mercredi 29 janvier 2014

Des bleus et des roses sont dans un kibboutz

Le kibboutz Kiryat Yedidim fut fondé en 1920 dans ce qui était alors la Palestine sous mandat britannique avec l’objectif avoué de réaliser une égalité parfaite entre les hommes et les femmes. Par un système de rotation sur les différents postes de travail, uns et les autres réalisaient exactement les mêmes travaux, manuels ou non. Les enfants étaient également éduqués sans aucune distinction et préservés du monde extérieur. Filles et garçons dormaient dans les mêmes dortoirs et prenaient les douches ensemble. On veillait à ce qu’ils aient les mêmes jouets, l’enseignement qui leur était donné était identique et l’éducation qu’ils recevaient était expurgée de tout ce qui pouvait apparaître comme un stéréotype.

Et puis les choses se dégradèrent. Arrivées à l’adolescence, les filles commencèrent à se rebeller contre le fait de se dénuder devant les garçons et obtinrent des douches à part et dans les chambres mixtes, les uns et les autres ne se déshabillaient plus en même temps. Un peu plus tard, en 1951, des sociologues venus étudier le modèle de Kiryat Yedidim constatèrent que les enfants de cette première génération n’avaient pas assimilé les cours sur les stéréotypes. Quand par exemple on donnait un ballon à des garçons, ceux-ci persistaient à imaginer un jeu de compétition tandis que les filles y trouvaient plus un prétexte pour un jeu de rôles.

En 1969, le kibboutz fit l’objet d’une nouvelle étude. Les enfants qui avaient été élevés dans un cadre « sexuellement neutre » étaient devenus des adultes dans la force de l’âge. On constata avec horreur que la rotation sur les tâches avaient été abolie et que 88 % des femmes travaillaient dans les soins aux enfants et les services alors que la grande majorité des hommes étaient agriculteurs. Pire encore, sans doute par un complot dont la subtilité avait échappé à tous, les hommes étaient parvenus à être à la tête de la plupart des comités qui géraient la vie du Kibboutz et deux femmes sur trois n’exerçaient aucun rôle dans la gouvernance du kibboutz. Le même phénomène fut observé dans les autres kibboutz qui avaient pratiqué une approche similaire. Hommes et femmes s’obstinaient à ne pas le devenir mais à l’être.

Stephen Peter Rosen, War and Human Nature, Princeton University Press, 2004, p. 79 (reprenant les travaux de Melford E. Spiro).

41 commentaires:

  1. Il y a quelques années, un point de vue publié dans le Monde utilisait les revendications féministes pour attaquer les concours d'entrées aux grandes écoles. Sauf erreur de mémoire, il était rédigé par des enseignants-chercheurs en sciences humaines d'une école d'ingénieurs plus ou moins liée à l'industrie de l'armement.

    Quel était leur argument ? Ils comparaient les performances relatives des hommes et des femmes au baccalauréat, puis à un concours d'entrée issu des CPGE scientifiques. Cela leur montrait que les femmes réussissaient mieux que les hommes au baccalauréat, alors qu'elles faisaient à peu près jeu égal au concours d'entrée. D'où, de leur point de vue, la preuve d'une discrimination.

    Bien entendu, leur raisonnement était absurde :
    - le baccalauréat et les concours d'entrée en grande école n'ont pas le même niveau d'exigence ;
    - ils ne portent pas sur les mêmes matières, avec les même coefficients ;
    - ils n'ont pas le même enjeu pour les personnes concernées, puisque dans un cas on peut au mieux obtenir une mention (AB, B, TB) plus favorable alors que dans l'autre cas cela peut faciliter le début de carrière (niveau de l'école) et avoir une influence sur le domaine d'activité (industrie, immobilier, informatique...).

    On ne peut donc pas comparer les résultats à l'un et à l'autre, puisqu'il y a de nombreuses différences autres que le sexe des candidats.
    Et on peut quand même considérer que des enseignants-chercheurs en sciences humaines d'une école d'ingénieur auraient dû savoir tout cela...

    Cela montre par l'exemple l'importance de garder un regard critique sur les belles théories des sociologues, et sur leurs motivations sous-jacentes.
    Et cela révèle aussi que le débat médiatico-politique, en France (et c'est moins le cas dans d'autres pays) dérive de manière assez inquiétante vers un mélange d'arbitraire et de politique du chien crevé au fil de l'eau.

