mardi 18 mars 2014

Comment abuser d'une muette

Modifié le 22 mars au soir

Vous voulez vous faire une gloire universitaire et/ou journaliste facile ? Faites une enquête sur le monde militaire. Si « l'armée » est « la grande muette » c’est forcément qu’elle cache quelque chose, à vous d’inventer quoi, de compiler quelques dizaines de faits, vrais ou adaptés, puis de conclure dans un livre au titre accrocheur (avec le mot « secret » si possible ou un équivalent) à l’existence d’un phénomène particulier et dissimulé. Vous ne craignez rien puisque justement vous pensez vous attaquer à une muette.

Je passe sur les adeptes des X-files. L’un d’entre eux me demandait récemment à voix basse pourquoi l’armée refusait de publier le rapport (j’ai oublié le nom de code) sur les OVNIs. Plus sérieusement, et sans remonter à la Grande guerre (les fusillés en masse, les troupes noires chair à canons, etc.) on a droit régulièrement aux succédanés de la Guerre d’Algérie.

La notion d’ « ennemi » intérieur a beaucoup plu un temps, les militaires français rêvant, c’est bien connu, d’appliquer aux banlieues parisiennes les méthodes de la bataille d’Alger. Je me souviens donc d’une thèse, puis d’un ouvrage et d’articles dérivés, sur « la préparation au combat contre l’ennemi intérieur » dont la profondeur (au sens de creux) n’avait  d’égal que la (in) suffisance des membres du jury sur le sujet. Je me souviens aussi d’un pseudo-scientifique m’interrogeant sur les plans d’intervention militaires dans les banlieues. Le même, et ce qui a coupé court à notre conversation, me demandait aussi si les militaires étaient vraiment tous « républicains » jouant sur la variante « coup d’état » de ce fantasme algérien, variante qui revient de temps en temps sur le devant de la scène journalistique en s’appuyant sur les fantasmagories internautiques de quelques illuminés. 

Toujours dans la veine algérienne, on a eu droit aussi à une « école française de la contre-insurrection » (résumée au quadrillage étroit de la population et surtout à la torture) s’exportant dans le monde entier, inspirant toutes les dictatures d’Amérique latine (qui nous attendaient avec impatience pour imaginer tout cela) et d’Afrique subsaharienne jusqu’au Rwanda. Un géopoliticien célèbre me demandait même un jour sans rire si les militaires français ne cherchaient pas au Rwanda à prendre une revanche sur l’Algérie. Il liait ainsi la filière algérienne à ce nouveau pot à miel constitué par l’engagement au Pays des mille collines et particulièrement l’opération Turquoise. La construction, aussi farfelue qu’indécente, d’un « Sabra et Chatila à la française » (à ce détail près que les militaires français n’étaient pas présents au Rwanda au moment des massacres), a permis de créer une nouvelle branche secondaire qui a fait la fortune de quelques uns au mépris de la moindre rigueur intellectuelle.

Voici maintenant le temps des enquêtes internes. Après avoir tenté, sans grand succès, d’accuser l’institution militaire de raciste (ce qui est différent évidemment de cas individuels) La guerre invisible. Révélations sur les violences sexuelles dans l'armée française permet à deux journalistes de faire un joli succès de librairie en « dénonçant », « dévoilant », les horreurs sexistes du monde militaire. Voici donc une compilation de quarante témoignages d’agressions sexuelles ayant eu lieu dans les armées depuis 2001. Ces témoignages sont tous évidemment vrais et également odieux (et autant que je sache sanctionnés) mais là n’est pas la question. Le problème est que la compilation de quelques dizaines de faits ne fait pas un phénomène de fond. On pourrait d’ailleurs avec cette méthode et en ne compilant que des témoignages contraires (il pourrait y en avoir des milliers) expliquer qu’il n’y a jamais eu aucun problème dans les armées, ce qui n'aurait en soi pas plus de signification. Passons sur la méthode qui consiste à associer aux agressions sexuelles, la prostitution lors des opérations en Afrique (présentée forcément comme une forme d'agression) et des bizutages d'une crétinerie sans noms (au sein d'écoles militaires qui sont, selon les auteures, forcément peuplées de nazis ou de catho-tradis voire souvent les deux). On pourrait presque croire à un pamphlet idéologique, disons ultra-féministe, tant tous les hommes présentés, ou presque, sont systématiquement cons et pervers.  

La population militaire (gendarmes compris) représente à peu près la population adulte de Lyon (Rennes si on ne tient compte que des femmes), or, si on regarde les registres policiers de cette ville depuis 2001 on trouvera probablement et malheureusement bien plus de 40 cas d’agressions sexuelles ou autres. Quant aux non-dits, très probablement plus nombreux, il n’y a pas de raison qu’ils soient plus importants dans un cas que dans l’autre. Autrement-dit, loin de « la guerre invisible », il est possible qu’en réalité la proportion de ces actes soit inférieure à la moyenne nationale. Je n’en sais rien, toujours est-il qu’en 34 ans de vie militaire je n’en ai jamais rencontré. Les seuls cas d’agressions sexuelles, rares et impitoyablement sanctionnés, dont j’ai jamais entendu parler concernait en réalité des hommes. Peut-être verra-t-on bientôt un livre sur les agressions sexuelles exercées par les homosexuels. Je crois qu’on aura plutôt quelque chose sur les persécutions dont ces derniers auraient fait l'objet et on trouvera aussi sans aucun doute 40 cas qui ne prouveront pas pour autant que les armées sont d’odieuses organisations homophobes.

