samedi 2 juillet 2016

Engager l'armée en sécurité intérieure : le cas irlandais


Déjà publié le 1er janvier 2012.

Le 1er août 2007, les opérations militaires en Irlande du Nord ont officiellement pris fin après trente-huit ans. A une époque où la tentation est forte de plus intégrer les forces armées dans la sécurité intérieure, il n’est peut-être pas inutile de revenir sur cette période de « troubles », où sont tombés 719 soldats britanniques soit plus que pendant que pendant tous les combats réunis de la guerre du Golfe, des Balkans, de l’Irak et de l’Afghanistan.
Une armée engagée sur sa bonne image
La crise a éclaté en Irlande du Nord lorsque les habitants de certains quartiers catholiques n’ont plus supporté d'être maintenus dans un état de prolétarisation et n’ont eu plus aucun espoir dans le processus politique démocratique. La seule réponse ayant été répressive pendant des années, la police (Royal Ulster Constabulary, RUC) était devenue insupportable et sa seule présence suffisait à déclencher des émeutes. Simultanément, les forces armées, professionnalisées depuis huit ans et fortes d’une expérience dans de nombreuses opérations extérieures, bénéficiaient d’une excellente image. Aussi lorsque les affrontements deviennent meurtriers à Londonderry et à Belfast en août 1969, l’intervention de l’armée apparaît-elle comme une bonne solution pour apaiser les esprits. Et effectivement dans un premier temps, les militaires sont bien accueillis dans les quartiers difficiles.

Cette « lune de miel » ne dure guère car la réussite de cette projection intérieure sert de substitut à de vrais décisions politiques. Or, contrairement à ce que croyaient certains « spécialistes », les savoir-faire nécessaires aux opérations de maintien de la paix sont différents de ceux du maintien de l’ordre. Les militaires, à qui cette mission répugne, ne sont pas préparés et la coopération avec la police s’avère délicate. Cette dernière est d’ailleurs si décrédibilisée qu’elle est engagée dans une profonde réorganisation. On se retrouve ainsi avec la juxtaposition d’une police compétente juridiquement mais ayant perdu toute légitimité et d’une armée admise mais incompétente. Refusant de se substituer à la police pour des missions qui ne relèvent pas de leur rôle dans la nation, les militaires se contentent de constituer un « cordon sanitaire » autour des poches de colère qui deviennent ainsi rapidement des zones de non droit puis des bases pour des organisations paramilitaires.
L’intervention militaire fait glisser les « troubles » vers la guerre
Ce gel de la situation locale ne s’accompagnant d’aucune mesure pour s’attaquer aux causes profondes du malaise, devient vite insupportable pour la population catholique qui voit désormais l’armée comme le nouvel instrument du maintien de son état. Les militaires sont alors la cible d’attaques de plus en plus violentes. Les troupes commencent à éprouver un profond sentiment d’impuissance, ce qui pousse le commandement à lancer des opérations offensives. Celles-ci sont d’une grande maladresse comme à Belfast, en juillet 1970, lorsque la fouille d’un quartier sensible se solde par la mort de cinq civils. La situation se dégrade alors très vite. Le 6 février 1971, le premier soldat est tué en service. Le 9 août 1971, contre l’avis des militaires, le ministre de l’Intérieur décide d’autoriser la détention sans jugement et lance une immense rafle de suspects. Cette mesure d’exception, les innombrables erreurs de cette opération mal préparée et les conditions de certains interrogatoires suscitent une réprobation générale, qui dépasse les frontières du pays. Le 30 janvier 1972, un bataillon parachutiste ouvre le feu, dans des conditions qui font encore polémique, sur une manifestation catholique illégale. Treize civils, pour la plupart mineurs, sont tués dans ce Bloody Sunday, inaugurant l’année la plus meurtrière des troubles. Le désastre dans l’opinion est immense d’autant plus que les militaires communiquent très mal sur cet événement.

Durant cette seule année 1972, plus de 1 500 bombes explosent sur un territoire à peine plus étendu que deux départements français et 108 soldats sont tués. Mais peu à peu, l’armée s’adapte et prend le dessus sur l’Irish Republican Army (IRA). Un régiment de réserve à recrutement local est formé. Toutes les zones de non droit sont occupées à la fin de 1972 et l’organisation du renseignement atteint un niveau qui autorise des opérations offensives efficaces. L’IRA demande une trêve dès 1972 tandis qu’une branche « provisoire » (PIRA) résiste jusqu’en 1976 pour abandonner alors le terrain de la guérilla et rejoindre celui du pur terrorisme. Sans que personne ne l’ait envisagé, l’engagement de l’armée a ainsi facilité le glissement vers une forme de guerre où elle s’est d’ailleurs retrouvée un peu plus à l’aise que dans le maintien de l’ordre.

