée de terre avait de plus en plus de mal à les recruter

    Pourquoi envoyer en OPEX les pires cons, officiers supérieurs voire généraux, dont la seule obsession est de pourrir la vie des personnels et d'interdire tout ce qui pourrait améliorer les conditions de vie ?

    Pourquoi toujours en OPEX, des états majors pléthoriques alors que les conditions de logements sont tendues, avec de surcroît ce travers bien connu : quand un con s'emmerde, il emmerde le monde ?

    Croyez vous qu'un jeune correctement cablé, qui aura été traité comme un gamin dans un collège de jésuites du XIXè siècle pendant 4 à 6 mois, avec des conditions de vie indignes, aura envie de rester. (j'ai pu constater en RCI que la discipline d'une compagnie de légion sur son campement était beaucoup plus souple - cool diraient les jeunes - que celle d'un escadron de cavalerie métro sur le sien ; quant à la qualité des aménagements, yavépafoto)

    Pourquoi un CEMAT, arrivant à Novocello, un des premiers camps dans lequel les conditions de vie étaient satisfaisantes, s'est écrié : "c'est trop luxueux, il faudrait revenir à la tente pour réapprendre la rusticité"

    Pourquoi, dans toute ma carrière, la quasi totalité des régressions a eu pour origine l'EMAT ?

    Je précise un peu dès fois qu'on me prenne pour un aigri : 28 ans de carrière au sein d'un service interarmées, j'ai fini officier supérieur avant d'entamer une carrière civile. (Je me tiens à disposition de notre hôte s'il souhaite en savoir plus)

    Mais des anecdotes à se pisser dessus de rire plutôt que d'en pleurer de rage devant tant de gâchis, je pourrais vous en sortir des centaines

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bravo à @ PhD pour son texte sans langue de bois. Peut-on vous demander Colonel et CdC de ce blog de recueillir ''les anecdotes à se pisser de rire " interarmées et de faire éditer ce ''pavé de littérature militaire'' (à votre départ en retraite...) ?
      Pour le grand bien de l'armée française et au service des armes de la France

      Supprimer