Quant à l’accusation de dissimulation, qu’il y ait volonté de certains de cacher des faits en espérant ainsi ne pas écorner l’image de leur unité ou leur carrière, c’est l’évidence…comme dans n’importe quelle autre structure, jusqu’au moment où les faits sont connus et les sanctions plus lourdes encore. Maintenant les armées sont elles obligées de faire un communiqué de presse chaque fois qu’il y a une vilenie dans ses rangs hormis le cas où chacun de ses membres n’est plus un citoyen comme les autres mais un représentant armé de la nation, c’est-à-dire en opération ? Dans ce cas, et alors que l’honneur de la nation est engagé, il est évident que cela doit être porté à la connaissance du public ainsi que la manière dont l’affaire est traitée. Cela a été le cas notamment lors de la sordide affaire Mahé en Côte d’Ivoire. Dans les autres cas, l’armée n’est pas plus muette que n’importe quelle autre administration, entreprise ou association.

Encore une fois, tout cela ne signifie pas qu’il n’y ait rien de répréhensible dans l’institution militaire. Individuellement on trouvera certainement dans une population de près de 400 000 hommes et femmes à peu près tous les types de comportement possibles. C’est collectivement qu’l faut s’interroger en gardant à l’esprit que l’on parle d’une organisation bien plus complexe et hétérogène que la vision que peut en avoir un public non averti. Un militaire ne parle jamais par exemple de « l’armée » parce que ce grand tout qui englobe les trois armées (avec leurs nombreuses subdivisions), la délégation générale pour l’armement, la gendarmerie et peut-être même le secrétariat général pour l’administration ne signifie pas grand-chose pour lui. Qu'on évoque la manière dont les premières femmes ont été traitées à Saint-Cyr, non par l'Ecole elle-même mais par les autres élèves-officiers, ça c'était (c'est ?) un phénomène collectif inadmissible qui méritait d'être traité de manière moins caricaturale. Dire que « l’armée cache des choses » ne veut en revanche par dire grand chose mais c'est tellement facile. 

49 commentaires:

  1. C'est en effet un sujet très à la mode de nos jours, mais la mode change vite, particulièrement actuellement. Comme bien d'autres, cet ouvrage aura la durée de vie des écrits de circonstance. Ce qui est plus grave par contre, c'est la prétention d'universitaires à fantasmer sur les questions militaires. Je sais bien qu'il n'est pas nécessaire d'être un truand pour parler de la truanderie, mais tout de même : combien de ces gens ont fait leur service militaire ? Combien ont tenu une arme dans leur main (je ne parle pas de s'en être servi) ? Le monde de la défense a cependant sa responsabilité : ne pas être suffisamment présent dans ces débats pour montrer l'insignifiance de certaines allégations. Vous le faites et c'est très bien, mais il en faudrait plus. Surtout pas de posture style vertu outragée : une réplique bien ajustée, fût -elle cinglante suffit généralement à calmer les ignorants.

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  2. bonjour,
    Il me semble qu'il y a beaucoup moins de femme dans l armée que dans la population adulte de Lyon.
    Ainsi votre comparaison est un peu erroné.
    Aussi ne faut-il pas prendre en compte la peur de certaines femmes de porter plainte ? Est ce que cette peur est plus présente dans un milieux très masculin par rapport a la vie en civil ?

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    1. Je ne parlais pas que des agressions sexuelles mais en tenant compte de la population féminine de 18 à 57 ans, cela donne la ville de Rennes (ce que je mets immédiatement dans le texte).
      Quant à la peur de porter plainte, la peur de la hiérarchie peut jouer un peu plus à mon avis que la peur du mâle, mais de toute façon tout finit pas se savoir (il y a notamment les représentants de catégorie pour ça).

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    2. Au contraire, il y a théoriquement plus de chance d'y avoir des agressions sexuelles si les femmes sont moins nombreuses, et que l'on se trouve dans un milieu plus masculin. Imaginez la situation inverse, avec 20% d'hommes au milieu de 80% de femmes, de telles agressions seraient moins probables. Il n'y aurait ni l'effet de groupe, ni la frustration sexuelle qui est à l'origine de ces agressions. Ce sont une fois de plus les journalistes qui crient au scandale pour créer l’événement là où il n'y a pas grand chose à dire...

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  3. Il me semble qu'au sein de nos armées, contrairement à d'autres institutions, la moindre infraction au règlement est sanctionnée.
    Femme civile ayant travaillé au sein d'un régiment, je peux témoigner de la courtoisie exemplaire des personnels militaires, bien plus grande que celle des civils.
    Comme au sein de tout groupe d'êtres humains, il y a des mauvais, des méchants, etc... Ni plus, ni moins. Mais comme par hasard, ce sont nos armées qui sont sur la sellette. Trop facile. Chez les profs, les agents de la SNCF ou d'EDF, et surtout, chez les journalistes, il n'y a rien à signaler côté comportement macho, voire harcèlement, sans doute... Tous des anges...

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  4. On peut critiquer un livre d'absolument toutes les manières,être en désaccord sur bien des sujets comme sur l'idée même que véhicule celui-ci, au delà de l'argumentaire.

    Mais pour cela, on est obligés de faire une chose : le lire.

    Ensuite, on peut dire si oui ou non l'enquête est trop partiale, a été écrite dans une tour d'Ivoire et regorge de raccourcis. Ce que ce livre ne fait pas.