L’armée de terre sous forte tension

Ce résultat a été acquis au prix de lourdes pertes et de fortes tensions, illustrant par là même les forces et les vulnérabilités d’une armée de métier occidentale moderne. Outre des pertes humaines qui vont atteindre au total le volume d’une brigade, l’armée de terre a été obligée d’accepter de perdre des compétences en matière de combat de haute intensité, à une époque où le Pacte de Varsovie représentait une menace majeure. Forte de 155 000 hommes, l’armée de terre a été obligée de maintenir 10 % de ses effectifs en Irlande du Nord pendant presque trente ans, en même temps qu’un corps d’armée en Allemagne. Comme de plus certaines unités (Gurkhas, bataillons irlandais) n’étaient pas engagés en Ulster, la pression qui s’est exercée sur les bataillons restants a été très importante. Le nombre de rotations et le caractère extrêmement frustrant, pour un militaire, des opérations de sécurité intérieure ont fortement pénalisé le recrutement et les rengagements, contribuant à la perte de mémoire tactique et obligeant à orienter une partie du budget de fonctionnement vers les soldes plutôt que vers l’entraînement. Pendant plus de dix ans, la British Army on the Rhine (BAOR), fer de lance de l’armée de terre, n’a pu effectuer d’exercice à grande échelle. Tout cela parce que 1,3 % de la population britannique était en colère.
Une victoire militaire impossible
Si les militaires obtiennent des succès tactiques, ils comprennent aussi qu’ils ne parviendront jamais à éradiquer les organisations clandestines tant que celles-ci bénéficieront du soutien d’une partie importante de la population locale. Les opérations s’engagent donc à la fin des années 1970 dans une phase d’endurance où l’objectif n’est plus que le maintien de la violence sous un seuil « acceptable », en attendant que les réformes sociales et politiques, enfin lancées, portent leur fruit. La police, reconstituée, est à nouveau en première ligne et l’armée passe en soutien, ce qui ne va pas sans poser de multiples problèmes de coordination. Un imposant quadrillage de surface (un militaire ou un policier pour trois catholiques d’âge militaire) permet de contrôler la zone tandis que des opérations ciblées démantèlent peu à peu les réseaux terroristes. Au milieu des années 1990, la population catholique, lasse de la violence et dont le sort s’est considérablement amélioré, se désolidarise de la PIRA, créant ainsi les conditions d’un règlement du conflit. Le dernier soldat britannique tombe en 1997. Le 10 avril 1998, le Belfast agreement est signé puis approuvé par référendum. En 2005, les effectifs militaires sont revenus à ce qu’ils étaient avant les troubles et depuis l’été 2007, l’armée n’a plus aucun rôle en matière de sécurité intérieure. 

Fiche au CEMA, 2008. Res Militaris.

25 commentaires:

  1. Il serait intéressant de mettre en perspective la situation singulière de la France qui créa au sein de la gendarmerie, dès 1921, les pelotons de gendarmerie mobile, puis en 1926 la garde républicaine mobile. Cette création répondait à la nécessité de disposer d'une force professionnalisée dans le maintien de l'ordre pour éviter justement d'engager les forces armées dans les conflits sociaux et les crises intérieures.

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  2. Dire que 1,3% de la population britannique était "en colère" est, pour le moins, un doux euphémisme...
    Ceci dit, cela prouve, s'il en était besoin, qu'aucune proposition n'est certaine de réussir. Et il serait intéressant d'avoir un retex de l'intervention de l'armée brésilienne dans les favelas.

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  3. Deux commentaires :
    - le premier reprend la réponse faite par je ne sais plus quel général lorsque Martine Aubry avait, il y a quelques années de cela, demandé l'intervention de l'armée pour faire face aux caillassages des bus dans la métropole Lilloise : "et que fait-on face à un gamin avec un caillou ? on ouvre le feu ?". Réponse qui me semble toujours d'actualité.
    - le second, un appel à témoin : il me semble que l'armée a été engagé dans des opérations de maintien de l'ordre, en France, et dans une situation quasi-insurrectionnelle : dans les années 90, en Nouvelle Calédonie.

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  4. Quel est le politique qui sait opérer la différence entre les domaines d'action des forces de l'ordre et ceux des armées ?
    La sénatrice n'était elle pas dans le ''paraître'' ?

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  5. Grenadier de la Garde1 septembre 2012 à 22:31

    Cette opération "Banner" a effectivement profondément marqué l'Armée britannique. Elle a été très dure et des erreurs ont été commises, vous les avez rappelé. Mais elle a aussi montré, que si la volonté politique est là, une armée professionnelle peut aussi s'adapter et surtout durer pour finalement l'emporter. Il faut durer plus longtemps que l'ennemi. Les britanniques ont su le faire. Dans le même temps, l'Army a remporté la bataille terrestre aux Falklands et s'est modernisée malgré les coupes budgétaires (plus blessantes que la guerre en Ulster...)en adoptant en particulier le Challenger et le Warrior qui lui ont permis de bien figurer (au centre du dispositif avec le VIIème corps US) pendant la guerre du Golfe en 1991 tandis que notre pseudo DLB faisait face à une DI de réserve en "flanc garde stratégique"...Mais plus encore, les soldats britanniques ont développé bien avant les autres des techniques de combat urbain , des centres de préparation opérationnelle avant la mission, l'emploi généralisé du gilet pare balles, le contrôle de foule, la patrouille multiple, les techniques de VCP, des équipements ( Brouilleurs contre IED, lutte antisnipers, mitaines de combat, sac de patrouille, équipements gore tex,équipements de tête pour les opérateurs radio, etc) qui sont devenus la référence de toutes les armées dans le monde. Regardez un soldat anglais en 1973, c'est déja le précurseur du soldat d'aujourd'hui. Regardez un soldat français à la même époque, comparez le , il est totalement anachronique...
    Cette longue guerre a forgé l'army et a développé son esprit de combat "warfighting ethos" qui lui a permis d'"enquiller" Irak et Afghanistan malgré les pertes et les difficultés en matière de budget. Et tout cela en préservant au possible ses traditions. Peu d'armées (j'allais dire d'administrations militaires... ) européennes auraient pu le faire...Moi, je dis "chapeau les Brits..."