    Dans le cas de la loi récente sur l'égalité h/f, un motif d'espoir cependant : les inconscients ont fait l'erreur de s'en prendre aux journalistes, en imposant aux écoles de journalistes des modules de cours sur ce thème. Apparemment, ça ne leur plait pas trop.

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  2. vous risquez votre poste avec ce genre de subversion... ;))

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  3. Intéressant comme toujours, mais pas vraiment convaincant. La façon dont tourne "l'expérience" s'explique très bien par les différences biologiques entre mâles et femelles. Le besoin d'isolement des femmes à l'adolescences est lié à l'éveil des désirs, on imagine bien la situation de groupes mixtes difficilement gérable...
    La répartition des tâches en situation finale s'explique très bien par une propension des femmes au maternage, et surement également par l'avantage physique des hommes pour des travaux de force. Avantage physique qui peut très bien également rendre compte de la "prise de pouvoir" masculine.
    La théorie des genres n'existe pas en soit et n'est pas une négation des différences biologiques mâles/femelles, sauf pour des idéologues stupides. Les "gender studies", pour leurs expressions les plus rigoureusement scientifiques, sont simplement des études cherchant à comprendre ce qui est de l'ordre de biologique et du sociologique dans "l'identité sexuée". Vous pouvez très bien pensez que l'expérience que vous citez montre un certain état de nature (biologique), qui doit être respecté. Mais, rien empêche de croire que cet "ordre naturel" n'a rien d'optimal. Les lois qui ont cours dans un état de droit, n'ont par exemple rien de naturel. Pourtant nous avons tous acquis des limites liées à celle-ci. Ne pas systématiquement éliminer ses rivaux physiquement, ne pas voler les pommes du voisin... Sans les lois qui contraignent nos comportements naturels, vous imaginez bien le bordel. La nature, n'est ni le Bien, ni immuable. Une société doit-elle se convaincre que les femmes doivent pouponner, cuisiner ou être secrétaire? Ou doit-elle faire en sorte de laisser une plus grande liberté à 50 % de la population?
    A ce jour, un seul Français à obtenu deux prix Nobel. Une française : Marie Curie. C'est une preuve pour ceux qui en doute que les femmes représentent un potentiel intellectuel énorme. Je finirais par 3 questions :
    Est-ce que notre modèle social exploite ce potentiel au maximum?
    Un modèle social qui ne permet pas d'exploiter ce potentiel au maximum peut-il être considérer comme optimal?
    Si la réponse est non pour les deux questions précédents, quelles conclusions en tirer?

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    1. A mon sens vos propos complètent assez bien le texte de Michel Goya. Je répondrais sans aucun doute par la négative aux deux questions que vous posez. Pour moi il faut continuer à lutter contre la discrimination, positive ou négative, sans pour autant essayer de rendre égale deux "choses" qui ne le sont pas.
      Notons bien que cette absence d'égalité n'engendre pas de supériorité d'un des deux genres. On ne peut comparer des éléments que s'ils ont la même nature (une distance avec une autre, une énergie avec une autre, une masse avec une autre,...), ce qui n'est pas le cas ici.

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    2. "A ce jour, un seul Français à obtenu deux prix Nobel. Une française : Marie Curie."
      Certes. Notons néanmoins que sur les 56 récipiendaires français du prix Nobel, seules 3 sont des femmes, dont Marie Curie et sa fille.

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    3. Il me semble que votre raisonnement est circulaire. L'ordre "naturel" dont vous dites qu'il n'est pas forcément optimal, a été, dans cette expérience, remplacé par un ordre qui a semblé supérieur, et qui a été soumis à des enfants très jeunes dont on aurait pu penser que, très malléables, ils auraient intériorisé cet ordre meilleur. Je me demande si la théorie du genre ne mélange pas les notions de fonctions (modalités selon lesquelles une structure fait face à une nécessité) avec celle de choix d'une identité de genre. Quand on impose une éducation neutre, il devient évident que c'est l'ordre "naturel" (hormonal, biologique, sexuel) qui prend le dessus puisque rien ne vient en modifier les possibles excès ou déviations. C'est ne faisant prendre conscience des différences, justement, qu'il est possible d'atténuer les effets pervers qu'elles pourraient avoir sur l'exercice des fonctions sociales, professionnelles, conjugales, etc..

