dimanche 6 mai 2012

Les corsaires des tranchées-8 Les vrais capitaines Conan


Je ne pouvais terminer cette série sur les corps francs sans évoquer quelques-uns de leurs As. Ce sont eux les véritables capitaines Conan.

Le corps franc du 23e RI est commandé par lieutenant Funereau. Avant d’être le porte-drapeau de l'Ecole polytechnique au défilé de la victoire en 1919, cet homme a été blessé onze fois au combat et décoré de la Légion d’Honneur à 20 ans. Au même défilé de 1919, c’est le capitaine Bernard de Gouvello qui porte le drapeau de Saint-Cyr à 25 ans, après avoir été blessé cinq fois et cité sept fois à la tête du corps franc du 43e Bataille de chasseurs à pied. Mais il y a aussi Jules Bosquet, surnommé le « Guynemer » des fantassins, simple soldat en 1914 et capitaine en juin 1918 lorsqu’il tombe à la tête du groupe-franc du 418e RI. Le capitaine Maurice Genay, du 287e RI, est « un des trois As de l'infanterie » selon Roland Dorgelès. Il a été cité 14 fois pour son courage. Il est plus difficile de trouver des noms de sous-officiers et de soldats, hormis le chasseur Albert Severin Roche, déjà évoqué, qui a été blessé neuf fois et est parvenu à capturer un total de 1180 hommes.

Le spécialiste reconnu est le capitaine Jean Callies. C’est un saint-cyrien qui rejoint le front en janvier 1915 comme lieutenant, chef de section d’infanterie. Après plusieurs mois de combat  où il se fait remarquer par son audace, il reçoit la mission d’organiser le corps franc du régiment. Il termine la guerre à 22 ans au 113e RI. Son bilan total est alors d’une centaine de prisonniers et autant de pertes ennemies pour un tué et une dizaine de blessés dans sa troupe. Mais cet excellent praticien, promis à une belle carrière, est aussi un excellent professeur. L'Art de faire des Prisonniers est écrit dès 1919 et paraît en 1923. Il est réédité en 1940 à l’usage des corps francs qui ont été recréés pendant la drôle de guerre.

7 commentaires:

  1. Comme on fait au spectacle, on a envie de crier ....encore, encore.
    Silenzio

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  2. Bonjour et merci pour cette série sur les corps francs.

    Je me demandais ce qu'il est advenu de ces corps francs à la fin du conflit. Votre dernier phrase semble indiquer qu'entre les deux guerres mondiales il n'y a pas eu de corps francs dans les unités françaises. Néanmoins y a-t-il eu un débat sur leur utilité? Est-ce que quelqu'un a défendu leur existence?

    Cordialement

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    1. A mon connaissance les corps francs ont disparu dans l'entre deux-guerres pour réapparaître pendant la drôle de guerre, permettant à Darnand de s'illustrer à nouveau ainsi qu'un jeune inconnu : Marcel Bigeard.

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    2. Merci pour cette réponse.

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  3. L'étude des "As allemands" montre un palmarès bien plus important. Mais cela ne doit pas tromper sur la qualité des valeureux chefs de corps francs de notre armée, car les allemands ont commencé très tôt (leurs tactiques sont expérimentées en Argonne dès 1915) et surtout, les troupes d'assaut allemandes seront engagées sur des fronts plus "prolifiques" que le front du Nord-Est : contre la Russie (Riga), en Roumanie (avec de véritables "guerres de mouvement" où les roumains furent loin de démériter), en Italie (Caporetto), etc...
    une question : où placez-vous le livre de Laffargue dans cette étude ?
    Cordialement,
    CM (cédric mas)

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    1. On fait grand cas de l'étude réalisée par le capitaine Laffargue, du 153ème RI, après l’attaque du 9 mai 1915 en Artois. Cet opuscule, baptisé Etude sur l’attaque dans la période actuelle de la guerre, et rédigé en convalescence, a connu un grand succès, le Grand Quartier Général (GQG) en ayant ordonné la diffusion. Cette étude, que l’on a retrouvé dans les lignes allemandes aurait, selon Bruce Gudmundsson, inspiré les méthodes des stosstruppen. Cette influence est certainement exagérée, l’ouvrage est un remarquable état de l’art du combat d’infanterie au milieu de 1915, c’est-à-dire à une époque où les défenses ne sont véritablement organisées que sur une seule position et non pas deux ou trois comme ce sera le cas quelques mois plus tard. Il traite d’opérations classiques d’attaque et non de coups de main.

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  4. Bonjour et un grand merci pour toute cette serie d'articles precis et agreables à lire sur la "Petite Guerre" durant la Grande Guerre

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