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  6. En 1969 quand tout bascule en guerre civil, les troupes Britannique représentent 2500 soldats en Ulster dont la moitié est occupée à garder les points névralgiques, quand à la RUC elles comptent déjà 800 blessés sur un effectif de 3200 policiers, ajouter à cela les B spéciales ou Ulster Spécial Constabulary , USC, une force auxiliaire exclusivement protestantes qui attiendra 16 000 hommes, qui sera finalement dissout en 1970 car devenu incontrôlable par le nombre de bavure, nous pourrions parler « d’émeute Policière » Sans doute cette fois trop d'initiative !.
    N’oublions pas que tout cela a commencé par des revendications civiques sur le logement et sur la situation intolérable des ghettos catholiques, l’IRA n’était même pas dans le coup ! Elle interviendra par la suite et les adhésions se feront plus pour avoir les moyens de protéger les quartiers que d’adhérer à l’idée d’union à la République d’Irlande. Le manque de prise en en compte des besoins de la population, le nationalisme exacerbé des protestants, ajouté à l’incompréhension du problème de l’Irlande du Nord par le gouvernement Anglais rendra la situation inextricable.
    Les USC deviendront l’Ulster Défense Régiment dépendant de l’armée Britannique, en 1990 ils représentent 7150 hommes soit 9 bataillons, l’armée régulière dispose à la même époque de 3 brigades stationnées en permanence soit 9200 hommes (10 bataillons avec 6 permanents et 4 en rotation dont un SAS) Une division !
    L’armée Britannique à toujours été une armée professionnelle de petite taille, bien équipée, capable d'opération expéditionnaire et coloniale face à des adversaires de 2e rang. Pour le reste il faut mobiliser les territoriaux.

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  7. Cet article est joyeusement partiel et au fond inconsistant.Premièrement:L'usage de l'armée pour éliminer le peuple irlandais remonte à Cromwell .Elle a continué depuis avec la famine organisée (à l'ukrainienne dirions -nous ),les déportations,les vols d'enfants etc..La question fondamentale est d'abord une question religieuse.La guerre de libération du peuple Irlandais est d'abord une guerre de religion.Elle n'est pas finie.Lorsque l'oppresseur anglais n'utilisait pas l'armée ,il utilisait déja des milices et des voyoux pour mater le peuple irlandais.Pour m'ètre trouvé au contact de l'armée anglaise,mais de l'autre coté;je crois avoir compris très précisément ce qu'est une armée de réitres,celle de Callot.Manque pourtant l'arbre ou les spadassins finissent pendus.Vous passez sous silence la torture systématique,les viols de masse,la terreur exercée sur les familles,les détentions sans jugement,les assassinats sans jugement,les attentats et les provocations anglaises.L'armée anglaise n'a rien emporté du tout ,elle n'a rien gagné du tout.Elle s'est contenté de faire régner la terreur.Ele a mis au point des méthodes qui seront utilisées en irak avec un tel bonheur que les doctrines fançaises de la guerre d'algérie apparaitront ensuite pour les Américains comme une véritable alternative.La population n'a pas été lassée de ses héros parcequ'il n'y a pas une famille ou il n'y ait eu des morts à venger.Ce sont les efforts américains jusqu'à Clinton qui vont faire évoluer la situation politiquement .La guerre irlandaise est en fin de compte une guerre coloniale et vous avez suffisamment tenu pour accordé dans ce blog que l'on ne gagne pas une guerre de libération contre un peuple aspirant à l'indépendance.

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    1. En effet suffit de regarder la province d'Irlande du Nord pour constater que c'est une aberration géographique. L'Irlande sera de toute façon unie un jours ou l'autre, et avec le brexit, peut-être plus rapidement que prévu. Culturellement la France est plus proche de l'Irlande que de l'Angleterre, plus proche du Pays de Galle que de l'Angleterre, plus proche de l'Ecosse que de l'Angleterre. Mais malheureusement il existe une certaine lâcheté occidental à toujours préférer la loi du plus fort, et a ne pas vraiment constater qui sème le plus la terreur, on appel ça la pensée unique. Rajoutez à ça des prolos qui font du zèle et qui cherche à s'attirer les privilèges de cette pensée unique stérile, et on se retrouve avec une affaire du genre des irlandais de Vincennes... Moi en tout cas je n'ai connu que les irlandaises de la Porte de Vanves, avec court de langue gaélique. lol. Bien que cette guerre en Irlande n'est pas aussi drôle que ça, car chez nous aussi, on peut se rappeler de la pauvre jeune fille qui est morte dans un Mc Do de Bretagne, à cause parait-il, d'indépendantistes bretons... Je n'oublie pas aussi que la langue que je parle a été développer dans les monastères catholiques, pendant plusieurs siècles; alors avant de parler militaire, on doit établir les priorités politiques, culturels, et religieuses, la guerre étant la solution de dernier recourt, quand les esprit n'ont pas eux l'intelligence de régler les problèmes avec humanité. Quand j'avais 16-17-18ans, pas une soirée sans entendre "Bloody Sunday" de U2, et je suis fan de musique irlandaise contrairement à la musique de fest-noz gnangante bretonne, on se refait pas...Par contre j'aurais bien aimé également un petit topo sur l'armée irlandaise, car c'est ce pays qui est au fond le principal concerné de ce sujet.

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  8. @ contristé : "on ne gagne pas une guerre de libération contre un peuple aspirant à l'indépendance"... Et commet vous appelez les accords de Belfast en 1998 ? Une capitulation ?

    Par ailleurs, pour bien connaitre l'armée de l'Eire, l'évolution est flagrante : il y a 20 ans, pas un pot sans toast à la guerre contre l'Angleterre. Aujourd'hui c'est plutôt à Twickenham que cela se règle !

    Il n'empêche que ce n'est pas de façon partisane que l'on peut tirer des enseignements du passé, donc restons mesurés dans nos propos.