    Et ensuite seulement, on peut invoquer la rigueur intellectuelle.

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    1. J'ai eu un peu de mal à payer le livre. Je me suis contenté de le feuilleter, d'écouter les auteurs à la télé, de lire plusieurs comptes-rendus, et d'écouter un ami (civil) qui l'a lu. Maintenant, vous avez raison et je vous promets de le lire et de modifier immédiatement mon post si mon avis change.

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  5. J'ai une sensibilité légèrement différente, je considère que l'armée se doit d'être exemplaire. Vous dites: "Ces témoignages sont tous évidemment vrais et également odieux (et autant que je sache sanctionnés) " En êtes vous si sur? Le harcèlement existe, l'omerta aussi. même je suis certain que l'armée est moins touché qu'une autre institution, ce n'est pas une raison pour taire ce problème.
    http://www.athena-vostok.com/a-propos-des-violences-faites-aux-femmes-enquete-et-harcelement

    Roland Pietrini Athena Defense

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  6. Excellent comme d'habitude. Juste une précision. Une relation homosexuelle forcée est un viol où le violeur et/ou le violé ne sont pas forcément homosexuels.

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    1. Vous avez raison, je supprime cette phrase peu claire.

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    2. Des organisations odieuses non, homophobes ça se discute;-) Ça s'etudie plutôt. Et c'est encore un autre sujet.

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  7. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  8. Je suis prêt à prêter à Michel Goya mon exemplaire de La guerre invisible, ainsi que le livre de Charlotte Ficat, celui de Marine Baron et quelques rapports qu'il pourra lire dans mon bureau pour se faire une idée plus exacte d'un problème qui est réel. Comme relevé justement par Athena Defense, les violences faites aux femmes ne sont pas une affaire de statistiques mais de principe, et l'armée ne peut tolérer aucune exception, à cause des valeurs qu'elle porte. Au fait, la Grande Muette ne l'est pas sur ces sujets sensibles et douloureux, mais elle est sans doute restée inaudible jusqu'à présent et n'arrivait pas à se faire entendre de journalistes souvent indifférents. On dirait que ça change, il était temps !
    Pierre Bayle, DICOD

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    1. En quoi les violences faites aux femmes sont-elles plus inadmissibles que celles exercées sur d'autres catégories ? Qu'il faille, comme les autres, les combattre impitoyablement c'est l'évidence et peut-être ne l'a-t-on pas assez fait dans le passé, dans les promotions de Saint-Cyr par exemple. Imaginer pour autant qu'on aura 0 cas parce que nous devons être une institution exemplaire (ce qui est vrai) me paraît cependant malheureusement illusoire, parce qu'on parle d'êtres humains et parce que la statistique joue aussi à partir d'un certain seuil.
      Mon propos n'est pas là en fait. Je ne nie évidemment pas ces faits odieux, je déteste simplement ceux qui veulent se faire une gloire sur le dos de notre institution en développant des théories sans fondements scientifiques. Une collection de quelques dizaines de témoignages réels ne forme pas un phénomène particulier à une échelle de 400 000 individus. Une enquête interne est en cours, c'est très bien et je ferai évidemment confiance à ses conclusions qui pour le coup seront certainement plus solides (ce qui satisfera sans doute pas pour autant ceux qui sont persuadés de la dissimulation). Je regrette simplement qu'elle n'ait pas eu lieu auparavant et qu'on réagisse simplement au buzz.

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    2. "l'armée ne peut tolérer aucune exception, à cause des valeurs qu'elle porte" . et les journalistes défendent ces valeurs, bien sûr. Ah oui, quelle défense, cette confrérie qui couche avec les politiques (Trierweiler, Pulvar, Saint-clair, etc) et a couvert DSK pendant des décennies (Apathie, etc). Ah oui, bravo. Vive la morale, vivent les valeurs et au revoir LA valeur.

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    3. " nous devons être une institution exemplaire (ce qui est vrai)" . Ah bon? exemplaire pour qui? Vous donnez le bâton pour vous faire battre. L'armée doit lutter contre le harcèlement tout simplement parce que ca nuit au moral des troupes, ca ruine la cohésion sociale de l'armée, bref, ca entrave son action, de même que le prosélytisme religieux, la corruption. Tout simplement. Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire. "une institution exemplaire"... Vous vous prenez pour qui? pour le Christ ressuscité?

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  9. Cher Monsieur, ceux qui servent aujourd'hui dans des unités de combats ou des états majors opérationnels savent qu'il existe des usurpateurs et des harceleurs de tous poils. Nul ne connait précisément l'étendue de ce phénomène (et peu importe comme le dit Pierre Bayle). Les victimes se taisent, subissent. A l'inverse, les harceleurs se sentent protégés par leur grade, leurs relations de promo, ou leur lignée familiale. Le résultat est simple : ils inspirent la crainte et la terreur, cette crainte malsaine qui ne fait pas avancer une unité mais qui paralyse au contraire les initiatives et conduit à l'échec.

    Je souscris donc totalement au post de Roland Pietrini (Merci) et de Pierre Bayle (Merci). Il faut continuer de faire le ménage, et de redonner confiance aux victimes qui sont isolées, mises à l'écart, placardisées.

    Bien entendu, on peut encore se voiler la face, refuser la vérité. C'est ce que vous faites avec brio. Vous accusez un livre que vous n'avez meme pas lu. Je vous préfère en historien et en sociologue, vous avez tellement de talent dans ces deux domaines.

    off, 30 ans de paquetage

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    1. Mais je suis d'accord avec vous. Il faut faire le ménage impitoyablement avec ces gens là. Mais mon propos n'est pas là.