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    4. Vos questions sont lourdes de présupposés si je puis me permettre. Nous n'avons aucun "modèle social" mais une réalité sociale héritée de notre histoire. Demander si la réalité est optimale n'est pas vraiment une approche pertinente.

      Quant à savoir si des efforts pour aller vers plus d'égalité homme-femme tels qu'on les voit à l'oeuvre aujourd'hui en France ont la moindre chance d'amener un mieux dans les relations hommes-femmes et dans la société en général demain ou dans 10 ans ou dans 100 ans. Je pense que non. Tout au contraire, ce sont les études sur les différences plus ou moins congénitales entre les hommes et les femmes qui amèneront la paix entre les sexes par une meilleure compréhension de la spécificité de chacun.

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    5. Est-ce que travailler comme secrétaire pour un patron qui vous emmerde est une libération? J'ai toujours trouvé que le travail m'aliénait complètement.

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    6. c'est faux, Paul Sabatier a Reçu le prix nobel de Chimie

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    7. Il me semble bien qu'un certain Maurice ALLAIS ait été prix Nobel d'économie ! Comment se fait-il qu'on n'en parle jamais?

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    8. je pense qu'il ne faut pas confondre nature (terme très floue) et ordre naturel.
      "Ne pas systématiquement éliminer ses rivaux physiquement, ne pas voler les pommes du voisin" fait complètement partie de l'ordre naturel. On a pas attendu d'avoir des lois écrites ou des parlements... enfin des institutions pour dire qu'il était injuste (mal) de voler ou tuer !
      Ce qui est mal est contraire à la nature (l'ordre naturel), étant donné que la nature est bonne en soi.
      D'ailleurs actuellement, il y a certainement eu des progrès sur certains points, mais il y a aussi des reculs... (avortement, normalisation de l'homosexualité...)

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    9. La nature est bonne en soi? Fichtre, quel présupposé! Ne serait-elle pas plutôt rigoureusement neutre et amorale?
      Le bien et le mal sont des notions purement humaines, et très relatives de fait...

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    10. 24% de filles en classes prépa MP-MP* [étoile, c'est-à-dire les meilleures prépas]
      7% de filles à l'ENS Paris.
      Jamais aucune femme Médaille Fields.
      Une explication simple : la dispersion du QI est plus grande chez les hommes que chez les femmes : il y a plus d'hommes très limités, et plus d'hommes très remarquables. Au niveau des gens très brillants (Normale Sup), le rapport est de treize à une. Au niveau des génies (Médailles Fields), il est de x à zéro. Une femme Médaille Fields, ce serait comme un médaillé olympique du 100m non originaire de l'Afrique de l'Ouest (ou de l'Amérique noire, ce qui revient au même, les Noirs des Amériques étant originaires d'Afrique de l'Ouest, sauf pour l'origine autre (en général, européenne) qu'ils peuvent avoir par ailleurs (pour les Noirs des Etats-Unis, environ 20.% d'origine européenne)).

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    11. "Le bien et le mal sont des notions purement humaines, et très relatives de fait..."
      Là je me dis, toi tu es dangereux... si le juste et l'injuste ne sont que des pures constructions subjectives...
      T'es anarchiste, ou pour le totalitarisme ?

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    12. Pfff, le boulet!
      Mais oui, mon ami (mon ami, parce que le tutoiement. Un peu par condescendance aussi je l'avoue). Relatives et subjectives ces notions. Relatives par exemple aux sociétés (pas au sens de l'entreprise, hein? quoique...) et tellement subjectives en fonction des individus (pour rester dans la même société)... C'est pour ça d'ailleurs qu'on a des lois et des juges.
      Et l'argument de cours de récré "T'es anarchiste, ou pour le totalitarisme ?" Sans blagues. On frise le point Godwin là! :-D

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  4. Plutôt que de parler d'égalité homme/femme, ne devrions-nous pas parler et "exploiter" la complémentarité entre la femme et l'homme (l'inversion est intentionnelle)?
    Je (nous) la vivons au quotidien, et à la vivre (mais aussi l'observer), cette complémentarité, produit des effets quasi insoupçonnable.