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  9. En fait nous sommes tous d’accord, l’armée ne doit pas être utilisée dans les opérations de sécurité publique, elle n’est pas faite pour cela, quand au terme maintien de l’ordre me semble bien trop limité et statique même si les unités sont mobiles. Quoi qu’il en soit nous ne voulons pas de spadassins dans nos cartiers, même si nous y pensons par manque de solution.
    L’appel à l’armée est un aveu de faiblesse pour une démocratie, souvent la cause est liée à une bureaucratie qui réglemente toutes les actions jusqu’à la paralysie sous prétexte de la loi.
    Se que nous cherchons se n’est pas l’armée, mais la liberté d’action du militaire !
    La Police et parallèlement la Gendarmerie sont avant tout des appareils administratifs, enserrés sous une tonne de règlement, pour réussir nos forces de sécurité doivent retrouver leurs libertés d’action dans un cadre d’ordre.
    Arrêtons de privilégier la protection individuelle de certain et privilégions la liberté collective de tous !
    Prenons l’exemple des zones de sécurité de notre nouveau gouvernement :
    Quelle stratégie ?
    S’il y une stratégie quelle doctrine sera adoptée
    S’il y a une doctrine, il reste à traduire la théorie en opératif avec quelle organisation ? quelle moyen ?
    En France nous avons tendance oublier que la sécurité est avant tout un métier de professionnel, trop souvent la posture politique prime tout, un cul de plomb sera toujours mieux qu’un professionnel exigent et combatif et qui n’hésitera pas à franchir la ligne rouge
    pour faire gagner la justice, sa valeur morale et son sens du devoir son notre assurance.
    Exemple de préconisation :
    Création d’un groupement nomade de la police judiciaire : tous des volontaires dans les différentes spécialités, payé comme en OPEX, dépendant directement du ministre, commander par un préfet de police qui prend le commandement de l’ensemble des moyens de la zone ou il est stationné, mission de salubrité dans les zones de sécurité. Ils restent en unité constitués :
    *1 sous groupement de commandement et de renseignement (6 groupes de 18 policiers)
    - 1 groupe PC
    - 1 cellule juridique nomade de comparution immédiate
    - 1 groupe laboratoire
    - 1 groupe renseignement
    - 1 groupe du RAID assaut
    - 1 groupe de sécurité (autoprotection)
    * 1 sous groupement de recherche
    - 1 groupe commandement et soutien (tireur d’élite)
    - 5 groupes d’observation et recherche (discrétion type 13E Dragon)
    * 1 sous groupement d’intervention
    - 1 groupe commandement et soutien
    - 5 groupes d’investigation et d’interception
    Bien sur tous ces hommes sont des enfants de la république, le droit est garanti par les valeurs qu’ils portent et qu’ils ont apprises.
    Quand la paix publique est rétablie ils sont remplacés par des unités de la police de proximité qui feront un travaille de fond avec un plan opératif sur 10 ans.
    Citoyen pourquoi la police serait différente de nous qui sommes faible et veule !

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  10. Bonjour (et mes respects mon colonel)
    pour résumer, l'idée est l’inopérance de l'utilisation de l'armée dans des missions de maintien de l'ordre public.
    mais n'a t-on pas, ou n'est t-on pas, en train de dépasser ce stade dans certains quartiers en France ?
    Me semble que nous sommes dans une situation d'entre deux eaux : pas encore dans des zones de guerre, loin de là, mais plus vraiment dans des problématiques de simple maintien de l'ordre (le tir au fusil contre les forces de l'ordre ayant tendance à se banaliser...) : certains quartiers échappent à tout contrôle étatique, et par là à l'ordre républicain (et bientôt souveraineté nationale ?).
    d'où ma question : si l'action publique n'arrive plus à maintenir l'ordre public et l'autorité de l'Etat, bref que le degré de "non droit" de ces zones soient à un stade trop avancé, dépassant toutes résolution par des doctrines sécuritaires civiles, ne sera t'on pas obligé à un moment ou un autre de passer par la case "armée" avec tout ce que ça implique (administration militaire de ces territoires etc) ?

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  11. L’armée doit être employée quand cas de danger pour notre République, si elle intervient avec les mêmes contraintes politicomédiatopacifiste de notre droit du bien pansant, nous aurons grillé notre dernière cartouche de crédibilité, après il n’y a plus rien.
    Même avec quelque Kalachnikov cela reste de l’association de malfaiteur, le grand banditisme à toujours utilisé des armes de guerre, souvenez-vous de toute ces bandes de l’après guerre, ils utilisaient des Sten, des Thomson, comme Al Capone en son temps.
    Non le problème est la paralysie d’une socièté ou les élites sont des trouillards pour eux-mêmes et leurs carrières, une société d’angoissée, capable de proposer aux voyeurismes 100 meurtres par jours via le virtuel et les médias, mais incapable de réaction solidaire sur une monté épisodique de la violence, une socièté bruyante de mots mais amorphe dans l’action.
    Notre pays est sans doute un des mieux armées aux mondes pour lutter contre le crime organisé avec une Police efficace et une Gendarmerie Militaire solide, des hommes instruit, courageux conscient de leurs valeurs, ils nous manquent simplement des politiques avec une belle paire de balloche.
    De plus il faudra un jour que note pays s’occupe et encadre sa jeunesse, un jeune ne devrait pas être laissé à lui-même jusqu’à ces 18 ans, pourquoi un jeune est obligé de faire des activités le soir, pourquoi le sport est si chère ? Pourquoi de débat de crétin sur la morale quand nos jeunes ont une formation civique lénifiante.
    La violence sait mal bon et alors, comme la guerre sait mal aussi, bon on fait quoi ?
    Citoyen l’initiative est la forma la plu aboutis de la discipline !