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    2. @Anonyme: Les harceleurs se sentent protégés partout où il y a de la protection. Que ce soit dans l'armée, en entreprise, dans un syndicat, avec ses voisins et ses voisines, ou n'importe où ailleurs. Concentrer l'enquête sur l'armée, c'est de fait, protéger tous les harceleurs qui agissent hors de celle-ci. Bravo Anonyme, c'est grâce á des moralisateurs comme vous que les viols continuent dans toute la société.

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    3. @oodbae : le système militaire est différent de ce que l'on peut rencontrer dans le milieu civil , il est très facile de faire pression sur une personne pour l'amener à se taire , à oublier de force ce qu'elle a subi . Je rejoins Anonyme lorsqu'il écrit : "ils inspirent la crainte et la terreur, cette crainte malsaine qui ne fait pas avancer une unité mais qui paralyse au contraire les initiatives et conduit à l'échec."
      Une victime , affaiblie moralement , psychologiquement parce qu'elle a vécu préférera se taire que de subir le courroux de ces (ou ses) harceleurs se sentant protégés par leur grade, leurs relations de promo, ou leur lignée familiale malheureusement ...

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    4. Tien? Il n'y a pas de peur partout où la survie financière de la personne ou de la famille dépend de la hiérarchie, du directeur, du patron, ... ? Dans quel monde vivez-vous pour penser que la peur et le silence à elle lié n'existe que dans les armées? Ou plutôt dans quel monde voudriez-vous nous faire croire que nous vivons? Ou alors votre haine de la chose militaire vous conduit à ignorer la réalité du monde?

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  10. Monsieur,

    Je n'ai pas lu "la guerre invisible". Suivant les conseils de Soizic ci-dessus, je m'abstiens donc d'en parler.

    En revanche, j'ai lu le livre de Marine Baron, cité plus haut par un autre internaute et je puis vous assurer qu'elle n’affabule pas. Pour autant, son livre a été accueilli avec une extrême froideur au sein de cette "Grande Muette" qui ne l'est pas tant que ça. Je me souviens notamment d'un article glacial et méprisant dans la Revue de la Défense nationale.

    Alors bien sûr, on pourra s'interroger : qu'est-ce qu'une jeune et jolie fille est allée faire chez les commandos marine ?
    Le problème, si l'on va par là, c'est qu'on finit inévitablement par se demander pourquoi elle n'est pas restée dans sa cuisine à préparer du pot-au-feu. Voire pourquoi elle n'est pas restée bien au chaud sous sa burqa. Est-ce le but ? Je ne crois pas.

    Je pourrais d'ailleurs compléter le récit de Baron par mille autres anecdotes vues ou vécues à titre personnel. Je vous en dispense, vous penseriez sans doute (à raison d'ailleurs) que l'addition des cas particuliers ne constitue pas une preuve.

    Concernant le cas que vous citez de viol homosexuel... je vous crois sur parole. Je ne doute pas une seconde, en effet, que les garçons les plus faibles soient eux aussi victimes de mauvais traitements.
    Il est heureux que dans le cas que vous évoquez, le violeur ait été durement sanctionné. Dans d'autres cas, il arrive que l'on fasse appel à un "gentil médiateur" (président de catégorie par exemple, ou tout autre personne se sentant une âme de psy) dont le rôle et de dissuader la victime de faire trop de vagues. Tout dépend de la personnalité et du courage des chefs. Les vôtres ont été bons : tant mieux.

    Bonne journée

    PS : si vous voulez faire de l'objection de conscience, sachez que sur Amazon, on peut acheter des bouquins d'occasion. Ainsi, vous pouvez acquérir "la guerre invisible" sans verser un sou aux auteurs.

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    1. Rongé par le remords méthodologique, j'ai couru acheter le livre. J'achèterai sans doute aussi celui de Marine Baron.
      Entendons-nous bien, tous ces témoignages me révoltent tout comme les cas d'agressions sexuelles sur les hommes dont j'ai pu avoir connaissance (c'était au pluriel) ou les humiliations subies par certains homosexuels. J'ai toujours été scandalisé aussi par exemple par la manière dont les femmes étaient traitées à Saint-Cyr dans les premières promotions où elles avaient eu accès, et semble-t-il dans certains corniches auparavant.
      Mon sentiment, et ce n'est qu'un sentiment, est qu'il ne s'agit pas là d'un "phénomène" ni général, ni spécifique et je déteste ceux qui se font une petite gloire en dénonçant, révélant, dévoilant des faux phénomènes.
      Maintenant une vraie enquête est en cours. Je regrette qu'elle n'ait été déclenchée que par le buzz. et je ne manquerais pas de faire état de ses conclusions sur ce blog.

      Bonne journée à vous.

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    2. Effectivement, on peut se demander ce qu'une jeune et jolie fille est allée faire chez les commandos marine. On peut aussi se demander ce qu'elle irait faire dans une cuisine de restaurant. On pourrait aussi se demander ce qu'elle irait faire dans un collège de banlieue. On pourrait aussi se demander ce qu'elle irait faire dans un magasin de vêtements. Quoiqu'elle fasse, on pourrait se demander pourquoi elle le fait.
      A ce moment de la réflexion, demandez vous pourquoi vous posez vous toutes ces questions. En vérité, vous vous posez toutes ces questions parce qu'elle est jeune et jolie, et non en raison de sa destination. En fait, la question fondamentale s'énonce de la manière suivante: " La beauté et la jeunesse d'une femme sont elles seulement des atouts?" et la problématique :" comment une femme jeune et belle peut elle se protéger de l'envie d'autrui ? ".