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  5. Merci TNK. Nous défendrons cette vision dimanche 2 février dans les rues de Paris

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  6. passer de l'égalité à la complémentarité, c'est passer du droit à la charia. Bravo.

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    1. je suis l'egale de mon mari en droit mais à la maison je suis complementiaire de même que je suis complementaire avec mes collegues de travail et je leur suis egale en droit .L'un peut faire certains travaux que l'autre ne fait pas en fonction aussi de ce qui lui convient de ce qu'il sait mieux , de ce qu'il peut en fonction du temps , des disponibilités de chacun, si le respect est reel entre les uns et les autres il n'y a même plus lieu de discuter puisque tout le monde y trouve son compte.La liberte est là, et le bonheur aussi
      Je n'ai jamais eu envie de faire le même travail que mon mari je n'ai jamais eu envie qu'il fasse le mieux .

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  7. France:93% de la population carcérale est masculine ( condamnation à 20 ans de prison ou plus, le taux est de 97% )
    on ne refonderas pas les relations homme-femme sans tenir compte de la violence d'une partie des hommes

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  8. Déjà dans le ventre de la maman, le garçon a deux fois plus de testostérones que la fille ! Cela explique bien des choses !

    Après la naissance la fille regarde plus attentivement les visages que les garçons. Elle parle bien plus rapidement que lui. Par contre, le garçon, dès ses deux premières années est attiré par tous ce qui est mécanique !

    L'influence des parents ne jouent pas encore à ces âges là ! Par contre, un garçon élevé par deux femmes a plus de chance d'avoir plus tard un comportement de femme ! L'enfant a besoin d'avoir jeune l'exemple des deux sexes pour son équilibre psychique ! Un orphelin de père ou de mère en gardera une souffrance toute sa vie ! C'est ainsi !

    Remarquez que l'on constate des désordres chez les animaux pour les mêmes raisons. Les vaches laissées dans un champ sans taureau finissent par se monter les unes sur les autres !

    http://effondrements.wordpress.com/2012/08/04/perversite-sexuelle-des-mondialistes-sionistes/

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    1. Vos propos me laisse dubitatifs :

      - pourquoi prendre l'exemple de la testostérone, des différences plus flagrante existent sans faire d'analyse chimique, et en poussant plus loin les analyses on arrive à une différence dans les chromosomes qui est bien plus significative qu'une différence de concentration de l'hormone que vous citez.

      - Affirmer que les parents n'ont pas d'influence sur le comportement de l'enfant avant 2 ans mais en leurs attribuant un fort impact comportemental lorsque l'enfant est plus âgé me semble audacieux, pour ne pas dire faux. Surtout que vous n'étayez pas votre propos avec de véritables augments.

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  9. Il me semble étonnant, que sur ce forum militaire, on n'ait pas encore évoqué les femmes à la guerre. Par exemple :
    . Les femmes militaires israéliennes, qui, je crois, ne sont plus à des postes exposés au feu, Israël rejoignant là une position quasi universelle. ,
    . En sens inverse, l'armée étatsunienne, dans laquelle, au contraire, les unités sont, je crois, sexuellement mixtes.

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    1. il semble qu'aux etats unis, les femmes à la guerre "ne soient pas à la fete", on leur limiterait de plus en plus certain poste, ce qui ne leur deplairait pas,au contraire

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  10. Parler d'«égalité hommes/femmes» est un vocabulaire piégé de constructivisme d'ingénierie sociale.

    Les femmes à la guerre, excellente question.

    Il me semble qu'elles ne sont que des exceptions, qui, comme toujours, confirment la règle.

    Au delà des impossibilités physiques (une femme capables de crapahuter avec 40 kg sur le dos est assez rare), il me semble qu'il y a quelques blocages psychologiques.