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  12. @ Skcniereud,

    Pour luter contre une violence illégale, vous préconisez l'emploi de la force, dégagé des contraintes "politicomédiatopacifiste de notre droit du bien pansant" (sic).

    En somme, vous proposez que la force soit employée hors la loi, ce qui revient, dois-je vous le rappeler, à adopter strictement le même comportement qu'un délinquant.

    Au-delà, vous montrez peut être une trop grande sévérité à l'égard du droit: d'un côté vous êtes manifestement trop exigeant à l'égard du droit, en attendant visiblement qu'il produise ses effets sur un plan performatif (il suffit que la loi proclame quelque chose, comme l'égalité par exemple, pour que l'égalité existe, ou qu'elle proclame la sécurité pour que la sécurité existe et soit une réalité).

    Le droit, ce n'est pas de la magie, c'est une manifestation de volonté qui produit ses effets à travers nos actes.

    D'un autre côté vous oubliez que le droit est une façon (il y en a d'autres) mais la façon la plus sure de parvenir à la justice.

    Alors là, vous avez deux solutions: si vous êtes dans une situation qui sort de l'ordinaire, c'est à dire une situation où le droit exigerait un trop grand effort pour être appliqué, vous pouvez choisir d'écarter le droit au nom du principe "nécessite fait loi".

    Mais on pourrait objecter, et c'est la deuxième branche de l'option, que c'est précisément dans les moments de crise que le droit doit être parfaitement suivi. Si on s'affranchit de la loi à la première difficulté, alors, à quoi sert-elle?

    Si on pense parvenir à la justice par autre chose que la loi, et en général on le pense quand on a en tête l'usage désordonné de la force, la violence quoi, pourquoi s'emmerder à construire un Etat de droit?

    Donc vous avez le choix. Ce choix est le même que celui des délinquants. Ils ont choisit.

    A vous maintenant. Avez-vous l'intention de commettre la même erreur qu'eux? Alors allez-y, mais ayez bien conscience que vous n'êtes plus dans le camp de la justice.



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    1. Tschok

      Merci de temporiser mon énervement sur le bien pensant des gentils. Je ne préconise pas la violence sans retenu, la preuve je suis contre l’utilisation de l’armée, mais je suis pour une application dans toute sa puissance de la loi, avec de l’imagination, et des moyens conséquents quand la situation le demande, il faut rendre toute sa place aux professionnels dont le droit est le fondement, et arrêter l’intervention permanente des hommes politique, et de leurs poulain dans tout et n’importe quoi sur ce qui relève de l’opérationnel dans un cadre de référence nationale. Nous parlons de justice indépendante ! Pourquoi pas une police indépendante ?
      Je n’ai aucune sévérité envers le droit, mais il doit être applicable, arrêtons de rédiger et de rédiger donnons-nous les moyens de faire respecter celui existant. Vous avez raison le droit n’est pas un grimoire de magie.
      Quand à la volonté heureusement elle existe, elle est principalement issue de la base, au hasard des symbioses ? Un responsable qui assume des risques et qui est là pour piloter quand les opérations évolues dans le « nomadesland » et qui a l’autorité pour le "nécessite fait loi", des équipes motivés accrocheuses quand elles sont soutenues par leurs chefs.

      Quand à parvenir à la justice !!!! Il faudrait que notre république veille à l’harmonie de l’orchestre, si non nous aurons que des « couac » inaudible.
      L’orchestre de lutte contre la malveillance :
      - Une éducation nationale apte à éduquer égalitairement la jeunesse pour le 21e siècle
      - Une véritable formation pour les profs avec la république comme fondement.
      - Un encadrement social et éducatif de la jeunesse laissée à l’abandon
      - Un véritable ministère de la jeunesse et des sports pour tous, mieux que le ticket sport.
      - Rétablir la « baf » républicaine (je plaisante)
      - Lutter contre la corruption des hommes politiques
      - Un suivi social interservices des citoyens en difficulté ou profiteurs
      - Créer un ministère de l’accueil et de l’hospitalité pour l’immigration
      - Rendre le commandement aux officiers de polices et de gendarmeries.
      - Transformer les prisons en centre de production d’énergie (trie sélectif, panneau solaire, éolienne, vélo dans chaque cellule je produis ce que je consomme, diplôme) 

      Nous nous sommes déjà affranchi de la loi et la seul crise est celle de la volonté de faire respecter le droit et pourtant nous sommes que dans de l’ordinaire.
      Quand à moi après une jeunesse difficile, l’injustice je connais, je ne suis que justice et désintéressement, je dirige mon orchestre depuis 30 ans.
      Citoyen laissons l’angélisme aux anges !

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  13. @ Skcniereud,

    Si nous ne sommes pas totalement hors sujet par rapport au sujet de ce billet, c'est uniquement parce que vous parlez de l'autre option qui se présente, quand on parle de l'utilisation de la force vive par un Etat contre sa population.

    Notre hôte vise le cas n°1: l'armée employée à des missions de sécurité intérieure.

    Vous visez le cas n°2: la militarisation des forces de police. Les bleus restent bleus dehors, mais dedans ils sont terre de France, comme leurs équipements.

    Il y a effectivement trois phénomènes qui sont en oeuvre actuellement:

    - La judiciarisation de la guerre;

    - La policiarisation de l'armée;

    - La martialisation de la police.

