vendredi 10 août 2012

Se transformer à temps. L'exemple de la guerre de Corée (1950-1951)


Les conflits armés sont avant tout des confrontations de systèmes opérationnels, c’est-à-dire des ensembles d’hommes et d’équipements, avec les compétences associées, manœuvrés par une structure de commandement. La valeur de ces systèmes n’étant pas intrinsèque mais relative et ces confrontations sont d’abord des révélateurs de leurs forces et faiblesses antagonistes. L’ampleur des effets tactiques et stratégiques qui en résulte est alors souvent en proportion avec celle des écarts constatés et lorsque ces écarts n’ont pas été anticipés, les effets physiques sur le terrain se doublent alors souvent d’un choc psychologique qui les amplifie. Si le contact initial n’est pas fatal au plus faible, celui-ci est fortement incité à évoluer pour combler au plus vite l’écart. Le choc de la surprise peut alors se trouver inversé. Prenons l’exemple de la première année de la guerre de Corée, riche en transformations.

Le modèle soviétique échoue face au modèle américain

La guerre est engagée par un système de bataille nord-coréen modelé par les Soviétiques, composé en premier échelon de trois corps d’armée combinant une brigade de chars T-34/85, trois ou quatre divisions motorisées et une puissante artillerie. Dans le style soviétique, ces corps d’armée se lancent dans une série d’offensives le long du front. Chacune de ces offensives, précédée de quelques frappes aériennes mais surtout d’artillerie et si possible d’infiltrations sur les arrières ennemis, vise à pénétrer le plus loin possible. Elle ne s’arrête que lorsqu’elle arrive aux limites de ses possibilités et qu’une autre offensive a pris le relais sur un autre point du front. Ce système balaie sans aucune difficulté l’armée sud-coréenne, à base de quelques divisions d’infanterie dispersées sur le territoire avec le maintien de l’ordre comme mission principale.

La confrontation avec le système opérationnel américain pose évidemment d’autres problèmes, même si les premiers échanges révèlent de nombreuses lacunes dans une US Army largement démobilisée depuis 1945. La 24e division d’infanterie américaine, première à intervenir, est refoulée avec de lourdes pertes dans la région du port de Pusan, à l’extrême sud-est de la péninsule. C’est dans cette poche et au Japon, que les Américains reconstituent le système opérationnel qui leur avait réussi pendant la guerre du Pacifique. Cela va leur prendre environ deux mois, pendant lesquels les Nord-coréens s’obstinent en vain à forcer la décision à Pusan, tout en se plaçant dans une position très dangereuse face au modèle « triphibie » américain.

Maîtres du ciel, les Américains ont très rapidement entravé la logistique des forces concentrées à l’extrême sud. Maîtres des mers, ils débarquent à Inchon le 15 septembre et s’emparent de Séoul dix jours plus tard. Tout le système opérationnel nord-coréen est alors coupé de ses arrières et s’effondre d’un coup.

Le modèle américain échoue face au modèle chinois
L’armée nord-coréenne n’oppose désormais plus de résistance organisée face à la VIIIe armée américaine (huit puissantes divisions, renforcées d’une dizaine de divisions sud-coréennes reconstituées et de bataillons internationaux). Les colonnes interarmes motorisées américaines pénètrent en Corée du Nord le 1er octobre et s’emparent de Pyongyang, le 19. De nombreux indices laissent entrevoir la possibilité d’une intervention militaire chinoise mais le général Mac Arthur, commandant des forces des Nations-Unies, n’en tient pas compte. Le 25 octobre, les unités les plus en pointe de la VIIIe armée, la 6e division sud-coréenne et le 8e régiment de cavalerie américain, rencontrent des divisions chinoises qui ont pénétré en Corée. L’armée populaire de libération (APL) l’emporte facilement et les unités retournent en Chine. Quelques jours plus tôt, le corps expéditionnaire français en Indochine a perdu 7 000 hommes sur la route coloniale n°4 face à une armée organisée sur le modèle chinois.