      Je n'entamerai pas une dissertation pour répondre á ces questions. Mais il est clair que l'armée n'a rien à voir de particulier avec ce genre de questionnement. Cessez donc de rechercher des coupables cachés. L'armée n'a jamais prétendue être composée de saints. Vous vous en prenez, comme les autres, à l'armée parce qu'elle n'est pas parfaite comme vous eûtes aimé qu'elle le fût, avec cette prétention de vierge effarouchée.

      Mais oseriez vous ce genre de charge contre des syndicats? Contre les corps de l'éducation nationale ? Pourtant, des abus de pouvoir, il doit y en avoir aussi, à moins que le syndicalisme fasse des saints de chaque homme.

      En vérité, après la lecture de ce billet comme d'autres, la vraie question que l'on doit se poser, c'est "que dit l'auteur?". L'auteur se plaint (de la stigmatisation de l'armée), fait même de l'auto-critique et de la repentance (les premières femmes à Sait-Cyr) donc reconnaît le bien-fondé de telles enquêtes, fait de la pub pour les livres concernés (la guerre invisible) et même pour d'autres livres d'une mauvaise foi également condamnée (sur les tactiques de contre-insurrection en préparation, etc). En résumé, l'auteur veut attendrir d'improbables lecteurs des livres décriés qui auraient, par miracle, cherché sur ce blog un point de vue alternatif.
      ...
      :-|
      ...
      on reconnaît dans votre commentaire l'efficacité de sa méthode !
      ...
      Comme je l'ai écrit en commentaire sur dans le billet sur la réduction des budgets etc, il n'est pas étonnant que l'armée ne soit ni écoutée ni comprise lorsqu'elle est représentée par de tels talents en communication.

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  11. Bravo pour votre texte. Si les Armées ont eu un comportement : "Bouche cousue , moustache en croix'' ce n'est plus le cas depuis l'arrivée d'Internet (et la fin de la ''guerre froide''). Ce constat a été ''officialisé'' par un ancien CEMAT qui a produit cet aphorisme (de mémoire):
    "L'armée n'est plus la grande muette, elle est devenue la grande pipelette''.
    Preuve que sous les képis et autres casquettes, les militaires ont évolués. Il y a bien évidemment des comportements à changer (et à sanctionner), mais peut-on voir publier un livre dans une autre grande institution ? Avec le titre suivant:
    ''Des lézards chez les apprenti (e)s thésard (e)s "...

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  12. Sur le sujet spécifique traité par le billet, tout en étant extérieur à l'institution je suis d'accord avec votre réponse du 18 mars 23h50.
    Il faut traiter le sujet avec fermeté et équité, mais en gardant à l'esprit que le zéro incidents est probablement inatteignable, ici comme ailleurs, et qu'il ne faudrait pas non plus monter l'affaire en épingle pour des raisons de political correctness.

    Plus généralement, il est vrai qu'il y a une prolifération dans les médias d'enquêtes pas très rigoureuses jouant sur l'indignation, dans différents domaines. Cela justifie une certaine méfiance et l'attente des résultats de l'enquête.

    Notez qu'il y a des spécialistes multi-cartes : ainsi, l'un des auteurs de livres sur les escadrons de la mort écrit aussi sur les affaires de santé publique et d'agriculture, et on peut trouver des sites d'agriculteurs passablement agacés par ses interventions, y relevant des inexactitudes.

    On peut pourtant mener des enquêtes journalistiques rigoureuses et critiques, sans tomber dans la démagogie. Je me demande d'ailleurs si les médias d'autres pays (la presse sérieuse britannique, par exemple) ne sont pas de meilleure qualité, de ce point de vue.

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  13. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  14. Monsieur Goya,
    Vos arguments tombent malheureusement dans l'oreille de sourds. Vous êtes sans concession vis-à-vis des coupables. Mais, du moment que vous ne versez pas dans le politiquement correct qui consiste à dire que nos soldats sont des machos va-t-en-guerre, bêtes et disciplinés, vous ne serez pas entendu. On vous accusera de défendre l'indéfendable.
    Les soldats ne sont pas parfaits. Comme il a été dit plus haut, il y en des méchants, des mauvais, comme partout. Mais la plupart d'entre eux, comme la plupart des gens, sont bons et bien intentionnés. En plus, eux mettent leur vie au service de la France et on n'hésite pas à les envoyer loin de chez eux au nom de la France. Ils y laissent parfois un bout d'eux-mêmes, voire leur vie pour défendre, protéger des gens qu'ils ne connaissent pas, qui les haïssent parfois. Sans parler de l'indifférence de leurs propres concitoyens ici en France. Malgré tout, ils remplissent leur mission jusqu'au bout, dans la joie et la bonne humeur. Qu'importe. Pour beaucoup, confortablement installés derrière leur bureau ou leurs écrans, ils ne seront jamais plus que des machos va-t-en-guerre bêtes et disciplinés, harceleurs potentiels.