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  11. J'avais lu un jour une idée qui m'avait semblé de bon sens : si une soldate est blessée ou tuée, la valeur combative du groupe de combattants auquel elle appartient risque d'être plus fortement diminuée que si c'est un soldat masculin qui est blessé ou tué.
    On pourrait ajouter que ces pertes féminines engendreraient probablement une lassitude considérable envers la guerre chez les soldats masculins (et, éventuellement, une certaine perturbation de leurs rapports avec leurs épouses ou compagnes).
    Bref : il ne faut pas seulement penser à la moins grande efficacité combative des femmes - à laquelle on pense d'abord - mais aussi, à la moins grande capacité combative que cela induirait chez les hommes (qui est probablement primordiale) (de même que, quant on pense à la prison, il ne faut pas d'abord voir son utilité pour les condamnés (qui, quelquefois, s'y endurcissent dans le crime, comme le dit Mme Taubira) mais l'effet dissuasif qu'elle exerce sur les non-condamnés).
    D'autant plus que la justification qui pouvait exister quant à la participation des femmes dans les armées israélienne et soviétique (la mobilisation de toute la population masculine, et, nonobstant, le manque de combattants) n'existe plus.
    Il me semble qu'il y a un autre argument contre la participation des femmes : il est immoral d'exposer le soldat ennemi au devoir de tuer des femmes.

    Un trait actuel très frappant depuis, me semble-t-il, les combats des Sandinistes, c'est la participation d'adolescents ou même d'enfants aux guerres.
    Notre hôte consacra peut-être un jour un article à ce sujet...

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    1. Il ne faut pas confondre féminisation et mixité. Dans l'armée israélienne, il y a une forte féminisation car les femmes font leur service militaire, mais les unités ne sont pas mixtes : les femmes servent dans des unités féminines. Les Israéliens se sont rendus compte qu'exposer des filles dans des unités mixtes en première ligne entrainait un réflexe "petite sœur" chez les garçons qui avaient tendance à surprotéger les soldates au détriment parfois de la mission et de l'efficacité au combat.

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    2. Vous confirmez et précisez ce que j'avançais comme une supposition...
      Cependant, je ne vous suis pas tout à fait quand vous dites que dans l'armée israélienne "les femmes servent dans des unités féminines". Il me semble que c'est plus que cela : depuis longtemps déjà, elles ne sont pas exposées au feu ; il n'y a pas de femme qui serve avec un fusil d'assaut, ou dans un char : elles n'ont pas à exercer la violence de la guerre, et elles ne sont pas exposées à la subir.

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  12. Incidemment, la campagne du gouvernement actuel pour lutter contre les stéréotypes de genre depuis les crèches jusqu'aux écoles de journalisme en passant par les écoles primaires et secondaires, campagne qui s'attaque spécifiquement aux stéréotypes de genre relatifs aux professions et expliquera que mécanicien poids lourd, ça peut être un chouette métier de fille, et assistant maternelle, un super métier d'homme, cette campagne, dis-je, est frappée de nullité par ceci : dans l'armée française, les postes de soldats au contact, de "guerrier", sont réservés aux hommes.
    L'Etat est donc le premier à pratiquer une discrimination genrée.
    Au ministre qui fait sa tournée de propagande il faut dire : puisque ton gouvernement n'a pas ouvert la voie du guerrier aux femmes, ferme ta gueule !

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  13. "Nihil novi sub sole" pourrait -on dire à propos de cette polémique sur le "genre". On a là, la nouvelle version de l'"Homme (?) nouveau" . On a eu l'"Aryen", l'"Homo sovieticus" : on a vu le résultat. Beaucoup de gens sont dans un quête perpétuelle du "sauveur de l'humanité". Le prolétaire (version classe ouvrière) a trahi : le voilà qui vote Front National. Un nouvel espoir avec l'homme du tiers monde, l'immigré : là encore déception, car on en voit se transformer en "barbus" avec tout ce que cela représente comme repoussoir pour nos "progressistes". Le dernier avatar est le "neutre" : pas de genre, pas de sexe, il est indéterminé. Un problème : pas facile de le nommer avec notre langue française. Rassurons nous, il connaîtra le même sort que ses prédécesseurs et sans doute très rapidement. On dit que l'avenir n'est écrit nulle part : c'est faux, car il se lit très bien dans les courbes démographiques, tout au moins pour les sociétés. Je doute que ce nouveau sauveur soit très prolifique. La seule réalité qu'il y a probablement derrière tout cela consiste en de misérables petits calculs politiques : les réalités économiques ont tellement la "tête dure" (Lénine) qu'il faut un dérivatif avec les questions sociétales, dans l'espoir de rassembler ce qui reste des troupes. Rajoutons à cela un zeste de bêtise et la messe est dite.