Pour autant, Mac Arthur ne change rien à ses plans, ni aux méthodes de son corps de bataille. Pire encore, le repli chinois après le combat est interprété comme un aveu de faiblesse alors qu’il s’agit d’une stricte application des « 16 mots d’ordre » de Mao Zedong sur la guerre populaire (« l’ennemi avance, nous nous replions ; il se retranche, nous le harassons ; il est épuisé, nous attaquons ; il bat en retraite, nous le poursuivons »). Le terrain n’est pas tenu et les forces chinoises se placent en profondeur en position de contre-attaque.
Comme les Nord-coréens en août, les Américains sont victimes de leur succès et ne voient pas que c’est le moment de changer de stratégie (passer en mode défensif par exemple pour conserver tous les objectifs importants de la péninsule) ou au moins de tactique.

Le 24 novembre 1950, Mac Arthur lance donc son opération « Noël à la maison » destinée à terminer la guerre par l’occupation totale de la Corée du Nord. La VIIIe armée lance ses colonnes le long des différentes vallées en direction du fleuve-frontière Yalu. Elles s’y trouvent dans une situation de très grande vulnérabilité face à 300 000 fantassins chinois qui ont se déplacent en tout terrain. Le 25 novembre, les Alliés,  stupéfaits, découvrent le yundong zhan, le combat mobile chinois. Ils sont complètement débordés par des troupes à pied qui profitent du terrain accidenté pour s’infiltrer sur les arrières de leurs lourdes colonnes motorisées. La puissance de feu américaine est impuissante face à des troupes qui exploitent à fond les possibilités du terrain, de la météo hivernale et de la nuit pour échapper aux vues. Les troupes des Nations Unies, pourtant supérieures en nombre, sont bousculées. Un corps d’armée sud-coréen est anéanti, plusieurs divisions américaines en repli sont étrillées dans des embuscades. Seule la 1e division de Marines parvient à s’extraire de la haute-montagne en infligeant de très lourdes pertes aux Chinois pour se réfugier dans le port de Hungnam sur la côte Est. C’est le plus grand désastre subi par l’armée américaine au cours de son histoire, quelques semaines seulement après un de ses plus brillants succès.

Face à l’étonnante supériorité terrestre chinoise, Mac Arthur semble paniquer et ordonne un repli général sur le 38e parallèle, ce qui en fait la plus longue retraite de l’histoire américaine. La solution de conserver une tête de pont à Hungnam aurait sans doute permis de menacer les arrières chinois mais cette idée n’est pas envisagée. Au lieu de cela, la VIIIe armée passe en mode défensif le long du 38e parallèle. Le système américain commence sa transformation.

Le modèle chinois échoue face à un nouveau modèle américain

Les Chinois, eux persistent dans l’application des 16 mots d’ordre, et collent à l’ennemi en retraite. Le jour de l’an 1951, ils lancent leur troisième offensive sur l’ensemble de la ligne de front, avec une armée nord-coréenne reconstituée sur leur modèle. Ils parviennent encore à repousser les forces des Nations-Unies de plus de soixante kilomètres et s’emparent de Séoul, mais les pertes sont lourdes. Les Américains apprennent le combat défensif mobile de lignes en lignes, le fightroll, avec des capacités de soutien facilitées par la proximité des bases mais surtout des appuis feux aériens ou d’artillerie très largement renforcés. Le 24 janvier, les Chinois épuisés et incapables de ravitailler correctement leur offensive s’arrêtent. Conformément à leur méthode, ils ne s’accrochent pas au terrain conquis et se regroupent dans les grandes bases du Nord, « le triangle de fer » en particulier au sud de Pyongyang, pour préparer l’offensive suivante.

Les Américains mènent alors une série de reconnaissance en force méthodiques freinés seulement par des éléments légers chinois. Ils reprennent ainsi une partie du terrain conquis mais sans parvenir à infliger des pertes sérieuses aux Chinois. On se trouve alors au point culminant de l’efficacité relative du système opérationnel chinois. Lin Piao, le chef des 3e et 4e armées de campagne, rentre en Chine.