    Ca donne, en France par exemple, un salon comme Milipol, dont l'intitulé exprime assez bien la fusion des métiers qui semble être recherchée comme un argument marketing tant par les organisateurs de cette manifestation commerciale que les exposants qui proposent leurs produits à la vente, sans nécessairement correspondre à une nécessité opérationnelle réelle ou souhaitable.

    Vous semblez penser que la militarisation des forces de police est une forme adoucie de l'intervention de l'armée dans les missions de police. Et vous allez jusqu'à envisager de créer une police "indépendante" qui pourrait s'abstraire du droit dans une certaine mesure, tout en étant vertueuse grâce à la qualité morale des hommes qui la composent (je vous cite: "Bien sur tous ces hommes sont des enfants de la république, le droit est garanti par les valeurs qu’ils portent et qu’ils ont apprises").

    Sans vouloir vous froisser, je me félicite qu'on ne pousse pas la logique de la martialisation de la police jusqu'aux extrêmes que vous préconisez, car cela porte un nom: c'est une dictature policière.

    Il ne faut pas se mettre en état de panique intellectuelle parce qu'il y a des règlements de compte à Marseille et des émeutes à Amiens.

    Créer en France, en plus de l'exécutif, du législatif et de la justice, un quatrième pouvoir armé, qui ne rendrait de comptes qu'à lui-même au motif qu'il est constitué d'hommes vertueux recèle même un autre risque que la dictature: le syndrome mexicain.

    Là bas, une police armée à éliminé les narcotrafiquants traditionnels. Mais... elle a pris leur place. Et c'est maintenant elle qui défie l'Etat.

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    1. Tschok
      Votre analyse sur - La judiciarisation de la guerre; La policiarisation de l'armée; La martialisation de la police est très esthétique, mais fausse :
      La Gendarmerie n’est pas rendu à la vie civil, pour des raisons économiques un militaire est corvéable à merci et fait ces 50 heures sans broncher, pour remplacer Cruchot il faudrait 3 gardiens de la paix, faite le calcul avec 90 000 Pandores
      La Police se militarise, non pas du tout, pas plus que la Police Municipale et ces belles rangers. Ils font de la dissuasion je ressemble donc je suis ! à la sécurité publique la moyenne horaire est de 32h00, la paye est pas grosse pas de quoi prendre des risques et puis les syndicat veille au grain et je trouve cela très bien. Quant à la PJ s’il faut récupérer les heures supplémentaires effectuées ils vont devoir fermer un an.
      Quant à la judiciarisation de la guerre, ok temps que le Franchouillard ne reçoit pas les obus à la maison !
      Milipol ? les marchands du temple font ce qu’ils peuvent, mais quand je pense que la France ne produit plus ces munitions, je relativise ! Quoi qu’il en soit ils ne font que traduire notre beau livre blanc avec la notion de Défense globale et de résilience à la noix.
      Je pense que la police doit rester une police civil et dirigé justement par le droit, quand je parle d’indépendance je pense à la CNIL ou à une association de consommateur ……
      "Bien sur tous ces hommes sont des enfants de la république, le droit est garanti par les valeurs qu’ils portent et qu’ils ont apprises" pas facile à expliquer l’éthique et le désintéressement ! Prenez un officier sur un théâtre d’opération en plein CHAOS, il a sous sa responsabilité des populations divers, des prisonniers, pas de juge, pas de loi, les pleins pouvoir, il nous reste quoi ? Un homme et son éthique culturelle ! on n’a pas le choix, ou il faut renoncer à aller dans le « nomadesland » .
      Au Mexique l’armée n’a pas pris la place des narco, quelques éléments lâchés l’ont fait pour l’argent en masse, avec des mercenaires. L’armée lutte et les combats sont aussi violent quand Afghanistan, la police est en partie corrompue ou terrorisée ou les deux, quant aux élites politiques elles sont déprimantes.
      En France le plus gros trafique de Kalachnikov qui a été démantelé avait pour origine des policiers en poste en ex Yougoslavie.
      Mon défaut est simplement de penser qu’un cadre d’ordre pour être efficace doit être de type militaire, mon meilleur exemple sont les Sapeurs-Pompiers civil sans cadre d’ordre d’un type militaire tout s’écroule, quant au droit il faut faire confiance et contrôler, mais ne respecter pas le code de la route de l’hexagone à Mogadiscio cela ne marche pas, tout est dans l’appréciation du conducteur et comme dit Coluche l’intelligence on pense toujours en avoir assai dans la mesure ou nous jugeons avec ce que nous avons .
      Citoyen j’arrête ne voudrais pas ennuyer notre hôte, et merci pour cet échange.

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  14. @ Skcniereud,

    Je dois vous avouer que j'ai parfois du mal à vous suivre, dans la mesure où, dans une dialectique qui vous appartient, vous mettez en face d'un argument un autre qui ne me semble pas avoir de lien avec celui qu'il est censé contredire.

    Surprise tactique, au moins, donc. Je veux dire par là que votre façon de répondre est plutôt... créative.

    En fait, je voudrais revenir sur deux thèmes à propos desquels vous vous contredisez, selon les normes qu'on applique habituellement pour dire que est "clivé"= dans une même proposition, dire une chose et son contraire sans avoir soi-même l'impression de se contredire.

    1) D'un côté vous dites: "Bien sur tous ces hommes sont des enfants de la république, le droit est garanti par les valeurs qu’ils portent et qu’ils ont apprises", ce en quoi vous vous raccordez à la croyance selon laquelle les institutions sont vertueuses parce que ceux qui les composent sont vertueux.

    Puis, un peu après, vous affirmez: "En France le plus gros trafique de Kalachnikov qui a été démantelé avait pour origine des policiers en poste en ex Yougoslavie."