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    1. "dans l'espoir de rassembler ce qui reste de ses troupes".
      Il doit en effet y avoir une dimension de calcul, mais pourquoi ça marche, c'est-à-dire pourquoi les troupes militantes se rassemblent-elles effectivement (pour les électeurs, c'est moins sûr...) ? La gauche a la passion de la marche en avant progressiste. Quand "les réalités économiques ont tellement la tête dure", elle s'éprend sincèrement de conneries variées, pour se sentir exister. Et sa passion se manifeste alors surtout comme la passion de prêcher, convertir, élever les âmes, dépasser les instincts . La gauche manifeste là son affinité avec l'ancien parti dévôt du XVIIème siècle. Il combattait la nature charnelle de l'homme sous les espèces de ses appétits sexuels, elle la combat sous les espèces de la propension au "racisme" et au "sexisme". Elle a ici horreur de la nature et elle appelle à la dépasser et à atteindre au sublime. La sincérité de cette attitude peut se mesurer au fait que la gauche étatsunienne, qui n'a jamais été socialiste, est radicalement engagée dans cette voie : depuis son féminisme exacerbé jusqu'à maintenant Obama qui fait du mariage homo et du combat pour nos frères et soeurs gays et lesbiens une question politique prioritaire.
      Dans son autre grand combat, celui de l'égalité sociale, la nature morale de la passion de la gauche est plus incertaine : est-elle inspirée par l'amour (des pauvres), ou bien par l'avidité et l'envie (de ces mêmes pauvres, à l'égard des mieux lotis) ? C'est incertain. Mais ici elle est vraiment le parti sublime, auquel la droite s'oppose comme le parti de la réalité, et de la nature.
      Elle est aussi le parti du baratin. Baratiner, produire du discours pour le discours, distraire, c'est aussi une grande passion de la gauche, qui remplit ici dans une certaine mesure une fonction sociale utile à tous : la gauche, c'est du cinéma gratuit, bon cinéma pour le peuple de gauche, mauvais cinéma pour le peuple de droite, mais qui le fait ricaner et s'indigner, ce qui, aussi, apporte des satisfactions. Ici, la droite s'oppose à la gauche comme le parti de l'action, mais aussi du silence.
      Une qui peut étonner, c'est la Marocaine (je lis qu'elle n'a pas renoncé à sa nationalité d'origine) musulmane (je lis la même chose pour sa religion d'origine) Najat Vallaud-Belkacem. Elle est évidemment un prodige d'assimilation. On peut penser que la posture qui est la sienne lui donne la satisfaction de se sentir assimilée, un peu comme un aveugle qui parle des couleurs en expert peut se sentir fier et heureux, et on peut avoir de la peine à imaginer quelle autre satisfaction sa posture peut lui donner.
      Un élément de réponse est peut-être qu'elle a été élevée en France, et dans un milieu modeste, assez pauvre culturellement, dont elle n'a rien retenu. Elle ne se pense pas dans le village marocain où elle est née, elle n'a pas pour interlocuteurs imaginaires des Marocains ou des musulmans, sa communauté est la même que celle d'un ministre socialiste standard : haute fonction publique et milieux PS.

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  14. J'ajouterai qu'il faut aussi prendre en compte la prétention-illusion d'une bonne partie de la gauche française à exercer un magistère intellectuel et moral. Il est vrai que derrière cela il y avait une réalité avec le poids des intellectuels marxistes ou marxisants dans le vie culturelle et intellectuelle d'après guerre. Il est tout de même curieux que des gens censés avoir des capacités d'analyse de la société n'aient pas mesuré les conséquences de certaines évolutions. Après avoir milité pour que "la parole se libère" (mai 68), ils n'ont pas vu que les nouveaux médias allaient émanciper cette parole et la sortir du "politiquement - intellectuellement correct" qu'ils exerçaient. S'il était de bon ton de s'afficher avec des journaux dits " de gauche", il était plus délicat de le faire avec ceux d'une droite marquée, voire d'extrême droite. Maintenant avec les sites, les blogs, twitter...et l'anonymat qui souvent va avec, plus de retenue et le grand vœu soixante-huitard se matérialise vraiment. C'est à ce moment qu'on peut mesurer l'ampleur de la coupure entre cette gauche intellectuelle et les milieux populaires qu'elle était censée guider. L'affaire Dieudonné est une assez bonne illustration.