Une quatrième offensive chinoise a lieu à nouveau le 15 février, plus  limitée dans son ampleur que les précédentes et sans résultat autre que de lourdes pertes. Les rendements du système sont de plus en plus décroissants, alors pourtant que le volume de forces s’accroît. Jusqu’à la fin du mois de mars, les Américains contre-attaquent tout le long du front par une série d’opérations méthodiques et à fort coefficient de feu : Roundup, Killer, Ripper, Courageous, Tomahawk. Elles permettent de reprendre le terrain face à un adversaire qui persiste à se dérober. Séoul n’est même pas défendue. L’armée des Nations Unies refranchit le 38e parallèle.

Les Chinois tentent de s’adapter en demandant aux Soviétiques des chars, de l’artillerie et un appui aérien. Un renfort de 21 divisions est également envoyé dans le « triangle de fer ».

La dernière grande offensive est lancée le 22 avril avec 700 000 hommes et, pour la première fois, une grande préparation d’artillerie. Comme à chaque fois, la pression sur une division sud-coréenne permet de percer le front mais les corps d’armée américains se replient en bon ordre sur la « ligne sans nom », puissante structure défensive. Au bout de quatre jours, les Chinois, qui sont loin d’avoir eu tous les moyens demandés, sont obligés de marquer une pause sans avoir atteint d’objectif important, en particulier Séoul. Ils tentent un dernier effort le 15 mai mais là encore sont obligés de s’arrêter au bout de cinq jours. Les pertes chinoises et nord-coréennes dépassent 150 000 hommes, avec pour la première fois de nombreux prisonniers, alors que le terrain gagné est presque immédiatement perdu par la contre-attaque de la VIIIe armée qui s’installe 15 km au nord du 38e parallèle.

Les Chinois du général Peng Teh-Huai comprennent alors qu’ils n’ont aucune chance de détruire la VIIIe armée. Le choix politique est alors fait de se contenter de préserver la Corée du nord et le système opérationnel est transformé en conséquence. Abandonnant l’idée du combat mobile, les 3e et 4e armées de campagne installent un immense échiquier de positions de campagne, bunkers, nids de mitrailleuses, tranchées et tunnels, parfaitement camouflées et résistantes aux attaques aériennes. Les offensives alliées deviennent de plus en plus difficiles et chaque kilomètre conquis coûte de plus en plus cher. Ces attaques alliées ne servent de toute façon plus désormais que comme instruments de négociation. La guerre se fixe le long du 38e parallèle, pratiquement sur le point de départ.

Conclusions

Ce qui surprend d’abord dans ces manœuvres en Corée, c’est cette difficulté à estimer le point culminant du succès d’un système opérationnel et à persister dans son application jusqu’au moment où l’adversaire change et que survient le désastre. Le plus étonnant est que souvent on voit l’adversaire changer. Les Nord-Coréens voient les Américains se renforcer très vite et se doter de grandes capacités de manœuvre. Les Américains savent qu’il y a un risque important de se confronter avec l’armée populaire. Les Chinois voient les Américains se transformer à leur tour. Rien n’y fait.

On peut y voir d’abord le décalage entre la connaissance intellectuelle et la connaissance vécue. Les conseillers soviétiques de l’armée du Nord par exemple connaissent évidemment les opérations amphibies américaines de la guerre du Pacifique mais ils n’y ont jamais été confrontés. Ils anticipent mal ce que cela peut donner en Corée. Les Américains font la même erreur d’appréciation avec les méthodes d’infiltration de l’APL.

On peut y voir aussi un phénomène de focalisation sur la victoire proche (ou sur ce qui semble devoir donner la victoire) : la prise de Pusan, le fleuve Yalu, la destruction de la VIIIe armée. On se dit qu’avec un dernier effort, éventuellement avec un peu plus de moyens, on touchera au but malgré les indices de transformation de l’adversaire. On ne voit pas que les problèmes d’élongation logistique (celui qui est au bout de la péninsule dispose de moins de soutien et d’appuis qui celui qui est près de ses bases) se doublent d’une élongation psychologique. Celui qui est proche de la défaite est évidemment beaucoup plus incité à trouver de nouvelles solutions que celui qui semble l’emporter et dont on ne comprendrait pas qu’il modifie des méthodes qui gagnent.