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    1. Totalement raison , les journalistes ont une fâcheuse tendance à oublier que la veille d'être des soldats machos va-t-en-guerre, bêtes et disciplinés, ils n'étaient que des civils machos va-t-en-guerre, bêtes et disciplinés... Le fait d'endosser un treillis ne change pas un violeur raciste homophobe en combattant de la liberté dénué de toutes faiblesses humaines malheureusement !
      N'oubliez pas que les hommes et femmes qui composent les rangs de nos armées à l'heure actuelle sont issus et donc identiques aux 60 millions de français dont ils défendent les intérêts tout au long de leur carrière !
      Il y a eu , il y a et il y aura toujours des violeurs, des racistes , des homophobes , des cons , des fainéants , des blancs , des jaunes , des noirs , des musulmans , des juifs , des arabes , .... Il y a eu il y a et il y aura toujours des dérapages , des agressions , des viols ,.... Rendez vous à l'évidence , vous demandez à des Hommes de ne plus être des Hommes parce qu'ils endossent un uniforme ? Mais je me marre !

      Il faut combattre ces dérives comportementales , je suis entièrement d'accord avec vous tous , aider les victimes de ces violences je suis d'accord également mais arrêtez de nous prendre pour des surhommes s'il vous plaît

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  15. A quand des pseudo-enquêtes sur les journalistes ....? Il y en a dire beaucoup....

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  16. Bonjour mon colonel.

    Quand vous écrivez : "Peut-être verra-t-on bientôt un livre sur les agressions sexuelles exercées PAR les homosexuels. Je crois qu’on aura plutôt quelque chose sur les persécutions dont ces derniers auraient fait l'objet et on trouvera aussi sans...."

    je suppose qu'il faut lire :" Peut-être verra-t-on bientôt un livre sur les agressions sexuelles exercées SUR les homosexuels. Je crois qu’on aura plutôt quelque chose sur les persécutions dont ces derniers auraient fait l'objet et on trouvera aussi sans ...
    Une coquille sans doute... "

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    1. Bonsoir, je suis désolé que vous ayez été apparemment victime de violence pour vos orientations sexuels mais se placer comme une victime en faisant croire que les violences ne vont que dans un sens a le don de m'agacer ! Je connais au moins 2 cas d'agressions sexuels PAR des homosexuels sur des jeunes soldats , aussi bien en France qu'en OPEX ... La dernière victime était un jeune engagé d'à peine 20 ans !

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    2. Heu non, je n'ai pas été agressé sexuellement. Mais il me semblait qu'il y avait plus d'agressions homophobe que l'inverse... mais je peux me tromper Je dois dire que je ne suis pas un expert du milieu homo.... Vous, par contre, vous en voyer partout des homos!!!
      Le Colonel Goya aurait donc dut écrire PAR et/ou SUR . :-)

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    3. non je n'en vois pas partout rassurez vous je n'en vois que lorsque je suis obligé de leur passer les menottes pour avoir violé un gamin de 20 ans après l'avoir drogué !
      Et je suis loin d'être homo ( je vous laisse choisir le suffixe qui vous plaira) comme vous tendez à le faire croire ...
      Je remets juste les choses à plat , les agressions vont dans les 2 sens comme vous l'avez écrit ;)

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    4. Bon c'est super. Nous avons la même orientation sexuelle, sommes tous les deux d'accord pour dire que le viol d'une fille ou d'un garçon, c'est vraiment moche et relève de la justice... L'incident (si il avait incident) est clos...
      Bonne soirée à vous et longue vie au blog du Colonel Goya....

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  17. Et bien tous ces commentaires m'ont convaincue de lire ce livre. Et aussi de ne jamais plus commenter en Anonyme.

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  18. Une démarche scientifique, rigoureuse nécessitait :
    - de lire l'ouvrage (ce que vous n'avez fait qu'après avoir écrit votre billet).
    - de lire les mains courantes de certains commissariats.
    - de faire une enquete terrain, c'est à dire de trainer vos rangers dans les couloirs des régiments et non des états majors parisiens ou la moquette est bien moelleuse.
    Bonne soirée et longue vie au blog qui par ailleurs est très intéressant.

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    1. Rassurez vous cher anonyme, la lecture du livre m'a largement conforté et les couloirs des régiments me sont bien plus familiers que les bureaux des Etats-majors par ailleurs nettement plus féminisés que les régiments (et où la moellosité de la moquette a été très exagérée). Quant aux commissariats, que je connais aussi un peu, je ne vois pas très bien le rapport.
      Bien à vous

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    2. Je viens de percuter avec un peu de retard. C'était de l'humour et je me suis fait avoir. Bravo.

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  19. Ce livre est peut-être le début d'une collection ! Pompiers, Police, la santé, l'éducation nationale, houlà là là les indicateurs vont passer au rouge.....
    Notre puissance civilisatrice va régler le problème, et devenir une hyper machine à transformer des invertébrés phallocrates en « homo erectus modernicus » il y a du boulot ! 97 % des males de la planète sont contaminés et les femmes par ignorance les fabriquent par tradition éducative !!
    Que l’armée commence à chasser le Phallocrate, nous avons trop besoin d’être égaux avec les femmes, nous atteindrons notre volume de combativités avec elle à nos côtés, elles nous ont soutenues à l’arrière du front, elles combattront avec nous au front aujourd’hui ; l’ancienne séparation entre l’homme et la femme est terminée, aujourd’hui il y a les collectifs altruistes et les individualistes égoïstes.
    Citoyen tu n’as que ta bite et ton couteau pour survivre, en fait le couteau te sera vraiment utile.