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  15. "Une qui peut étonner, c'est la Marocaine (je lis qu'elle n'a pas renoncé à sa nationalité d'origine) musulmane (je lis la même chose pour sa religion d'origine) Najat Vallaud-Belkacem."

    Musulmane...qui vous a dit que cette dame l'était? S'appeler Pierre, boire du vin et manger du cochon ne fait pas vous un catholique.

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    1. La VIe, 08/03/2013 :« Je suis croyante. Musulmane par héritage en quelque sorte. C’est une histoire de culture, de tradition, de racines… Je n’ai pas réinterrogé cela. Je n’ai pas été une pratiquante régulière. Quand j’étais plus jeune, je me tournais vers Dieu pour l’appeler à l’aide quand un ami était gravement malade ou, plus prosaïquement, pour qu’il m’aide a réussir un examen… »

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  16. @MG:
    Avec tout le respect que je vous dois, vous êtes un joyeux trolleur, mon Colonel! :-D
    @Les autres:
    Les études de genre? une tentative d'approche scientifique de l'acquis et de l'inné dans le comportement sexuel, et plus généralement des rapports hommes/femmes dans notre société (occidentale). Quant à ce qu'en font les extrémistes de tout poil...
    Et lutter contre les stéréotypes à l'école, c'est plutôt une bonne idée non? Donner plus de liberté à chacun, faire qu'un garçon qui aime le rose ne se fasse pas traiter de fille (ou de pédé), ou qu'une fille qui aime les gros camions et le foot de garçon manqué. C'est incroyable comme les gens d'un certain milieu (j'en suis originaire) peuvent partir en vrille avant même de comprendre de quoi on parle. Rassurez-vous, il ne s'agit pas à l'école de transformer vos chérubins en momosessuels, mais juste de leur donner un peu d'ouverture d'esprit...
    Bien cordialement

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  17. Lutter contre les stéréotypes à l'école est une excellente idée, mais encore faut-il bien communiquer, ce qui manifestement n'a pas été le cas au vu des réactions. C'est grave de la part d'une institution dont la nature même est d'être pédagogue. Mais il faut aussi être clair dans les objectifs : était-ce le cas ? Il est permis de se poser quelques questions au vu des toutes premières déclarations quand ce projet a été évoqué. Madame Najat Vallaud Belkacem a mis de l'eau dans son vin ensuite, mais les premiers propos étaient pour le moins ambigüs. Que certains en aient profiter ensuite pour exploiter, rien de surprenant. Qui sème le vent...

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    1. «Lutter contre les stéréotypes à l'école est une excellente idée»

      Non, c'est une mauvaise idée: l'éducation est du domaine des parents, pas de l'école.

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    2. Dans ce cas là il ne devrait pas y avoir d'éducation civile à l'école non plus, ni rien du tout sur la vie en société, on laisse ça au parent, qui, ces dernières années l'ont prouvé, le font très bien.

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    3. Une longue carrière dans l'enseignement (40 ans) m'a fait rencontrer plus souvent des géniteurs que des parents. Encore fallait-il savoir si c'étaient les bons avec les familles décomposées, recomposées, décomposées , rec...Autre remarque, je n'ai JAMAIS vu non plus des élèves ou des étudiants enchantés devant la perspective de la séparation de leurs parents. Ce que les enfants peuvent être réactionnaires et conservateurs quand même !

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  18. Pour ceux qui sont intéressés ou intrigués par la théorie du genre, je recommande cette vidéo, d'un critique de la théorie : http://vimeo.com/77063132
    Il y soutient notamment que (contrairement au discours dominant et même universel) :
    . toutes les enquêtes montrent qu'il y a autant d'hommes que de femmes victimes de violences conjugales
    . les inégalités de salaire entre hommes et femmes ne s'expliquent en rien par des discriminations (avec un argument auquel je n'avais pas pensé : si les femmes étaient moins payées que les hommes, tous les employeurs rationnels se précipiteraient pour embaucher des femmes).
    Là où je suis peu l'auteur, c'est quand il voit dans la propagation de ce mouvement du genre essentiellement l'aboutissement du capitalisme et de la société de marché.

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    1. @Jovien:
      Vous êtes un sacré rigolo. J'ai bien ri.
      Continuez d'essayer de penser. Un conseil : essayez aussi de penser aux arguments qui vont dans un sens différent de vos paradigmes issus de votre éducation de toute évidence trop étroite..

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