On retrouve enfin les mécanismes du cycle de prise de risques décrit par l’économiste Hyman Minsky. Le succès répété accroît l’optimisme jusqu’à l’excès et pousse à prendre des risques supplémentaires jusqu’à aboutir à un échec cinglant qui provoque en retour un excès de pessimisme et de prudence. La sous-estimation de l’adversaire fait place à sa surestimation. Le 24 novembre, Mac Arthur est persuadé de toucher au triomphe et une semaine plus tard, il ordonner d’évacuer toute la Corée du nord. En janvier 1942, les Japonais sont méprisés par les officiers de Sa Majesté, quelques semaines plus tard, après la prise de Singapour et de Rangoon, ils passent pour des surhommes. Neuf ans plus tard, après l’opération menée un peu légèrement sur la RC-4, l’état-major français en Indochine panique et est persuadé que tout est perdu au Tonkin.   

En Corée, après le désastre de novembre, les Américains se concentrent sur l’obtention de succès défensifs puis offensifs d’ampleur croissante et ce n’est qu’avec l’accumulation de ces succès qu’ils recommencent à songer à des modes d’action plus audacieux comme des reconnaissances offensives profondes ou l’opération aéroportée au nord de Séoul en mars. Ils planifient à nouveau des plans d’opérations amphibies en « sauts de puce », qui seront finalement annulés.

On notera enfin la différence dans le mode de transformation des armées communistes, évoluant d’un bloc (mode opératif soviétique, mode maoïste mobile, mode maoïste défensif) et le mode d’évolution américain fait d’accumulation d’innovations à la base facilitées par l’abondance et la diversité des moyens.

Au bilan, il apparaît une nouvelle fois qu’être lent à changer c’est se condamner à être surpris.

10 commentaires:

  1. La guerre de Corée est aussi un très bel exemple d’inadaptation de l’aviation US, des avions dit moderne ou les ingénieurs se faisaient plaisir, mais incapable de faire de l’appui au sol en raison de l’absence de terrain adapté (longueur de piste ou terrain sommaire) de plus la distance à parcourir était trop longue pour ² des appareils à pleine charge, et ne parlons pas de l’absence de puissance des moteurs. Les pilotes démontaient tout ce qui était inutile pour alléger leurs avions F80 Shooting Star, F84 Thunderjet et F86 Sabre. Le besoin d’adaptation était obligatoire, la solution a vite été trouvée grâce aux stocks de P51D Mustang (ils allaient à la ferraille) et F4U corsaires, avions robustes et pouvant décoller depuis des terrains de campagne avec des charges offensives non négligeables sur de grande distance, le meilleur se révélera être le AD Skyraider. Toujours dans le cadre de l’adaptation à cette guerre pourrie, l’US NAVY grâce à DOUGLAS inventa un avion adapté le A4 Skyhawk un avion petit simple et extrêmement solide, il sera prêt 1 ans après la fin des combats en Corée.
    (sans parler de la surprise de novembre 1950 avec le MIG 15)
    Le A10 devait être retiré de service avant l'attaque de l'Irak, mais très vite il est passé du stade de démodé à indispensable.
    Avec la guerre de Corée nous sommes typiquement devant une attaque massive avec de gros bataillon, et pour freiner se genre d'attaque volumique il n'y a que l'appui massif au sol, l'Europe devrait lancer un programme pour un avion d'appuis au sol simple et robuste (et pas chère) citoyen il nous faut un camion à bombe!