    Pas si vertueux que ça, donc, puisque le ver est dans le fruit et vous en êtes conscient puisque vous dites vous-même qu'il y a de la corruption.

    En vous lisant, n'importe qui peut voir le conflit intérieur et se rendre compte qu'il n'est pas question d'esthétisme ni d'opposition binaire vrai/faux. C'est plus compliqué.

    2)D'un autre côté vous dites: "Je pense que la police doit rester une police civil et dirigé justement par le droit, quand je parle d’indépendance je pense à la CNIL ou à une association de consommateur"

    La police, une association de consommateurs... ben voyons.

    Et vous rajoutez, complètement à rebrousse poil: "Mon défaut est simplement de penser qu’un cadre d’ordre pour être efficace doit être de type militaire"

    Là, il faudrait savoir ce que vous voulez: ordre militaire ou association de consommateurs?

    La police, c'est quoi pour vous? Une association de consommateurs ou un ordre militaire?

    Figurez vous que je trouve que cette question est une fulgurance et je vous remercie sincèrement pour ça, parce que j'aurais été complètement infoutu de le penser par moi-même. Je vous propose la répartition des rôles suivante: vous dites ce que vous avez à dire et moi je vous écoute. Et puis je mets un petit peut d'ordre, juste pour cadrer. Pas plus.

    Ca roule?

    Mais j'insiste: vous dites des choses très intéressantes

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    1. tchok
      Nous nous sommes compris, ou je devrais dire vous m'avez compris, quant à la dualité sans doute, mais j'ai surtout le complexe de l’entonnoir devant un blog.
      Citoyen ok pour la proposition, que la force soit avec vous

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  15. Trois cas purement français d'unités militaires engagées dans des opérations "réussies" de maintien de l'ordre :

    - la répression de la Vendée militaire

    - la répression de la Commune de Paris

    - la répression de la rébellion dans les départements d'Algérie

    Tous ces cas représentent des succès tactiques incontestables.
    Le reste relève de la politique...dont la guerre reste la continuation, "par d'autres moyens"....
    ce qui n'empêche nullement de revenir ensuite aux moyens antérieurs.

    La "politique", les rebelles en font aussi.
    La rébellion armée Nord Irlandaise s'est révélé être un échec en ce qu'elle n'a pas fait avancer d'un centimètre la cause des catholiques, romantisme révolutionnaire ou anti-colonial mis à part.
    Les Palestiniens connaissent le même problème.

    Compte tenu des espérances de vie réciproques, un moustique ne peut pas terrasser un éléphant,
    mais le fatiguer, oui.

    Solidarnosc a plus fait pour l'effondrement du système colonial soviétique que toutes les
    insurrections de Berlin Est, Budapest ou Prague réunies.

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    1. Les trois cas que vous citez en premier ont nécessité , du moins pour les deux premiers , la création d'un ennemi intérieur qui avait la particularité d'être votre semblable . Cela n'a pas été une mince affaire et le message consistait à assimiler l' "autre " à un corps étranger au " corps national " .
      Je parle des deux premiers car dans le 3 éme cas on a affaire à un adversaire qui ne vous ressemble pas physiquement et qui est d'une religion étrangère à la votre ( donc plus " facile " à constituer en ennemi ) .Le 3éme cas serait même le plus proche de la situation Irlandaise .
      Les populations rurales Catholiques de l'Ouest de la France étaient assimilés aux Anglais et les Communards aux Prussiens , des " barbares modernes "
      C'est une des tristes particularités du cas n°1 particulièrement puisqu'il inspirera , par exemple , les politiciens Yankees lors de la Guerre de Sécession . Y compris sur le plan des tactiques militaires : La " course à la mer " de Sherman et les " brûleurs de grange " de Sheridan sont les copies conformes des sinistres colonnes infernales .Le " châinon manquant " entre les deux et que vous avez oublié de citer ce sont les troupes Napoléoniennes en Espagne mais aussi en Prusse et en Russie .
      Souvent on peut aussi calquer le discours " éradicationniste " d'un politicien Yankee lors de la guerre de Sécession sur celui d'un conventionnel lors de la Terreur .
      Je ne pense pas que ce soit aussi une des pages d'histoire que l'armée Française cherche particulièrement à mettre en avant . Du moins je l'espère ...
      Une fois la paix revenue il faut expliquer , en particulier aux militaires , pour quoi il faut désormais vivre en paix celui qui il y a quelques jours plus tôt était assimilé à un microbe mortel !
      La présence de militaires dans nos rues se fait donc aussi contre une partie de la population Française que l'on traite comme un " corps étranger " , ne serait que à la société dans laquelle on veut vivre . Pas besoin de faire un dessin il me semble . Ce n'est pas un jugement de valeur , c'est une réalité sociétale qu'il faudra gérer " après " .
      Il est ainsi difficile de parler de " succés " alors que des courants politiques , auquel je ne me cache pas d'adhérer , veulent faire de la Vendée un cas de génocide .
      Soit deux siècles plus tard .

      En ce qui concerne la rébellion armée Nord-Irlandaise , elle a quand même amené le gouvernement Britannique à la négociation et a permis la signature des accords du " Vendredi Saint " . Les objectifs politiques de la lutte armée n'ont pas été atteints mais les Catholiques ont réussi .


      Notez enfin qu'en tant que Franco-Brésilien j'ai applaudi au déploiement de l'armée dans les favelas ou quand je la voie dans la sud e train de mener des opérations anti-drogue .