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  20. Michel GOYA, mais je peux me tromper, vous commandiez le corps français en afghanistan, votre épouse diffusait des "flyers", auxquels j'ai souscrit, pour le soutien à nos marsouins du 8ème RPIMa.
    Mardi soir est passé sur TF2 un téléfilm sur l'embuscade d'UZBIN, et j'ai vu votre réaction à la télé (sauf erreur sur le nom).
    Le commandement refuse toute responsabilité, qu'en pensez-vous?
    Jacques LANGARD
    Ancien chef de section et commandant de compagnie au 8ème RIMa, frontière marocaine 1959 / 1960

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  21. J'ai connu une armée où les femmes se contentaient d'être infirmières, secrétaires dans les écoles et les états majors et cela ne posait pas trop de problèmes .
    La promiscuité inhérente à la vie du soldat en campagne ne peut qu'amener des problèmes. Imaginez une tourelle de char avec un équipage mixte . Au bout de plusieurs jours cela deviendra forcément difficile sans même penser au sexe.
    Parce que c'était tendance à l'époque d'Hernu , les chefs de l'Armée qui n'étaient pas favorables ont suivi . Le seul corps qui a résisté était la légion étrangère . Imaginez un peu .... On lui met déjà tellement de casseroles !!! Et puis nous avons les chèvres

    Pour conclure: il n'est pas question de cautionner des salopards qui pourraient se comporter en êtres civilisés mais il a été néfaste de créer des problèmes pour des raisons de mode . Le monde des bisounours c'est la porte à coté . Qui sème le vent ....

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  22. Mon Colonel,
    Je suis d'accord avec vous pour dire que faire paraître ce livre est une démarche opportuniste..mais je trouve qu'elle a au moins le mérite de libérer un espace de paroles.
    Ancien officier sous contrat spécialiste ( = ne peut pas prendre le commandement d’hommes au combat mais servir au sein de sa spécialité, ce qui, je le concède est un statut discutable) au sein d'un régiment d'infanterie, je pense ma parole légitime, humble et singulière certes, mais recevable.
    Les horreurs sexistes dont vous parler me paraissent réelles au moins parce que nous sommes nombreuses a les avoir vécues. Vous pouvez appeler ces comportements autrement, vouloir redéfinir les contours de ce qui est compréhensible dans un environnement masculin ou pas, moral ou non, mais vous ne pouvez nier que ces comportements peuvent être blessants, voir "illégaux" et de toute façon hors "des valeurs militaires".
    La vraie question est plutôt : "Ces horreurs sont-elles reconnues et existe t'il une volonté de les rendre exceptionnelles ?" A mes yeux et contrairement à votre point de vue, il y a bien une volonté de dissimulation de la part de ces individus et de l’institution.
    Pour ce qui concerne ces individus, je ne peux pas dire s'ils cherchent à dissimuler les conséquences de leurs actes du fait de leur appartenance à l'armée de Terre ou du fait de leur nature. Je ne développerai donc pas ce point.
    Pour ce qui est de l’institution, je ne peux parler que "de ce que je connais" pour rester fidèle aux valeurs militaires acquises. Et sur ce point, je suis formelle : le système est actuellement fait pour rester sourd et aveugle à ces "problèmes" ...car ils nous mettent tous mal à l'aise (militaires, civils, hommes, femmes, soldat ou gradé).
    (...)Comment faire pour que le compte rendu rédigé par ce personnel féminin sorte du régiment ? comment faire pour qu'il parvienne à une instance soucieuse de réagir? Laquelle d’ailleurs ? Rien n'est fait, réellement fait pour traiter ce genre de problème. Voilà ce qui me fait dire que le système est "dissimulateur".
    Vous pouvez me répondre que des "solutions" existent. mais honnêtement, Mon Colonel, vous comme moi savons que des solutions comme "l'officier mixité" ou les commissions Parisiennes sont des actions concédées pour "avoir la paix", pour pouvoir répondre aux journalistes que "quelque chose" est fait mais ces actions ont un efficacité limité.
    Aussi triste que cela soit, l'institution ou pour être préçise les Hommes qui la composent ne veulent pas de la mixité des effectifs. C'est un débat qui a été peut-être mal mené et je n'y prendrai pas part car tout personnel féminin que je sois, je comprends les arguments des deux partis.
    Je dis simplement que c'est minable de faire semblant qu'il n'y a pas de "problème" et que l'institution accepte que des femmes payent de manière individuelle et isolée qu'une masse d'hommes rageuse exprime son refus de la mixité par des comportements dangereux, amoraux et illégaux. Ces hommes là, devraient à mon sens, organiser l’expression et la défense de leurs opinions sur la scène publique, de manière démocratique et politique.
    Enfin, Mon colonel, bien que nous ne soyons pas d'accord sur la problématique du comportement de l'institution face aux agressions du personnel féminin, je respecte votre croyance et votre respect pour cette institution. Je salue surtout l'ouverture d'esprit et le courage dont vous faîtes preuve en abordant la question sur ce blog
    Respectueusement (même si je suis civile)