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  2. À côté des analyses stratégiques plombées par les faiblesses humaines, notons aussi l'importance de maintenir des outils répondant à divers types de besoin clairement identifiés et toujours les mêmes : l'appui sol ou la frappe à longue distance et sans laisser une case vide ou mal remplie :
    En Corée, les PA qui étaient sur la sellette quant à leur utilité, ont sauvé la mise aux troupes alliées acculées à l'extrémité de la péninsule.
    De même, les Twin Mustang P-82 qui étaient arrivés trop tard pour escorter les B-29 sur leurs raids sur le Japon, (puisque des îles plus proches permettant d'utiliser les plus classiques P-51 pour des vols de "seulement" 8 h 30, avaient entretemps été conquises) puis n'avaient pas ensuite eu l'occasion de démontrer leurs capacités dans les scenarii post-WW2 , où ils auraient dus escorter les mêmes B-29 dans des missions nuke d'une dizaine d'heures au-dessus de Moscou, ont pu démontrer leur utilité en ayant le Rayon d'action pour frapper à partir du Japon.
    Indépendamment des guerres, développer un outil au travers d'un programme prend des années .
    Cela a été le cas de l'aéronavale US dans les années 20-30, qui grâce à ces efforts pu être plus efficiente que la Royal Navy (ou la MN...).
    Cela a été le cas, dans le domaine des vols longues durées du laboratoire de médecine aéronautique de l'USAF qui a accompagné la mutation de l'emploi des bombardiers lourds vers les frappes de précision sur les "time sensitive target" au cours des années 90. Cela a permis que l'on s'extasie sur la mission El Dorado Canyon en 1983 mais sur tout le monde trouve naturel la frappe de bombardier B-2 lors des premiers jours du conflit lybien de 2011, où ceux-ci feront un aller-retour de 25h à partir des States quand El Dorado Canyon ne dura que 13h...
    Il est vrai qu'entretemps les missions de CAS des B-1B sur l'Afghanistan de près de 44h avaient banalisé la question !
    On pourrait broder encore :
    On exalte lors du "coups de poignard dans le dos de 1940" (si un nom comme cela, ce n'est pas une dénomination de surprise stratégique !) , la défense héroïque de "l'Armee invaincue des Alpes", en oubliant consciencieusement de mentionner la ligne Maginot Alpine construite, la toute première en 1923, quand Mussolini était considéré comme trop remuant ...
    La surprise stratégique , ce n'est jamais que de ne pas avoir le bon outil pour la tâche demandée au fond de sa boîte à outils

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    1. Justement cette boite à outils prend des coups face aux mythes de l'hyper-technologie et de ses coûts faramineux.

      Un F-35 fera-il le boulot aussi surement qu'un A-10 ?
      J'en doute très sincèrement.

      Dans un autre ordre d'idées, supprimer la dissuasion aéroportée pour des questions de coûts fait partie de la même logique de rationalisation plus dangereuse qu'efficace.

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  3. Il est clair que le coût des outils va limiter la quantité d'outils présents dans la boite à outils, avec forcemment la tentation de se défaire des plus vieux considérés comme inutiles puisque n'ayant jamais servis.
    Mais le temps stratégique est devenu un "temps long" avec le peu de guerres majeures.
    De sorte que l'on a redecouvert l'appui feu naval qui n'avait plus servi depuis les années 80 au Liban.
    En fait, plus qu'à la composante aéroportée, je pensais plus au devenir des Leclercs (d'où ma sympathie pour le Leclerc T-40 si cela permet de laisser plus de caisse fonctionnelles).
    La composante aeroportée pose le problème d'avoir été dessinée pour aller frapper l'URSS, pour le reste du monde, elle est tributaire d'une base de déploiement...ce que n'est pas l'autre composante pilotée embarquée elle sur le PA.
    Par contre, le savoir-faire en mission de longue durée devient clairement crucial , quand on voit la nécessiter de persister pour les missions de CAS ou pour des frappes à longue distance conventionnelle, notamment du fait de l'absence de permanence opérationnelle du PA.
    Mais il est apparemment envisagé de donner une double casquette au Gascogne...

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    1. Problème du Leclerc T 40 : il pèse toujours +/- 50 tonnes.

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  4. J'avais lu que les escadrons conventionnels de Rafale étaient entrainés pour l'usage de missiles de croisière et des missions d'appui rapproché.

    Un peu bizarre comme logique, au vu du stock de SCALP. Les Exocet sont eux seulement utilisé par la Marine.