      Daniel BESSON

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  16. Bonsoir,

    Nos administrations sont de qualité, mais parfois elles sont parfois mises en défaut par des événements historiques qui mettent en évidence la nécessité de réformes en profondeur. Il a ainsi été questions sur ce blog plusieurs fois de l'impact de la guerre du Golfe, puis de l’Afghanistan sur l'organisation de nos forces armées (professionnalisation, changements d'organisation pour pouvoir mobiliser plus de monde sur les OPEX, modification des cycles de préparation opérationnelles, ajustement des équipements entamé...). L'armée de 2016 a beaucoup évolué depuis 25 ans, parfois dans la douleur. Elle devait changer, et elle l'a fait.

    Pour moi, la montée en puissance des agressions terroristes places les forces de sécurité intérieur devant le même défi du changement. Le contre-espionnage et des RGs ont changé leurs priorités pour enquêter en priorité sur ces dossiers (délaissant la chasse aux espions de l'Est) et ont changé bouleversé leur organisation pour fonder un organisme commun. Mais les forces de "protection" (police/gendarmerie) n'ont pas vraiment changé leur manière de travailler, ne proposant aucune solution crédible à la demande de protection de la population face aux commandos terroristes, amenant à l'implication croissante de l'armée dans ce rôle d'ultime rempart (Vigipirate, Sentinelle etc...).

    Aujourd'hui, il n'y a pas de perspective très claire de de désengagement de l'armée dans ce rôle car il n'y a pas de force de substitution à laquelle passer le relais. Police et Gendarmerie, devenus des administrations assez rigides, ne sont pas organisée pour le faire. Les forces anti-émeutes (par ailleurs moins nombreuses qu'avant) ne pas sont formées, équipées et motivées pour ce rôle. Les forces spécialisées (ex : protection des personnalités) sont débordées. Les forces de gardiens de la paix "classiques" sont sur-qualifiées (formation juridique) et pas préparées au combat contre des commandos kamikazes.

    La liste des lieux à protéger a été élargie à chaque attaque (gares, personnalités exposées, écoles, lieux confessionnels, organes de presse, lieux touristiques, cet été les plages). Pour que le ministère de la Défense puisse retirer ses troupes, il faudrait que le ministère de l'Intérieur trouve des solutions nouvelles à ces attentes de protection. Des hommes ? Des dispositifs de surveillance à distance comme dans les banques ? Une adaptation de l'entrainement et des modes d'action des forces existantes (ex : CRS armés sur les plages) ??

    Accepter le risque que les forces de renseignement échouent de temps en temps à éviter les attentats ou laissent parfois passer entre les mailles du filet un commando seraient une alternative. Mais la population le supporterait-elle ?

    Pour rendre Vigipirate et ses avatars obsolètes, le ministère de l'Intérieur doit faire sa révolution !

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  17. Bonjour,

    En France, on a eu dans ce style l'Algérie et la bataille d'Alger et, comme le rappelle un des intervenants mais dans une dimension absolument pas comparable, la Nouvelle-Calédonie dans les années 85-90. Je l'ai vécu de près. Là encore, le politique, qui s'est défaussé sur le militaire de ses insuffisances et de son incompétence, n'a pas oublié sa duplicité allant jusqu'à nier les résultats du référendum de 87 puisqu'ils n'allaient pas dans le sens voulu. L'épisode de la grotte d'Ouvéa doit être lu à cette aune. Le livre du Gal Francheschi "La démocratie massacrée" en fait longuement état et toute ressemblance avec des référendums récents en France ou à l'étranger n'est évidemment pas fortuite.
    Je viens de terminer la lecture du livre de Galula consacré à sa période algérienne. Il y a, si jamais une situation équivalente se représente, des leçons et de nombreux enseignements à tirer de cet écrit. Mais nos politiques savent-ils encore lire?

    Bon dimanche

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  18. Bravo pour cet historique, mais peut-on indiquer un retex positif? (qui nous touche de prés). Le contingent de la British Army lors de sa participation à la Force Multinationale de Sécurité à Beyrouth (FMSB 1983)n'a eu aucune perte dans le chaudron qu'était devenu la capitale libanaise. Alors que les contingents Américains et Français ont été des objectifs faciles pour les groupes terroristes locaux et étrangers...
    Le ''back ground'' irlandais aurait-il servi au commandement britannique?

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  19. Attention quand on invoque l'histoire car on risque fort de tomber dans l'anachronisme : analyser (sinon juger) les événements du passé avec le regard d'aujourd'hui. On doit tirer les leçons du passé, certes, mais je ne crois guère aux prétendues "leçons" de l'histoire. Il y a des enseignements à tirer, mais les situations n'étant jamais comparables, appliquer les méthodes du passé ne peut être que contre-productif.S'il y a des constantes historiques qu'il ne faut pas ignorer, les événements d'aujourd'hui ont leur propre logique et c'est de la paresse intellectuelle que de rechercher des solutions dans le passé.

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  20. Minot je regardais à la télé Britiche les patrouilles dans Belfast avec en particulier cette progression si caractéristique des binômes , l'un surveillant les arrières de l'autre .
    http://media.gettyimages.com/photos/british-army-soldiers-patrolling-streets-of-nationalist-west-belfast-picture-id185843219
    Une patrouille Vigipirate dans les rues de Belfast avec aucune couverture des arrières , elle aurait été mise sur le carreau en quelques minutes par l' IRA .
    C'est ce que je me dis toutes les fois ou j'en croise une dans la rue .
    Le pire que j'ai vu : Quatre ou Cinq biffins agglutinés les uns sur les autres en train de commander leur repas sur la borne interactive d'un fast-food !
    Il ne faut pas être parano mais ils auraient pu faire un roulement pour que l'un d'entre eux exerce une veille .
    Daniel BESSON

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