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    1. Bonjour et merci de ce témoignage.
      Concernant les agressions décrites (le livre agglomère d'autres choses qui à mon avis n'ont rien à voir), qu'elles soient illégales et "hors des valeurs militaires", cela me parait aller de soi comme tout ce qui touche à la dignité humaine. Pour ce qui concerne le rejet des femmes et la dissimulation des agressions, les choses me paraissent plus complexes et surtout très différentes suivant les corps et les unités. Pour parler de ce que je connais moi aussi, la présence des femmes ne me semble avoir jamais posé de problèmes dans les régiments, école et états-majors "féminisés" que j'ai pratiqué (21e RIMa, RIMAP/NC, 2e RIMa, CID, CDEF, EMA),. Cela y était considéré comme allant de soi. Je précise par ailleurs qu'une des mes soeurs à fait une carrière de sous-officier, sans connaître de problème de cet ordre.
      Normalement dans un unité militaire digne de ce nom, c'est au commandement et aux représentants de catégories d'écouter et de faire sanctionner les comportements indignes. Faut-il ajouter une représentante des femmes ? Peut-être, il existe déjà des représentants informels ce certaines catégories (les marsouins polynésiens par exemple, qui, il est vrai, se plaignent rarement d'agressions). Faut-il inscrire une mention nouvelle dans le code de discipline ? Pourquoi pas, même s'il me semble que les faits relatés entrent déjà pleinement dans ce qui est décrit dans ce code. L'enquête en cours se sentira obligé de faire quelque chose. Je pense pour ma part qu'il faut simplement appliquer déjà le droit et être très dur avec ceux qui couvrent. Pour ce qui est des comportements collectifs dans certaines unités, j'avoue que c'est plus compliqué mais le commandement doit là-aussi jouer son rôle. Si au moins ce livre, que je n'aime pas pour son parti pris idéologique, peut rappeler chacun à son devoir, il aura au moins un intérêt.
      Bien à vous

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  23. Si le compte rendu ne sort pas du régiment, si le PSO ne veut rien faire parcequ'il veut préserver ses interets il ne se passe rien.

    On voit donc bien que le système mériterait d'etre repensé. L'exemple de l'armée allemande devrait nous inspirer. Un médiateur existe dans l'armée allemande, il est totalement indépendant, et ne peut etre soumis à aucune pression. Il peut etre saisi par tous les militaires et ses interventions ne restent jamais lettre morte.

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  24. Mon Colonel, Anonyme,

    j'ai repensé, au calme et à la lumière de vos posts au déroulement des faits que j'ai vécus et connus au sein de mon régiment. Je vous epargne le réçit de conduites que vous trouveriez au sein d'autres societés, entreprises et colléctivités, je le reconnais
    Ce dont j'ai pris conscience c'est que ce régiment vit avec les même officiers supérieurs depuis 10 ans : le CBOI revient en C2 ou CDC, un CDU devient OSA etc...Placez qq officiers supérieurs qui se connaissent, partagent une même gêne vis à vis du personnel fémin et pour certains, une apporche de la sexualité toute personelle et vous obtiendrez le cadre dans lequel se joue ces petits arrangements avec la loi. Ce qui m'ammène, Mon Colonel, à vous donner raison sur ce point : tout est affaire de commandement. Ce même régiment, aux ordres d'un autre chef, aurait traiter l'affaire autrement. Et moi avec.
    Enfin, je partage une fois de plus l'un de vos écrits : tout comme votre soeur, je n'ai jamais eu le moindre probleme avec les soldats ou les sous-oficiers. Ce sont même ces derniers qui ont organisé une présence permanente autour de ma personne en OPEX afin que l'officier qui m'avait agressé ne recommence pas.
    Aussi, voici mes conclusions personnelles:
    - je comprends et j'accepte que le systeme militaire s'appuie sur la confiance en ses chefs, mais il faut envisager que l'étude de situtations mêlant personnes et sexualité non consenti passent par d'autres rails que la voie de commandement normale, si celle-çi bloque.
    - aussi surprenant que cela puisse paraître pour des officiers de hautes statures et de valeurs, il faut étudier et mesurer le phénomène de "vase clos" qui ammène certains régiment à perpetuer des habitudes qui échappent à l'entendement.
    - j'ai lu dans le magazine qui a fait paraître ce livre, qu'un mandat a été lancé pour "stopper la situtation" sous forme d'une visite de hautes autorités aux régiments et de tables rondes avec le personnel féminin. Je doute que cela libére la parole dans un régiment comme le mien. En effet, les femmes soldats ou jeunes sous-officiers ne parleront pas en présence de femmes officiers parfois épouses d'hommes dans le même régiment. La mise en place d'un numéro vert ou d'une adresse mail ainsi que le déploiement de questionnaires à renvoyer obligatoirement, par voix civile, à ces hautes autorités pourraient peut-être compléter l'initiative prise ?
    Je vous remercie de nos échanges.

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  25. (pardon, je m'aperçois que dans mon élan fébrile à évoquer ce sujet j'ai laissé passer des fautes)

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  26. Monsieur,
    N'avez-vous ni femme, ni fille, ni sœur, ni mère?
    Ou bien, avez-vous, au moins une fois, fermé vos oreilles et détourné le regard face à un problème qui vous gênait?
    Vous me semblez si offensé par le sujet qu'il semblerait que ce soit le cas.
    Comme je me méfie des femmes militaires qui crient bien fort que jamais, au grand jamais, elles n'ont eu à vivre de telles expériences. En sept affectations, militaire par tradition familiale, j'ai connu de nombreux cas, et vécu moi-même de terribles expériences, étouffées par la hiérarchie, avec la complicité bienveillante des officiers supérieurs de ma famille.

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  27. Mon Colonel,
    Vous deviez intervenir à nouveau sur ce blog suite aux résultats de l'enquête?
    Merci,

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