    Mais vouloir donner une capacité de bombardement à chaque escadron, ça montre que le nombre n'est pas si inutile et aussi qu'un complément par le bas d'un Rafale ne serait inutile. Un avion d'affaires armé pourrait faire l'affaire dans un premier temps.

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  5. Apparemment le CAS à aussi glissé du Jaguar vers le Tigre, à fortiori avec l'arrivée des rocket guidées .
    Dans ce registre du complément vers le bas, l'adaptation du Brimstone ou mieux du Spear 100b au Rafale, comme évoqué pour le Brimstone (en challenge de l'AAsm 125) amènerait aussi à pouvoir frapper plus de Target (ou autant) qu'avec plusieurs appareils low cost.
    Mais en augmentant le nombre de cibles possibles dans des conflits où il faut le plus souvent frapper des cibles d'opportunité, on allonge la durée potentielle des missions vers des durées potentiellement excessive si le terrain d'engagement est lointain (comme en Afghanistan par exemple, pendant Enduring Freedom)
    Toutefois, si vous avez lu l'excellent exemplaire du "labo n• 8" de l'IRSEM sur les Interfaces Homme Machine, vous aurez remarqué que la mesure de l'activité des pilotes , pour manager en sécurité ces vols de longue durée , est un domaine qui sera rapidement accessible (à la différence des ICM , dont l'utilité en aéronautique me paraît moins évidente qu'en aérospatial par exemple).
    Partant de là, USS Corsica rules the Mare Nostrum .

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  6. Il reste qu'un appareil à hautes performances est tributaire du ravitaillement en vol du fait justement qu'il est à hautes performances.

    Mais, la vitesse supersonique présente aussi l'avantage de pouvoir intervenir rapidement au dessus du point chaud. Tout comme celui de l'allonge.

    Néanmoins, est-il utile d'avoir un appareil aussi polyvalent que le Rafale, même mieux pourvu d'armements légers, dans une mission d'appui ?

    Après tout, l'endurance, où même la permanence, peut aussi s'obtenir par le nombre de plate-formes et pas seulement par l'endurance de l'appareil.

    A propos d'endurance, les missions d'appui des B-1 se font-elles avec seulement 2 pilotes, ou avec un second équipage à bord (comme lors de vols commerciaux intercontinentaux) ?

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  7. La question d'une autre plateforme que le Rafale, en cette période de restriction budgétaire, risque de ne pas être, même, un Mirage 2000 D rénové... Alors un Gadget d'attaque ... Certes, on pourrait envisager sur des conflits de basse intensité d'utiliser la capacité bombardier de l'ATL2 ou de profiter des développements de Gunship sur les Casa 235... Mais il n'y a plus un sou en caisse pour préserver les programmes majeurs, alors que de toutes façon, les pilotes doivent faire leurs 180 h , ici ou en Opex.

    Pour le B-1B, je ne crois pas mais pour le B-2 vous avez la référence suivante :
    Aviat Space Environ Med. 2004 May;75(5):381-6.
    Dextroamphetamine use during B-2 combat missions.
    Kenagy DN, Bird CT, Webber CM, Fischer JR.

    Pour paraphaser une thématique de l'IRSEM "l'Homme Augmenté" (je crois), on y voit que l'URSAF en est elle au stade de "l'homme optimisé", tellement la gestion des rythmes biologiques est inclue dans le planning de la mission.

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  8. A la lecture de vos derniers articles, je pense que vous seriez très intéressé par le MMA, ou Combat libre, ce sport relativement récent où des pratiquants d'arts martiaux et de sports de combat se rencontrent et s'affrontent.
    L'adaptation et la versatilité en constituent le coeur. Il faut s'adapter. S'adapter à l'adversaire, à son style, à ses forces, mais aussi s'adapter à l'environnement, aux contingences, tout en gardant à l'esprit que l'on a une capacité d'adaptation limitée, due à notre culture & à notre génétique. En d'autres termes, on ne verra sans doute pas un champion du monde de boxe devenir lutteur olympique.
    Respecter ce que l'on est pour mieux évoluer, sans s'acharner à devenir ce que l'on est pas.

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